Saint Michel de Rolleboise

Quis ut Deus?

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Devant la partialité, voire la falsification de certains medias, les catholiques doivent aller à la source de l’information et communiquer autour d’eux par tous les moyens, à commencer par l’Internet.                 (Mgr Aillet, le 24/03/2009)

Une semaine d’infos catholiques

Retraites spirituelles de l'IBP

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Un temps de labeur. Pourquoi?

Prédication pour le dimanche de la Septuagésime

Par M. L’abbé Aulagnier

L'ignorance de Nicolas Senèze
mise au jour

Dans La Croix, Nicolas Senèze se lamentait de ce que l'article de Wikipedia sur la messe était presque entièrement consacré à la forme extraordinaire du rite romain. Patatras ! Il s'agit bien de la forme ordinaire du rite romain, ainsi que l'a relevé un lecteur du Forum catholique, repris par un lecteur du Metablog.

Mais Nicolas Senèze n'en démord pas et réagit sur le blog de l'abbé de Tanoüarn... pour finalement s'enfoncer. Il est repris successivement par le même lecteur du Metablog, puis par un séminariste qui enfonce le clou pour conclure :

"Les exemples sont multiples et montrent à l'envi que Wikipedia décrit la forme ordinaire. Voir la messe de Jean XXIII dans celle de Paul VI, comme Nicolas Senèze le fait, est au fond un bel hommage à la continuité liturgique".

Comme l'écrit Bernard Lecomte, ces journalistes qui traitent des sujets religieux sont marqués "par une inculture religieuse profonde", ils sont "incapables de distinguer un luthérien d’un anglican" ou "un synode d’un conclave". Restons toutefois indulgents : s'ils ne distinguent pas la forme ordinaire du missel de 2002 et la forme extraordinaire de 1962, c'est aussi parce que la forme ordinaire telle qu'elle est célébrée habituellement en France l'est bien souvent selon l'humeur ou l'ignorance du célébrant et non selon le missel. On comprend mieux alors l'utilité du motu proprio Summorum Pontificum, qui devrait faire croître la formation liturgique dans toutes les paroisses.

Michel Janva

Benoît XVI met en garde contre la tentation du pouvoir au sein de l'Église  

Synthèse de la catéchèse

Le 03 février 2010 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Au cours de l'audience générale tenue Salle Paul VI, le Pape Benoît XVI est revenu sur la figure de saint Dominique, le fondateur de l'ordre des Frères prêcheurs, né près de Burgos (Espagne) vers 1170. Jeune, il se distingua par son intérêt pour l'étude de l'Ecriture et son amour envers les pauvres. Devenu prêtre, il fut nommé chanoine de la cathédrale d'Osma, une "position qu'il n'interpréta pas comme un privilège ni comme le début d'une carrière ecclésiastique mais comme un service à accomplir avec attention et humilité. Faire carrière, le pouvoir, est une tentation qui menace aussi ceux qui occupent une place d'autorité au sein de l'Eglise". L'évêque d'Osma, a poursuivi Benoît XVI, ayant rapidement constaté les qualités spirituelle de Dominique, le prit comme collaborateur dans ses missions diplomatique en Europe du nord pour le compte du roi de Castille. Voyageant, Dominique "prit conscience des graves questions qui se posaient à l'Eglise de son temps, comme l'existence de peuples restant à évangéliser ou la crise religieuse qui frappait le sud de la France, où les progrès de l'hérésie cathare favorisait l'éloignement de la vérité de la foi".

 

Après avoir rencontré Honorius III, Dominique fut chargé de consacrer ses efforts à la prédication contre la doctrine des albigeois. "Il accepta avec enthousiasme cette mission, qu'il conduisit en donnant l'exemple d'une vie de pauvreté et d'austérité tandis qu'il prêchait et prenait part à des débats publics". Le zèle missionnaire de Dominique, a alors souligné le Saint-Père, était de ramener le Christ au cœur de l'Eglise. "En effet, le Christ est l'être le plus précieux que les hommes de tout temps et lieu ont le droit de connaître et aimer. Il est réconfortant de constater combien, aujourd'hui encore, tant de pasteurs et de laïcs, de religieux d'ordres anciens comme de nouveaux mouvements, se dépensent dans l'Eglise pour l'idéal suprême qu'est l'annonce et le témoignage évangélique!". Puis le Pape a raconté comment Dominique et ses premiers compagnons fondèrent l'ordre dominicain à Toulouse (France) sous la règle de saint Augustin, qu'ils "adaptèrent aux nécessités d'une vie apostolique les conduisant à prêcher ici et là tout en regagnant leurs couvent pour la prière, l'étude et la vie communautaire".

 

Saint Dominique voulut que ses frères "aient une solide formation théologique, n'hésitant pas à les envoyer dans les universités...pour des études fondées sur l'Ecriture et le savoir théologique, dans le respect des interrogations de la raison". Benoît XVI a encouragé pasteurs et fidèles d'aujourd'hui à suivre l'exemple dominicain "en cultivant la dimension culturelle de la foi, afin que la beauté de la vérité chrétienne soit mieux perçue, et que la foi puisse être nourrie, renforcée, mais aussi défendue. En cette Année sacerdotale, j'invite les séminaristes et les prêtres à réévaluer l'aspect spirituel des études. La qualité du ministère sacerdotal dépend aussi de la générosité avec laquelle on s'applique à l'étude de la vérité révélée". Saint Dominique mourut en 1221 à Bologne (Italie) et canonisé dès 1234. "Sa sainteté indique les deux moyens indispensables à une incisive action apostolique, la dévotion mariale" et en particulier le chapelet, dont les dominicains ont diffusé l'usage, "soulignant la valeur de la prière d'intercession pour le succès de l'apostolat".

Sources : www.vatican.va

 

Journée du Malade :
L’Eglise au service de l’amour pour ceux qui souffrent

XXV ans du Conseil pontifical pour la Pastorale des services de santé

ROME, Vendredi 5 février 2010 (ZENIT.org) - La Journée mondiale du Malade 2010, qui sera célébrée en la fête de notre Dame de lourdes, jeudi 11 février, sur le thème du message de Benoît XVI: « L'Eglise au service de l'amour pour ceux qui souffrent ». Cette célébration coïncidera avec les XXV ans du Conseil pontifical pour la Pastorale des services de santé, institué par Jean-Paul II.

 

Ces célébrations ont été présentées ce matin au Vatican par le président du Conseil pontifical, Mgr Zygmunt Zimowski, entouré du secrétaire de ce dicastère, Mgr José L. Redrado, OH, et du sous-secrétaire, Mgr Jean-Marie Muvisi Mpendawatu, avec deux invités spéciaux, Mgr Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes (cf. intervention ci-dessous) et M. Salvatore Pagliuca, vice-président de l'Union nationale italienne de transport des malades à Lourdes et dans les sanctuaires internationaux (UNITALSI).

Les célébrations se déroulement sur trois jours, du 9 au 11 février. Les deux premiers jours seront consacrés à un symposium international qui réunira les 540 inscrits de 35 pays, a indiqué Mgr Zimowski (cf. Zenit du 1er février 2010 pour le programme détaillé).

Il s'agit, a précisé le président du dicastère romain, d'agents de santé, d'aumôniers, de médecins et d'infirmiers, de représentants d'associations et de bénévoles.

Mgr Zimowski a souligné que dans son message, Benoît XVI fait référence à la lettre apostolique de Jean-Paul II « Salvifici doloris », de 1984, et il affirme en parlant des mystères de la vie du Christ : « C'est dans le mystère de sa passion, de sa mort et de sa résurrection, que la souffrance humaine puise sens et plénitude de lumière. »

Jean-Paul II souligne pour sa part que la souffrance humaine, a atteint son sommet dans la Passion du Christ et ainsi, elle « a revêtu une dimension complètement nouvelle et est entrée dans un ordre nouveau : elle a été liée à l'amour » (n. 18).

Mgr Zimowski a également cité la première encyclique de Jean-Paul II, « Redemptor hominis », pour souligner « l'amour de Jésus Rédempteur ».

Mgr Redrado a souligné pour sa part la nécessité de se pencher sur le chemin parcouru, avec les trois présidents de ce Conseil pontifical, le cardinal Angelini, le cardinal Lozano Barragan, et Mgr Zimowski, pour pouvoir ensuite aller de l'avant, mais avec des « racines ».

Mgr Mivisi Mpendawatu a rappelé que Jean-Paul II a voulu la fondation du « Bon samaritain », qui actuellement agit au service des malades et des plus pauvres dans 15 pays, notamment pour fournir les thérapies nécessaires aux malades du sida des pays pauvres, mais aussi les malades de la tuberculose ou de la malaria.

Il a souligné deux manifestations qui accompagnent le XXVe anniversaire du dicastère romain : une exposition de trois jours de quelque 30 toiles sur Jean-Paul II et la souffrance, et un concert.

Lors de l'acte solennel qui conclura les célébrations de ces deux jours de congrès, le 10 février, un représentant de l'OMS prendra la parole, en présence de Benoît XVI.

Anita S. Bourdin

 

 

Le dialogue est positif entre catholiques et orthodoxes

Dans le rapport qu'il a établi devant les évêques orthodoxes russes à l'occasion du premier anniversaire de son intronisation, le patriarche Kirill de Moscou a évoqué les « tendances positives » enregistrées dans le cadre du dialogue entre orthodoxes russes et catholiques.

 

 "Des activités communes et les nombreuses rencontres que nous avons eues avec les représentants de l'Eglise catholique ont confirmé que nos positions coïncident sur de nombreuses questions qui interpellent les chrétiens dans le monde moderne : ce sont la sécularisation agressive, la globalisation, l'érosion des principes éthiques traditionnels. Benoît XVI a pris des positions très proches de celles des orthodoxes".

 

Il a également rappelé la décision de la Cour européenne des droits de l'homme visant à interdire la présence de crucifix dans les écoles italiennes :

 

"Cela a été une attaque claire contre les traditions chrétiennes européennes. Nous avons rappelé que la civilisation européenne a des racines chrétiennes, il est donc absolument inacceptable de priver l'Europe et ses institutions des symboles de son identité spirituelle".

 

En revanche, le patriarche a évoqué un bilan très différent avec les Eglises protestantes, déplorant la «libéralisation rapide» du monde protestant, notamment la bénédiction des unions homosexuelles et les élections d'évêques homosexuels. Ce sont «les raisons qui nous ont contraint à interrompre les rapports avec l'Eglise épiscopale des Etats-Unis et avec l'Eglise luthérienne de Suède».

 

Durant cette année, le patriarcat de Moscou a ouvert 900 nouvelles paroisses et le nombre total de clercs a augmenté de plus de 1 500. L'Eglise orthodoxe possède 30 142 paroisses (en décembre 2008, on en comptait 29 263), 160 diocèses (contre 157), 207 évêques (203 l'année précédente) et un total de 32 266 clercs (30 670 en 2008).

Michel Janva

 

 

Ne pas « diluer » l’Evangile : appel de Benoît XVI aux évêques d’Ecosse

Le pape compte sur un nouvel élan de l’apostolat des laïcs

ROME, Vendredi 5 février 2010 (ZENIT.org) - Benoît XVI invite les évêques d'Ecosse à défendre l'Evangile devant qui voudrait en « diluer » la force. Le pape a également mentionné l'année sacerdotale et les 400 ans de l'ordination sacerdotale d'un martyr d'Ecosse, John Ogilvie. Il compte sur un nouvel élan de l'apostolat des laïcs.

Le pape a en effet reçu ce vendredi matin, au terme de leur visite ad limina, les évêques d'Ecosse et leur a adressé un discours en anglais publié par la salle de presse du Saint-Siège.

Apostolat des laïcs

Benoît XVI a encouragé une « juste perception » de la vocation baptismale des laïcs, telle que Vatican II la décrit, et qui fait d'eux des témoins de l'Evangile dans tous les milieux, « en famille » ou « au travail », de façon à participer à la « mission » de l'Eglise de « sanctification du monde ».

Le pape espère de l'apostolat des laïcs un « nouvel élan » pour « l'évangélisation de la société ».

Le pape a également salué l'apport des écoles catholiques d'Ecosse et il leur a demandé d'encourager les enseignants à approfondir l'instruction religieuse, en vue de « préparer un laïcat catholique bien formé et préparé à sa mission ».

En effet, Benoît XVI souhaite une forte présence catholique dans les media, dans la politique, dans les professions publiques et les universités, de façon à « enrichir la nation écossaise tout entière ».

Le courage face à la sécularisation

Face à la sécularisation qui touche l'Ecosse, le pape a non seulement souligné les enjeux éthiques - euthanasie, expériences sur les embryons humains - mais il a invité les évêques à rappeler aux fidèles l'obéissance totale au magistère » et à défendre le droit de l'Eglise « à vivre librement dans la société selon sa foi ».

Le pape a demandé aux évêques de présenter le message « positif » de l'Eglise « comme plein d'espérance », car il regrette que la doctrine de l'Eglise soit « trop souvent » considérée comme « une série d'interdits et d'attitudes rétrogrades », quand elle est au contraire « créative », « porteuse de vie », « favorable à l'épanouissement » de ce « grand capital » que Dieu place en chacun en vue du « bien » et du « bonheur ».

Unité des chrétiens

Benoît XVI a aussi fait allusion à 450 ans de division des chrétiens en Ecosse, tout en saluant les progrès du dialogue œcuménique et spécialement la participation des évêques catholiques à « l'Action des Eglises ensemble en Ecosse » - Action of Churches Together in Scotland - pour favoriser l'unité des chrétiens d'Ecosse.

L'Année sacerdotale

Benoît XVI a souligné l'heureuse coïncidence entre l'Année sacerdotale et le 400e anniversaire de l'ordination sacerdotale du martyr John Ogilvie, dont le « courage » doit servir de modèle à tout le clergé d'Ecosse.

Le pape a également salué une initiative intitulée « Prêtres d'Ecosses » - « Priests of Scotland » - pour la formation sacerdotale.

Benoît XVI a souligné que la promotion des vocations doit s'accompagner d'une « catéchèse spécifique sur le sacerdoce ». Il a souligné que le prêtre « joue un rôle indispensable dans la vie des communautés », en particulier pour l'Eucharistie « qui nourrit l'Eglise et lui donne la vie ».

Enfin, Benoît XVI a souhaité revoir les évêques à l'occasion de son prochain voyage en Grande Bretagne, ce qui confirme une étape écossaise du voyage. 

Anita S. Bourdin

 

     Diocèses

Environ 10% des églises sous protection de l'Etat sont menacées

Le New York Times a enquêté sur les églises de France en voie de destruction :

"L'église du XIXe siècle qui domine la bourgade de Gesté, dans le Maine-et-Loire, est victime de sa taille, son état et, en dernière analyse, des préoccupations budgétaires de la municipalité. Bien que l'édifice, dédié à Saint-Pierre, soit sans doute l'unique joyau architectural de cette ville de 2 400 habitants, la municipalité a décidé de le raser et d'en construire un nouveau, beaucoup moins coûteux à entretenir. L'imposant édifice est fermé depuis 2006. Pour ajouter à l'impression d'abandon qui s'en dégage, des barrières métalliques ont été placées tout autour, afin de protéger les visiteurs de la menace, très réelle, de chutes de pierres. En 2007, le conseil municipal a décidé par 16 voix sur 17 de démolir l'église, faisant valoir que les coûts de restauration s'élèveraient à 4,4 millions d'euros alors que ceux de démolition et de reconstruction se limiteraient à 1,9 million. De nombreux habitants de la commune ont violemment contesté ces estimations, disant que la municipalité avait surestimé le montant des travaux de restauration. [...]

Avec le déclin du nombre de paroissiens, de prêtres et la montée des coûts d'entretien, dans toute la France des villages sont contraints de s'interroger sur le sort de leur église, souvent dans des états de dégradation avancé. Selon Béatrice de Andia, présidente fondatrice de l'Observatoire du patrimoine religieux, le pays compte aujourd'hui quelque 90 000 édifices religieux - dont 17 000 placés sous la protection de l'Etat pour leur valeur historique ou architecturale -, soit la plus grande densité de clochers en Europe. Environ 10% des églises protégées sont menacées du fait de l'insuffisance des fonds affectés à leur sauvegarde, pourcentage bien plus important encore parmi les autres édifices."

Michel Janva

 

Thiberville : Don Camillo en Normandie

Christophe Geffroy Source : La Nef n°212 de février 2010

 

Le diocèse d’Évreux est le théâtre d’une tension entre l’évêque et l’un de ses prêtres. Cette affaire locale est en fait significative d’un problème de fond sur lequel il n’est pas inutile de réfléchir. Explications et analyse.

 

Depuis début janvier, les médias se sont fait l’écho des tensions qui existent dans le diocèse d’Évreux entre son évêque, Mgr Christian Nourrichard, et l’un de ses prêtres, l’abbé Francis Michel, curé de Thiberville. Fallait-il revenir à notre tour sur cette affaire locale au risque de mettre de l’huile sur le feu ? À l’heure d’internet où l’information circule quasiment instantanément à l’échelle nationale et mondiale, il serait pour le moins hypocrite de feindre qu’une telle affaire puisse n’avoir aucune répercussion au-delà du diocèse d’Évreux. Et elle en a d’autant plus qu’elle est d’une certaine façon exemplaire et permet de poser de vraies questions sur la façon d’envisager l’avenir de nos diocèses. Enfin, un facteur plus personnel me pousse ici à témoigner : ma famille étant installée depuis plus de vingt ans à Lisieux, j’ai pu voir de près la fécondité du ministère de l’abbé Michel à Thiberville et dans sa région. J’admets que la profonde admiration que je porte à l’abbé Michel ne fait pas de moi l’observateur le plus objectif, mais mon but n’a jamais été d’attaquer nos évêques, que j’aime et respecte et dont je conçois combien la tâche est difficile.

 

Il est évident que la paroisse de l’abbé Michel à Thiberville (avec les douze autres clochers qu’il dessert) n’est pas une paroisse comme les autres. Et pour le comprendre, il faut sans doute évoquer rapidement la haute figure d’un autre prêtre de ce diocèse, décédé en novembre 1996 : l’abbé Montgomery, ce truculent pasteur écossais devenu prêtre catholique et qui resta curé du Chamblac de 1956 jusqu’à sa mort – l’église du Chamblac jouxte le magnifique château de l’écrivain Jean de La Varende (1887-1959) : c’est dans sa propriété que se faisait traditionnellement la procession de la Fête-Dieu. L’abbé Montgomery, qui était une forte personnalité, avait conservé la messe tridentine dans sa paroisse tout en demeurant canoniquement en règle avec ses évêques successifs qui, sagement, n’avaient pas cherché à « déloger » un prêtre aussi enraciné et aimé de ses fidèles. Après sa mort, l’incertitude régnant sur l’avenir de cette paroisse, l’abbé Aulagnier, alors responsable du prieuré de Gavrus (Calvados) de la Fraternité Saint-Pie X, vient célébrer la messe tridentine au Chamblac le dimanche. En mars 1997, Mgr David, évêque d’Évreux, veut « normaliser » la situation en nommant un nouveau curé chargé de ne célébrer que la messe dite de Paul VI : c’est le début d’un long bras de fer entre l’abbé Aulagnier et Mgr David qui n’aboutira qu’à un beau gâchis (1), à l’abandon d’une paroisse vivante et fervente.

 

Portrait de l’abbé Michel

 

Pour répondre au besoin des fidèles de l’abbé Montgomery, apaiser les esprits et essayer de sortir d’une situation qui s’enlisait, l’abbé Michel, curé de Thiberville depuis 1986, instaure dans sa paroisse le dimanche à 17 heures une messe dans la forme extraordinaire : à l’origine, cette messe, célébrée dans le cadre d’un trentain à la mémoire de l’abbé Montgomery, n’est pas destinée à perdurer. Mais face à l’affluence, dans ce contexte où ces fidèles se sentent rejetés de tous, l’abbé Michel n’a pas le cœur de l’arrêter. Son évêque essaie de le persuader de ne plus célébrer cette messe tridentine, mais finit par laisser les choses en l’état : depuis, elle n’a jamais cessé. Mgr David dira même avec une pointe d’humour : « Si j’ai bien compris, c’est un trentain perpétuel ».

 

Un mot maintenant sur les paroisses de l’abbé Michel. Quand il est arrivé à Thiberville en 1986, la paroisse n’était pas d’un style « classique ». Il a même dû se battre plusieurs années contre quelques religieuses pour imposer les normes romaines en matière liturgique. Car l’abbé Michel n’est pas un « traditionaliste » ; il célèbre la messe selon le nouvel Ordo… mais telle que le pape Benoît XVI demande qu’elle soit célébrée : il a mis plusieurs années à retirer l’autel mobile situé au milieu du cœur pour célébrer ad orientem, les grandes prières du commun sont chantées en latin et grégorien, on y respire l’encens, etc. (mais on y voit des filles enfants de chœur, « enfants de Marie » n’assurant pas le service de l’autel). Bref, il faut le reconnaître, l’abbé Michel est l’un des rares exemples en France qui prouve que l’on peut célébrer le nouvel Ordo sans rupture avec l’ancien : c’est même un « laboratoire » où fidèles des deux formes du même rite romain cohabitent dans une parfaite harmonie. Résultat ? Ses églises sont pleines chaque dimanche et l’abbé Michel est devenu une personnalité respectée et appréciée de tous. Ajoutons que les cours de catéchisme de l’abbé – basés sur les méthodes traditionnelles – font le plein, qu’il ne rate jamais une occasion de processionner dans les rues des villages, que ce soit pour la Fête-Dieu, l’Assomption ou la fête de sainte Jeanne d’Arc et vous aurez une petite idée du profil de ce curé hors norme.

 

Après Mgr Gaillot, Mgr David avait compris qu’il valait mieux laisser ce curé continuer tranquillement son expérience dont ils ne saisissaient pas vraiment la portée. En 2006, Mgr Christian Nourrichard remplace Mgr David comme évêque d’Évreux. Tout semble devoir continuer comme avant jusqu’en avril 2008. À ce moment, l’abbé Michel est victime de graves calomnies, notamment dans la gestion des fonds de ses paroisses – calomnies évidemment non fondées dont on connaîtra par la suite l’origine et sur lesquelles je préfère ne pas m’étendre par égard pour les « accusateurs ». Il est convoqué à l’évêché et Mgr Nourrichard lui déclare qu’il ne peut rester à Thiberville avec de telles accusations contre lui. L’abbé Michel refuse fermement de partir dans ces conditions : il juge qu’un départ précipité serait une fuite qui donnerait raison aux calomniateurs. Lors d’un nouvel entretien, Mgr Nourrichard maintient sa décision et propose à l’abbé d’aller à Évreux assurer les messes de diverses communautés religieuses sans aumônier et d’assurer l’adoration du Saint-Sacrement et des temps de confession à la cathédrale. Passer à 58 ans – l’abbé Michel est en pleine forme – du ministère de curé de treize paroisses à celui de prêtre retraité est pour le moins étonnant dans un diocèse qui manque cruellement de prêtres sur le terrain ! L’abbé Michel refuse cette rétrogression qui s’apparente à une sanction. Mgr Nourrichard lui propose alors d’être l’aumônier de l’hôpital de Louviers, une nouvelle fois un poste bien en deçà des capacités d’un prêtre dynamique ayant une longue expérience de curé : nouveau refus, l’abbé Michel ne se sentant pas cette vocation. Enfin, Mgr Nourrichard veut le nommer dans la paroisse de Louviers… comme vicaire du curé : nouvel échec.

 

Curieuses propositions

 

Pendant ce temps, les fidèles et les élus locaux – fervents soutiens de l’abbé, à commencer par les maires de ses communes, Thiberville en tête – se mobilisent et 4000 signatures et des centaines de lettres parviennent à l’évêché et à la nonciature pour demander le maintien de l’abbé Michel à Thiberville. En juin 2008, Mgr Nourrichard écrit à l’abbé Michel et lui demande de rester un an encore à Thiberville « pour célébrer vos soixante ans ». L’année se passe donc tranquillement, puis revient la question du départ : visiblement, Mgr Nourrichard, ne veut pas que l’abbé Michel soit à nouveau curé de paroisse – là où pourtant il a prouvé son charisme et sa réussite ! Il lui propose d’être vicaire à Aubevoie, paroisse d’un style diamétralement opposé à celui de Thiberville ! L’évêque finit par reconnaître que ce choix n’est pas des plus judicieux et nous voilà revenus à la proposition de vicaire à Louviers, avec un curé presque vingt ans plus jeune que l’abbé Michel. Finalement, Mgr Nourrichard lui écrit en septembre 2009 avec à la clé une nouvelle solution : dans le cadre d’un remaniement des paroisses, le secteur de Thiberville serait rattaché à celui de Bernay : l’abbé Michel viendrait rejoindre l’équipe de prêtres et pourrait notamment desservir… Thiberville. Cette fois-ci, la réponse de l’abbé Michel n’est pas négative, il évoque seulement les risques de cohabitation difficile avec les deux prêtres du secteur, l’abbé Jean Vivien et l’abbé Pierre Gaudin, tous deux hostiles à la vision traditionnelle de l’abbé Michel (et très opposés à la forme extraordinaire). Mgr Nourrichard estime cette réponse comme un refus et écrit fin octobre à l’abbé qu’il envisage pour la première fois des sanctions canoniques. Le 19 novembre, celui-ci lui répond en affirmant qu’il est prêt à rejoindre Bernay et, conformément au motu proprio de Benoît XVI, demande si une paroisse personnelle où la forme extraordinaire pour la messe serait célébrée pourrait être envisagée afin de répondre au besoin des fidèles. Appel resté sans réponse, sinon la révocation du 28 décembre 2009 que Mgr Nourrichard est venu en personne communiquer aux fidèles le dimanche 3 janvier dernier à Thiberville.

 

La suite est mieux connue et a été largement médiatisée : Mgr Nourrichard a été pris à partie par les fidèles, il n’a pu célébrer la messe à Thiberville et s’est vu interdire l’entrée dans une autre église où officiait l’abbé Michel. Après avoir confirmé sa décision de révocation de l’abbé Michel et de rattachement de ses paroisses au groupement de Bernay sous l’autorité du curé, l’abbé Jean Vivien, Mgr Nourrichard a annoncé qu’il avait rencontré le nonce à Paris et remis son dossier entre les mains de Rome qui tranchera. On en est là aujourd’hui.

 

Cette histoire, assez triste en vérité, est cependant intéressante en ce qu’elle nous renseigne sur un état d’esprit qui est loin de celui que le pape Benoît XVI essaie d’insuffler dans l’Église universelle – et que l’on peut résumer par son souci de « l’herméneutique de la réforme, du renouveau dans la continuité » (2) par opposition à toute idée de rupture entre le passé et le présent. Car ce qui est extraordinaire dans cette affaire, c’est l’impression irrépressible qui apparaît clairement : l’expérience de Thiberville, unique dans ce diocèse, doit cesser ! On ne sait pas très bien pourquoi et dans quel but, mais cela semble une nécessité incontournable.

 

Raisons d’une révocation

 

La raison d’abord invoquée est la rumeur des calomnies, finalement oubliée au profit d’un autre motif impérieux : l’abbé Michel est en poste depuis 23 ans, c’est beaucoup trop ! Faut-il rappeler que saint Jean-Marie Vianney est resté 41 ans curé d’Ars. Certes, l’époque n’est plus la même, mais même aujourd’hui, rien n’empêche un curé de demeurer longtemps dans une paroisse comme cela se faisait jadis. Habituellement, ce sont les prêtres eux-mêmes qui souhaitent changer d’horizon après six ou neuf ans dans une paroisse. Mais quand un prêtre ne le souhaite pas, les fidèles non plus et qu’aucune solution de rechange n’existe, où est le mal à le maintenir 23 ans et plus ?

L’argument, au demeurant, a fait long feu puisque désormais c’est la réorganisation des paroisses – ancien projet intitulé « Paroisse 2000 » – qui est le motif officiel de la révocation de l’abbé Michel. Mais dans tout cela, à aucun moment on a entendu les autorités du diocèse se soucier du bien des fidèles – un paradoxe pour ceux qui ne cessent de se revendiquer du concile Vatican II qui a cherché à donner aux laïcs une plus grande place dans l’Église : un prêtre pour 5000 habitants (c’est le ratio de l’abbé Michel à Thiberville), c’est trop, c’est un luxe que ne peut plus se payer l’Église, affirme l’abbé Jean Vivien. Mais l’argument est absurde puisque la solution retenue, comme s’il y avait trop de prêtres, consiste à révoquer un curé en étant prêt à ne plus lui donner de ministère équivalent et à rattacher ses paroisses à un secteur déjà très étendu. Le seul résultat tangible de ce remaniement est que les 5000 habitants de la région de Thiberville qui avait un prêtre… n’en auront plus et seront rattachés à une ville située à 12 km : cela ne contribuera pas à augmenter le ratio de l’abbé Vivien !

 

De plus, quand on change un prêtre d’une paroisse, on essaie de faire en sorte qu’il y ait une certaine continuité entre l’équipe sortante et celle qui arrive, c’est une délicatesse élémentaire envers les fidèles… sauf si l’on considère que le travail de l’ancienne équipe est mauvais et doit être corrigé ! Là est bien le cœur du problème. Comme style de prêtre, l’abbé Vivien est en effet à l’opposé de l’abbé Michel, comme l’a fort bien montré un reportage diffusé le 17 janvier sur TF1 dans l’émission « Sept à huit » : l’abbé Michel, en soutane, est apparu jovial, très à l’aise parmi les habitants qui le connaissent bien, aimé de tous, y compris des non-catholiques, tandis que son confrère, en civil, austère, marchait seul dans la rue sans même être salué. Le rattachement de Thiberville à son secteur géographique est la mort assurée de la spécificité de cette paroisse.

C’est finalement bien cela qui est en cause dans l’affaire de Thiberville : l’expérience d’un curé d’esprit traditionnel, dont la paroisse est florissante, est-elle permise dans le diocèse d’Évreux ? Ces querelles auraient pu avoir un sens en un temps où l’Église regorgeait de vocations, mais aujourd’hui, dans un diocèse aussi sinistré que celui d’Évreux, la persécution d’un prêtre ayant ainsi « réussi » sur le terrain apparaît comme incompréhensible, quelles que soient les justes et bonnes raisons que Mgr Nourrichard a de vouloir être obéi de tous ses prêtres : ce souci est bien évidemment plus que légitime et il ne s’agit pas de remettre ici en cause l’autorité de Mgr Nourrichard, mais de regretter qu’il ait agi à Thiberville comme s’il s’agissait d’une paroisse quelconque où le prêtre pouvait être changé par un autre sans dommage, alors qu’il s’agit d’un lieu particulier, en raison de son histoire et de son pasteur. Le bien des fidèles ne nécessitait-il pas ici une solution spécifique, originale, en dehors des sentiers battus ? A qui fera-t-on croire que le départ de l’abbé Michel est nécessité par un ratio mathématique et que son maintien indispose les autres catholiques du diocèse jaloux qu’un prêtre n’ait « que » 5000 habitants, alors que d’autres en ont davantage ?

 

L’expérience de l’abbé Michel étant très positive, l’Église ne pouvant se développer qu’à partir de bastions forts comme celui de Thiberville, pourquoi ne pas agrandir le secteur paroissial de l’abbé Michel et même lui donner un vicaire pour le seconder ? S’il n’y a pas de prêtre disponible dans le diocèse, pourquoi ne pas faire appel à un prêtre extérieur, soit d’un autre diocèse, soit d’une communauté nouvelle ou traditionnelle ? Ainsi, l’abbé Vivien serait satisfait et pourrait vérifier avec sa calculette que l’abbé Michel est dans les bons ratios et l’évangélisation aurait ainsi un bon terrain de départ. Quand on a la chance d’avoir un abbé Michel, on le félicite, on l’encourage : persécuter un tel prêtre n’est pas bon signe…

 

Derrière les explications officielles, il y a bien une conception de la vie paroissiale qui est en jeu. En ce sens, c’est bien une affaire exemplaire.

 

Christophe Geffroy

 

(1) Nous avions relaté toute cette affaire dans La Nef n°80 de février 1998 et nous avions interviewé Mgr Jacques David dans La Nef n°82 d’avril 1998.

(2) Discours à la Curie du 22 décembre 2005. 

 

 

 

 

Des nouvelles de notre
cher abbé Berche

par l'Abbé Philippe Laguérie - 3 février 2010

 

Notre Alexandre ouvre les yeux depuis hier soir et manifestement nous reçoit ! Quelle joie, mes amis! Je sors à l'instant ( 3 février à 10h00) de sa chambre, où j'ai passé un bon quart d'heure à l'entretenir, renouer, prier avec lui. Ca marche! Il n'y a pas de doute, ses yeux ont retrouvé une expression, vous regarde...droit dans les yeux et clignent à chaque membre intelligible de nos phrases. Ils sont même très beaux, d'un vert que je n'avais pas considéré auparavant, pleins d'affection et de douceur et semblent vouloir vous dire tout ce que les lèvres ne peuvent encore exprimer. Après ces trois semaines d'absence, de vide même, de souffrances aussi, vous imaginez facilement ma joie. Manque encore le sourire, qui pourtant semble poindre, et bien-sûr la parole. Mais on a vraiment l'impression que ce n'est qu'une question de force physique, tandis que son âme est là, à fleur de peau...

 

Je n'ai aucune autorité pour crier victoire, m'y refuse et ne voudrais en aucun cas me substituer au verdict des médecins et des infirmières. Qu'ils soient d'ailleurs vivement remerciés, ici, de leur exceptionnelle compétence et dévouement. Mais avouez que, même si l'on sait en théorie la toute-puissance de la prière, il est toujours bien agréable de la vérifier. Que Dieu soit loué !

 

Ne nous relâchons pas. Un essai vient d'être marqué, il faut le transformer.

 

 

     L’Eglise dans le monde

En mai (le 13 ?) à Fatima

« Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi »

Par Jean Madiran 

A Fatima en mai 2010 : l’annonce du pèlerinage de Benoît XVI a comme rouvert un livre qui paraissait s’être fermé ; elle a suscité la renaissance d’une attente fervente et laisse espérer diverses éventualités (cf. Présent du 5 décembre).

En effet le contenu des apparitions de 1917 et les trois « secrets » ultérieurement dévoilés par sœur Marie-Lucie du Cœur Immaculé comportent des points restés assez obscurs ; et aussi des demandes qui paraissent avoir été plus ou moins négligées, comme la dévotion du premier samedi du mois, le culte du Cœur Immaculé à officialiser d’une manière plus solennelle (et qui au contraire a été plutôt dévalorisé) ; et enfin tout ce qui concerne la manière (partiellement incomplète ?) dont a été effectuée la consécration de la Russie.

Parmi les points demeurés obscurs, il y a le sens et la portée d’une phrase révélée en 1941 par sœur Marie-Lucie, et qui n’a jamais encore été pleinement élucidée :

« Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi. »

A ce sujet Mgr Gilles Wach, fondateur bien connu et prieur général de l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre (ICRSP), développe en privé une hypothèse qui m’a paru suffisamment originale et intéressante pour que je lui en demande une « interview ».

— Mais vous l’avez, m’a-t-il répondu, me donnant ainsi l’autorisation de la rédiger d’après ce qu’il venait de me dire. Voici donc, en substance, l’hypothèse dont Mgr Wach est l’auteur.

Que le Portugal conserve toujours « le dogme de la foi » (c’est-à-dire, comme l’a précisé sœur Marie-Lucie, la foi authentique, la vraie foi) cela suggère qu’elle ne sera pas conservée ailleurs.

On a pu au siècle dernier supposer un moment que cette prédiction était vérifiée par le gouvernement du président Salazar (1932-1968) qui, sans instituer un Etat confessionnel, établit toutefois un régime politique largement conforme au droit naturel et chrétien. Mais l’Espagne connut un régime analogue avec le général Franco (1936-1975). Et puis la révolution portugaise de 1974 balaya ce qui pouvait subsister du régime Salazar.

La différence persistante du Portugal « conservant le dogme de la foi », ce n’est donc pas dans sa provisoire restauration politique qu’il faut la voir. Mais ce n’est pas non plus dans une différence religieuse. La crise provoquée par l’« esprit du Concile » ne l’a pas épargné, surtout à partir du moment où Paul VI a remplacé son épiscopat conservateur par un épiscopat progressiste : le clergé portugais et sa hiérarchie ont connu comme ailleurs une dérive modernisante qui n’est pas encore guérie. La différence portugaise n’est pas non plus dans une résistance particulière à la déchristianisation de la société : au Portugal elle est semblable à celle des autres pays d’Europe. Si bien que la question reste posée : en quoi le Portugal se distingue-t-il par une conservation de la foi ?

La différence existe pourtant. Cette différence que souligne Mgr Wach consiste en ce que le Portugal est le seul pays d’Europe continentale à ne pas subir une immigration massive et sans cesse croissante de populations musulmanes. L’hypothèse de Mgr Wach est qu’il se pourrait bien que le Portugal soit le seul à ne pas être finalement submergé par une domination (à la fois démographique et politico-religieuse) qui imposerait à la foi chrétienne en Europe une disparition analogue à celle que l’on peut apercevoir en Arabie Saoudite ; ou bien à celle qui est en marche en Turquie.

Pratiquement, cette hypothèse rejoint en somme ce que j’annonçais en 2002 dès le premier chapitre d’Une civilisation blessée au cœur : La République française, avec les « valeurs » qui sont les siennes, ne peut rien légalement, elle ne peut rien moralement contre la montée de l’islam, on le vérifie aujourd’hui de Sarkozy en Besson, de légalité paralysante en moralité subvertie. Face à la menace, il faudrait d’abord changer de moralité officielle ; et changer de légalité.

JEAN MADIRAN

 

LES MODIFICATIONS APPORTÉES AU RITE AMBROSIEN

 

Le nouveau lectionnaire de la messe de rite ambrosien, rite utilisé dans le diocèse de Milan et certaines localités des diocèses de Bergame, Novare, Lodi et Lugano, cause quelques problèmes. Pour certains c'est même "une affaire brûlante."

 

Les paroisses concernées par ce rite comptent près de 5 millions de baptisés. Il s'agit en fait du lectionnaire.

 

L’affaire a été" imposée" à la Congrégation pontificale pour le culte divin par le cardinal Giacomo Biffi. Milanais, théologien, éminent spécialiste de saint Ambroise et du rite qui en porte le nom. Il a été co-auteur, dans les années 1970, d’une première édition du lectionnaire ambrosien mise à jour d’après les indications du concile Vatican II.

 

Cette première édition, appréciée, est entrée en vigueur à Milan en 1976. Elle a été suivie en 2008 d’une seconde édition, élaborée par la "congrégation du rite ambrosien" locale et présentée en grande pompe comme "définitive" par le cardinal Dionigi Tettamanzi, actuel archevêque de Milan et donc "chef du rite".

 

Cette seconde édition du lectionnaire ambrosien a été soumise, avant d’entrer en vigueur, à l'examen de la Congrégation vaticane pour le culte divin, mais celle-ci l'a approuvée en bloc avec une rapidité inhabituelle.

 

Quand le cardinal Biffi a vu ce nouveau lectionnaire entrer en vigueur dans sa ville de Milan, il a été stupéfait." On y trouve de tout, dit-il : des archéologismes vains et parfois trompeurs ; des initiatives aventureuses en matière de rites ; des perspectives théologiques peu fondées et équivoques ; des propositions pastorales dépourvues de bon sens et jusqu’à de curieuses bizarreries linguistiques. C’est une entreprise de grande ampleur, audacieuse, sans doute, et ambitieuse : plus audacieuse que sage, plus ambitieuse qu’éclairée."

 

En décembre dernier, il a résumé en huit chapitres ses "observations critiques sur le nouveau lectionnaire ambrosien" et transmis le tout à la Congrégation vaticane pour le culte divin dont le nouveau préfet est le très traditionnaliste cardinal Antonio Cañizares Llovera et le nouveau secrétaire l'archevêque dominicain Joseph Augustine Di Noia.

 

Dans l'Église catholique romaine, sont reconnus huit rites latins, d'ailleurs très proches les uns des autres : les rites romain, tridentin, mozarabe (Tolède), ambrosien (Milan), Braga, dominicain et cartusien (Chartreux). (information : Service de presse du Vatican)

 

Koweït : Une paroisse pour les immigrés indiens

La quatrième paroisse du diocèse

ROME, Mercredi 3 février 2010 (ZENIT.org) - Le vicaire apostolique du Koweït, Mgr Camillo Ballin, a institué la nouvelle et quatrième paroisse du diocèse du Koweït vendredi 29 janvier dernier, lors d'une messe concélébrée.

Dédiée à saint Daniel Comboni, la paroisse est située dans la zone de Jleeb Al-Shuyouk et répondra surtout aux besoins pastoraux des immigrés indiens provenant de Mangalore et Kerala.

Au cours de la cérémonie, a été lu le décret épiscopal concernant l'érection canonique de la paroisse, en précisant quelles sont ses zones d'influence.

Les catholiques de ce secteur ont longuement prié pour avoir une paroisse. Ils ont également récité une neuvaine à saint Daniel Comboni pour demander son intercession.

La paroisse a ouvert son centre missionnaire à Jleeb Al-Shuyoukh (Abbassiya) en septembre 2008.

Elle adopté saint Daniel Comboni comme saint patron car « nous voulons, a expliqué Mgr Ballin, que ce saint intercède pour nous pour une église à Abbassiya », a expliqué Mgr Ballin.

Un des fidèles de la nouvelle paroisse a souligné : » Avoir un lieu de prière et trois religieux est pour nous une grande consolation spirituelle ».

 

 

Le faux débat anglais sur la visite du Pape en Grande-Bretagne

 

En recevant, en conclusion de leur visite Ad Limina, les membres de la Conférence épiscopale d’Angleterre et du Pays de Galles, Benoît XVI, qui a confirmé, sans en préciser la date, sa prochaine visite dans leur pays, a involontairement provoqué la colère de certains lobbies. « Votre pays est bien connu pour son engagement en faveur de l’égalité des chances pour tous les membres de la société, leur a, en effet, déclaré le Pape. Pourtant, certaines lois conçues pour atteindre ce but imposent des contraintes injustes sur la liberté des communautés religieuses d’agir en accord avec leurs croyances. »

Aussitôt, des cris se sont élevés, dénonçant une critique d’un projet de loi du gouvernement Brown sur l’égalité des chances, projet présenté par Harriet Harman, numéro deux du Parti travailliste et ministre pour les Femmes et l’Egalité, et qui pourrait contraindre les organisations religieuses à recruter des candidats homosexuels. La loi pourrait également empêcher les Eglises de sélectionner les personnels des écoles religieuses en fonction de leur foi, ce qui permettrait par exemple à un athée ou à un musulman de diriger une école chrétienne… « Le projet de loi ne concerne pas en revanche les prêtres », ajoute (naïvement ?) le rédacteur de l’AFP.

Devant cette inconséquence, la réaction romaine s’explique on ne peut mieux, et on imagine que les autres confessions la partagent. Mais certains n’hésitent pas à en profiter pour accuser le Saint-Siège d’ingérence, et rappeler que l’Eglise anglicane fut créée pour se soustraire à l’influence de Rome.

Ainsi Terry Sanderson, président de la National Secular Society, a-t-il regretté que les contribuables anglais doivent « supporter une facture de vingt millions de livres pour la visite du Pape, une visite pendant laquelle il s’attaquera à l’égalité des droits et fera la promotion de la discrimination ». Mais cette remarque même est déjà une discrimination en fonction de la croyance. A moins d’instaurer despotiquement une pensée unique, aucune foi, pas même l’athéisme, ne peut s’organiser socialement en dehors de ceux qui la partagent. Imagine-t-on ces athées être – par exemple – contraints d’embaucher un prêtre pour gérer l’une ou l’autre de leurs associations ?

Plus sagement, le Premier ministre Gordon Brown a refusé d’être entraîné dans la polémique, soulignant simplement son immense admiration pour le Pape.

En réalité, Benoît XVI a été bien au-delà – au-dessus – de cette pauvre mêlée, faisant observer que la fidélité à l’Evangile ne constitue pas une limite, mais un service de la liberté.

Lorsqu’il évoque des contraintes injustes, le Pape précise en effet que, « à certains égards, cela enfreint la loi naturelle sur laquelle l’égalité de tous les êtres humains est fondée et par laquelle elle est garantie ». Il a donc invité les évêques à ce que « les enseignements moraux de l’Eglise soient toujours présents dans leur intégralité et soient toujours défendus avec conviction ». Car « la fidélité à l’Evangile ne limite en aucune façon la liberté des autres », au contraire « elle sert leur liberté en leur offrant la vérité ».

Le pape a également souligné que l’Eglise a le droit de participer au débat public par un dialogue respectueux avec les autres composantes de la société.

« Nous attendons avec enthousiasme la visite de Benoît XVI », déclarait, il y a quelques jours, Mgr Vincent Gerard Nichols, archevêque de Westminster et président de la Conférence épiscopale de l’Eglise d’Angleterre et du pays de Galles, qui a jugé, par ailleurs, très « encourageant que le gouvernement britannique et la reine soient extrêmement favorables » à la visite du Pape.

OLIVIER FIGUERAS

 

AMÉRIQUE/VENEZUELA -

L’Église défend son droit à s’exprimer sur les problèmes du pays et invite au dialogue

Caracas (Agence Fides) – Le second vice-président de la conférence épiscopale du Venezuela, Mgr Roberto Luckert, archevêque de Coro, a affirmé que l’Église a le devoir “de parler au pays”, et regrette que la réponse officielle à la récente exhortation pastorale de la hiérarchie catholique ait été “discriminatoire et offensive”. L’archevêque, qui a parlé aux microphones de Radio Union, a critiqué le gouvernement national dans la mesure où il ne respecte pas la Constitution, en cherchant à imposer, a-t-il dit, un projet socialiste qui n’est pas bien vu dans cette Magna Carta elle-même. L’archevêque a rappelé aussi que le fait de l’avoir déclaré “persona non grata” dans l’état de Falcon, a été une mesure faite pour “intimider et laisser sans défense la démocratie”, et “en faisant ainsi ils nous enlèveront jusqu’à la possibilité de protester”. Mgr Luckert a invité les vénézuéliens a exercer leur droit de vote aux élections parlementaires prévues en septembre : “nous, démoc rates, qui défendons la Constitution, nous devons aller voter en masse le 26 septembre”. La tension que l’on enregistre en ce moment entre l’Église et le gouvernement du Venezuela a été provoquée par l’ordre du gouvernement de fermer le chaîne télévisée RCTVI. Cette mesure a provoqué la protestation de nombreux groupes : étudiants, travailleurs, sans compter les innombrables employés des mass-médias du pays. La conférence épiscopale vénézuélienne (CEV) a exprimé le 25 janvier sa “profonde préoccupation”, en retenant que ce fait “viole l’esprit démocratique”. Le président de la conférence épiscopale, Son Exc. Mgr Ubaldo Santana, a lancé un appel pour arrêter la violence dans le pays, après les violents heurts qui se sont produits entre les manifestants et la police, et il a demandé au gouvernement de respecter l’Église catholique, en invitant au dialogue. (CE) (Agence Fides 30/01/2010

 

     Société

 

Litanies de Notre-Dame de Lourdes

Seigneur, prends pitié.

O Christ, prends pitié.

Seigneur, prends pitié.

 

Notre-Dame de Lourdes, Vierge immaculée,

R/ Priez pour nous.

Notre-Dame de Lourdes, Mère du divin Sauveur,

R/ Priez pour nous.

Notre-Dame de Lourdes, qui avez choisi pour interprète une enfant faible et pauvre,

R/ Priez pour nous.

Notre-Dame de Lourdes, qui avez fait couler sur la terre une source qui réconforte tant de pèlerins,

R/ Priez pour nous.

Notre-Dame de Lourdes, dispensatrice des dons du ciel,

R/ Priez pour nous.

Notre-Dame de Lourdes, à qui Jésus ne peut rien refuser,

R/ Priez pour nous.

Notre-Dame de Lourdes, que nul n'a jamais invoquée en vain,

R/ Priez pour nous.

Notre-Dame de Lourdes, consolatrice des affligés,

R/ Priez pour nous.

Notre-Dame de Lourdes, qui guérissez les malades,

R/ Priez pour nous.

Notre-Dame de Lourdes, espoir des pèlerins,

R/ Priez pour nous.

Notre-Dame de Lourdes, qui priez pour les pécheurs,

R/ Priez pour nous.

Notre-Dame de Lourdes, qui nous invitez à la pénitence,

R/ Priez pour nous.

Notre-Dame de Lourdes, soutien de la sainte Eglise,

R/ Priez pour nous.

Notre-Dame de Lourdes, avocate des âmes du purgatoire,

R/ Priez pour nous.

Notre-Dame de Lourdes, Vierge du très saint Rosaire,

R/ Priez pour nous.

 

Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde,

R/ pardonne-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde,

R/ exauce-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde,

R/ aie pitié de nous, Seigneur.

 

V/ Priez pour nous, Notre-Dame de Lourdes.

R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

 

Prions : Seigneur Jésus, nous te bénissons et te remercions pour toutes les grâces que, par ta Mère à Lourdes, tu répands sur ton peuple priant et souffrant. Que nous-mêmes, par l'intercession de Notre-Dame de Lourdes, nous ayons part à ces biens pour mieux t'aimer et te servir ! Amen.

L’école irréformable

Par Jean de Viguerie dans IBP ROMA   30 janvier 2010

 

L’école irréformable est celle de la République. Je vais m’en expliquer.

Il y a en France depuis de longues années une crise de l’enseignement, une crise qui dure et qui s’aggrave de jour en jour.

Cette dégradation et ses innombrables effets malheureux sont reconnus et déplorés depuis plus de vingt ans. Dès les années 80 on entendait partout un concert de gémissements, et nous avions les oreilles cassées de ces cris déchirants : l’école n’est plus l’école, nous criait-on, les enfants ne savant pas lire, les disciplines sont massacrées, l’histoire est morte, le français agonise, les mathématiques sont assassinées. Or, cette lamentation n’a pas cessé. On a même entendu récemment des ministres gémir, MM. Allègre et Ferry par exemple, et plus récemment M. Darcos. Certains éléments du système scolaire, comme la lecture globale, le collège unique et la mixité, sont maintenant l’objet de critiques extrêmement dures.

Mais en vain. Les pleurs et les critiques n’ont aucun effet. Le système est maintenu et semble devoir être maintenu longtemps. De tous côtés des voix s’élèvent et protestent. Comment, demandent-elles, peut-on continuer un tel enseignement malgré toutes les condamnations portées contre lui ?  Peine perdue : ces protestations ne changent rien.

 

Pourquoi ? Je vois au moins deux raisons.

 

La première est que l’on ne veut pas remonter aux causes. Il y a eu entre 1960 et 1977, conduite par les gouvernements de la cinquième république, une « réforme générale de l’enseignement » (c’était l’expression employée alors par le ministère de l’Education Nationale). En même temps on a ouvert le secondaire à tous les élèves sortis du primaire, sans contrôle et sans examen Tout le désordre vient de cette réforme et de cette ouverture. Si l’on ne veut pas reconnaître ces causes, il est inutile de vouloir quelque amélioration que ce soit.

La seconde raison est que la conscience du désastre n’est pas assez vive. On ne réalise pas suffisamment l’énormité du changement introduit dans les années soixante. L’école a subi alors une révolution comme elle n’en avait jamais connu depuis le début de son existence. Du jour au lendemain on a rejeté les lois fondamentales de la connaissance intellectuelle et de l’apprentissage du savoir. Si l’on prenait vraiment la mesure d’une telle atteinte, on mettrait tout en œuvre pour y remédier.

 

A condition bien sûr qu’il y ait une volonté politique. S’il y avait cette volonté, il suffirait de deux ou trois lois et de quelques instructions et circulaires ministérielles pour revenir à un enseignement digne de ce nom. Je prends un seul exemple. C’est une simple instruction ministérielle (datée du 7 mai 1963), signée René Haby, directeur des services d’enseignement, qui a détérioré l’enseignement de l’histoire dans le secondaire en limitant les programmes du second cycle à la seule histoire contemporaine. Ce qu’une instruction a défait, une autre pourrait le refaire. De même pour toutes les autres disciplines, de même pour la lecture.

Mais il n’y a pas de volonté politique. Considérons cette dégradation de cinquante années… Combien de politiques l’ont dénoncée ? Un bien petit nombre en vérité. Et toujours pendant les campagnes électorales. Mais l’élection faite, il n’en était plus question. .

La question se pose alors : pourquoi n’y a-t-il pas de volonté politique ?

D’abord parce que les hommes au pouvoir aujourd’hui ne diffèrent pas de ceux qui ont détruit l’enseignement dans les années soixante. Ce sont leurs doubles, ce sont leurs semblables. Si une telle destruction était à refaire, ils la referaient. Et je parle de tous les politiques. Je ne fais pas de différence entre la gauche et la droite. D’ailleurs c’est la droite qui a fait la « réforme générale de l’enseignement » des années soixante, c’est elle qui a voté la calamiteuse loi d’orientation des universités en 1968, c’est elle enfin qui a créé le collège unique (réforme Haby de 1977). La gauche voulait ces réformes, mais, le plus souvent, c’est la droite qui les a faites.

 

Ce livre délirant dénonce un prétendu complot catholico-gouvernemental contre l'école publique

L’ignorance généralisée, fruit de toutes ces réformes, ne gêne pas les politiques. Non seulement elle ne les gêne pas, mais elle leur profite. On gouverne mieux un agrégat d’ignorants (au surplus abrutis par la télévision) qu’un peuple instruit et formé dès l’enfance au double exercice de la mémoire et de la raison. J’irai même plus loin. Je dirai que cette fausse école mise en place dans le demi-siècle écoulé convient parfaitement aux politiciens. N’est-elle pas un instrument idéal de manipulation des esprits ? On s’empare des enfants dès le plus jeune âge, on les prive de tout repère dans l’espace et dans le temps, on les sépare du passé de leur pays, on les frustre de leur héritage culturel, et pour finir on les persuade que la connaissance et le respect de l’idéologie démocratique passent avant tout autre savoir et tout autre devoir. Cette école enseigne, comme on dit aujourd’hui, les « valeurs de la République ». Elle est vraiment, selon l’expression consacrée, « l’école de la République ». Et c’est bien ainsi, puisque « la République, écrivait il y a quelques années, l’historien  radical-socialiste Claude Nicolet, est ce qui permet aux hommes d’exister pleinement ».

Nous sommes dans le système de pensée des Lumières, et ce n’est pas un  hasard si les Lumières sont invoquées à tout instant par la classe dirigeante. Ce n’est pas un hasard, et c’est à juste titre. L’éducation nouvelle dont nous subissons aujourd’hui les tristes effets, a été conçue par les philosophes des Lumières. Ces philosophes ont appelé de leurs vœux cette éducation qui s’empare de l’enfant, et au moyen de l’enfant de tout un peuple, et finalement fabrique une nouvelle espèce humaine dont la caste des maîtres et des privilégiés pourra disposer à son gré. A ces êtres fabriqués sur mesure on fera croire qu’ils sont libres, et ils obéiront d’autant mieux… C’est la ruse conseillée par Rousseau au gouverneur d’Emile, et cette ruse dans l’esprit de Rousseau lui-même est applicable au peuple autant qu’à l’enfant : « Qu’il croie toujours être le maître, et que ce soit toujours vous qui le soyez. Il n’y a point d’assujettissement si parfait que celui qui garde l’apparence de la liberté ; on captive ainsi la volonté même ». Citons également Voltaire : « Il est bon que le peuple soit guidé et non qu’il soit instruit ; il n’est pas digne de l’être ». Ces leçons philosophiques étaient connues depuis longtemps, mais il était réservé à notre époque de les appliquer. Il était réservé aux politiciens de la cinquième république de savoir en comprendre toute la signification et la force. Il ne faut pas compter sur eux pour une amélioration quelconque. Jamais ils ne réformeront le système.

L’école actuelle est irréformable. Si l’on veut retrouver une école digne de ce nom, il ne faut pas l’attendre de l’éducation dite nationale. A moins que l’Etat ne change de nature, il n’y aura pas dans l’avenir d’autre véritable école que l’école vraiment libre, c’est-à-dire entièrement soustraite à la double emprise de l’Etat et de l’idéologie républicaine.

Jean de Viguerie

 

 

Contraception et « IVG »

L’imposture à répétition

Le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) remis hier à Roselyne Bachelot est accablant par ses chiffres et consternant par ses commentaires.

72 % des plus de 200 000 avortements pratiqués chaque année en France sont commis sur des femmes qui étaient sous contraception. L’INED estime pour sa part que quatre femmes sur dix (40 %) auront un jour recours à l’ « IVG ». C’est le paradoxe contraceptif français : la généralisation de la contraception (record mondial pour la France) ne fait nullement baisser mais augmente au contraire le recours à l’avortement.

Mais, comme le note l’Alliance pour les droits de la vie (ADV) : les réponses imaginées par l’IGAS (et mises en œuvre par le ministre : cf. Présent d’hier) pour « prévenir » l’IVG sont malheureusement celles qui ont fait la preuve de leur nocivité : toujours plus de contraception et de campagnes pour la promouvoir alors qu’elles se sont avérées inefficaces ; toujours plus d’interventions en milieu scolaire banalisant la relation sexuelle précoce, sans mettre en valeur les dimensions d’affectivité et de responsabilité (comme les campagnes sur l’abstinence aux Etats-Unis) ; la multiplication des prescripteurs de l’IVG et sa revalorisation tarifaire : « L’IVG doit être une composante obligatoire de santé (sic) » (Roselyne Bachelot)…

Comment, demande l’ADV, persister à parler de « difficulté d’accès à l’IVG » quand on avorte de plus en plus tôt, de plus en plus souvent et deux fois plus qu’en Allemagne, sans jamais avertir des conséquences de cet infanticide prénatal avec le syndrome post-avortement ? Et de dénoncer au contraire comment cet « accès » a été favorisé par la suppression de l’entretien préalable en 2001, l’effacement des propositions alternatives à l’IVG dans le livret remis aux femmes, la précipitation des décisions d’avortement « médicamenteux » (49 % des IVG en 2007), la pression sociale accrue dissuadant de poursuivre une grossesse non « programmée »…

La vérité est que le paradoxe contraceptif français – près de deux grossesses non prévues sur trois surviennent chez des femmes déclarant utiliser un moyen contraceptif et la moitié de ces grossesses se termine par un avortement – est un cercle vicieux qui réunit contraception et avortement dans la même culture de mort. La mentalité contraceptive (le refus d’être ouvert à la vie par des moyens artificiels, anti-écologiques et souvent abortifs) oriente inexorablement vers l’avortement comme rattrapage contraceptif, d’autant plus que celui-ci est remboursé et présenté comme un « droit ». Ce dernier est considéré comme l’ultime remède (d’extrême urgence) de la palette contraceptive, d’autant plus qu’on peut maintenant le pratiquer à domicile par la « pilule » RU 486.

La justification de la contraception dès le plus jeune âge est la voie la plus mathématique, non seulement vers les maladies sexuellement transmissibles (sida compris), mais aussi vers les grossesses précoces et « non désirées », suivies d’avortements eux-mêmes favorisés par la loi Chirac-Veil-Aubry. A la jeune fille à peine pubère, qu’on a ainsi poussée à l’irresponsabilité morale et qui n’a pas su maîtriser le leurre de la responsabilité technique, on assène le nouvel impératif (im)moral de cette culture de mort : — Tu dois avorter car c’est ton droit ! Voici le cercle vertueux (très vicieux !) du nouvel ordre moral que nous impose le Planning familial, jusqu’à le promouvoir dans le métro, avec l’appui des pouvoirs publics.

Qu’elle soit d’hier, du lendemain ou du surlendemain, la pilule ne passe plus, même si on veut toujours nous la dorer ! Plus de quarante ans après la loi  Neuwirth, la France vérifie toujours cette funeste logique qui lie consubstantiellement contraception et avortement : trop d’IVG non pas faute d’infos, comme titre Métro, mais à cause d’une désinformation diaboliquement persévérante, taisant aussi bien la perversité de la mentalité contraceptive que la nature homicide de son acte final qu’est l’avortement. Rejeter aussi peu scientifiquement la vérité des chiffres, c’est forcément faire primer l’idéologie sur la santé publique, soit par manipulation soit par aveuglement coupables,  complices en tous les cas de crime contre l’humanité.

REMI FONTAINE

 

 

"Tomber enceinte serait-il donc une maladie grave ?"

Dans sa chronique du 3 février sur RTL, Eric Zemmour a dénoncé la campagne pro-avortement. Il remarque que depuis 35 ans sont pratiqués en moyenne 200.000 avortements par an. Les conséquences démographiques sont frappantes : cela représente 7 millions de personnes ! La France ne compterait pas 65 millions d'habitants mais 72 !

Il note aussi que 72% des avortements sont pratiqués sur des femmes sous pilules. La généralisation de la contraception n'a pas entrainé la quasi disparition de l'avortement, contrairement à ce qui a été dit. Notre corps nous appartient, disaient les féministes dans les années 70. La réalité est toute autre : leur corps ne leur appartient pas, preuve en est ! Pourquoi toujours privilégier le renoncement à l'enfant ?

Il a dénoncé la campagne du planning familial en Ile-de-France et les récents propos de Madame Bachelot sur l'avortement comme composant obligatoire de l'offre de santé:

"mais enfin, tomber enceinte serait-il donc une maladie grave?" "On parle de l'avortement comme d'une opération de l'appendicite, [c'est] macabre".

 "On songe, effrayés, que nous avons tous été des foetus: après tout le foetus n'a pas de statut pénal en France, on peut le tuer tant qu'il n'est pas sorti du ventre de sa mère. Bref on se dit rétrospectivement qu'on l'a échappé belle: on a eu de la chance, beaucoup de chance"

(merci à BS)

Michel Janva

 

Mgr Sanz, évêque d'Oviedo : par l'avortement commence le lent suicide la mère

Lu dans le blogue de Jeanne Smits:

Le nouvel archevêque d'Oviedo, Mgr Jesus Sanz, a participé jeudi soir à la présentation d'un livre de 400 pages de la journaliste Magdalena del Amo, Déjame nacer (« Laisse-moi vivre »), dans une salle noire de monde. Ce fut son premier acte public non religieux dans les Asturies. Il s'est inscrit dans la ligne des déclarations des évêques d'Espagne affirment que « l'aspect le plus sombre peut-être » du projet de loi sur l'avortement que le gouvernement Zapatero veut faire adopter « est sa prétention à vouloir qualifier l'avortement provoqué comme un droit que l'Etat devrait protéger ».

 

Il a dénoncé « les intérêts qui peuvent se cacher derrière cette mesure criminelle, car il s'agit bien d'un crime sur un être humain qui n'a pas la possibilité de riposter ! »

 

« En même temps que l'horrible infanticide se commet le matricide fatal » : cette idée fut centrale à l'intervention de Fray Jesus Sanz, le fransiscain et tint l'auditoire en haleine : « L'enfant ainsi assassiné porte avec lui le suicide de sa mère. Comme je vous le dis. J'ai pu vérifier cela chez tant de femmes qui viennent en cachette vous demander l'aide que ne lui donneront jamais aucun législateur injuste, ni aucun homme politique adepte de la démagogie, ni ceux qui subventionnent leurs délires pour faire leur moisson dans des laboratoires et des cliniques. C'est un assassinat suicide où meurt l'enfant conçu et où la mère commence sa terrible et longue agonie. Il faut sauver l'enfant en sauvant cette mère et sauver la mère en sauvant l'enfant de ses entrailles. »

 

Et d'insister sur le caractère intrinsèquement injuste de la loi d'avortement vis-à-vis non seulement de l'enfant, mais de la femme, victime du « machisme » et laissée seule dans son désespoir.

 

« A la question, où est Dieu quand se produisent des choses aussi terribles, la seule réponse est celle-ci : dire qu'il est dans les victimes, exprimant sa divine solidarité, et dans nos mains et sur nos lèvres pour offrir sa consolation et son pardon. »

 

 

     International

Otan et ABM, principales menaces de la Russie selon la nouvelle doctrine militaire

MOSCOU, 5 février - RIA Novosti

 

 

 

L'élargissement de l'Otan et le déploiement de systèmes de défense antimissile (ABM) constituent les principales menaces pour la Russie, stipule la nouvelle doctrine militaire russe approuvée vendredi par le président Dmitri Medvedev.

 

Le document énumère les principales menaces militaires pour la Russie, notamment "la tendance à conférer aux forces de l'Otan des fonctions mondiales en violation des normes du droit international, à rapprocher l'infrastructure militaire des pays membres de l'Alliance des frontières de la Fédération de Russie, y compris par l'élargissement du bloc".

 

La nouvelle doctrine militaire russe considère aussi comme une menace la mise au point et le déploiement de systèmes de défense antimissile (ABM) stratégiques "torpillant la stabilité internationale et perturbant l'actuel rapport de forces dans le domaine balistique nucléaire, ainsi que la militarisation de l'espace et le déploiement de systèmes d'arme conventionnelle stratégique de haute précision".

 

Par ailleurs, on constate toujours dans le monde des tentatives de déstabilisation dans certains Etats et régions, visant également à saper la stabilité stratégique. Le document considère comme une menace le déploiement ou le renforcement de contingents militaires d'Etats étrangers (de groupes d'Etats) sur les territoires limitrophes de la Fédération de Russie et de ses alliés, ainsi que dans les eaux bordant son territoire.

 

La Russie se réserve le droit de riposter avec l'arme nucléaire en cas d'attaque similaire ou avec des armes de destruction massive conformément à la nouvelle doctrine militaire russe approuvée par le président Dmitri Medvedev et publiée vendredi sur le site du Kremlin.

     Institut du bon Pasteur

13 prises de soutane et tonsure au séminaire de l’IBP à Courtalain

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En la fête de la présentation, le 2 février dernier.

Sur la photo du bas on reconnaîtra au dernier rang notre cher abbé !

La Chine, force et faiblesse

François-Georges Dreyfus

 

Source : La Nef n°212 de février 2010

La Chine est devenue la deuxième puissance économique du monde avec un PIB désormais supérieur à celui du Japon. Au XXe siècle avant notre ère jusqu’à 1840, la Chine a été une grande puissance. La Chine d’aujourd’hui s’appuie sur un empire au passé millénaire, à la civilisation brillante, sur des mentalités religieuses demeurées solidement ancrées. Le déclin de la dernière dynastie va faire éclater la Chine. Entre 1840 (guerre de l’Opium) et 1880, elle est quasiment partagée entre la France, la Grande-Bretagne, le Japon et les États-Unis. La première République chinoise sera impuissante devant cet état de fait qui ne disparaîtra qu’après la capitulation du Japon en août 1945. La révolution maoïste en 1949 mettra en place un État marxiste totalitaire, mais la mentalité chinoise ne sera pas aussi bousculée que l’aurait voulu Mao par la révolution culturelle. Le confucianisme se maintiendra, continuant à inspirer le droit chinois. La tradition repose sur trois éléments : le système mandarinal, l’existence d’un consensus selon lequel il ne faut pas chercher à sauver l’homme mais à protéger l’harmonie sociale. Au reste, on ne doit rien à l’inconnu : ce qui compte, ce sont les liens forts avec la famille, la communauté villageoise, la communauté d’entreprise.

 

Le maintien du principe mandarinal, c’est que les fonctionnaires, les dirigeants sont toujours nommés d’après le mérite même quand ils sont élus. Au fond, la Chine d’aujourd’hui reste attachée au principe impérial, l’empereur étant remplacé par le Secrétaire Général du Parti communiste. La victoire des successeurs de Mao a été de maintenir le système autoritaire en libéralisant l’économie. Les chinois ont réussi là où Andropov et Gorbatchev ont échoué.

 

Au fond, la Chine est un État à trois vitesses : une zone côtière riche et développée, un centre qui cherche à rattraper son retard, et la troisième Chine essentiellement rurale qui groupe vraisemblablement la moitié de la population qui reste pauvre, parfois même très misérable. Quels que soient les espoirs d’une intelligentsia occidentalisée et des défenseurs des droits de l’homme occidentaux, la Chine a toutes les chances de demeurer encore un certain temps un État totalitaire dans lequel le Parti détruit dans l’œuf toute velléité d’association, et où les médias sont soumis à l’autocensure.

 

La Chine d’aujourd’hui dispose de plusieurs atouts. Le peuple chinois est un peuple intelligent et 1,3 milliard d’hommes, cela compte. Cette population, c’est tout autant de clients : même si l’on ne compte que les Chinois des classes moyennes et supérieures, c’est 400 millions de personnes, soit autant que l’Union européenne tout entière.

 

Mais la Chine est fragile. Elle est trop peuplée, malgré les tentatives gouvernementales de réduire le nombre de naissances. D’autre part, elle a des besoins de toutes sortes. La moitié de ses sources d’énergie viennent de l’extérieur, Moyen-Orient (essentiellement l’Iran), Afrique (Angola, Nigeria, Soudan), Communauté des États indépendants (Russie, Kazakhstan, Turkestan). Elle manque des minerais nécessaires à l’industrie, ce qui explique l’intérêt qu’elle porte aux États africains, qu’elle n’hésite pas à exploiter dans tous les sens du terme.

Tout cela pose le problème du néo-impérialisme chinois. Il existe depuis des siècles. Dès le XIIIe siècle, Tibet et Vietnam du Nord, Sibérie Orientale (Vladivostok) sont des territoires chinois tout comme Taïwan. Tout cela a amené la Chine à développer sa puissance militaire, et à se doter de forces armées disposant de fusées et de missiles à longue portée. L’armée chinoise est la plus importante au monde, mais elle dépense, dit-on, infiniment moins que les États-Unis pour sa défense. De plus, la Chine d’aujourd’hui veut contrôler l’évolution politique de l’ensemble de l’Asie. Elle domine le système de Shangaï. Au nord, la Sibérie riche de ressources et sous-habitée (5 habitants au km2) est  un territoire tentant. Comment la Russie dont la population diminue de 200 000 habitants par an fera-t-elle pour empêcher la sinisation lente mais incontestable de la Sibérie ? Dans une trentaine d’années il y aura en Sibérie plus de Chinois que de Russes. L’invasion sera-t-elle pacifique ou conflictuelle ? Dès lors, que fera l’Europe ?

 

La Chine surveille aussi la République indienne. Elle ne la souhaite pas trop forte, alors que celle-ci monte en puissance et que d’aucuns songent à l’utiliser pour liquider les intégristes musulmans du Pakistan et du Bangladesh, ce à quoi la Chine se refuse évidemment. Par ailleurs, Pékin voudrait réintégrer Taïwan (très lié aux États-Unis depuis 1949) à la République populaire, ce qui lui permettrait de contrôler ainsi la mer de Chine et ses ressources potentielles en pétrole. De toute manière, en engageant des travaux gigantesques pour détourner vers le nord une part importante des débits des fleuves Brahmapoutre et Mékong, la Chine fait sentir tout son poids sur l’Asie du Sud-Est, du Bengale (Inde) à l’ensemble indochinois. Dès à présent, elle joue un rôle important en Indochine, protégeant la junte qui gouverne la Birmanie, surveillant de près l’évolution de la Thaïlande, du Vietnam, du Laos et du Cambodge.

 

La puissance chinoise est peut-être avant tout financière. Elle possède les deux-tiers des bons du Trésor émis par le gouvernement américain. Si elle mettait demain sur le marché le quart des moyens dont elle dispose, elle entraînerait le monde dans une crise économique dramatique. Cela demeure un moyen de pression sur les États-Unis et l’ensemble de l’Occident.

 

Mais le problème fondamental de la Chine d’aujourd’hui est le problème de la coexistence de deux communautés totalement différentes : un milliard de Chinois vivant avec 250 euros par mois et, en face d’eux, 250 millions bénéficiant de la croissance. Tout cela peut contribuer à rendre la Chine tout à fait instable malgré la pression du parti, mais pour l’instant les grands succès internationaux – Jeux olympiques de Pékin, Foire universelle de Shangaï en 2010 – constituent des éléments de propagande considérable. Enfin apparaît un élément qui n’est peut-être pas négligeable : la montée du christianisme, plus du fait des évangéliques que des catholiques. Cela peut contribuer à modifier dans les villes un certain nombre de comportements. Mais on ne négligera pas non plus la montée des sectes en milieu rural. Ne l’oublions pas, la Chine est avant tout une très grande puissance contrôlée par un État autoritaire. Il y a vingt ans, la Chine était prête à faire des concessions pour obtenir des avantages. Soyons conscients que ce n’est plus le cas aujourd’hui. Elle est une puissance dominatrice et sûre d’elle.

F.G. D.