Saint Michel de Rolleboise

Devant la partialité, voire la falsification de certains medias, les catholiques doivent aller à la source de l’information et communiquer autour d’eux par tous les moyens, à commencer par l’Internet.  
 (Mgr Aillet, le 24/03/2009)


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14/20 Nov 2016 Visite pastorale de Mgr Aumonier dans notre doyenné


15 août : Regnum Galliae,
Regnum Mariae

Le saviez-vous ? Avant le 14 juillet, notre fête nationale était le 15 août !


Par Angélique Provost

Cela ne fait pas même encore cent cinquante ans que la fête de notre pays a lieu le 14 juillet. Auparavant, les festivités nationales prenaient place le 15 août ! Jour de la saint Napoléon pour un temps, elle fut longtemps si importante en raison de la fête religieuse qui figure au calendrier liturgique ce jour là : l’Assomption de la Très Sainte Vierge Marie !


Appelée aussi « Dormition » dans le rite oriental, elle fut instaurée comme dogme de foi seulement en 1950 par la constitution apostolique Munificentissimus du bon pape Pie XII. Elle prenait pourtant sa place d’honneur au calendrier des fêtes françaises bien plus tôt, puisque ce fut Louis XIII le 10 février 1638 qui lui offrit le titre de fête nationale.


La génuflexion d’un chef d’État


Que signifia ce geste ?


Imagineriez vous aujourd’hui le chef d’État de notre douce France plier le genou devant la sainte Vierge pour lui confier son mandat ? Non. Simplement parce que cette démarche demande une humilité indicible, tant la génuflexion d’un chef d’État devant une puissance souveraine symbolise la soumission. Ce ne fut pourtant pas, en son temps, considéré comme une faiblesse du bon roi ! Sujets et puissances voisines n’y ont jamais vu un acte de désespoir du souverain, ni d’incapacité à gouverner : seulement la reconnaissance que son pouvoir était issu du droit divin, et que, de ce fait, il était sain et juste de remettre son Royaume avec confiance sous la protection de la mère de la Providence.


La France sous la protection de la Vierge


Voici donc de quoi se souvenir, en ces temps troublés, en ces temps de guerre, ainsi que l’a signifié le successeur de saint Pierre, que la France, fille aînée de l’Église est depuis des siècles sous la protection de la mère de Dieu. Ce n’est pas rien ! Combien de fois la sainte Vierge a su défaire les nœuds les plus étroits de notre histoire ? Rappelons nous en ce 15 août, que la dévotion à Marie a déjà sauvé la France. Le plus pertinent à citer ces temps ci, aux vues du terrorisme instauré par l’islam de Daesh, sera la bataille de Lépante. Un affrontement meurtrier entre monde chrétien et monde musulman : la victoire est donnée, contre toute attente à la flotte occidentale contre la flotte musulmane dite insubmersible. Et comment ? Grâce à l’appel universel du pape, exhortant la chrétienté à prier le Rosaire. C’est le Rosaire qui donne la victoire, il est une véritable croisade non sanglante.


Le salut de la France meurtrie serait donc entre nos mains ? N’en doutons pas, la prière triomphe de tout. En 1637, Louis XIII prévoit cette consécration à la sainte Vierge comme offrande pour obtenir la venue d’un héritier, qu’il obtint promptement. 2017 approche, et l’avenir de la France est incertain : prions donc le rosaire afin d’obtenir un bon chef d’état. Il appartient à chaque enfant de France de prier pour ses dirigeants, profitons donc de ce 15 août pour assaillir le ciel de nos Ave : Louis XIII, Notre Dame de France, saint Jacques Hamel… Sauvez la France !


Débat: quelle est la critique exacte
de 45 théologiens envers Amoris Laetitia ?



17/08/2016


La publication de l’exhortation post-synodale Amoris lætitia a entraîné beaucoup de discussions et de réactions, notamment en raison de certains passages que certains ont estimé incompatibles avec l’enseignement antérieur sur le mariage. Une information digne de foi avait fait connaître que 45 théologiens et personnalités avaient adressé au Doyen du Sacré Collège, le cardinal Sodano, et à tous les cardinaux et patriarches de l’Église, un document concernant l’exhortation apostolique Amoris lætitia. Considérant la confusion causée dans l’Église par l’Exhortation, en raison de son désaccord apparent avec un certain nombre d'enseignements sur la foi et la morale, ces signataires s’étaient sentis obligés en conscience de dire publiquement aux autorités hiérarchiques que cette situation posait un grave danger pour les âmes (cf. saint Thomas, sur le devoir pour les inférieurs de corriger leurs supérieurs publiquement quand il y a un danger imminent pour la foi, Somme de Théologie, IIa IIae q 33 a 4, et Canon 212, §3).

De quoi s'agit-il exactement ?Ce document n’était pas destiné à être rendu public. Il s’adressait légitimement aux autorités de l’Église en leur demandant d’intervenir. Ce texte, qui n’était donc pas une lettre ouverte, a cependant fait l’objet d’une fuite dans le journal australien The Australian. Plusieurs sites et publications en ont parlé par la suite, le publiant en tout ou en partie. Pour le public français, il a semblé bon de le faire connaître pour qu’un jugement puisse s’effectuer à partir d’une vision non tronquée du texte et des signataires. Ces derniers ont organisé leur texte en citant les passages de l'exhortation qu'ils mettent en cause, puis en indiquant le degré d'erreur et en citant les références des textes du magistère antérieur sur lesquels ils s'appuient. Prenant acte du fait que l’Exhortation ne se présente pas comme un texte ayant autorité magistérielle, les théologiens signataires estiment que l'on trouve dans l’Exhortation 11 propositions qu’ils qualifient d’hérétiques et 8 propositions qu’ils estiment fausses et scandaleuses, à tout le moins tels que les termes de l’Exhortation peuvent être compris par un lecteur moyen, prout sonant, selon l’expression technique, c’est-à-dire sans tordre le sens des mots. Le but des signataires était de demander à ces hauts prélats d’exhorter le Pape à remédier à cette situation en condamnant par un acte juridique ces propositions, dans le sens où elles apparaissent à tous. Nous publions donc cette étude à titre de document et d'information.


Lire le document sur le site de l’Homme Nouveau….


Le pape François et la « violence catholique » : Stupéfaction, réflexion et révérence


Ici ou là, y compris dans des milieux catholiques,
on s'étrangle sur les derniers propos du pape François,
tenus au cours d'une conférence de presse.

Père Christian Venard
Aumônier militaire

12 août 2016



Dans l’avion qui le ramenait des JMJ de Cracovie vers Rome. Le journaliste Antoine-Marie Izoard (agence I.Media) pose la question suivante au pape : « Pourquoi ne nommez vous jamais l’islam lorsque vous parlez de la violence terroriste ? » Voici la réponse du pape, qu’il convient de redonner tant les commentaires pourraient nous la faire oublier : « Je n’aime pas parler de violence islamique, parce qu’en feuilletant les journaux je vois tous les jours que des violences, même en Italie : celui-là qui tue sa fiancée, tel autre qui tue sa belle-mère, et un autre… et ce sont des catholiques baptisés, hein ! Ce sont des catholiques violents. Si je parle de violence islamique, je dois parler de violence catholique. Non, les musulmans ne sont pas tous violents, les catholiques ne sont pas tous violents. C’est comme dans la macédoine, il y a de tout… Il y a des violents de cette religion… Une chose est vraie : je crois qu’il y a presque toujours dans toutes les religions un petit groupe de fondamentalistes. Nous en avons. (…)  Mais on ne peut pas dire, ce n’est pas vrai et ce n’est pas juste, que l’islam soit terroriste. »


Faits divers contre tueries de masse


Ma première réaction, comme Français et prêtre catholique, est d’abord de la stupéfaction. En effet, depuis l’affaire Merah, toutes les actions terroristes menées sur le territoire de mon pays, sont liées – et c’est bien malheureux pour tant et tant de musulmans qui y vivent- à l’islam, par le biais de l’idéologie islamiste. C’est si vrai que nos « nouveaux clercs » – les médias –reprennent systématiquement en chœur le discours du « pas d’amalgame », au risque d’ailleurs d’empêcher toute vraie réflexion ou même les musulmans de notre pays d’entamer un nécessaire travail de clarification sur le statut de la violence dans les textes sacrés de l’islam. Une stupéfaction qui se double d’une incompréhension formelle : je reste surpris que le Pape compare des « faits divers » avec des tueries de masse et je ne vois absolument pas à quoi le Souverain Pontife fait allusion en parlant de « violence catholique ». Alors dans un premier temps, je ne peux que dire ceci : je ne comprends pas ces propos. Ils dépassent ma capacité, sans doute parce que je n’ai pas une connaissance suffisamment universelle qui me permettrait de saisir ce qu’est cette « violence catholique ». Je rappelle ici que nous sommes en train de parler de terrorisme, de plusieurs centaines de morts sur notre sol, de milliers de chrétiens dont l’existence est en jeu, en Orient en particulier.


Sur les traces de Pie XII ?


Ce dernier point m’a finalement mené au parallèle suivant. Comme Pie XII s’est retrouvé confronté au totalitarisme nazi, François l’est au totalitarisme islamiste. Comme Pie XII a réalisé que ses condamnations de l’idéologie nazie entraînaient sur le terrain encore plus de persécutions et de drames pour les catholiques ou les Juifs, François sait – à l’aune des violentes réactions qui ont suivi le fameux discours de Ratisbonne de son prédécesseur Benoît XVI – que ses paroles peuvent avoir des conséquences dramatiques dans un certain nombre d’endroits du globe où l’idéologie islamiste est conquérante. Comme Pie XII, le pape François, prend le risque personnel d’être incompris – y compris par les siens- voire même de paraître un jour devant le tribunal humain de l’histoire comme un pape « collaborateur ».


Humilité et révérence


Alors ? Ma réaction de Français, prêtre catholique ? Je décide de faire confiance au successeur de Pierre. Non pas que je sois obligé de partager tous ses points de vue en matière politique – car c’est bien de cela dont il s’agit–, mais dans un acte d’humilité et de révérence, j’admets volontiers que le Saint Père est mieux informé et plus intelligent que moi. Saint Pierre, pourtant si faible, ne s’est-il pas entendu dire par le Christ :  « Tu es Pierre et sur cette Pierre je bâtirai mon Eglise et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle » ? Alors, à mon humble place, je veux défendre le Pape François, je veux l’aimer, je veux prier pour lui, pour cette mission immense qui est la sienne : guider le peuple de Dieu et à travers lui l’humanité.


« Je préfère me tromper
en suivant le pape
que d’avoir raison contre lui »


De la nécessité
de suivre le Saint-Père en toute circonstance.



Père Christian Venard
Aumônier militaire

12 août 2016



Les quelques lignes que j’ai écrites (voir ci-contre) pour donner à la fois mon sentiment et tenter de comprendre les paroles du Saint-Père, au sujet de la violence, de l’islam et du catholicisme, m’ont valu d’abondants échanges. J’ai été frappé de la violence de certains, même si, acteur régulier des réseaux sociaux, je n’ignore pas combien d’internautes profitent du relatif anonymat que leur procure ce moyen de communication, pour déverser leur haine, leur colère ou leur souffrance parfois.

À ceux d’entre eux qui ne sont pas catholiques, je répondrai ceci. Vous avez un droit absolu de critiquer les positions du pape François, voire même de les combattre ; nonobstant, me semble-t-il, la politesse et la déférence dues à un chef d’État (fût-il l’un des plus petits du monde) et au chef de plus d’un milliard et demi de croyants à travers la planète. Non seulement vous avez ce droit, mais, votre critique peut s’avérer constructive. J’ai noté, ici ou là, des réflexions intéressantes, de la part de personnes ayant une bonne connaissance du monde de l’islam, ou de la géopolitique.


Amour et révérence

À ceux qui sont catholiques, je veux dire ma stupéfaction devant la brutalité et l’indigence de certains propos. Du #pasmonpape –  absurde si l’on se dit catholique, ou bien changez de religion et il est alors inutile de le préciser ! –  aux subtilités byzantines sur la portée ou non des paroles pontificales en dehors du magistère solennel –  ex cathedra – , il y a là pour le moins un refus de l’autorité suprême du Souverain Pontife et de l’adhésion que nous lui devons, du fait même de l’immédiateté universelle de son pouvoir sur chaque fidèle baptisé. Certes, les propos « politiques » du pape ne nous engagent pas de fide –  et heureusement – , mais la manière dont nous les abordons, comme catholiques, ne peut se faire comme si nous discutions les thèses de tel ou tel politique français.

L’amour et la révérence que nous devons porter au Saint-Père nous obligent à une lecture la plus positive possible –  pia interpretatio –  de l’ensemble de ses interventions. Si nous n’y parvenons pas, alors il nous est nécessaire de pratiquer avec humilité un acte de foi. Non pas forcément de foi quant au contenu même des propos –  s’il ne s’agit pas d’un enseignement ex cathedra –  mais un acte de foi en la personne du successeur de Pierre. Pour être provocant : je préfère me tromper en suivant le pape – sauf si ma conscience me l’interdit… je renvoie là à saint Thomas d’Aquin –  que d’avoir raison contre lui ! Ubi Petrus, ibi Ecclesia. Là où est Pierre, là est l’Église. Cette règle ne souffre pas d’arguties. Si ma petite intelligence me rend impossible une adhésion formelle et publique, alors il vaut mieux entrer dans le silence et la prière que donner le spectacle scandaleux de fils dénaturés critiquant publiquement leur père…


La méthode saint Thomas d’Aquin

Enfin, un autre élément m’a frappé – ou plus exactement me frappe – dans nombre de controverses entre catholiques. L’art de la disputatio est un art éminemment catholique. Il n’est que d’observer la méthode d’un Thomas d’Aquin pour s’en convaincre ! Mais précisément, le même Thomas, après avoir montré la pluralité des opinions sur tel ou tel sujet, après avoir donné sa propre solution, cherche toujours à exposer comment les uns et les autres avaient perçu tel ou tel aspect de la vérité recherchée. C’est que la pensée catholique ne peut jamais se satisfaire de l’univocité ; car cette vérité qu’elle recherche est in fine une personne, et quelle personne ! Dieu lui-même fait homme en Jésus-Christ. Bien malin celui qui prétendrait, sur cette basse terre, en avoir fait le tour et la posséder tout entière !


Ainsi, en comparant le pape François à Pie XII, je ne crois pas avoir dit que le pape François était Pie XII. Et si je veux bien admettre que comparaison n’est pas raison, certains de mes contradicteurs, veulent-ils bien réaliser que le contexte géopolitique actuel est aussi radicalement différent de celui des années 1939-1945 ? La parole publique des Pontifes ne peut être exactement la même ! C’est aussi simple à comprendre que le changement de ton du Magistère romain au sujet des « droits de l’homme » entre la fin du XVIIIe siècle et la moitié du XXe siècle !


Nous inciter à adopter le point de vue des plus pauvres

Aussi, pour m’appliquer ce principe, je reprends volontiers à mon compte, une autre hypothèse, suggérée par l’un de mes correspondants, pour essayer de saisir la portée des fameux propos du pape François. Je suis, en fait, autant gêné que beaucoup, par ces propos ; surtout le déni des dangers de l’islam. Mais c’est que le pape a un point de vue radicalement différent du nôtre. Il vient d’Amérique du Sud. Je ne crois pas, comme certains, qu’il ignore les difficultés concrètes à cohabiter avec les musulmans dans les cités de nos villes ou au Moyen-Orient, mais son analyse géopolitique n’a pas les mêmes références que la nôtre.


Ce qu’il veut, c’est nous inciter à nous placer, comme lui, du côté des pays pauvres de la planète, de ceux qui n’ont pas le pouvoir macro-économique ni militaire. Ce faisant, il se place aussi du côté des pays musulmans qui, excepté quelques puissances pétrolières – en réalité très tributaires aussi de nos économies occidentales–, sont les jouets des puissants. L’Amérique du sud ayant vécu cela, de révolutions en révolutions, d’attentats en attentats pour finalement faire toujours le jeu des marchés financiers, il lui est arrivé de dire que l’on devient terroriste surtout quand on pense n’avoir pas d’autre choix pour améliorer son sort. C’est peut-être une analyse simpliste, mais c’est la ligne habituelle du Saint-Père : nous inciter à entrer dans le point de vue des plus pauvres. La question qui suit immédiatement dans l’interview et la réponse viendraient appuyer cette analyse. Et si cette analyse me permet de rester proche du pape et de sa pensée, je veux bien la faire mienne aussi !




L’Etat Islamique répond
au pape François.



18/08/2016



Dans l’avion qui le ramenait, il y a quelques jours, de Pologne, le pape François s’est exprimé à nouveau sur l’Islam par des propos controversés.


L’organisation de l’État islamique, dans un article intitulé « Par l’épée », publié par son organe de propagande Dabiq, vient de répondre aux déclarations du souverain pontife. Le moins que l’on puisse dire est que Daech ne pratique pas la langue de buis!


























Extraits:

« Le Pape combat contre la réalité quand il s’efforce de présenter l’islam comme une religion de paix, alors que celui-ci enjoint aux vrais croyants de tirer l’épée du djihad. C’est même leur plus grand devoir : imposer la loi d’Allah par l’épée est une obligation fondée sur le Coran, parole de notre Seigneur. »


« Même si vous arrêtiez de nous bombarder, de nous jeter en prison, de nous torturer, de nous abêtir et d’usurper nos terres, nous continuerions de vous haïr ; même si vous nous payiez le jizyah [l’impôt pour les infidèles, ndlr] et viviez humiliés sous l’autorité de l’islam, nous continuerions de vous haïr.

Pourquoi ? Parce que le Coran nous commande de le faire. Nous ne cesserons donc de vous haïr que lorsque vous aurez embrassé l’islam. »


L’article s’en prend donc au Saint Père qui, en parlant de « violence insensée » à propos de la violence islamiste,  insulte ainsi Allah.


Ces fanatiques sont cohérents: ils lisent le Coran, l’appliquent en toute simplicité et nous le font savoir.

P.O.


Le désert deviendra jardin…

Pour le 15 Août on a pu voir M. Cazeneuve se promener à Lourdes pour rassurer les pèlerins à défaut d’être lui même tranquille car on voyait de dos la trace du gilet pare-balles sous son costume.

Ne chipotons pas, on a apprécié l’effort, d’autant que le lendemain on a pu voir M. Juppé à la messe à Lourdes, M. Sarkozy à l’église du Lavandou et François Fillon à Solesmes.

Cala tenait du miracle; on se disait que la France, fille ainée de l’Eglise et éducatrice des peuples redevenait fidèle aux promesses de son baptême et à l’Alliance avec la Sagesse éternelle!


Même notre cher Président prit rendez vous avec le Saint Père et avant de se recueillir benoîtement à St Louis des Français, offrit au pape une porcelaine de Sèvres portant les armes de la république française. Un peu lourd, mais bon...

Le pape jésuite a de son côté fait cadeau au chef de l'Etat d'une sculpture de bronze, oeuvre de l'artiste Daniela Fusco, qui se veut la représentation de la prophétie d'Isaïe, "Le désert deviendra jardin".


Pas mal non? Acceptons en l’augure!


PO





Langue de buis de Mgr Dubost aux Grandes Gueules.

20/08/2016


Le site Riposte Catholique relève quelques propos de Mgr Dubost, évêque d’Evry, lors de sa participation à l’émission des « Grandes Gueules » de RMC:


…Sur le burkini (il est pour la liberté…), l’islam (qui serait utilisé par certains déséquilibrés…), … il botte en touche. Il ramène tout à l’ignorance qui rend dangereux : bref, les terroristes sont des idiots.


Sur la dénaturation du mariage, il estime que c’est impossible de revenir dessus. Gravissime.


Et à la fin, il déclare espérer que Donald Trump et Marine Le Pen ne seront pas élus ! Son opinion est certes respectable mais peut-être aurait-il pu nous expliquer en quoi Hillary Clinton ou François Hollande seraient plus compatibles avec la doctrine de l’Eglise.

La popularité de la Sainte Vierge en France n'a jamais cessé


Extrait de l'homélie de Dom Coureau, père abbé de Triors, en cette fête du 15 août :



"La piété populaire est plus tenace qu’il n’y paraît, toute fragile qu’elle soit et parfois même bien ambiguë. Elle devance souvent la réflexion de la sagesse théologique qui sort enfin de sa léthargie. Malgré les apparences, la fête de ce jour reste bien ancrée au cœur des masses, plus chrétiennes qu’il n’y paraît. Le journal « La Croix » le reconnaissait récemment (12 août) : près d’un Français sur deux déclare prier la Vierge Marie, indice d’une réelle popularité mariale du pays. Cette popularité n’a jamais cessé, soutient un prêtre, spécialiste en la matière. Elle n’a pratiquement pas suivi les fluctuations de la pratique religieuse qui, elle, s’est affaissée. Les pratiques de piété mariale restent vivaces, chapelet des groupes du Rosaire, pèlerinages et processions de la Vierge vers les hauts-lieux mariaux qui sont considérables et extraordinaires. On pense bien sûr à Lourdes ou à Fourvière, mais aussi à tant de sanctuaires et d’églises, où la Vierge Marie rassemble enfants, adolescents, hommes, femmes, grands-parents, personnes d’origine populaire ou bourgeoise. Marie rebat les cartes des inégalités sociales, souligne encore cet article, avec le fait significatif que Marie apparaît le plus souvent à des gens qui ne sont généralement pas admirés par la société civile : des enfants, des malades, des personnes d’origine sociale plutôt populaire. Avec elle, les petits deviennent grands, conclut-il avec bonheur.



Récemment les évêques de France ont prescrit de jeûner, avant d’instaurer une neuvaine de prière pour la paix, clôturée ce matin par la sonnerie des cloches de nos églises. Cet humble acte de foi et de confiance entend arracher les fidèles à la peur panique que cherche à instaurer le terrorisme actuel : Prière et pénitence, prescrivait déjà Notre Dame à Lourdes. L’archevêque de Rennes voit là une nécessaire réponse à cette « guerre mondiale par morceaux » dont parle souvent le pape François. Prier pour la France, poursuit Mgr d’Ornellas, c’est prier pour que se lèvent des prophètes qui maintiennent en éveil la conscience de la dignité de l’être humain et de sa dimension religieuse. Prier pour la France signifie s’inscrire dans une tradition chrétienne multiséculaire de charité, pour que celle-ci continue d’irriguer les manières de relever de nouveaux défis. La charité n’est pas naïve : elle appelle à un surcroît d’intelligence créatrice et d’engagement social et politique. Charité et justice sont la trace concrète de l’œuvre de l’Esprit en notre histoire chaotique.



Prier Marie dans sa gloire est donc le réflexe de beaucoup en ce temps de menace. Il faut l’entretenir. De même il faut adorer le Saint-Sacrement, surtout là où il est exposé à la piété des fidèles. N’ayez pas peur, continue de nous y dire Jésus. Prions pour nos persécuteurs potentiels, prions pour leur conversion, afin que notre doux Père des cieux leur fasse connaître son Fils tel qu’il est et non tel qu’ils l’imaginent. Il se peut d’ailleurs que les musulmans de bonne foi soient légion, aptes à être intégrés dès lors dans la communion des saints, spécialement ceux d’entre eux qui seraient au Purgatoire ; aptes à être intégrés alors dans l’unique plan du salut, car il n’y a pas d’autre nom que Jésus pour nous sauver (Act. 4,10). Avec eux alors, nous supplions le Bon Dieu par sa Mère glorieuse que le monde ne devienne pas un enfer, car tel n’est pas du tout le plan de Dieu. Par sa miséricorde, il veut au contraire que nous désirions aller au ciel avec Marie qui voit et adore Jésus, amen."


L’enseignement catholique doit-il contribuer
à islamiser les enfants musulmans ?


Par le Père Edouard-M. Gallez, prêtre de la Communauté Saint-Jean, docteur en théologie et histoire des religions

__ La question est abrupte. Et pourtant, c’est ainsi qu’elle se pose aujourd’hui en Belgique, dans le sud comme dans le nord [1] du pays, et c’est ainsi qu’elle se posera probablement en France.

__ Il est question d’organiser, pour les élèves musulmans qui y sont accueillis, des cours d’islam, dans des écoles catholiques, avec des professeurs musulmans. Pour l’instant, il n’est question que du samedi matin, hors du temps scolaire. L’enseignement catholique (Segec) contribuerait de la sorte structurellement à l’islamisation des enfants, en y prêtant et ses infrastructures et sa caution.


__ Un tel projet reflète assez clairement l’abandon de toute perspective de témoignage chrétien, au moins dans l’esprit des responsables nationaux.


__ Rien n’empêchera que, dans un second temps, les cours d’islam soient intégrés dans les heures scolaires elles-mêmes, comme c’est le cas dans certaines écoles du réseau d’Etat. Et dans un troisième temps, ils seront imposés à tous au titre de l’information « pluraliste », comme en Angleterre. En fait, une telle « information » qui reprend le discours islamique sur ses propres origines est déjà donné ici et là, beaucoup d’enseignants ne sachant pas quoi dire ou ne pas dire en présence d’élèves musulmans, parfois « radicalisés » comme on dit. Au reste, les manuels d’histoire se chargent souvent eux-mêmes de fournir aux élèves le discours islamique, accompagné d’une jolie apologie de l’islam.


Droit des parents et mauvaises solutions

__ Les parents ont le droit d’élever leurs enfants selon leur conviction personnelle[2]. Pour autant, une institution supposée catholique doit-elle apporter son concours à la transmission de n’importe quelle croyance ? Il y a une différence entre tolérer et collaborer.


__ En réalité, le problème soulevé est plus large et concerne la société civile entière. Celle-ci doit-elle collaborer ou non à la diffusion de croyances qui constituent une menace sociale, selon ce que le président égyptien Sissi a expliqué lui-même à l’université Al-Azhar ?


“Il est inconcevable que la pensée que nous tenons pour sacrée fasse de l’Umma une source d’inquiétude, de danger, de meurtres et de destruction pour le reste du monde… Comment est-il possible que 1,6 milliard d’êtres humains [= le nombre supposé de Musulmans aujourd’hui] veuille tuer le reste de l’humanité – c’est-à-dire 7 milliards de personnes – en vue de pourvoir vivre eux-mêmes ?” (allocution du 24 décembre 2014).


__ Cette question se pose en effet à toutes les sociétés civiles du monde, y compris musulmanes. Un exemple éloquent est celui du Pakistan, pays confronté en permanence à des attentats. Le pouvoir en place combat les groupes terroristes qui sont plus islamistes que lui, mais il les suscite par son propre islamisme. Le résultat, outre les effrayantes persécutions contre les chrétiens, ce sont des centaines de milliers de Pakistanais qui fuient le pays. Comme les pays du Golfe leur sont fermés, ils veulent venir en Europe mais n’abandonnent pas les « valeurs » de leur pays, et sont porteurs de tout ce qui le détruit. Comment en sortir ?


__ Depuis plus de cinquante ans, des intellectuels occidentaux ont pensé qu’il suffirait d’encadrer l’enseignement de l’islam et d’expurger le Coran de certains de ses passages les plus violents pour obtenir un « islam compatible ».


__ Le premier de ces deux objectifs a été poursuivi déjà dans plusieurs Etats islamiques, et en vain. Il supposait des pays relativement fermés et des populations qui étaient musulmanes davantage par tradition que par conviction ou par connaissance réelle du Coran et des traditions islamiques. De plus, l’intérêt des gouvernants les rendait enclins à favoriser un « islam paisible », opposé au fanatisme politique. Mais dans un monde ouvert et façonné par le web, tout projet de contrôler de l’extérieur ce qui se dit dans les mosquées devient illusoire. Et a fortiori tout projet d’enseigner un « islam de rêve »: on ne réussirait ainsi au mieux qu’à retarder l’adhésion à l’islam intégral, et en tout cas on y conduirait.


__ Au reste, comment pourrait-on réussir à occulter les accusations contre les juifs et les chrétiens qui sont au cœur du message coranique ? Et les imprécations contre eux au nom de Dieu ? Et les appels au meurtre ? Il ne faut pas prendre les enfants pour des idiots : beaucoup maîtrisent mieux l’internet que ceux qui les enseignent. Il ne leur est pas difficile d’être en contact avec l’islam intégral diffusé par des Etats ou des groupes financiers islamiques, s’ils ne subissent pas déjà dans leur quartier l’action de réseaux islamistes.


__ La prétention catholique à favoriser un islam soft « fait maison » est donc une illusion dramatique, et c’est encore peu dire face aux phénomènes de « radicalisation » et d’enfermement communautariste tels que les statistiques disponibles les dévoilent.


__ Quant à expurger le texte de ses passages les plus violents, le Coran n’est pas le Talmud : il est, pour les musulmans, non une œuvre de compilation humaine mais la Parole même de Dieu, littéralement dictée en arabe à un transmetteur (Mahomet). On ne peut pas y toucher. Cette croyance en la dictée par un ange (Gabriel) est inséparable de la foi islamique – même si sa mise au point s’étale sur plus d’une centaine d’années. Elle est figée et sacralisée dans une vaste tradition de commentaires, qui englobe tout le Coran et en particulier ses perspectives de conquête et d’agression-soumission (islam en arabe).


__ Ainsi, le discours laïciste (« On va laïciser l’islam, comme on l’a fait pour le catholicisme ») apparaît comme un non-sens, et pire encore s’il est tenu par des responsables chrétiens – occidentaux : pas un chrétien d’Orient ne soutiendrait de telles inepties.


Le droit des enfants et la raison

__ Et les enfants en tout cela ? Ont-ils des droits ?

__ Supposons un instant l’existence d’une secte de lunatiques qui croirait que la lune est verte et que la Déesse du monde y siège. Les parents qui font partie de cette secte ont parfaitement le droit d’enseigner à leurs enfants une telle croyance – nous supposons aussi que celle-ci ne prône pas l’élimination des terriens à l’exception des lunatiques. Pour autant, l’enseignement catholique doit-il collaborer à la diffusion de cette croyance auprès des enfants de la secte qui viennent dans ses écoles ?


__ En réalité, la question est plus générale. N’existe-t-il pas un droit des enfants à n’être pas trompés ? On a oublié qu’un tel droit repose sur l’exigence même de la raison, qui fonde la dignité humaine. Le droit à n’être pas trompé concerne tout être humain, mais spécialement les enfants qui sont si facilement manipulables. Les droits des parents doivent évidemment rester saufs, nous parlons ici d’un droit d’exercice sociétal qui suppose un discernement : tout message privé ne doit pas être relayé dans la société, certains ne devraient même pas sortir du cadre familial ou lié au droit des parents.


__ Or, quel est le contenu du message islamique ?


__ D’abord, ce qui est dit sur les origines de l’islam constitue une légende, et cette légende, présentée comme historique, offense gravement l’intelligence non seulement par ses invraisemblances (par exemple la jument ailée Buraq qui transporte Mahomet à Jérusalem), mais parce qu’elle va à l’encontre de tout ce que la recherche historico-critique a pu mettre en lumière, spécialement ces dernières années (lieux, groupes impliqués, dates, etc.). Est-ce respecter les enfants devenus grands que de favoriser la diffusion de fables ?


__ Justement, si ce sont des fables, elles n’ont rien de gentil, les paroles du Président Sissi ont un lourd fondement. La figure du « Prophète de l’islam » élaborée par la tradition islamique – et présentée comme historique – donne l’exemple d’un meurtrier rusé, amant de quatre femmes et de vingt-trois concubines, etc. Elle fait appel aux pires mécanismes du mimétisme décrits par René Girard, en glorifiant la domination et l’appropriation par tous les moyens. C’est probablement ce qui fait le succès de l’islam auprès de jeunes, parfois d’origine non musulmane, peut-être aussi à cause de l’emploi du nom de Dieu. Ce nom remue les ressorts les plus profonds de la psychologie humaine, spécialement dans un monde qui prive les enfants de tout sens de la vie sinon celui des jouissances (lesquelles sont destinées surtout à ceux qui ont de l’argent).


__ Enfin, cette croyance donne des « méchants » à haïr – ce qui fonctionne toujours dans la psychologie enfantine –: ce sont les juifs et les chrétiens, présentés comme des falsificateurs de leur « révélation » respective. Ils sont donc condamnés (à l’enfer), ce que le Coran fait dès la première sourate – même si le dernier verset qui porte cette condamnation est un ajout : il ne fait que reprendre ce qui est dit souvent ailleurs dans le texte coranique.


__ Le droit des enfants à n’être pas trompés rejoint manifestement ici le droit de la société civile à se protéger des sectarismes : en aucun cas, l’islamisation des enfants ne devrait être favorisée.


Un enseignement catholique sans boussole ?

__ Notons que cette sourate 1 ou Fâtiha est la prière traditionnelle coutumière de l’islam (d’où la raison probable de l’ajout), et beaucoup de musulmans la répètent sans faire attention aux paroles. Pour autant, quelqu’un comme le Père Antoine Moussali, libanais, refusait toujours de la dire avec ses amis musulmans, parfois un peu étonnés ; « Je ne suis pas maso », leur expliquait-il gentiment. Pour revenir à l’exemple belge, on peut se poser la question : cette Fâtiha a été proclamée en présence d’un évêque en l’église du collège St Michel de Bruxelles le 23 avril dernier, tous les participants étant invités à la répéter – des chrétiens ont été également pris dans un piège aussi gros à Lyon.


__ Lorsque des chrétiens dont sans doute des évêques disent une prière musulmane qui les condamne à l’enfer, comment s’étonner si les hauts responsables de l’enseignement catholique soient enclins à prêter eux aussi leur structure à l’expression de la croyance islamique ? On en est pas (encore ?) à inviter le voile islamique dans les classes :  le directeur du Segec belge en prône l’interdiction au nom de celle de tout couvre-chef ; c’est évidemment quelque chose, mais la justification paraît légère…


__ Tant que la nouvelle religion sociale, le relativisme, restera la norme de la pensée chrétienne occidentale (si l’on peut parler encore de « pensée » dans un cadre où le fait de penser devient une incongruité, voire une faute sanctionnée par l’exclusion de l’enseignement catholique), la situation ne risque pas de changer.


__ Il est temps de rappeler qu’il existe un droit des enfants – et des adultes – à n’être pas trompés. Un droit fondamental que le décret sur la liberté religieuse de Vatican II a malheureusement oublié de traiter. Faudra-t-il un Vatican III pour cela ?


__ En attendant, les clés sont là pour ouvrir des perspectives d’avenir (et de vrais dialogues), qui replacent l’islam dans l’histoire des post-christianismes. Les recherches actuelles au demeurant vont dans ce sens. Le problème n’est pas le manque de connaissances mais le refus de les admettre.


Edouard-M. Gallez


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[1] “Le Secrétariat flamand de l’enseignement catholique (KOV) veut faire une place à part entière au culte musulman et aux autres religions à l’école. […] « C’est un projet ambitieux », souligne Lieven Boeve, du KOV. « Dans une école de dialogue, il y a par exemple de la place à côté d’une chapelle pour une salle de prière pour les musulmans ou le voile », déclare Didier Pollefeyt” – http://www.lavenir.net.


[2] Ce droit implique notamment que les parents ne soient pas obligés de mettre leurs enfants dans des écoles reconnues par l’Etat, s’ils leur fournissent autrement l’éducation nécessaire au monde d’aujourd’hui. Les pouvoirs en place estiment, eux, que “les enfants appartiennent à l’Etat” et veulent interdire, en France comme ailleurs, cette liberté des parents – cf. projet de loi n° 3704 du 27 avril 2016 visant à interdire l’école à la maison et durcissant les conditions pour l’ouverture d’un établissement privé hors contrat (voir ici).