Prédications

4ème dimanche après la Pentecôte 2018

Le naturalisme

Saint Paul, dans cet Epître aux Romains, nous parle de la « gloire à venir qui sera manifestée en nous », un jour, de la « manifestation des enfants de Dieu ». Il nous parle de la « la liberté glorieuse des enfants de Dieu », de « l'adoption des enfants de Dieu », de « la rédemption de notre corps ».

Ce sont là des affirmations merveilleuses. Quoi de plus beau que de savoir que notre âme doit s’épanouir en Dieu, dans la possession de la gloire divine. Quoi de plus beau que de savoir que cette possession de la gloire sera le fruit de notre filiation divine réellement acquise par la foi au Christ, par le baptême ; que le corps aussi revêtira cette incorruptibilité, cette impassibilité ; que les âmes fidèles auront cette béatitude éternelle contemplant éternellement Dieu dans sa bonté et sa beauté. C’est ce que Saint Paul veut dire lorsqu’il parle de « gloire à venir » des enfants de Dieu, de leur « manifestation » dans la gloire. Il nous dit que la création elle-même « sera affranchie de la servitude de la corruption » et qu’elle aura « part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu ».

Voilà un langage vraiment surnaturel. C’est le langage divin. C’est le langage de l’Eglise. C’est le lange des Apôtres, de l’Evangile. C’est le langage de l’espérance du Ciel, de l’espérance eschatologique. L’homme créé et régénéré en Dieu dans les eaux du baptême s’accomplit, s’achève, se perfectionne et connaît le bonheur éternel en Dieu. Ce qui veut dire également que Dieu est la fin de toutes choses, l’accomplissement de toutes choses. Dieu possédé par la créature spirituelle et même matérielle, est la plénitude de l’être créé. Autrement dit, l’homme n’est grand qu’en Dieu. Dieu est sa gloire, sa perfection et donc sa loi. Dieu est le bien de l’Homme. Il est sa béatitude. Je ne fais que gloser la pensée de saint Paul dans son Epître aux Romains.

Voilà la conclusion simple que l’on peut tirer de ce texte paulinien : Dieu est le bien de l’homme ici-bas et dans l’au-delà. Tressaillons d’allégresse en cette pensée.

Or le monde moderne est opposé totalement à cette joie surnaturelle.

En effet « la pente actuelle des esprits et des cœurs, le trait principal des caractères, l’habitude des individus, la coutume des sociétés, la loi qui les régit et l’esprit politique qui les gouverne, le mouvement de la science et, par suite, la direction des études et de toute l’éducation, l’état général qui en résulte, c’est un univers fermé sur lui-même, replié sur lui-même. La nature, rien que la nature, elle se suffit à elle-même. Dès lors le signe propre de notre temps, c’est le « naturalisme ». Rien que la nature. Au diable, le surnaturel.

La nature est indépendante et répulsive à l’égard de l’ordre surnaturel et révélé, à l’égard de Dieu.

« …Possédant en elle-même toutes les lumières, les forces et les ressources nécessaires pour régler toutes choses ici-bas… la nature devient, dans ce système une sorte d’enceinte fortifiée et de camp retranché, la créature s’enferme dans son domaine propre, tout à fait inaliénable ». (Card. Pie)

« En somme, l’homme se suffit à lui-même. Il est sa loi et sa fin, il est son monde et il devient à peu près son Dieu. Il n’y a pas à sortir de son ordre…alors que le catholique ne trouve sa perfection, sa plénitude qu’en Dieu.

C’est pourquoi le monde moderne, vivant de ce naturalisme, est ce qu’il y a de plus opposé au christianisme.

« Le Christianisme dans son essence, est tout surnaturel, ou, plutôt c’est le surnaturel même en substance et en acte. Dieu surnaturellement révélé et connu, Dieu surnaturellement aimé et servi, surnaturellement donné, surnaturellement possédé et surnaturellement goûté, c’est ce que nous enseigne saint Paul dans ce texte aux Romains. Le Christianisme c’est en un mot Dieu possédé, la vie éternelle, c’est Dieu aimé, c’est la filiation divine par la grâce reçue. La nature y est, certes, indispensable, supposée à la base de tout, c’est sur; mais elle y est, partout, dépassée. Le christianisme est l’élévation, l’extase, la déification de la nature créée. C’est la filiation divine. C’est la liberté des enfants de Dieu. Ce que nous dit encore saint Paul !

Le monde moderne, lui, nie, avant tout, ce surnaturel. Il est donc pur antichristianisme en tant qu’il élimine Dieu du monde et de la création. Il est de tout point en opposition à la religion chrétienne.

Ce naturalisme est satanique en ce sens qu’il nie comme Lucifer nia l’ordre divin et surnaturel, ne voulant pas se soumettre à cet ordre.

Quelle fut en effet la pierre d’achoppement pour Satan et ses anges ?

Au dire de tous les théologiens, ce fut le mystère de l’Incarnation. Satan et ses anges refusèrent d’adorer le Verbe de Dieu fait chair, dans l’orgueil de leur nature d’être spirituel. Le Fils unique de Dieu se fit homme ; Il prit un corps et une âme ; il se posa ainsi au centre de la création des esprits et de la matière. Il est devenu ainsi Médiateur, Sauveur, Illuminateur de tout ce qui était, par nature, au-dessus et au-dessous de son humanité sacrée…

Ce prodige et, vraiment, cet excès d’amour divin, cette Incarnation, Oui ! ce fut au sentiment d’un grand nombres de théologiens, le principe et la ruine de Satan…Croire au Fils de Dieu fait homme, espérer en Lui, l’aimer, le servir, l’adorer, être même glorifié en Lui, telle fut la condition du salut. Les deux testaments nous disent que ce précepte s’adressa aux anges comme aux hommes ; il est écrit dans l’un et dans l’autre : « Et adorent eum omnes angeli eius ». Saint Michel en tête, le fit en premier. Quis ut Deus. Satan, lui, frémit à l’idée de se prosterner devant une nature inférieure à la sienne, à l’idée surtout, de recevoir lui-même de cette nature si étrangement privilégiée, le Verbe de Dieu, un surcroît actuel de lumière, de science, de mérite et une augmentation éternelle de gloire et de béatitude. Se jugeant blessé dans la dignité de sa condition native, il se retrancha dans le droit et dans l’exigence de sa nature ; il ne voulut adorer dans un homme, la nature divine, ni accueillir, en lui-même, un surplus de splendeur et de béatitude dérivant de cette humanité déifiée. Au mystère de l’Incarnation, il objecta la création ; à l’acte libre de Dieu, il opposa un droit personnel ; enfin, contre l’étendard de la Grâce, et de son cortège de vertus et de dons, la filiation, la nature divine participée, il leva le drapeau de la nature.

Rien que la nature ! Au diable, alors, - si je puis dire – la glorification de l’homme en Dieu. Au diable, l’espérance eschatologique, sotériologique en le Christ et qu’en le Christ. Il est le seul Sauveur, la seule perfection.

C’est ainsi que tout le travail de l’enfer se traduit fatalement par la haine du Christ et de son Eglise, par la négation de tout l’ordre surnaturel de la grâce et de la gloire.

« Et le point d’où Satan est tombé, c’est celui d’où il veut précipiter les autres créatures. »

Ainsi Adam, dans son péché originel, lui aussi s’est dressé contre Dieu : non serviam. Je ne me soumettrai pas. Je serai à moi-même ma règle, ma loi. Je trouverai en moi-même le bien, décidant du bien et du mal, indépendamment de Dieu et de sa loi et de l’enseignement de son Christ.

S’en tenir à la nature, refuser l’ordre divin de la grâce, autrement dit : séparer le naturel du surnaturel comme le fait aujourd’hui tout laïcisme doctrinal, voilà le péché initial et comme fastidieusement renouvelé, le péché clef, en fait le seul et grand drame du monde contemporain.

Ce principe posé, vous pouvez en voir très facilement toutes les applications politiques actuelles en tous les domaines, de l’éducation nationale à la politique européenne en pensant par tous les problèmes moraux de la bioéthique actuelle. « Exit » Dieu de sa propre créature. « Exit » Dieu de son domaine. « Exit » Dieu de l’éducation, de la morale, des relations politiques. « Exit » Dieu de la famille, des relations sociales…

Nous, au contraire, ouvrons toute grande notre âme à la grâce de Dieu pour qu’Il la rectifie, la purifie, l’ordonne selon son ordre à Lui, l’ordre divin.

Amen.

Dimanche du Bon Pasteur 2018

Dimanche du Bon Pasteur

MBCF,

« Je suis le Bon Pasteur », dit NSJC.
C’est sous ce patronage du Bon Pasteur que notre Institut a voulu se placer.
C’est Lui notre guide !
C’est Lui notre joie ! C’est Lui notre joie, car la joie « jaillit de la certitude que le Christ, par sa mort et sa résurrection, a définitivement triomphé du mal et de la mort ».

C’est Lui qui a fondé cette « via lucis », « ce chemin de lumière » et le cierge pascal le symbolise et nous étions fiers de l’acclamer en entrant dans l’Église. « Lumen Christi ». « Deo gratias ». Nous l’avons suivi, de fait, dans l’allégresse de son triomphe, sur la mort, sur le mal, sur les ténèbres. Il dissipa les ténèbres du monde. Il dissipa nos propres ténèbres.

Nous avons suivi cette Lumière, le Bon Pasteur, confessant qu’Il est le Fils unique du Père, qui, pour nous, « a payé au Père éternel la dette d’Adam et effacé par son sang la rançon de l’antique péché » - « Adae debitum solvit ».

Nous confessons que ce Bon Pasteur est tout autant « l’Agneau véritable » qui a permis la libération du peuple juif, symbole de notre propre libération du péché.

Aussi aimons-nous confesser l’admirable bonté de ce Pasteur envers nous. « O incompréhensible dilection de votre charité », « Il s’est livré pour racheter l’esclave »

C’est pourquoi nous ne craignons pas de lui dire notre reconnaissance : « O Heureuse faute qui nous a valu un tel et si grand Rédempteur ». Le Bon Pasteur.

Et toute vie, si l’homme le veut bien, est illuminée de cette charité du Christ. Alors cette charité dissipe les haines, rétablit la concorde et « assujettit les empires ». –« Curvat imperia ». Assujettit les empires. Curvare : littéralement : les courbe. C’est ce que disait Saint Rémi à Clovis: « Courbe la tête, fier Sicambre, adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré ».

Il est alors légitime de vouloir que cette charité divine, cette lumière divine illumine notre France, notre Europe. Ce qui fut le cas pendant des siècles depuis l’origine de la France et de l’Europe. Oui ! Notre France a ses racines plongées dans la foi, depuis le baptême de Clovis. Elle fut dite « la fille aînée de l’Eglise ». Mais après elle, toutes les nations d’Europe en Occident et en Orient prirent aussi dans l’Évangile du Bon Pasteur les principes de leur « être ». Comme le disait Jean-Paul II : « Les pays de l’Europe occidentale ont une tradition chrétienne ancienne. C’est ici que la culture chrétienne a atteint son sommet ». Les saints de toutes les nations sont nombreux. Ce sont eux qui ont façonnés le visage de l’Europe. En Europe occidentale, « ont fleuri des œuvres d’art superbes : les cathédrales romaines, gothiques, les basiliques de la Renaissance et du Baroque. Les peintures de Giotto, du bienheureux Fra Angelico, les innombrables artistes du 15 et 16 siècles, les sculptures de Michel Ange, la coupole de saint Pierre. C’est là que sont nées les Sommes théologiques, celle de de saint Thomas, les plus beaux écrits de théologiens mystiques…de Sainte Catherine de Sienne, de Saint Bernard, de Sainte Thérèse d’Avilla…de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus…C’est là que sont nés les grands ordres monastiques, à commencer par celui de saint Benoît, les grands ordres mendiants, les franciscains, les dominicains ; à la Contre Réforme, les Jésuites et toutes les Congrégations du XIX siècles si nombreuses et si missionnaires.

Oui ! Le Christ fut vraiment « la pierre angulaire » de la construction de l’occident chrétien. Le mystère du Christ est vraiment l’être de l’Europe chrétienne, son mode d’être que nous voulons pour nos familles, nos enfants, nos écoles, notre pays, notre Europe.
Mais le Christ est aujourd’hui refusé depuis la Renaissance et surtout depuis la Philosophie des Lumières

Refus du Christ !
Voilà un drame, un vrai drame !
Un drame culturel. Un drame cultuel.

Alors que faire,

Restez greffés au Christ. Restez greffés sur la vie divine du Christ par la fréquentation des sacrements, des vrais sacrements, de la sainte Messe. Restez dans la bergerie, le « pastorat » du Bon Pasteur.

C’est important. Il y va de la vie éternelle. En rejetant le Christ, en le mettant entre parenthèse « s’entrouvre la voie vers les expériences dévastatrices du mal », ce que nous constatons. On voit croître alors l’agnosticisme pratique, la désespérance et l’hédonisme pratique.

Et de cela nous n’en voulons pas.

On voit croître l’indifférentisme religieux qui fait que beaucoup d’Européens donnent l’impression, disait toujours Jean-Paul II, de vivre « comme des héritiers qui ont dilapidé le patrimoine qui leur a été légué par l’histoire ».

Le refus du Christ engendre l’expansion de la sécularisation, « de sorte qu’il est de plus en plus difficile de vivre la foi en Jésus-Christ. « Il est plus facile de se dire athée que croyant. On a l’impression que la non croyance va de soi tandis que la croyance a besoin d’une légitimation sociale qui n’est ni évidente ni escomptée ».

Le refus du Christ engendre aussi le laïcisme

Et de ce laïcisme nous n’en voulons pas et nous dressons contre, la Croix du Christ et sa Résurrection historique, voulant vivre pour Dieu. « Vivere Deo ». C’est ce que dit saint Paul du Christ Ressuscité. Belle définition du Chrétien.

Le refus du Christ engendre la perte du sens de la vie. Étonnez vous. Il n’y a plus la lumière du Christ.

Le refus du Christ engendre une anthropologie sans Dieu qui engendre le nihilisme, le relativisme, voire même l’hédonisme cynique. Ce sont là les racines de ce que Jean Paul II appelait : « l’apostasie silencieuse »

Mais vivre comme si Dieu n’existe pas, c’est vivre en dehors des repères du bien et du mal, i.e. en dehors du cadre de valeurs dont Dieu lui-même est la source. Dès lors on prétend qu’il appartient à l’homme seul de décider ce qui est bon ou mauvais. Les bases même de la morale sont ainsi ébranlées, ébranlée alors l’institution familiale, en propageant la permissivité morale et donc le divorce, l’amour libre, l’avortement, la contraception, la lutte contre la vie dans sa phase initiale comme dans son déclin, sa manipulation. Et ce programme se développe avec d’énormes moyens financiers.

Alors « Face à tout cela, on peut légitimement se demander si ce n’est pas une autre forme de totalitarisme sournoisement caché sous les apparences de la démocratie » (Jean Paul II).

Cela aura été dit. L’Église aura parlé. Elle aura averti. Un nouveau totalitarisme est à vos portes. Réveillez vous

Ne baissons pas les bras.

Si l’on veut restaurer l’Europe chrétienne, il faut en restaurer le principe. Or le principe c’est le Christ et sa Loi. C’est ce que disait déjà Pie XII en 1948. Il faut se référer au christianisme comme facteur d’identité et d’unité. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut aller plus loin. « Tant qu’on n’ira pas jusqu’à la reconnaissance expresse des droits de Dieu et de sa Loi, tout au moins du droit naturel sur lequel sont ancrés les droits de l’homme » rien de bien et de durable n’aura été fait.

Ainsi donc le respect des droits de Dieu, le respect du droit naturel : voilà la condition sine qua non de la restauration de l’Europe et le principe de son unité…alors que la liberté, seul, délivrée de toute vérité objective, est la raison de sa décadence.

Ou l’on retrouve Dieu, sa loi, son Christ et l’on retrouve la vie et la chrétienté.
Ou l’on reste attaché aux faux principes du laïcisme et du libéralisme et l’on poursuivra la décadence et le châtiment, l’Islam, sera pour demain.

Sursum corda !

2018 - Jeudi Saint

Le sacerdoce. La Sainte Messe

Le Jeudi Saint, NSJC n’a pas seulement institué le sacrement de son Corps et de son Sang, mais, en son Corps et en son Sang consacrés séparément et réellement présents sous les espèces eucharistiques, Il a institué son Sacrifice et ordonna prêtres ses Apôtres, pour qu’eux et leurs successeurs dans le sacerdoce, célébrassent à perpétuité ce Sacrifice, le même, le seul : “Faites ceci en mémoire de Moi”. Voilà notre foi.

Or ce sacrifice du Christ est le point central de la Vie de Notre Seigneur. C’est par ce Sacrifice qu’il opéra notre salut. Comment ? Disons le nettement : par mode de cause efficiente, nous dit saint Thomas, par mode de mérite, par mode de satisfaction, en tant qu’il nous a délivrés de l’obligation de la peine qu’avaient mérité nos péchés, par mode de rédemption ou de rachat, en tant qu’Il nous a délivrés de l’esclavage du péché et du démon et par mode de sacrifice, en tant que par ce Sacrifice nous rentrons en grâce auprès de Dieu, réconciliés avec Lui. Dieu ne tient plus compte de la faute, tellement ce Sacrifice lui a plu. Là, en effet, NSJC confessait la totale Seigneurie du Dieu tout puissant, réparant la révolte orgueilleuse d’Adam. Dès lors, les portes du ciel nous sont ouvertes puisque l’obstacle – le péché – est enlevé, réparé.

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2018 - Présentation de Notre Seigneur au Temple

Vous trouverez ci-dessous la prédication de l'abbé Aulagnier pour la fête de la présentation de Notre Seigneur au temple ainsi que quelques photos de la messe.

 

 

Solennité de la Présentation de Jésus au Temple et purification de Notre-Dame

Ma profession de foi

Et le prophète Siméon prit l’enfant dans ses bras et bénit Dieu et dit : « Maintenant, Seigneur, vous laisserez votre serviteur s’en aller en paix puisque mes yeux ont vu le salut qui vient de vous, que vous avez préparé à la face de tous les peuples : Lumière pour éclairer les nations et gloire d’Israël votre peuple ».

C’est là, MBCF, une véritable profession de foi, en NSJC, « Lumière » qui luit au milieu des ténèbres, « Sauveur » préparé par Dieu à la face des peuples »

Pourquoi ne professerions nous pas nous aussi notre « Credo », en cette fête ?

Alors nous déclarons :

Que Jésus-Christ, celui qui est dans les mains de Siméon, est vrai homme, semblable à nous en toutes choses hormis le péché, issu d’Adam par Abraham et par le roi David, conçu par l’Esprit Saint de la toute pure Marie toujours vierge, et né à Bethléem comme l’Ecriture l’annonçait et comme l’histoire le confirma.

Mais nous déclarons:

Que ce Jésus-Christ est tout autant le vrai Fils de Dieu, engendré de toute éternité, consubstantiel au Père qui l’engendre, qu’Il est son égal en toutes choses, étant l’éclat de sa lumière, la splendeur de sa gloire ( Hb 1 3), l’image de sa bonté, partant « vie de vie, lumière de lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu » (Symbole de Nicée).

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2018 - Vendredi Saint - Chemin de Croix

Prédication du Chemin de Croix

Introduction

La Passion de Jésus, vous le savez, est son œuvre principale. Presque tous les détails en ont été prédits et annoncés avec soin par les prophètes de l’Ancien Testament. Et Jésus, dans sa passion, s’attache à tous les accomplir, à les réaliser scrupuleusement. Il dit lui-même aux Juifs qui sont venus le saisir, qu’il se livre à eux « afin que l’Écriture soit accomplie » « Ut adimplerentur Scripturae ». Sur la Croix « tout allait être consommé », dit Saint Jean, lorsque Le Sauveur se souvint que le psalmiste avait prédit de lui : « Dans ma soif, ils m’abreuveront de vinaigre ». Alors, pour que cette prophétie – toute de détail – s’accomplit encore, Jésus s’écria : « J’ai soif »

Et bien toutes ces actions de Jésus, toute cette passion de Jésus que nous allons méditer sont l’objet des complaisances de son Père. Le Père contemple son Fils avec amour non seulement lors de la Transfiguration, au Thabor, mais aussi dans sa Passion au Clavaire. Le Père enveloppe son Fils d’un regard infini d’amour, là, particulièrement au Calvaire, tout autant qu’au Thabor.

Pourquoi ?

Parce que Jésus, durant sa Passion, honore et glorifie son Père parce qu’il s’abandonne à tout ce que la justice et l’amour de son Père réclament de lui. Il s’abandonne à sa sainte volonté ! En la Passion, le Fils épouse particulièrement la volonté de son Père. Pour reconnaître les droits de la majesté divine outragée par le péché et sauver le monde, le Fils s’offre à cette douloureuse passion. « Ut cognoscat mundus quia diligo Patrem »

Nous devons à notre tour nous unir à ce sentiment de complaisance, nous devons adorer le Fils dans le don de lui-même.

Mais nous devons aussi aimer cette passion parce que c’est là, plus qu’ailleurs qu’éclatent toutes les vertus de NSJC. Elles se manifestent en sa Passion. Son amour immense pour son Père, sa charité pour nous, sa haine du péché, le pardon des offenses, des injures –vertu éminemment chrétienne- éclate surtout là dans les paroles prononcées surla Croix, la patience, la force l’obéissance à l’autorité légitime, la compassion : toutes ces vertus éclatent d’une façon héroïque dans ces jours de douleur.

Là, dans sa Passion, se trouve par excellence l’exemplaire de notre vie, notre modèle. Voilà pourquoi nous devons aimer le Chemin de la Croix.

Mais nous avons encore une autre raison d’aimer méditer la Passion.C’est là qu’éclate mieux qu’ailleurs l’immense amour de NSJC. Pourquoi donc fallait-il tant de souffrances en sa Passion. Il pouvait – parce que Homme-Dieu – nous sauver par un seul acte d’amour. Non. Il força la dose, si je peux dire. Pourquoi ? Saint Bernard nous en donne une belle raison : « Il a pris sur lui, dit-il, la plus lourde peine afin que l’homme lui fut redevable du plus grand amour. Là, ( là dans la Rédemption) il est manifeste que Dieu a payé pour l’homme un prix énorme : maître, il s’est fait esclave ; riche, il s’est fait pauvre ; Verbe, il s’est fait chair ; et Fils de Dieu, il n’a pas dédaigné d’être le fils de l’homme. Souvenez vous que si vous avez été faits de rien, vous n’avez pas été racheté s de rien…l’œuvre de votre salut a demandé trente année entière de labeur, enduré avec quelle patience ! L’ignominie de la Croix, l’horreur de la mort sont venues s’ajouter aux servitudes de la chair et aux tentations de l’Ennemi ! Il le fallait. C’est ainsi Seigneur que tu as sauvé les hommes en multipliant ta propre miséricorde ».

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2018 - Dimanche de la Quinquagésime

Jésus-Christ, notre Sauveur

Le péché originel

Notre Dame

 

 

Dimanche dernier, MBCF, je vous ai rappelé l’enseignement de l’Eglise sur la personne adorable du Christ Seigneur. Je me suis posé la question, avec le prophète Siméon : Qui est donc ce Christ que tant et tant d’êtres humains, depuis des siècles, et particulièrement en France, ont suivi allant même jusqu’à donner leur vie pour Lui ?

Qui est ce Christ ?

Je vous ai répondu : Il est « Notre Sauveur ». Il est venu opérer notre salut. C’est la profession de foi de Siméon. C’est la première affirmation qui fut dite sur Lui lors de son apparition au milieu des hommes. Souvenez-vous de l’affirmation de l’ange aux bergers: « Ne craignez point, car je vous annonce une nouvelle qui sera pour tout le peuple une grande joie : il vous est né aujourd'hui, dans la ville de David, un Sauveur, qui est le Christ Seigneur »

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Les âmes du Purgatoire

Les âmes du Purgatoire

MARIA SIMMA, QUI EST MARIA SIMMA ? Maria Simma est une mystique autrichienne. Par un don particulier de Dieu, déjà vu dans l'histoire de l'Eglise, elle reçoit depuis 50 ans la visite d'âmes du purgatoire. Que lui disent ces âmes ? Elles donnent des avertissements, demandent des prières, et parlent de...

Prédication pour la fête du Christ-Roi 2017

Prédication pour la fête du Christ-Roi 2017

  La fête du Christ-Roi Jésus-Christ est roi, MBCF. Il est roi, non seulement du ciel mais encore de la terre. Et il lui appartient d’exercer une véritable et suprême royauté sur les sociétés humaines. Et ces sociétés humaines, elles mêmes, doivent le confesser. C’est un point incontestable de la doctrine chrétienne....

Prédication pour le 20ème dimanche après la Pentecôte 2017

Prédication pour le 20ème dimanche après la Pentecôte 2017

  Le sacerdoce   Je voudrais vous parler du prêtre en souvenir de mon ordination sacerdotal, le 17 octobre, des mains de Mgr Lefebvre. Ce qui fait le prêtre, sa joie, c’est la découverte toute particulière du mystère de Dieu. Le prêtre, plus que tout autre baptisé, contemple ce mystère. Dieu est l’objet de...

Prédication pour le 19ème dimanche après la Pentecôte 2017

Prédication pour le 19ème dimanche après la Pentecôte 2017

  En l’honneur de Saint Michel     « L’Ange se tint près de l’autel du temple, un encensoir d’or à la main » « Et tandis que l’archange Michel luttait contre le dragon, on entendit la voix de ceux qui disaient : «le  Salut est à notre Dieu ». Telles sont, MBCF, les deux premières antiennes des Premières Vêpres de...

Prédication pour le 18ème dimanche après la Pentecôte 2017

Prédication pour le 18ème dimanche après la Pentecôte 2017

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus Je ne voudrais pas laisser passer cette année sans parler, du haut de cette chair, de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, patronne secondaire de la France. Les saints sont mis sur notre chemin pour que nous les prions, contemplions, les imitions. Sainte Thérèse, Thérèse Martin, naquit à...

16ème Dimanche après la Pentecôte

16ème Dimanche après la Pentecôte

En la solennité de saint Michel   En cette fête de Saint Michel, patron de notre petite église, je voudrais vous dire la joie de mon âme, d’être au milieu de vous. C’est en effet au milieu de vous que s’accomplit ma vie sacerdotale. Le prêtre vit au milieu d’un peuple, au...

15éme Dimanche après la Pentecôte 2017

15éme Dimanche après la Pentecôte 2017

« Celui qui sème dans l’esprit moissonnera de l’esprit, la vie éternelle ». C’est le Christ qui est au principe de la Vie éternelle C’est inéluctable. Je posséderai la vie éternelle - la finalité de ma vie - si j’en prends le chemin, si je pratique les œuvres de l’esprit : la charité, la joie...

14éme Dimanche après la Pentecôte 2017

14éme Dimanche après la Pentecôte 2017

« Cherchez d’abord le Royaume de Dieu » MBCF, faisons court et disons simplement que le « Royaume de Dieu », c’est Jésus lui-même. Oui ! Ce « Royaume de Dieu », dont le thème est si fréquent dans la prédication de NSJC, n’est finalement rien d’autre que Jésus-Christ lui-même et Jésus-Christ c’est la charité, n’est rien d’autre...

Assomption de la Sainte Vierge 2017

Assomption de la Sainte Vierge 2017

Fête de l’Assomption de la Sainte Vierge   L’Eglise, dans ces hymnes liturgiques, chante, cela ne vous étonnera pas, les différentes fêtes de NSJC, tout comme les fêtes de Notre Dame. Elle consacre trois hymnes à cette fête du 15 août, à ce mystère. Nous allons méditer sur l’hymne des premières Vêpres...

10éme Dimanche après la Pentecôte

10éme Dimanche après la Pentecôte

  « Personne, parlant par l’Esprit de Dieu, ne dit anathème à Jésus »   Ce sera le thème de notre entretien dominical. « Personne, parlant par l’Esprit de Dieu, ne dit anathème à Jésus »… Bien au contraire.  Tous ceux qui sont animés de l’Esprit Saint par suite de la réception du baptême, tout baptisé chante avec...

La Rébellion cachée

La Rébellion cachée

Je voudrais, à la reprise de l’année apostolique, en octobre, faire diffuser dans le cadre paroissial, « saint Michel de Rolleboise », le film, dont on parle beaucoup aujourd’hui : « La Rébellion cachée » de Daniel Rabourin sur l’épopée vendéenne. L’Homme Nouveau vient de publier une interview de l’auteur. En...

9ème Dimanche après la Pentecôte

9ème Dimanche après la Pentecôte

« Si tu connaissais, toi aussi, au moins ce qui te procurerait la paix » « Tu n’as pas connu le temps où tu as été visité »   Terrible reproche, MBCF, que ce reproche adressé par NSJC au peuple juif : « Tu n’as pas connu le temps où tu as été...

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