Chemin de Croix 2017

1ère station

Jésus est condamné à mort.

Après avoir prêché aux foules ; guéri les malades, rendu la vue aux aveugles, ressuscité les morts…Après avoir vécu trois ans au milieu des Apôtres pour les former et leur enseigner la doctrine de Dieu…après leur avoir appris l’amour de Dieu et du prochain comme soi-même, « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé »…L’heure est venu maintenant où le Fils de Dieu fait homme, Rédempteur du genre humain, va répandre son sang et donner sa vie pour le monde. Mais préalablement il voulut se mettre en prière afin de se livrer à la Volonté de son Père. Il voulut nous apprendre que la chose importante par-dessus tout, c’est de se soumettre et de se livrer humblement par un acte suprême de volonté à l’accomplissement de celle de Dieu en quelque circonstance que ce soit. Voilà l’importance de Gethsémani. « Mon Père non ma volonté mais la vôtre ». Voilà tout l’enseignement de Gethsémani.

Il se retire au jardin de Gethsémani dans la solitude. L’âme cherche son Dieu loin de tout, au-dedans d’elle-même. « Adorez ses desseins sur nous quels qu’ils soient et que tout notre être se prosterne comme il convient à la créature en présence du Créateur ».

C’est ainsi que Jésus-Christ s’offrit pour accomplir l’œuvre de la Rédemption du monde.

A cet instant, il vit s’appesantir sur lui tous les tortures de la passion : les calomnies et les insultes…les fouets et la couronne d’épines…la soif…la croix…les clous…toutes ses douleurs se présentent à ses yeux, en même temps que la multitude des offenses, des péchés et des crimes qui se commettraient à travers les siècles. Non seulement il les vit mais il en fut, en quelque sorte revêtu. Il s’est fait « péché », nous dira saint Paul, après Isaïe…Et c’est ainsi qu’il s’offrit au Père pour calmer son courroux et apaiser sa justice. Il s’est fait pour nous : « propitiation », « justification », « rançon ». Ce fut le prix à payer pour notre Rédemption. Que la justice de Dieu est exigeante ! Il ne voulut pas nous pardonner sans une peine et quelle peine, la mort douloureuse de son Fils. Quelle miséricorde puisqu’il nous donna le « Sauveur » lui-même !

Il vit que beaucoup d’âmes ne profiteraient pas de ce sang versé, de cette agonie. Elle serait inutile pour tant et tant d’âmes…Que de souffrances ! Quelle amertume pour l’âme de Jésus ! Elles seraient endormies comme les trois disciples qu’il avait pris avec lui à Gethsémani. Pierre, Jacques et Jean…Il les avait pris pour partager sa prière et ses angoisses. Par trois fois, il va auprès d’eux et les trouve endormis. Quelle peine de ne pouvoir se confier aux siens…Qu’il trouve aujourd’hui au moins auprès des siens quelques soulagements…Accompagnez-le, vaillants, dans ce chemin de la Croix.

Et Jésus ne recule pas devant ses angoisses. Il veut nous apprendre à ne pas reculer en face de la souffrance. Elle n’est jamais inutile, même si nous n’en voyons pas le résultat : soumettez votre jugement et laissez la Volonté divine agir et s’accomplir en vous.

La peine est si lourde qu’une sueur de sang perle sur son front et que l’envoyé de Dieu vient quelque peu le consoler.

Et puis c’est la venue de Judas. Le traite, Celui qui, pourtant, avait tout reçu de Jésus, son Eucharistie, comme tous les autres… Il arrive à la tête d’une cohorte et le trahit par le signe de l’amitié : un baiser ; « Judas que fais-tu et que signifie ce baiser…le baiser de la trahison…C’est par un baiser que tu trahis le Fils de Dieu, ton Maître, ton Seigneur… Oh que cette prière sera toujours d’actualité. C’est par une passion voulue que Jésus est trahit…Pour trente deniers, il me livra…Pour combien nous livrerons nous, nous aussi, notre Seigneur et Maître…Ah ! Qu’il est triste pour le cœur de Dieu dont l’amour est infini de voir tant d’âmes s’avancer insensiblement vers l’abime… « Et vous que j’ai choisies pour le lieu de mon repos et le jardin de mes délices, de vous aussi j’attends beaucoup plus d’amour, de tendresse et de délicatesse que d’autres qui ne me sont pas aussi intimement unies. A vous d’être le baume qui cicatrice mes blessures, à vous d’essuyer mon visage défiguré…à vous de m’aider à donner la lumière à tant d’âmes aveugles qui, dans l’obscurité de la nui, me saisissent et m’enchaînent pour me conduire à la mort …Ne me laissez pas seul ! Réveillez-vous et venez prier avec Moi car voici mes ennemis » (Sœur Josépha : un appel à l’Amour p 311)

Jésus est conduit chez Pilate et là, il le condamne. Il est chargé de sa Croix.

 

2ème station

Jésus est chargé de sa croix

 

Les Apôtres l’ont abandonné…Pierre seul entrainé par la curiosité mais remplis de crainte, se dissimule au milieu des serviteurs. Autour de Jésus, rien que des faux témoins qui accumulent mensonges sur mensonges pour attiser la colère de juges iniques. Ceux-là même dont les lèvres ont acclamé tant de fois ses miracles et peut-être le miracle si extraordinaire de la résurrection de Lazare. Ils se font aujourd’hui les accusateurs. Ils l’appellent perturbateurs, profanateur du sabbat, faux prophète…et la valetaille, excitée par ces calomnies, profère conte Lui des cris et des menaces.

« Où donc étez les disciples, les Apôtres, vous les témoins de ma vie, de mes enseignements de mes miracles. « Hélas de tous ceux dont j’attendais quelques preuve d’amour, aucun n’est là pour me défendre. Je suis seul accusé des crimes les plus vils, entouré de soldats comme de loups dévorants…Tous me maltraitent, l’un me frappe au visage…l’autre jette sur Moi sa salive immonde, méprisante et cet autre Me tourne en dérision….Et tandis que mon cœur s’offre à tous ces supplices pour délivrer les âmes de la captivité du péché, Pierre, constitué par Moi chef de l’Eglise…Pierre qui a protesté de sa fidélité jusqu’à la mort…Pierre qui a l’occasion de Me rendre témoignage, répond à une simple demande par le reniement et par trois fois confesse qu’il n’a jamais été mon disciple…Et cela par d’horribles imprécations… »

« Âmes fidèles mesurez-vous combien il est douloureux pour mon cœur qui s’embrase et se consume d’Amour de se voir renier par les Siens…Lorsque tous se soulèvent contre Moi, que tant d’âmes me méprisent et cherchent à me donner la mort…alors je me tourne vers les Miens et je ne trouve qu’isolement et abandon. Quelle tristesse et amertume ! ( dans l’esprit des révélations de Jésus à sœur Josepha « un Appel » à l’Amour p 314)

« Je vous demande pardon d’avoir si mal correspondu aujourd’hui à votre Amour ! Je vous supplie de me pardonner et de purifier mes actions dans votre sang divin. J’ai une vive douleur de vous avoir offensé parce que vous êtes infiniment saint. Je me répands du fond de mon âme et je vous promets de faire tout ce qui me sera possible pour ne plus retomber dans les mêmes fautes » (Sœur Joseph un appel à l’amour p. 317)

3ème station

Jésus tombe sous le bois de la croix

Après avoir passé la plus grande partie de la nuit dans la prison humide, obscure et sordide….après avoir subi les outrages et les mauvais traitements de soldats…les insultes et les railleries d’une valetaille curieuse de mon sort….alors que déjà mon corps était exténué par tant de tourments….sur le chemin de la Croix, épuisé Jésus tombe sous le poids de la Croix.

« Tandis que la perte éternelle de Judas plongeait mon cœur dans un abîme de tristesse, les bourreaux insensibles à ma douleur, placèrent sur mes épaules meurtries, la croix dure et pesante sur laquelle allait se consommer le mystère de la Rédemption du monde. Anges du Ciel, contemplez ce Dieu devant lequel vous êtes prosternés en adoration constante…Voyez le Créateur de toutes les merveilles d’ici-bas, monter vers le calvaire, sous le bois saint et béni qui va recevoir son dernier soupir ! Et vous âmes qui voulaient être mes fidèles imitatrices, contemplez aussi mon corps brisé par tant de tourments et qui chemine sans force, baigné de sueur et de sang. Il souffre et personne ne compatit à sa douleur. La multitude m’escorte, les soldats m’entourent comme des loups avides de dévorer leur proie…et nul n’a pitié de moi.

Ma fatigue est si grande et la croix si lourde, que je tombe, défaillant à mi-chemin….Voyez alors ces hommes inhumains me relever brutalement : l’un me tire par un bras, l’autre par mes vêtements qui sont collés à mes blessures…Celui-ci me serre la gorge…celui-là me saisit par les cheveux…d’autres m’accablent de coup de points et de pieds…La crois retombe sur moi, m’écrasant sous son poids…Les pierres du chemin meurtrissent mon visage…Le sable et la poussière se mêlent à mon sang pour obscurcir mes yeux et se coller à ma face. Je suis l’être le plus méprisable de la terre…

Et il révélé à Josepha Ménendez, les pensée de son cœur :

« Ecoute Josepha les dérirs brulants de mon cœur : ce qui me consumait d’amour et avivait en moi une nouvelle soif de douleurs, c’était la pensée de tant et tant d’âmes que j’attirerais plus tard à suivre mes traces. Je les voyais fidèles imitatrices de mon cœur, apprendre de Lui non seulement la douleur, la patience et la paisible acceptation des souffrances et des mépris, mais encore l’amour de ceux-là même qui les persécuteraient. Je les voyais pour mon amour, aller jusqu’à ce sacrifier pour eux, comme Moi-même Je me sacrifiais pour le salut de ceux qui me traitaient ainsi…(Je voyais saint Etienne qui, comme moi, dirait : Père pardonne leur… ils ne savent ce qu’ils font…) Je les voyais soutenus par ma grâce, répondre à l’appel divin, embrasser l’état de perfection…se lier elles-mêmes par les chaînes de l’amour et au milieu des épreuves garder leur cœur à travers tout, intimement uni à leur Dieu et Seigneur. Ainsi au milieu des outrages et des traitements infâmes, l’amour me consumait du désir d’accomplir la Volonté de mon Père et mon cœur étroitement uni à lui durant ces heures de solitudes et de douleurs s’offrait à réparer sa Gloire (et sous cette pensée je retrouvais la force de me relever) (Un appel à l’amour dans cet esprit). p. 322).

4ème station

Jésus rencontre sa très Sainte Mère.

Contemplons Marie dans cette douloureuse rencontre.

Considérez le martyr de ces deux cœurs, dit Jésus : pour ma mère, celui qu’elle aime par-dessus tout, c’est son Fils et loin de pouvoir le soulager, elle sait au contraire tout ce que sa présence ajoute à mes souffrances. Pour moi, celle que j’aime le plus au monde, c’est ma Mère ! Et non seulement je ne puis la consoler, mais l’état pitoyable où elle me voit réduit, la transperce de douleur semblable à la mienne, car la mort que je souffre dans mon Corps, ma mère le porte dans son cœur. Elle fut corredenptrise.

Ah ! Comme ses yeux s’attachent à Moi et comme les miens obscurcis et ensanglantés, se fixent sur elle. Pas une parole n’est prononcée, mais que de choses se disent nos deux Cœurs en cette douloureuse entrevue.

Sachons ici la consoler en chantant ses perfections

« O Mère tendre et aimante, Vierge très prudente qui êtes la Mère de mon Rédempteur, je viens vous saluer en (cet instant) avec l’amour le plus filial dont puisse vous aimer le cœur d’un enfant. Oui je suis votre enfant et, parce que mon impuissance est si grande, je prendrai les ardeurs du Cœur de votre divin Fils, avec Lui je vous saluerai comme la plus pure des créatures, car vous avez été formée selon les désirs et les attraits du Dieu trois fois saints. Conçue sans la tâche du péché originel, exempte de toute corruption, Vous avez été toujours fidèle aux mouvements de la grâce – surtout en cet instant de haute-fidélité - et votre âme accumulait ainsi de tels mérites, qu’elle s’est élevée au-dessus de toutes les créatures. Choisie pour être la mère de Jésus-Christ, Vous l‘avez gardé comme en un sanctuaire très pur et Celui qui venait donner la vie aux âmes, a pris lui-même la vie en vous et a reçu de vous son aliment. O Vierge incomparable ! Vierge Immaculée ! Délices de la Trinité bienheureuse ! Admirée des anges et des saints, vous êtes la joie des cieux : Etoile du matin, Rosier fleuri du printemps, Lys très blanc, Iris svelte et gracieux, Violette parfumée, Jardin cultivé et réservé pour les délices du Roi des cieux !...Vous êtes ma Mère, Vierge très prudente, Arche précieuse où s’enferment toutes les vertus ! Vous êtes ma Mère, Vierge très puissante ; Vierge clémente ; Vierge fidèle. Vous êtes ma mère, refuge des pécheurs. Je vous salue et je me réjouis à la vue de tels dons que vous a faits le Tout-Puissant et de tant de prérogatives dont il vous a couronnée. Soyez bénie et louée, Mère de mon Rédempteur, Mère des pauvres pécheurs ! Ayez pitié de nous et couvrez nous de votre maternelle protection ». (Sœur Josepha Un appel à l’amour p 317-318)

 

5ème station.

Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix

Ces hommes iniques, craignant de me voir mourir avant le terme, pressés par une perfide malice et non par la compassion, s’accordent entre eux pour chercher quelqu’un qui m’aiderait à porter la Croix. C’est alors qu’ils réquisitionnent un homme des environ appelé Simon.

Voici la description que fait Jésus à Josepaha de ceux qui portent vraiment la Croix à la suite de Jésus.  Mais quelles sont ces âmes qui aident Jésus à porter sa croix ? Jésus le confessa un jour à Josepha : ce sont les âmes qui portent la Croix avec amour : « Que ces âmes sont bien celles qui portent vraiment tout le poids de ma Croix, sans autre intérêt ni autre gain que l’amour !Ce sont elles qui reposent mon cœur et qui le glorifient. Et tenez pour certain que votre abnégation et vos souffrances tardent longtemps à donner leur fruits, ou semblent même n’en donner aucun, elles n’ont été cependant ni vaines ni inutiles. Un jour la récolte sera abondante… L’âme qui aime véritablement ne mesure pas ce qu’elle fait et ne pèse pas ce qu’elle souffre. Elle ne marchande ni la fatigue ni le travail, elle n’attend pas de récompense, mais elle poursuit tout ce qu’elle croit être le plus glorieux à son Dieu. Et parce qu’elle agit loyalement, quel que soit le résultat, elle ne cherche ni à se disculper, ni à protester de ses intentions. Et parce qu’elle agit par amour, ses efforts et ses peines aboutiront toujours à la Gloire de Dieu. Aussi elle ne s’agite ni ne s’inquiète…moins encore perd-elle la paix, si, dans quelques circonstances, elle se voit contredite ou même persécutée et humiliée : le seul motif de ses actes était l’amour, et l’Amour son seul but. Voilà les âmes qui n’attendent pas de salaire et qui ne cherchent que ma Consolation, mon repos et ma gloire. Ce sont elles qui ont pris ma croix et qui en portent tout le poids sur leurs épaules. » L’Appel à l’Maour p 353)

6ème station

Véronique essuie la face de Jésus

C’est certainement par compassion que Véronique agit ainsi… affrontant tous les mépris et les sarcasmes de la foule….et peut-être aussi l’admiration de certains…Comment peut-elle agir ainsi devant la haine de tous… ? Quelle force d’âme. Voilà le caractère de cette femme. Elle fait l’objet de notre admiration…

 

7eme station

Jésus tombe pour la seconde fois

Ma première chute obtiendra aux pécheurs enracinés dans l’habitude du mal, dit Jésus à Josepha, la force de se convertir

La seconde encouragera les âmes faibles, aveuglées par la tristesse et l’inquiétude à se relever et à reprendre avec une nouvelle ardeur le chemin de la vertu. ..

La troisième aidera les âmes à se repentir à l’heure suprême de la mort »

8ème station

Jésus console les filles de Jérusalem

Le récit de saint Luc : « Sequebatur autem illum multa turba populi et mulierem, quae plangerabant et lamentabantur eum. Conversus autem ad illas Jesus dixit : Filiae Jérusalem, nolite flere super me sed super vos ipsas flete et super filios vestros. Quoniam ecce veniet dies, in quibus dicent : Beatae steriles et ventres, qui non genuerunt et ubera quae non lactaverunt. Tunc incipient dicere montibus : Cadite super nos et collibus ; operite nos. Quia si in virdi ligno haec faciunt, in arido quid fiet ? (Lc 23 27-30)

9ème station

Jésus tombe pour la 3e fois

Commenté dans l’esprit de l’hymne de Matines de la fête du saint Rosaire

Le quatrième mystère

« Trois fois sous le dur poids de la croix suant, haletant, il succombe; jusqu’au sommet de la montagne,  il est contraint de la porter ». L’auteur retient les trois chutes du Christ dans son chemin vers le Golgotha. Ce nombre est traditionnel dans la pratique ecclésiale. Mais Le Christ, au vrai, s’est trainé tout le long du chemin de Croix. Tellement il était épuisé par la nuit passée sans sommeil, flagellé, couronné d’épine, humilié. Les soldats durent faire appel à Simon, qui revenait des champs, pour aider Jésus à porter sa croix jusqu’au sommet. Elle est trop lourde. Et malgré cette aide, il succombe, mieux «il s’écroule, «  mieux, il est ruiné, il est détruit ». Le Christ est épuisé. Il s’écroule « sous le dur poids de la Croix ». Elle est une vraie « masse », un vrai « fardeau ». Et pourtant il faut qu’Il la porte jusqu’au sommet de la Montagne, L’obligation est très forte. Il ne peut renoncer à la Passion. Il doit y arriver coute que coute. « Que votre volonté soit faite… ». Cette résolution de totale soumission résonne dans son cœur. Cette obligation est totale. Il est forcé à porter la Croix, certes, par les soldats romains qui l’y obligent, mais aussi par l’ordre reçu de son Père qu’il veut accomplir et par sa libre acceptation. C’est comme une « violence » faite en son âme…. On ne peut mieux exprimer la violence dont le Christ fut l’objet dans son chemin de Croix.

10ème station

Jésus est dépouillé de ses vêtements

Considérez, âmes que j’aime, quelle ne fut pas la honte en me voyant ainsi exposé devant la multitude ! …Quelle douleur pour mon corps et quelle confusion pour mon âme. Partagez l’affliction de ma sainte Mère qui contemple cette scène…Et voyez avec quel désir, elle voudrait s’emparer de la tunique imbibée et teinte de mon Sang !

11ème station

Jésus est attaché à la croix

L’heure est sonnée. Les bourreaux m’étendent sur la croix. Ils saisissent mes bras et les étirent afin que mes mains puissent atteindre les trous déjà creusés dans le bois. A chaque secousse, ma tête est ballottée de côté et d’autre…Les épines de la couronne y pénètrent plus profondément…Entendez le premier coup de marteau qui fixe ma main droite ! Il résonne jusqu’au profondeur de la terre ! Ecoutez encore : ils clouent ma main gauche. Les cieux frémissent et les anges se prosternent devant un tel spectacle

Pour moi je garde le plus profond silence et pas une plainte ne s’échappe de mes lèvres

Après avoir cloué mes mains, ils tirent cruellement mes pieds, les plaies s’ouvrent…Les nerfs se rompent…Les os se déboitent…la douleur est intense…Mes pieds sont transpercés et mon sang baigne la terre !

Contemplez un instant ces mains et ces pieds déchirés et ensanglantés…Ce corps couverts de blessures, cette tête transpercée par les épines acérées, souillées de poussière, inondée de sueur et de sang !

Admirez le silence, la patience et la conformité avec laquelle j’accepte cette cruelle souffrance

Quel est celui qui souffre ainsi, victime de tant d’ignominies ? C’est Jésus-Christ, le Fils de Dieu…celui qui a fait le ciel et la terre et tout ce qui existe…Celui qui fait croître les plantes et donne la vie à tous les êtres…Celui qui a créé l’homme et dont la puissance infinie soutient l’univers…Il est là immobile, méprisé, dépouillé de tout ! Mais bientôt une multitude d’âmes viendront à lui pour l’imiter et le suivre. Elles abandonneront tout…pour lui donner la Gloire et lui prouver l’amour qui lui sont dus

Et tandis que les coups de marteau résonnent d’un bout à l’autre de l’espace, le monde tremble, le ciel se revêt du plus rigoureux silence, tous les esprits angéliques se prosternent en adoration…Un Dieu est cloué sur la croix !

Contemplez votre divin Seigneur étendu sur la Croix. Il est sans mouvement, sans honneur et sans liberté…Tout lui est arraché. Personne n’a pitié de lui, et nul ne compatit à ses souffrances. Mais sans cesse de nouvelles moqueries, de nouveaux opprobres, de nouvelles douleurs s’ajoutent aux tourments qu’Il endure !

Oh âmes fidèles consolez votre Maître de votre amour. Et de votre fidélité.

12e station : Jésus meurt sur la croix

Commenté dans l’esprit de l’ Hymne des Vêpres de la fête de ND des 7 douleurs

Iam toto subitus vesper est polo

Que l’étoile du soir disparaisse entièrement du ciel

 

« Que l’étoile du soir disparaisse entièrement du ciel, que le soleil entraine avec lui le jour foudroyé, tandis que je célèbre la dérision de l’horrible meurtre et l’écroulement d’un Dieu »

Je vois là un ordre de l’auteur : « Que disparaisse l’étoile du soir…que le soleil entraine avec lui le jour foudroyé ». Oui ! Ce sont des ordres solennels aux astres célestes, des commandements étonnants. Mais qu’elle en est la raison ? C’est que notre auteur va contempler le déroulement de la Rédemption aux événements si cruels, cruautés qui ont de quoi choquer, même les puissances célestes, créatures de Dieu. Cette injonction à l’adresse des puissances célestes : « Que l’étoile du soir disparaisse entièrement du ciel, que le soleil entraine avec lui le jour foudroyé » exprime l’émotion de l’âme pieuse de notre auteur devant la Croix. Ces créatures de Dieu, qui sont la manifestation de la toute-puissance de Dieu, ne peuvent voir cette scène terrible : d’un Dieu terrassé, humilié. Elles doivent s’éloigner comme on éloigne un enfant d’un spectacle horrible…Et cette remarque s’inspire, du reste, du récit évangélique lui-même. Il y eut précisément un obscurcissement du ciel au moment de la crucifixion du Dieu de Majesté, comme si le soleil s’était retiré ne pouvant souffrir un tel spectacle. Les trois synoptiques sont formels. Saint Luc, comme les deux autres, note bien : « Il était environ la sixième heure, quand des ténèbres couvrirent toute la terre jusqu’à la neuvième heure. Le soleil s’obscurcit…» (Lc 23 44 45)

Cette remarque de l’Evangéliste n’aurait-elle pas influencé notre auteur ? C’est plus que probable !

« que le soleil entraine avec lui le jour foudroyé », frappé de stupeur, stupéfait, confondu. Oui ! Ce jour est frappé d’étonnement devant le spectacle de la Croix. Que le soleil et donc la clarté du jour, se retirent pour ne pas voir ce spectacle affreux, d’un Dieu humilié, « écroulé »!

Que le jour se retire, « tandis que je célèbre la dérision de l’horrible meurtre et l’écroulement d’un Dieu »

Cette mort fut « horrible », mieux « féroce, cruel ». Elle fut une vraie « dérision », « risée », Dieu, même fut objet de risée » d’amusement, de divertissement ». Mais ne fut-ce pas le comportement d’Hérode face au Christ ; ne se moqua-t-il pas de Lui ? C’est expressément dit dans saint Luc : « Hérode eut une grand joie de voir Jésus …mais avec ses gardes, il le traita avec mépris ; après s’être moqué de lui, et l’avoir revêtu d’une robe éclatante, il le renvoya à Pilate » (Lc 23 8 11). Cette mort ne fut rien moins que l’ « écroulement d’un Dieu ». Ce qui justifie parfaitement le premier verset de cette strophe : « Que l’étoile du soir disparaisse entièrement du ciel, que le soleil entraîne avec lui le jour foudroyé ». Ce spectacle est intolérable à voir.

Contempler maintenant : la Mère et l’Enfant, en cette Rédemption.

« Vous étiez là, ô Mère, assistant au supplice, submergé par le malheur en gardant un cœur inébranlable, tandis que votre enfant, pendu à la Croix meurtrière, poussait de grands cris »

C’est tout simplement sublime !

Marie est comme seule. Elle est spectatrice, observatrice de ce supplice. Elle est là… elle est là « spectatrice ». Elle est présente. Elle n’a nullement fui, comme les disciples. Elle est auprès de son Fils. Elle est Mère, une Mère fidèle, toute absorbée dans la contemplation de la scène violente de la Passion de son Fils.

Elle est là « mouillée, trempée, baignée » de larmes par ce mal qui touche son Fils, mais loin d’être effondrée. « Elle garde un cœur fort ». Elle est là debout au pied de la Croix. « Stabat Mater dolorosa ». Et le verbe « stare » exprime précisément une attitude ferme, un peu comme le soldat au garde à vous.

«Elle est ferme », alors que son Fils, « est pendu à la Croix cruelle ». Oui ! Cette croix est un instrument « cruel ». Il est non seulement pendu à la croix cruelle, mais il pousse des grands cris. C’est ce que nous enseigne l’évangéliste saint Luc qui retient le cri ultime du Christ en Croix « Le soleil s’obscurcit…Et Jésus s’écria d’une voix forte : Père, je remets mon esprit entre vos mains » (Lc 23 47) ; « E clamans voce magna, Jesus ait : in manus tua commendo spiritum meum ».

Cette attitude de fermeté dans la douleur est d’autant plus admirable que l’objet de sa douleur, Son Fils, loin d’être absent de son regard, est là, devant elle, sous ses yeux, « ante oculos » suspendu sur la Croix souffrant de combien de douleurs ! Elle est spectatrice !

« Votre Fils suspendu devant vous, déchiré par des coups cruels, votre Fils percé de plaies béantes, ô de quels traits acérés vous a-t-il transpercé ».

« Il est déchiré par des coups cruels », « atroces , durs ». Et de fait, les coups que reçut Notre Seigneur dans sa Passion, et particulièrement dans sa flagellation et sa crucifixion, méritent bien ce qualificatif : d’atroces, de cruels…

C’est son Fils, ce n’est pas un quidam,- c’est son Fils qui « est percés de plaies béantes », « percé de plaies grandes ouvertes ».

Il est « creusé au-dedans, percé, piqué, déchiré ». Ainsi de Notre Seigneur en sa Passion ! La flagellation a déchiré tout son corps, les épines du couronnement ont pénétré douloureusement le cuir chevelu. Ne parlons pas des plaies de ses mains, de ses pieds : les clous ont creusés profondément tous ses membres.

On comprend qu’un tel spectacle puisse déchirer le cœur d’une Mère par leur atrocité : « ô de quel traits acérés vous a-t-il transpercée ». Il faut se rappeler ici rappelle ici la prophétie du prophète Siméon : « Un glaive transpercera votre âme » (Lc 2 35). L’annonce s’accomplit ici même, au pied de la Croix. Les souffrances du Christ, son Fils, sont raison de ce glaive annoncé par Siméon et aujourd’hui réalisé. Quelles étaient mystérieuses les paroles de Siméon ! Aujourd’hui elles trouvent toute leur explication !

« Hélas, les crachats, les soufflets, les coups, le fiel, l’absinthe, l’éponge, la lance, la soif, les épines, le sang, comme tout cela a torturé de mille manières votre cœur compatissant ! »

N’est-ce pas rappeler toutes les atrocités de la Passion du Seigneur ? De fait, il a connu les crachats, les soufflets, les coups, le fiel, l’absinthe, l’éponge, la lance, la soif, « J’ai soif », les épines, « la couronne d’épine », le sang, « la lance » transperçant son côté. Il en sortit du sang et de l’eau, au témoignage de l’Apôtre Jean. Il suffit de se remémorer le lent déroulement de la Passion du Christ pour voir l’exactitude de tous ces dix mots. Cette synthèse est, je trouve, très émouvante. On comprend que tout cela ait pu torturer le cœur compatissant de la Mère. Ne méprisons pas la profondeur de la souffrance qu’a connue la Mère au pied de la Croix, d’autant qu’elle assista à ces scènes d’un « cœur compatissant » , mieux même d’un cœur « affectueux, tendre, dévoué ».

Et malgré ces douleurs si vives, La Vierge reste ferme.

« Cependant vous restez debout, plus généreuse que tous les martyrs, ô Vierge ; par un prodige inouï, mourant sans mourir, ô Mère, clouée par de si dures douleurs »

Et là nous retrouvons notre verbe « stare » : « être ferme, être droit, immobile ». Ce verbe veut dire : « être debout, être immobile, demeurer ferme, résister, durer, rester fidèle ». Telle est l’attitude de la Mère affligée en cette Passion. On ne peut pas mieux exprimer la force d’âme de Marie en la Passion de son Fils. Elle n’est pas écroulée, mais ferme et résolue.

Elle est là comme « mourante », comme clouée à la Croix avec son Fils «  blessée, transpercée de si graves douleurs, cependant sans mourir, « moriens non moreris ». Elle aurait dû mourir comme son Fils, volontairement, dans un grand cri de douleur, …Mais non, il fallait qu’elle soit, aussi, à la naissance de l’Eglise, au jour de la Pentecôte…

 

13e station

Jésus est descendu de la croix et remis à sa mère

En suivant l’hymne des Laudes de la fête des sept douleurs

O quels torrents de larmes, quel flot de douleur, lorsque la Vierge Mère navrée, voit son Fils couché sur son sein, détaché de l’arbre sanglant !

Nous exprimons ici de nouveau les souffrances de la « Vierge Mère » après la crucifixion. C’est la description de la belle et émouvante scène que la piété populaire a retenue sous le nom de : « la piéta » que Michael Ange a si bien sculptée.

Le coup de lance du romain vient d’être donné. Du sang et de l’eau sortent de ce cœur transpercé, au témoignage de l’Evangéliste Saint Jean. « Aucun de ses os ne sera brisés ». Un petit groupe d’hommes s’approche du Calvaire. Jésus est l’objet de leur venue. Ils apportent une nouvelle douleur pour Marie, mais non un nouvel outrage. Ce sont Joseph d’Arimathie et Nicodème, accompagnés de leurs serviteurs. Tous les deux étaient des disciples de Notre Seigneur, mais en secret. Ils étaient des hommes timides. Joseph était un « sénateur, homme de bien et juste » qui n’avait pas consenti au dessein ni aux actions des autres, parce qu’il « attendait aussi le Royaume de Dieu ». Nicodème était un homme instruit dans les Ecritures, celui qui était venu trouver Jésus, pendant la nuit de peur des Juifs, et qui avait appris de lui la doctrine de la régénération baptismale. Joseph était allé trouver Pilate auprès duquel il avait probablement accès en sa qualité de sénateur et il avait demandé le corps de Jésus, ce qui lui fut accordé. Il avait alors, comme saint Matthieu nous l’apprend, « apporté un linceul blanc » pour en envelopper le corps et il était allé prier Nicodème de l’accompagner au Calvaire. Nicodème, comme nous l’apprend saint Jean apportait avec lui « environ cent livres d’une composition de myrrhe et d’aloès ». Suivis de leurs serviteurs, ils approchent de la Croix et disent à Marie leur intention.

Ils s’exécutent avec infiniment de respect, enlèvent la couronne d’épine. Marie la reçoit avec douleur ; ils détachent les clous…puis le saint corps. La « Vierge Mère » le reçoit à son tour, douloureuse.

Faisons vivre les souffrances de Marie, son Fils sur ses genoux : « O quels torrents de larmes ». Oui ! Ce ne sont pas seulement de simples larmes qui expriment sa douleur. C’est « un torrent de larmes ». O quelle intensité dans la douleur lorsque Marie reçoit dans ses bras le corps de son Fils, juste descendu de la Croix !

« O quel flot de douleur » Son cœur est balloté comme navire sur une mer déchainée. Marie en effet ferme chaque plaie, chaque marque de la flagellation, chaque piqure des épines avec le mélange de myrrhes et d’aloès apporté par Nicodème. Il n’y avait pas un trait du visage sacré de Jésus, pas une marque sur sa chair qui ne fut à la fois, pour Marie, une nouvelle douleur. Les yeux de Marie parcouraient la Passion sur le Corps ensanglanté de son Fils. Que de traces d’ignominie et de souffrance y étaient si profondément empreintes !

Marie est «  plongé dans le deuil » au spectacle de ce corps ensanglanté de son Fils

« Lorsque la Vierge Mère …voit son Fils couché sur son sein, détaché de l’arbre sanglant »

O que cette phrase est douloureuse ! Elle n’a, à cet instant, que considérations pour son Fils : il est « ensanglanté ». Il est là sur ses genoux :

« alors qu’elle voit son Fils couché sur son sein » « Alors qu’elle voit son Fils ». « elle scrute toutes les plaies, les ferme tendrement, repassant toute la Passion de son Fils , couché sur son sein, sur ces bras comme l’enfant sur les bras de sa mère, aussi peut-on dire, sur son sein. Nul doute que la « pieta » de Michael Ange peut nous faciliter la contemplation de cette scène!

Elle voit : Cette bouche suave, cette douce poitrine, cette main droite blessée, cette main gauche transpercée, ces pieds rouges de sang, elle les baigne tristement de ses pleurs.

C’est décrire ici les objets de la contemplation de Marie. C’est son Fils qu’elle a sur son sein. C’est d’abord sa bouche qu’elle voit et scrute. Puis sa main droite. Puis sa main gauche et enfin ses pieds. C’est, d’un mot, tout son Fils qui est l’objet de ses pleurs. Mais sa bouche n’est pas sans qualificatif. Elle est dite « suave » qui veut dire « doux ». « Apprenez de moi, a-t-il dit un jour, que je suis doux et humble de cœur». Son « côté » est dit « des plus doux, même très doux ». Sa main droite est blessée. Sa main gauche est transpercée par le clou. Elle fut transpercée. Ses pieds, rouges de sang. Ces mots, vous le voyez, exprime la cruauté de la Passion. Ces pieds sont rouges. Ils sont rouges de sang. Voilà l’objet de la contemplation de Marie, la Vierge, sa Mère : « elle les baigne tristement de ses pleurs » : elle les regarde d’un regard souffrant, douloureux. elle les regarde d’un regard baigné de larmes. « Elle les baigne tristement de ses pleurs ».

On ne peut pas ne pas penser ici au texte du « Serviteur souffrant d’Isaïe ». Notre Dame connaissait ce texte qu’elle avait appris au Temple. Elle a pu le dire tout haut tout en contemplant le Corps de cette Victime outragé, celui de son Fils ?  Pourquoi ne pas penser que ce texte fut sa force ?  

« Qui a cru ce que nous avons entendu, et à qui le bras de Yahweh a-t-il été révélé? Il s'est élevé devant lui comme un frêle arbrisseau; comme un rejeton qui sort d'une terre desséchée; il n'avait ni forme ni beauté pour attirer nos regards, ni apparence pour exciter notre amour. Il était méprise et abandonné des hommes, homme de douleurs et familier de la souffrance, comme un objet devant lequel on se voile la face; en butte au mépris, nous n'en faisions aucun cas. Vraiment c'était nos maladies qu'il portait, et nos douleurs dont il s'était chargé; et nous, nous le regardions comme un puni, frappé de Dieu et humilié. Mais lui, il a été transpercé à cause de nos péchés, broyé à cause de nos iniquités; le châtiment qui nous donne la paix a été sur lui, et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.

Nous étions tous errants comme des brebis, chacun de nous suivait sa propre voie; et Yahweh a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous. On le maltraite, et lui se soumet et n'ouvre pas la bouche, semblable à l'agneau qu'on mène à la tuerie, et à la brebis muette devant ceux qui la tondent; il n'ouvre point la bouche. Il a été enlevé par l'oppression et le jugement, et, parmi ses contemporains, qui a pensé qu'il était retranché de la terre des vivants, que la plaie le frappait à cause des péchés de mon peuple? On lui a donné son sépulcre avec les méchants, et dans sa mort il est avec le riche, alors qu'il n'a pas commis d'injustice, et qu'il n'y a pas de fraude dans sa bouche.

Il a plu à Yahweh de le briser par la souffrance; mais quand son âme aura offert le sacrifice expiatoire, il verra une postérité, il prolongera ses jours, et le dessein de Yahweh prospérera dans ses mains.

A cause des souffrances de son âme, il verra et se rassasiera. Par sa connaissance le juste, mon Serviteur, justifiera beaucoup d'hommes, et lui-même se chargera de leurs iniquités.

C'est pourquoi je lui donnerai sa part parmi les grands; il partagera le butin avec les forts. Parce qu'il a livré son âme à la mort et qu'il a été compté parmi les malfaiteurs; et lui-même a porté la faute de beaucoup, et il intercédera pour les pécheurs » (Is 53 1-12).

Oui ! Ces paroles ont dû mettre le cœur de Marie, sa Mère, malgré la douleur intense, dans la paix surnaturelle.

« Cent fois, mille fois, elle embrasse étroitement cette poitrine et ces bras, elle considère ces blessures et elle se fond toute entière en baisers douloureux »

Marie est comme celui qui ne peut s’arracher d’une scène tant elle est poignante. Il a la même attitude qu’une mère qui, cent fois, mille fois, embrasse son fils qui sort d’un danger ou est retrouvé après le danger, mort. Cette insistance montre un amour… intense. Les siècles ne pourront pas reprocher à la Mère-Vierge de ne pas avoir aimé son Fils ! Cent fois, mille fois elle l’embrasse. Cette insistance est remarquable.

« Cent fois, mille fois elle embrasse étroitement cette poitrine et ces bras » Elle enserre « d’une manière étroite » le corps de son Fils. Je crois qu’il serait difficile d’exprimer avec plus de force cette étreinte de Marie. Elle scrute sess blessures.

« et elle se fond toute entière en baisers douloureux »

« O Mère, nous vous en conjurons par vos larmes, par la triste mort de votre Fils et la pourpre de ses blessures, gravez dans nos cœurs cette douleur de votre cœur ».

Oui ! Que nous connaissions, O Marie ! vos propres douleurs, à votre exemple, comme vous. C’est-à-dire que nous ne passions pas à côté des douleurs de votre Fils et de vos propres douleurs dans cette méditation de la Passion du Christ et de sa Mère. « O vous qui passez par-là, voyez si une douleur peut être semblable à celle qui abreuve mon cœur » ?

C’est une supplique : O Marie, « O Mère  nous vous en conjurons ».

14ème station :

Jésus est mis dans le sépulcre

Prendre le texte de l’Evangile de saint Jean .

« Après cela, Joseph d’Arimanthie, qui était disciple de Jésus, mais en secret, par crainte des Juifs, sollicita de Pilate l’autorisation d’enlever le Corps de Jésus. Pilate le lui ayant permis, il vint dons enlever le corps. Nicodème, celui, qui au début, était venu de nuit s’entretenir avec Jésus, vint à son tour, apportant une composition de myrrhe et d’ aloés d’environ cent livres. Ils enveloppèrent les membres de Jésus de bandelettes imprégnées d’aromates, selon la méthode habituelle aux Juifs d’ensevelir les morts. Sur le lieu même du crucifiement, il y avait un jardin, et, dans ce jardin, un sépulcre neuf, où personne encore n’avait été enseveli. Comme le sabbat allait commencer, la proximité du tombeau les décida à y déposer le corps de Jésus. » (Saint jean.)

Terminons en sachant rendre gloire à Jésus, fils de Marie, au Père et à l’Esprit Saint. A la Trinité qui a accompli en la deuxième personne de la Trinité, dans le Fils fait chair, le Christ, une si belle œuvre d’amour pour le salut des hommes.« Jésus, gloire soit à vous  qui êtes né de la Vierge, ainsi qu’au Père et à l’Esprit de vie, dans les siècles éternels. Ainsi soit-il »

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