Accueil

Jeudi de l'ascension 2017

Le Jeudi de l’Ascension.

« Je crois qu’il est monté aux cieux ; qu’il est assis à la droite de Dieu, le Père tout-puissant ». C’est un des objets de notre Credo et cet objet est fondé sur les paroles de saint Marc et de Saint Paul.

Saint Paul le confesse aux Ephésiens, lorsqu’il écrit : « Son Père, après l’avoir ressuscité d’entre les morts, L’a fait asseoir à sa droite dans le ciel au dessus de toutes les Principautés, de toutes les Puissances, de toutes les Vertus, de toutes les Dominations et de tout ce que l’on peut trouver de plus grand, soit dans le siècle présent, soit dans le siècle futur et Il a mis toutes chose sous ses pieds » (Eph 1 20)

Tel est le mystère de l’ascension du Seigneur.

Cette année, je voudrais plutôt méditer la phrase qu’Il disait à ces disciples après la Cène, quelques temps avant l’Ascension et que saint Jean nous a précieusement gardée en son chapitre 14ème « Que votre cœur ne se trouble point. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père; s'il en était autrement, je vous l'aurais dit, car je vais vous y préparer une place. Et lorsque je m'en serai allé et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi. Et là où je vais, vous en savez le chemin ».

Oh douces paroles ! « Je vais vous y préparer une place…afin que là où je suis, vous y soyez aussi ».

C’est là le fondement de notre Espérance

Et cette phrase nous donne la signification véritable de la vie, de la vraie vie.

Je voudrais développer avec vous cette idée que la vie présente n’est la vraie vie que si elle est rattachée par la foi aux réalités de la vie future. Quelle est donc cette vraie vie ? C’est celle qui est éternelle. (Principe et fondement n°2)

Croire que la vie d’ici-bas est la vraie vie, la seule vie, est la plus radicale de toutes les erreurs.

La vie ici-bas est certainement fascinante…Mais elle n’est certainement pas la vraie vie tout en étant fascinante. Mais si je m’y « enfuis » totalement, si je m’y plonge totalement, elle risque de m’empêcher de voir les biens réels et tout autant les maux réels. Ce qui serait, bien sûr, une erreur cruelle, la plus cruelle de toutes les erreurs…parce que si je fais de cette vie, le tout de mon être, je me dégrade. Comment donc ? Oui je me dégrade. Je suis un être doué d’intelligence et de volonté libre - ce qui me met au dessus de tout le monde créé- je ne peux donc être son esclave. Ce qui serait si je ne voyais en cette vie que ma seule finalité. Mais surtout elle me dégrade car je oublie que je suis, par mon baptême, « enfant de Dieu, héritier de Dieu ». « Etre héritier présomptif de riches trésors, de vastes domaines, de magnifiques châteaux, d’un nom glorieusement historique, c’est quelque chose. Mais être héritier de Dieu, non seulement de ses biens, mais de lui-même, de sa puissance, de sa sagesse, de sa majesté, de ses félicités infinies, au point de devenir un avec lui : quel héritage ». Mais qu’est que ce monde, qu’est-ce que cette vie devant le monde divin, devant la vie divine ? « Je vais vous préparer une place…afin que là où je suis, vous soyez aussi ». Cet être immortel dont les destinées sont si hautes… est-ce seulement raisonnable qu’il se laisse fasciner par cette seule vie présente, passagère et fugitive. Il est fait pour plus grand, pour meilleur. Il ne peut borner ses espérances, « son espace vital », aux seuls biens du temps et passer ses années à seulement les acquérir, à les conserver sans aucun rapport avec l’avenir divin. Ne chercher qu’à conquérir des terres, des châteaux, des parcs, des monceaux de pièces d’or et de papier-monnaie et grâce à tout cela, boire, manger, se distraire, se promener tout à l’aise. Et c’est tout ! Et de tout cela que nous restera-t-il bientôt ? « Que vaut de gagner l’univers s’il on en vient à perdre son âme ? »

Et j’entends dans mon âme de baptisé : « Quid hoc ad aeternitatem ? »

J’aime ce dialogue que l’histoire nous a gardé entre un grand saint de Rome, Saint Philippe de Néri et un jeune homme de nom François. Etant venu voir l’illustre confesseur de Rome, celui-ci fixe sur l’adolescent un regard paternel et, le prenant par le bras, lui dit : « François que fais-tu maintenant : « Je fais mes études ». – « Tu seras un brillant élève couvert de diplômes et chargé de prix. Et après ? –« Après mes humanités, j’apprendrai le droit » - « Tu recevras tes grades cum laude, avec félicitations du jury ? Et après ? » –« J’entrerais dans la magistrature ». – « Tu seras un magistrat connu et recherché. Et après ? » - « Je me marierai ». –« Tu auras une belle et nombreuse famille. Et après ? ». – « Je continuerai d’exercer ma profession, afin de donner une position honorable à mes enfants ». –« La fortune te sourira ; ils seront riches. Et après ? « Je composerai des ouvrages utiles à ceux qui suivront ma carrière ». -« Tes ouvrages auront grands succès ; tu seras l’oracle de tes confrères. Et après ? » - « Je jouirai tranquillement des biens que j’aurai amassés et de la considération que j’aurai acquise » « Tu vivras dans l’abondance ; ton nom sera honoré. Et après ? ». « Après ?  Je vieillirai ; et comme tous les mortels, je payerai le tribut de la nature : je mourrai. Et après ? » - « Après ? » « Après ? » -« Oui après ? » Et après, il faudra être jugé, absous ou condamné, sans appel, pour toute l’éternité. Je ne blâme rien de ce que tu veux faire. Seulement si tu te laisses absorber par les travaux de la vie présente, sans les attacher par la foi aux réalités de la vie future, tu tombes dans la plus dangereuse et la plus cruelle des folies. Tu te seras consumé à poursuivre une chimère que tu n’auras pas saisi et à l’heure du départ –heure certaine - tu te trouveras les mains vides ; vides de bonnes œuvres, pourtant semences de la vie immortelle. N’oublie pas le 7ème article du Credo : « D’où il viendra juger les vivants et les morts ». N’oublie pas la parole de l’Apôtre : « nous devons tous comparaître devant le tribunal de Jésus-Christ, afin que chacun reçoive ce qui est dû aux bonnes ou aux mauvaises actions qu’il aura faites, pendant qu’il était revêtu de son corps » (2 Cor 5 10). François garda le silence, embrassa le père et sortit. Mais le coup avait porté. L’après du Père Philippe lui restait dans l’esprit. Il ne pouvait s’en débarrasser. Il se met à méditer cet après importun. Bientôt, Dieu aidant, ses illusions disparaissent, il comprend que la vie d’ici bas n’est pas la vie et en homme sage, il la fit résolument servir à l’acquisition de la vie éternelle.

Qu’est-ce que la vie si elle n’est éternelle ? Cette réflexion me fait penser au récit du riche de l’Evangile : « J’ai beaucoup de bien et j’en ai pour longtemps. Repose-toi, mon ami, mange, bois, fais bonne chère. Insensé ! Cette nuit on te redemandera ton âme ; et pour qui sera ce que tu as amassé ? (Lc 12 17-21).

Ainsi posséder un trésor auquel on a donné toutes ses forces, se promettre dans jouir et savoir qu’on en sera dépouillé infailliblement au moment où on ne s’y attend pas, bientôt, pour toujours et sans compensation : est-ce là vivre ? « Je m’en vais vous préparer une place. Là où je suis vous serez ». Voilà la vraie vie parce qu’éternelle.

Permettez-moi une autre réflexion sur la vie.

L’amour de la vie est le ressort de l’agir humain. En effet image vivant du Dieu vivant, l’homme est vie. Pour lui, la vie n’est pas seulement le premier et le plus précieux des biens, elle est son être : hors de la vie, néant. L’homme aime donc la vie du même amour que lui-même. Il l’aime essentiellement, il l’aime passionnément, il l’aime invinciblement, il l’aime partout… Pourquoi aime-t-on l’enfant ? Parce que c’est la vie qui vient ? Pourquoi respecte-t-on le vieillard ? Parce que c’est la vie qui s’en va. Pourquoi éprouve-t-on un sentiment de curiosité religieuse à la vue d’une vielle ruine ? Parce que la vie est passée par là. L’homme n’aime que la vie. S’il boit, s’il mange, s’il dort, s’il travaille, s’il pleure, s’il se réjouit, c’est par amour de la vie. A la conserver et à la développer, se rapportent, sans exception et dans tous les âges, ses instincts, ses pensées, ses affections, ses paroles, ses privations, ses craintes, ses désirs, ses actes, ses vertus et même ses crimes. Plutôt que de perdre la vie, il consent à tout. Que l’homme étant ce qu’il est, soit persuadé que la vie d’ici-bas, c’est la vie, toute la vie, qu’il n’y a pas d’au-delà, pas de vie éternelle, vous le rendez fou. Il s’épuisera à la jouissance des biens de cette vie. Courte et bonne, puisque la vie présente est toute la vie, je veux en vivre, vivre pleinement, constamment. jusqu’à l’overdose. C’est la loi de mon être…Mais, dans une telle philosophie, de jouissance effrénée, je cultive la mort.

Mais ôte de ce cœur que la vie d’ici-bas, c’est la vie. A la place, fais prévaloir la parole du Christ, « je vais vous préparer une place », fais prévaloir ainsi que la vie d’ici-bas n’est que l’ombre de la vraie vie, la préparation, le gage de la vraie vie…alors tu opères une révolution totale. Il ne s’attacheras pas à la vie présente…sinon comme moyen de gagner l’éternité. Il usera de ce monde comme n’en usant pas. Toujours avec la même énergie vitale, c’est sa loi, il cherchera l’éternelle vie. Il s’attachera à ses devoirs, car il sait que là dépend la vraie vie. L’ordre règne sur la terre s’il règne dans les cœurs : l’amour de l’au-delà. Le cultiver, est la plus belle des actions. Elle peut servir même l’ordre public. Amen.

Dimanche de Pâques 2017

« Souvenez-vous que Notre Seigneur Jésus-Christ est ressuscité d’entre les morts » (2Tim 28)

Après que Jésus-Christ, le sixième jour, à la neuvième heure, eut rendu l’esprit sur la Croix, et que le même jour, vers le soir, Il eut été enseveli par ses disciples — lesquels avec la permission du Procurateur romain Ponce Pilate, avaient descendu son Corps de la Croix, et L’avaient transporté dans un sépulcre neuf, au milieu d’un jardin voisin — le troisième jour après, qui était le Dimanche, de grand matin son âme se réunit de nouveau à son corps. Ainsi, après être resté mort durant ces trois jours, Il reprit la vie qu’Il avait quittée en mourant, et ressuscita.

Voilà le mystère de la Résurrection

Et, par ce mot de Résurrection, il faut entendre  qu’Il est ressuscité par sa propre Force, par sa Puissance personnelle, par sa Puissance divine. L’Apôtre nous le dit: «  S’Il a été crucifié dans son infirmité d’homme, c’est par sa Puissance de Dieu qu’Il est revenu à la vie ».

La Résurrection est vraiment la plus grande preuve de la divinité de Notre Seigneur.

Et en effet, la Divinité n’ayant jamais été séparée, ni du Corps de Jésus-Christ pendant qu’Il était dans le tombeau, ni de son Ame pendant qu’elle était descendue aux enfers, ce Corps et cette Ame conservaient leur Vertu divine. Et c’est par cette Vertu divine que le Corps a pu être réuni à l’Ame, et l’Ame retourner au Corps, et que Jésus-Christ pouvait ressusciter des morts par sa propre puissance.

David, rempli de l’Esprit de Dieu, avait annoncé ce prodige quand il avait dit: «  Sa droite et son bras puissant l’ont sauvé ». (Ps 97 1)

Notre Seigneur Lui-même nous en avait donné l’assurance de sa propre bouche: «  Je quitte mon âme pour la reprendre de nouveau. J’ai le pouvoir de la quitter, et J’ai le pouvoir de la reprendre ». (Jn 10 17) et c’est pour confirmer cette vérité qu’Il disait aux Juifs: «  Détruisez ce temple, et dans trois jours Je le rebâtirai ».(Jn 2 19-21).

Oui ! Vraiment « Il s’est ressuscité par sa propre vertu ».(Rm 8 34)

Et c’est ainsi qu’Il a été «  le premier né d’entre les morts, et le premier né des morts ».

Saint Paul nous le dit émerveillé: «  Le Christ est ressuscité d’entre les morts, comme les prémices de ceux qui dorment. Car si la mort est venue par un homme, c’est aussi par un homme qu’arrive la résurrection. Et de même que tous meurent en Adam, ainsi tous revivront en Jésus-Christ, mais chacun dans son rang, Jésus-Christ d’abord comme les prémices, puis ceux qui sont à Jésus-Christ.

Et de plus « Jésus-Christ ressuscité des morts ne meurt plus. Et la mort désormais n’aura plus d’empire sur Lui ». C’est l’enseignement formel de Saint Paul aux Romains (Rm 6 9).

Que de merveilles dans ces paroles ! Que d’espérance pour notre coeur, MBCF

Mais pour mieux comprendre les merveilles de ce mystère, étudions

1° le pourquoi la Résurrection de Jésus-Christ. Nous en comprendrons mieux la fin et le but.  

2° quels fruits et quels avantages nous en avons retirés.

Il était nécessaire que Jésus-Christ ressuscitât pour plusieurs raisons, que je prendrai dans la Somme théologique de  saint Thomas

- tout d’abord pour faire éclater la justice de Dieu. En effet, Dieu se devait à lui-même de glorifier son Fils qui avait tellement bien servi sa cause, d’une manière héroïque. Tout serviteur, s’il agit bien, doit être glorifié, honoré  par son maître,. Ainsi Dieu devait-il glorifier Celui qui, par obeissance, S’était volontairement humilié et avait accepté tous les outrages. C’est la raison même que nous donne l’Apôtre écrivant aux Philippiens: «  Il s’est humilié Lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort et à la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu L’a élevé »(Phil 2 8-9).

-ensuite cette résurrection était nécessaire à notre foi, pour fortifier en nous la Foi sans laquelle l’homme ne saurait être justifié. Ce qui prouve le mieux que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, c’est sa Résurrection d’entre les morts, et par sa propre vertu. Or le propre de la foi catholique c’est la foi en la divinité de Notre Seigneur. C’est pourquoi la Résurrection de NSJC fonde tellement bien notre foi.

-En troisième lieu, la Résurrection de Notre Seigneur est  nécessaire pour nourrir et soutenir mon espérance. En effet, par le seul fait que Jésus-Christ est ressuscité, j’ai le droit d’espérer d’une manière certaine que je  ressusciterai moi aussi. Car les membres doivent, de toute nécessité, partager le sort de la tête. C’est l’argument  du Prince des Apôtres, argument que j’aime tellement, qui nous dit: «  Béni soit Dieu le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés par la Résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts, en nous donnant l’espérance vive d’un héritage incorruptible ! » (I Pet 1 3)

-Enfin, ajoutons que la Résurrection du Sauveur est nécessaire pour achever le mystère de notre Salut et de notre Rédemption. Par sa mort, Jésus-Christ nous délivre de nos péchés ; par sa Résurrection, Il nous rend la justification. Comme le dit Saint Paul : «  Jésus-Christ a été livré pour nos péchés, et Il est ressuscité pour notre justification » (Rm 4 25). Ainsi pour que  l’œuvre de notre salut soit complète, la Résurrection de Notre Seigneur est donc nécessaire, aussi bien que sa mort.

On peut maintenant, après tout ce que nous venons de dire,  apprécier les avantages considérables que la Résurrection de Notre Seigneur nous apporte

Et d’abord, nous voyons dans ce prodige de la résurrection, un Dieu immortel, plein de gloire, vainqueur de la mort et du démon, car tous ces titres appartiennent à Jésus-Christ ; nous le croyons fermement, et nous faisons profession de le croire. Et cette gloire du Fils nous réjouit profondément en proportion de la tristesse que nous avons pu connaître devant les souffrances et les humiliations que le  Fils  de Dieu a supportées pour notre salut.

Ensuite la Résurrection du Sauveur nous mérite et nous assure notre propre résurrection. Elle est la cause efficiente de notre propre résurrection. Elle en est aussi  le modèle.

Elle en est le modèle ! Qu’est-ce à dire ?

De même que le corps de Jésus-Christ, en ressuscitant, s’est élevé dans sa transformation à une gloire immortelle, de même aussi nos corps, aujourd’hui faibles et mortels, seront, après la résurrection, revêtus de gloire et d’immortalité. Car, dit l’Apôtre, «  nous attendons le Sauveur Notre Seigneur Jésus-Christ, qui réformera notre corps humilié, en le rendant semblable à son corps de gloire ». (Phil 3 20-21)

Et notre âme doit connaître cette même transformation glorieuse du Christ glorieux: «  De même, dit l’apôtre, que Jésus-Christ est ressuscité d’entre les morts par la gloire de son Père, ainsi devrons-nous marcher nous-mêmes dans une vie nouvelle. Car si nous avons été entés en lui par la ressemblance de sa mort, nous y serons entés aussi par la ressemblance de sa Résurrection » (Rm 6 4-5). Et un peu plus loin il dit encore « Nous savons que Jésus-Christ ressuscité d’entre les morts ne meurt plus, et que la mort n’aura plus d’empire sur Lui. Car s’Il est mort pour le péché, Il n’est mort qu’une fois ; et maintenant qu’Il vit, Il vit pour Dieu. Ainsi considérez-vous vous-mêmes comme morts au péché, et comme ne vivant plus que pour Dieu en Jésus-Christ »(Rm 9 10-11).

Nous avons donc deux choses à faire pour imiter la Résurrection de Jésus-Christ. D’abord, après nous être lavés des souillures du péché, par la réception du baptême,  nous devons embrasser un nouveau genre de vie, où l’on puisse voir briller la pureté des mœurs, l’innocence, la sainteté, la modestie, la justice, la charité et l’humilité. Ensuite, il est nécessaire de persévérer dans cette vie nouvelle, de manière à ne jamais nous écarter, avec la grâce de Dieu, de la voie de la justice.

« Cherchez ce qui est en haut, où Jésus-Christ est assis à la droite de son Père. »

Jeudi saint 2017

« Ceci est mon Corps. Ceci est mon Sang »

Nous commémorons ce soir, MBCF, l’institution, par Notre Seigneur Jésus, au Cénacle, le Jeudi Saint, du sacrement de l’Eucharistie et du Sacerdoce par ces paroles : « Ceci est mon Corps. Ceci est mon Sang ». « Faites ceci en mémoire de moi ».

Jésus avait déjà annoncé ce profond mystère à ses disciples, le lendemain du jour du miracle de la multiplication des pains, dans la ville de Capharnaüm. Il dit à la foule qui le recherchait et qui venait de la retrouver : « Je suis le pain de vie : celui qui vient à moi n'aura jamais faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif ….  Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c'est ma chair, pour le salut du monde. »

Là-dessus, les Juifs disputaient entre eux, disant : " Comment cet homme peut-il donner sa chair à manger » ?

Malgré leur scepticisme, Jésus confirma son enseignement : … « En vérité, en vérité, Ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui »

Jésus dit toutes ces choses merveilleuses, enseignant dans la synagogue, à Capharnaüm.

Beaucoup de ses disciples, l'ayant entendu, continuèrent de dire : «  Cette parole est dure, et qui peut l'écouter ? »

« Dès ce moment, beaucoup se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui ».

Jésus donc dit aux Douze : « Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller ? "
Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Vous avez les paroles de la vie éternelle ». « Et nous, nous avons cru et nous avons connu que vous êtes le Saint de Dieu. » (Jn 634-69)

Devant ce sacrement de l’Eucharistie, MBCF, une seule attitude convient, c’est une attitude de foi. Seule la foi peut nous permettre de croire en ce mystère. La chair ne sert de rien. Seule la foi compte. Je crois Seigneur, « Vous avez les paroles de la vie éternelle ». Vous êtes la Vérité même. Vous l’avez enseigné : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie ». Ce que vous dites, vous le faites.

Quelques exemples ! Vous avez annoncé la venue de l’Esprit Saint, votre Ascension accomplie. Saint Jean l’affirme souvent et de manière très claire. Vous avez dit  dans votre discours le jour de l’Institution de l’Eucharistie.: « je vous dis la vérité : il vous est bon que je m'en aille ; car, si je ne m'en vais pas, le Consolateur ne viendra pas en vous ; mais si je m'en vais, je vous l'enverrai.
…Quand le Consolateur, l'Esprit de vérité, sera venu, il vous guidera dans toute la vérité. Car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. Celui-ci me glorifiera, parce qu'il recevra de ce qui est à moi, et il vous l'annoncera. Tout ce que le Père a, est à moi. C'est pourquoi j'ai dit qu'il recevra ce qui est à moi, et qu'il vous l'annoncera ».

Jésus dit la Vérité. Et il fait ce qu’Il dit. Jésus promet aux disciples le don du Saint Esprit, ce don se réalisa le jour de la Pentecôte. Les disciples réunis dans le Cénacle, toujours cette grande salle, reçurent le jour de la Pentecôte le Saint Esprit sous forme de langue de feu. Vous connaissez tous le récit de saint Luc dans les Actes des Apôtres : « Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils étaient tous ensemble en un même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent qui souffle avec force et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Et ils virent paraître comme des langues de feu qui se partagèrent et se posèrent sur chacun d'eux. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils se mirent à parler d'autres langues, selon que l'Esprit-Saint leur donnait de s'exprimer ». 

Oui, ce que Jésus dit, il le fait. C’est ce qu’il fit, en promettant le Saint Esprit aux disciples. Il le promit. Il le fit.

C’est ce qu’il fit au fils de l’officier de Capharnaüm. « Ton fils vit ». Il le dit. Il le fit. L’officier crut. Et de retour chez lui, ces serviteurs vinrent au-devant de lui tous en joie : « ton fils vit ». « La fièvre l’a quitté ». L’officier s’inquiète du moment où la fièvre le quitta. Il  reconnut que c’était le moment où Jésus lui dit « ton fils vit ». Il crut lui et toute sa maison.

Jésus est la Vérité. Ce qu’il dit, il le fait. « Ceci est mon Corps. Ceci est mon Sang ». Oui Seigneur Je le crois. Ce que vous dites, vous le faites.
Il est la Vérité. Mais plus, il est le Tout Puissant. Ce qu’Il dit, il le fait. Il le fait parce qu’Il le peut. Il fait ce qu’il annonce. Il a manifesté sa Toute Puissance. « Lèves-toi, prends ton grabat et vas ». Tous ces nombreux miracles le prouvent Ô combien ! « Si vous ne croyez pas à ma parole, croyez au moins à mes actes ».

« Ceci est mon Corps, Ceci est mon Sang ». Comme le dit Saint Pierre : « Seigneur, nous le croyons. A qui irions-nous Seigneur Vous avez les paroles de la vie éternelle ».

Je me souviens du baptême de Jésus dans le Jourdain par Saint Jean Baptiste ; une voix se fit entendre : « Voici mon Fils bien aimé en qui j’ai mis toutes mes complaisances. Écoutez-le. » Oui ! écoutez le. « Ceci est mon Corps, Ceci est mon Sang ». Croyez-le. C’est tout à fait raisonnable de le croire, même si cela dépasse mon intelligence, ma raison… Et dans l’autre Théophanie, celle du mont Thabor, les disciples, les trois qui ont assisté à cette manifestation céleste, Pierre, Jacques et Jean, je remarque leur attitude, ils sont prosternés devant le divin. C’est l’attitude, la seule, qui convienne devant Dieu. C’est l’adoration, la prosternation.

Foi, Adoration. Prosternation. À genou. Voilà l’attitude que nous devons avoir devant la sainte Eucharistie.

Mais aussi Reconnaissance ! Qui nous a donné plus de preuves d’Amour que Notre Seigneur. C’est par amour pour nous que Notre Seigneur est « prisonnier » dans l’Eucharistie. Il est là afin que nous puissions venir chercher consolation, enflammer notre espérance, notre désir du Ciel. L’Eucharistie est vraiment l’invention de l’Amour…Et ne serions-nous pas reconnaissant. Il est notre salut, notre vie, notre médecin, notre remède…Nous éloignerons-nous, le mépriserons-nous ? Pourquoi resterions-nous froids et indifférents à cet Amour. Pourquoi ne pas donner une preuve d’amour et de reconnaissance à l’amour divin. Il nous demande cet amour. Ne le lui refusez pas. Il est facile d’aimer Celui qui est l’Amour même. C’est bien l’Amour qui enflammait le cœur de Jésus lors de l’institution de la sainte Eucharistie. Il avait le désir d’être l’Aliment de nos âmes, d’être notre refuge dans les peines, dans les joies, de nous fortifier dans nos malheurs.

L’Eucharistie est la preuve immense de l’Amour de notre Dieu. Il a donné cette Eucharistie plus particulièrement aux prêtres. Il les a revêtu de sa Puissance afin qu’ils réalisent cette Eucharistie et la donne aux fidèles. Il s’est mis, en quelque sorte, dans leurs mains, à leur disposition. Il descend du ciel sur la terre. ..Il s’abandonne entre leurs mains pour être enfermé au tabernacle ou donné dans la communion. Ils sont pour ainsi dire les dispensateurs du Christ dans sa chair, dans sa parole. Ah ! Face le ciel que nous prêtres nous soyons toujours animé d’amour et de reconnaissance pour cette Eucharistie et que nous attirions toujours plus les fidèles vers cet immense Amour.

Que le Bon Dieu vous éclaire et vous bénisse.

4ème dimanche de Carême 2017

 

Poursuivons, MBCF, notre méditation dominicale sur le salut. C’est le thème de notre prédication de Carême.

Nous savons que le salut, c’est le Christ.

Nous savons aussi que l’objet de salut, c’est notre délivrance du péché originel et l’accès à la vie éternelle.

Nous savons également que ce salut s’obtient par l’observance des commandements de Dieu.

Aujourd’hui nous voudrions ajouter une note supplémentaire : ce salut proposé s’obtient par a dévotion mariale. Qui n’a pas de dévotion mariale, se damne. Qui aime notre Dame, se sauve. 

Approfondissons la chose. Cela vaut le coup. Pour ce faire, nous utiliserons l’hymne des Matines de la fête de la Nativité de Notre Dame, que l’on fête le 8 septembre. Vous verrez sur quels principes l’Eglise fonde sa dévotion à Marie.

Dans cette hymne, l’Eglise chante les grandeurs de Marie.

Ière strophe.

« Quem terra, pontus, sidera colunt, adorant, praedicant, Trinam regentem machinam, claustrum Mariae bajulat”

“Celui que la terre, la mer et les astres vénèrent, adorent et proclament, qui gouverne ce triple monde, Marie le porte en son sein ».

Cette strophe exprime la particulière grandeur de Notre Dame. Sa Maternité divine en est la raison. Elle porte en son sein celui qui a créé toutes choses, « l’univers visible et invisible », la terre et le ciel, les Anges et les hommes et qui les gouverne dans sa Providence et qui est « chanté » par tout l’univers. Quelle chose étonnante, merveilleuse ! « Elle le porte en son sein ». « Claustrum Mariae bajulat »

Arrêtons-nous sur les mots choisis par notre saint auteur.

« Elle le porte en son sein ». En latin c’est beaucoup plus fort, beaucoup plus expressif : « claustrum Mariae bajulat ». « Elle le porte enfermé ». « Claustrum » vient de « claudere » qui veut dire précisément : « fermer, enfermer » : elle le porte (bajulat) enfermé en son sein. « Claustra claustrorum »  est un mot très fort. Il veut dire tout ce qui sert à fermer : « clef, verrou ; tout lieu fermé : cage, enceinte de forteresse ». Il a donné en français le mot « clôture », « cloitre ». Ainsi Celui, qui dirige l’Univers, a consenti, pour notre salut, à se faire « infans », à s’enfermer dans le sein de Marie, véritable clôture pour le Verbe, pour Celui qui a tout fait. Quel mystère ! Mais aussi quelle gloire pour Marie !

C’est sur ce point qu’il faut insister. Il y a un tel contraste. Celui, qui est le Maître de l’Univers, n’a pas craint de se faire « petit », « infans », « muet ». C’est le sens même du mot « infans » : « Infans » veut dire - il ne faut pas craindre de faire sonner les mots, la grandeur du Mystère n’en parait que plus beau - « Infans » veut dire « qui ne parle pas ». Vous vous rendez compte ! Celui qui est le Verbe, et qui a créé l’Univers d’une Seule Parole, c’est fait dans ce Mystère de l’Incarnation, en Marie, « celui qui ne parle pas, qui est incapable de parler, sans éloquence : « Infans ». Quel contraste !

Et pour bien le montrer, notre auteur insiste fortement sur la Majesté du Créateur. Il est « le tout puissant ». Il peut tout faire. Il a la science de tout, tout est soumis à son empire et à sa volonté. Rien ne lui est impossible. Il est le Créateur de tout. Il n’a pas formé le monde avec une matière préexistante, Il l’a tiré du néant, sans nécessité, ni contrainte, librement et de son plein gré, par un simple acte d’amour. Le seul motif qui l’ait déterminé à l’œuvre de la création, c’est sa bonté qu’il voulait répandre sur les êtres qu’Il allait produire. « Il a dit et tout a été fait : il a ordonné et tout a été créé » (Ps 148 5) « le terre et le ciel et tout ce qui l’habite » Et Celui qui a tout créé, gouverne aussi toutes ces choses. « Trinam regentem machinam ». « Machinam » qui vient du grec et qui veut dire « toutes ses inventions » ; j’aimerais traduire volontiers, toute cette « machinerie ». Il gouverne « la terre, la mer et les astres ». « terra, pontus, sidera ». Mieux Il est le Roi. Le Souverain. « Rex ». « Trinam regentem machinam ». Et à ce titre, en toute justice, tout l’univers, le «  vénère, l’adore et le proclame » «  Quem terra, pontus, sidera colunt, adorant, praedicant ». « Colunt » de « colere » qui veut dire : « cultiver, s’occuper de, pratiquer ». C’est l’agriculteur qui cultive son champ. Au figuré, c’est le sujet qui honore son Dieu, le respecte, le « chérit ». Telle est l’attitude de toute créature vis-à-vis de son Dieu. Il faut bien être une génération de dévoyés par « oublier Dieu, ne plus s’en occuper, ne plus le pratiquer, ne plus le cultiver ». Notre auteur précise encore : « adorant » et « praedicant » : elles « l’adorent » et « le proclament ». Ces sont les actes même du vrai culte : l’adoration, la louange, elles le célèbrent. C’est ce que dit l’Ecriture Sainte, dans de nombreux Psaumes, ceux particulièrement que le clergé chante le dimanche matin à Laudes : « benedicite, omnia opera Domini, Domino : laudate et superexaltate eum in saecula » : « Ouvrages du Seigneur, bénissez tous le Seigneur ; louez-le et exaltez-le dans tous les siècles », « Benedicite, Angeli Domini, Domino ; benedicite, caeli, Domino », « Anges du Seigneur, bénissez le Seigneur ; Cieux bénissez le Seigneur… », « Soleil et lune, bénissez le Seigneur ; étoiles du ciel, bénissez le Seigneur…. ». C’est dans Daniel 3 57-88. Sur ce thème, on pourrait aussi citer le Psaume 148 et bien d’autres.

C’est celui-ci, ainsi magnifié, qui s’enferme dans le sein de Marie après la parole de Marie à l’archange Gabriel : « Qu’il me soit fait selon votre parole » : « claustrum Mariae bajulat ».

C’est merveilleux, vous dis-je. Comment ne pas être ému devant ce mystère ? Et adorer le Créateur qui, pour notre salut, ne craint pas de se faire homme et de cette manière. « Il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ Seigneur » (Lc 2 11). Le sein de Marie est son « cloitre », son « monastère », son Temple, où il adore son Père  qui est dans les cieux. « Je viens ô Dieu faire votre volonté » (Hb)

2ème strophe

« Cui luna, sol, et omnia deserviunt per tempora, perfusa caeli gratia gestant puellae viscera »

« Celui à qui la lune, le soleil et toutes choses obéissent en tous temps, est porté par les entrailles d’une vierge fécondes par la grâce céleste »

C’est la fidèle transcription du récit évangélique, de la parole de l’Archange Gabriel, l’Ange de l’Annonciation : « L’Ange étant entré chez elle lui dit : « Je vous salue, pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre les femmes…Ne craignez pas, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. Voici que vous concevrez en votre sein, et vous enfanterez un fils et vous lui donnerez le nom de Jésus. Il sera grand, on l’appellera le Fils du Très Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il règnera éternellement sur la maison de Jacob et son règne n’aura pas de fin… » « Comment cela se fera-t-il… ?L’Esprit Saint viendra sur vous et la vertu du Très Haut vous couvrira de son ombre. C’est pourquoi l’être saint qui naitra de vous sera appelé Fils de Dieu »… « Marie dit à l’Ange : voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole » (Lc 1 1 293).

C’est ce que dit notre auteur : « perfusa caeli gratia » : « perfusa » c’est le participe passé de « perfundere » qui veut dire « couvrir » : « couverte de la grâce céleste ». Saint Luc utilise le mot : « obumbrare » : « virtus Altissimi obumbrabit tibi », il dit même : « Spiritus Sanctus super veniet in te ». Le « perfundere » de notre auteur exprime parfaitement cette action de l’Esprit Saint pour réaliser le mystère de l’Incarnation.

Et quel langage réaliste ! « gestant puellae viscera » : « les entrailles «  viscera » de «  l’enfant », « puellae » portent le Roi de l’univers.

Remarquons tout d’abord le terme : « puella » pour désigner la Vierge, ce qui exprime la jeunesse de la Vierge. C’est une expression qui se veut en plus très tendre, très affectueuse.

Et notre auteur insiste de nouveau sur la Majesté de Celui que porte les « entrailles de la jeune Vierge » : c’est « Celui à qui la lune, le soleil et toutes choses obéissent en tous temps », « Cui luna, sol, et omnia deserviunt per tempora ». Le verbe latin « deservire » commande le datif, d’où le mot « Cui » et exprime un service absolu : « se consacrer entièrement à quelqu’un », « être au service de… ». D’où le mot français de « serviteur ». Ainsi de la création vis-à-vis de son Maître ! Toute la création le sert en chantant sa gloire ! Ainsi de Notre Dame : « Je suis la servante du Seigneur ».

3ème strophe

Beata Mater munere, Cujus supernus Artifex Mundum pugillo continens, Ventris sub arca clausus est »

« Mère bienheureuse, par un tel don, le Créateur céleste qui porte le monde en sa main, est enfermé dans l’arche de son sein ».

C’est la même idée qui est ici encore reprise et exprimée, mais avec quel réalisme. J’en suis « estomaqué ». « Munere » de « munus ». C’est le mystère de l’Incarnation qui est ici sous-entendu. Il le définit du juste mot : « c’est une faveur, c’est une grâce, c’est un bienfait, c’est même un cadeau, un présent ». Cette Incarnation n’est nullement méritée. Elle est un pur don de Dieu, indépendant des mérites des hommes. C’est l’enseignement de saint Paul : comment mériter cette Incarnation, « alors que nous étions encore pécheurs, le Christ pour nous est mort » ? C’est l’enseignement de saint Jean : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en Lui, ne périsse pas mais ait la vie éternelle ». L’amour divin est premier, il est la « cause efficiente » de l’Incarnation, la raison.

Ce don, ce « munus », qui est aussi « une charge » « une responsabilité » - il en va toujours ainsi dans les œuvres de Dieu - rend Notre Dame, évidemment bienheureuse : « beata mater ». Notre Dame confessera cette béatitude devant sa cousine Elizabeth, en sa demeure, en son Magnificat : « Mon âme glorifie le Seigneur Et mon esprit trésaille de joie (exultavit) en Dieu, mon Sauveur, Parce qu’il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante. Voici en effet que désormais toutes les générations me diront bienheureuse. (beata). Parce qu’Il a fait en moi de grandes choses, Celui qui est puissant » (Lc 1 47-49)

C’est bien, à n’en pas douter un seul instant, l’Incarnation qui est la raison de l’exultation de joie de Notre Dame.

Et ce don lui est un bien propre. Il lui est réservé. C’est pourquoi l’Ange lui dit qu’ « elle est bénie entre toutes les femmes », car « Il s’est enfermé dans l’arche de son sein », « Ventris sub arca clausus est ». Et quel réalisme dans l’expression ! Nous avons déjà donné le sens de l’expression « clausus est ».

Mais quel est précisément ce don, ce « munus » ? C’est « le Créateur céleste qui porte le monde ». En latin c’est beaucoup plus expressif. On y peut rien, toute traduction est un affaiblissement de sens, voire une trahison ! Nous avons exactement : « supernus Artifex Mundum pugillo continens ». « Supernus Artifex ». « Artifex » : c’est l’artisan, c’est le créateur, l’auteur. Mais ce mot se décompose en « ars-facere ». Or le mot « ars » veut dire « talentueux », « ingénieux, habile ». Tel est le Créateur qui a fait les « choses d’en haut « supernus », les choses d’en haut, les choses du Ciel. « Supernus Artifex » : le créateur du Ciel. Mais celui-ci n’a pas fait seulement, avec ars et beauté – ô combien - les choses du Ciel, il porte également le monde. Il le maintient dans l’être. Il est Provident. Mais il ne faut pas oublier le petit mot : « pugillo » - « pugil - pugilis »  qui veut dire « lutteur au pugilat, combat à coup de poing, lutteur ». Ainsi ce Créateur conserve-t-il, dans la lutte, le monde. Le traducteur de cette strophe traduit « pugillo », « en sa main ». C’est une traduction plus douce, moins évocatrice et réaliste, pour ne pas dire fausse… Le genre humain, porté par la Divine Providence, n’est-il pas agité, en hostilité ouverte contre son Seigneur. Voyez l’histoire du peuple juif : un perpétuel combat avec son Dieu…Jusqu’au refus final de son Christ : « Il est venu parmi les siens et les siens ne l’ont pas reçu » et ce peuple l’a même porté devant Pilate pour qu’il soit crucifié….

Tel est Celui qui est donné à la Vierge Mère. Quel honneur pour la Vierge. C’est ce qu’a parfaitement compris Elizabeth, sa cousine lorsqu’elle confesse accueillant Marie, en sa maison : « Vous êtes bénie entre les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni. Et d’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? » Elle comprend tout l’honneur de cette visite et cet honneur vient de la grandeur de notre Dame qui est la Mère du Seigneur !

4ème strophe

« Beata caeli nuntio, Faecunda Sancto Spiritu, desideratus gentibus Cujus per alvum fusus est »

« Bienheureuse par le céleste message, féconde par le Saint Esprit, le désiré des nations, par ses entrailles nous a été donné »

Notre auteur insiste de nouveau sur la béatitude de notre Dame. Cette « joie » a pour raison le « céleste message » que lui porte l’Archange Gabriel, envoyé de Dieu. C’est Saint Luc qui le note : « Au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé de Dieu dans une ville… ». Il faut retenir cette insistance de l’auteur et dire : qui vit de cette annonce angélique, ne peut pas ne pas être dans la joie et la béatitude. Qu’on se le dise !

« Féconde par l’Esprit Saint » : comment en douter après les paroles de l’Ange : « l’Esprit Saint viendra sur vous et la Vertu du Très Haut vous couvrira de son ombre, c’est pourquoi l’être saint qui naîtra de vous sera appelé Fils de Dieu ». (Lc 1 35-37)

Ou mieux encore, les paroles de saint Mathieu, plus expressives : « La naissance de Jésus-Christ arriva ainsi. Marie, sa Mère étant fiancée à Joseph, il se trouva, avant qu’ils eussent habité ensemble, qu’elle avait conçu par la vertu du Saint Esprit. Joseph, son mari, qui était un homme juste, ne voulant pas la diffamer, résolut de la renvoyer secrètement. Comme il était dans cette pensée, voici qu’un Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne craint point de prendre avec toi Mari, ton épouse, car ce qui est formé en elle est l’ouvrage du Saint Esprit. Et elle enfantera un Fils et tu lui donneras le nom de Jésus car il sauvera son peuple de ses péchés ». Or tout cela arriva afin que fut accompli ce qu’avait dit le Seigneur par le Prophète : « Voici que la Vierge concevra et enfantera un fils et on le nommera Emmanuel, c’est-à-dire Dieu avec nous ». (Mt 1 19-23)

Ainsi Nous croyons et faisons profession de croire que Jésus-Christ, Notre Seigneur, le Fils unique de Dieu, en prenant pour nous et pour notre salut, un corps humain dans le sein d’une Vierge, n’a pas été conçu comme les autres hommes, humainement, mais par une intervention surnaturelle, par la vertu seule du Saint Esprit. De sorte que la même personne demeurant Dieu, comme elle l’était de toute éternité, est devenu homme, ce qu’elle n’était pas auparavant.

« C’est l’enseignement même du Saint Concile de Constantinople: « Jésus-Christ, dit-il, est descendu des cieux pour nous autres hommes, et pour notre salut ; Il s’est incarné dans le sein de la Vierge Marie, par le Saint-Esprit, et Il s’est fait homme ». 

C’est également l’enseignement de Saint Jean l’Évangéliste : Après avoir déclaré la nature du Verbe divin en ces termes: « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu », il termine par ceux-ci: « et le Verbe s’est fait chair, et Il a habité parmi nous ». En effet le Verbe, qui est une des Personnes divines, a pris la nature humaine d’une manière si complète, que les deux natures n’ont plus fait en Lui qu’une seule et même hypostase, une seule et même Personne. Et toutefois dans cette admirable union, chacune des deux natures a conservé ses opérations et ses propriétés, et l’illustre Pontife Saint Léon a eu raison de dire: « La gloire de la nature divine n’a point absorbé la nature humaine, et l’élévation de la nature humaine n’a rien fait perdre à la nature divine ». Tel est l’enseignement du Catéchisme du Concile Trente.

Et ce Fils Dieu, fait homme, appelé ici « le désiré des nations » (selon le livre du prophète Aggée (2 6-7) « nous a été donné par ses entrailles», « desideratus gentibus cujus per alvum fusus est » : « fusus », c’est le participe passé du verbe « fundere » qui veut dire entre autres : « mettre au monde », « per alvum » : par ses entrailles. Comme toujours, remarquons le réalisme de la pensée qui est indice de vérité!

5ème strophe

« Jesus, tibi sit gloria qui natus es de Virgine, Cum Patre et almo Spiritu In sempiterna saecula »

« Jésus, à vous soit la gloire qui êtes né de la Vierge Marie, comme au Père et au Saint Esprit dans les siècles des siècles ».

Comme toujours l’hymne se termine par un chant de gloire au Fils de la Vierge, au Père, comme au Saint Esprit.

 

Chemin de Croix 2017

1ère station

Jésus est condamné à mort.

Après avoir prêché aux foules ; guéri les malades, rendu la vue aux aveugles, ressuscité les morts…Après avoir vécu trois ans au milieu des Apôtres pour les former et leur enseigner la doctrine de Dieu…après leur avoir appris l’amour de Dieu et du prochain comme soi-même, « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé »…L’heure est venu maintenant où le Fils de Dieu fait homme, Rédempteur du genre humain, va répandre son sang et donner sa vie pour le monde. Mais préalablement il voulut se mettre en prière afin de se livrer à la Volonté de son Père. Il voulut nous apprendre que la chose importante par-dessus tout, c’est de se soumettre et de se livrer humblement par un acte suprême de volonté à l’accomplissement de celle de Dieu en quelque circonstance que ce soit. Voilà l’importance de Gethsémani. « Mon Père non ma volonté mais la vôtre ». Voilà tout l’enseignement de Gethsémani.

Il se retire au jardin de Gethsémani dans la solitude. L’âme cherche son Dieu loin de tout, au-dedans d’elle-même. « Adorez ses desseins sur nous quels qu’ils soient et que tout notre être se prosterne comme il convient à la créature en présence du Créateur ».

C’est ainsi que Jésus-Christ s’offrit pour accomplir l’œuvre de la Rédemption du monde.

A cet instant, il vit s’appesantir sur lui tous les tortures de la passion : les calomnies et les insultes…les fouets et la couronne d’épines…la soif…la croix…les clous…toutes ses douleurs se présentent à ses yeux, en même temps que la multitude des offenses, des péchés et des crimes qui se commettraient à travers les siècles. Non seulement il les vit mais il en fut, en quelque sorte revêtu. Il s’est fait « péché », nous dira saint Paul, après Isaïe…Et c’est ainsi qu’il s’offrit au Père pour calmer son courroux et apaiser sa justice. Il s’est fait pour nous : « propitiation », « justification », « rançon ». Ce fut le prix à payer pour notre Rédemption. Que la justice de Dieu est exigeante ! Il ne voulut pas nous pardonner sans une peine et quelle peine, la mort douloureuse de son Fils. Quelle miséricorde puisqu’il nous donna le « Sauveur » lui-même !

Il vit que beaucoup d’âmes ne profiteraient pas de ce sang versé, de cette agonie. Elle serait inutile pour tant et tant d’âmes…Que de souffrances ! Quelle amertume pour l’âme de Jésus ! Elles seraient endormies comme les trois disciples qu’il avait pris avec lui à Gethsémani. Pierre, Jacques et Jean…Il les avait pris pour partager sa prière et ses angoisses. Par trois fois, il va auprès d’eux et les trouve endormis. Quelle peine de ne pouvoir se confier aux siens…Qu’il trouve aujourd’hui au moins auprès des siens quelques soulagements…Accompagnez-le, vaillants, dans ce chemin de la Croix.

Et Jésus ne recule pas devant ses angoisses. Il veut nous apprendre à ne pas reculer en face de la souffrance. Elle n’est jamais inutile, même si nous n’en voyons pas le résultat : soumettez votre jugement et laissez la Volonté divine agir et s’accomplir en vous.

La peine est si lourde qu’une sueur de sang perle sur son front et que l’envoyé de Dieu vient quelque peu le consoler.

Et puis c’est la venue de Judas. Le traite, Celui qui, pourtant, avait tout reçu de Jésus, son Eucharistie, comme tous les autres… Il arrive à la tête d’une cohorte et le trahit par le signe de l’amitié : un baiser ; « Judas que fais-tu et que signifie ce baiser…le baiser de la trahison…C’est par un baiser que tu trahis le Fils de Dieu, ton Maître, ton Seigneur… Oh que cette prière sera toujours d’actualité. C’est par une passion voulue que Jésus est trahit…Pour trente deniers, il me livra…Pour combien nous livrerons nous, nous aussi, notre Seigneur et Maître…Ah ! Qu’il est triste pour le cœur de Dieu dont l’amour est infini de voir tant d’âmes s’avancer insensiblement vers l’abime… « Et vous que j’ai choisies pour le lieu de mon repos et le jardin de mes délices, de vous aussi j’attends beaucoup plus d’amour, de tendresse et de délicatesse que d’autres qui ne me sont pas aussi intimement unies. A vous d’être le baume qui cicatrice mes blessures, à vous d’essuyer mon visage défiguré…à vous de m’aider à donner la lumière à tant d’âmes aveugles qui, dans l’obscurité de la nui, me saisissent et m’enchaînent pour me conduire à la mort …Ne me laissez pas seul ! Réveillez-vous et venez prier avec Moi car voici mes ennemis » (Sœur Josépha : un appel à l’Amour p 311)

Jésus est conduit chez Pilate et là, il le condamne. Il est chargé de sa Croix.

 

2ème station

Jésus est chargé de sa croix

 

Les Apôtres l’ont abandonné…Pierre seul entrainé par la curiosité mais remplis de crainte, se dissimule au milieu des serviteurs. Autour de Jésus, rien que des faux témoins qui accumulent mensonges sur mensonges pour attiser la colère de juges iniques. Ceux-là même dont les lèvres ont acclamé tant de fois ses miracles et peut-être le miracle si extraordinaire de la résurrection de Lazare. Ils se font aujourd’hui les accusateurs. Ils l’appellent perturbateurs, profanateur du sabbat, faux prophète…et la valetaille, excitée par ces calomnies, profère conte Lui des cris et des menaces.

« Où donc étez les disciples, les Apôtres, vous les témoins de ma vie, de mes enseignements de mes miracles. « Hélas de tous ceux dont j’attendais quelques preuve d’amour, aucun n’est là pour me défendre. Je suis seul accusé des crimes les plus vils, entouré de soldats comme de loups dévorants…Tous me maltraitent, l’un me frappe au visage…l’autre jette sur Moi sa salive immonde, méprisante et cet autre Me tourne en dérision….Et tandis que mon cœur s’offre à tous ces supplices pour délivrer les âmes de la captivité du péché, Pierre, constitué par Moi chef de l’Eglise…Pierre qui a protesté de sa fidélité jusqu’à la mort…Pierre qui a l’occasion de Me rendre témoignage, répond à une simple demande par le reniement et par trois fois confesse qu’il n’a jamais été mon disciple…Et cela par d’horribles imprécations… »

« Âmes fidèles mesurez-vous combien il est douloureux pour mon cœur qui s’embrase et se consume d’Amour de se voir renier par les Siens…Lorsque tous se soulèvent contre Moi, que tant d’âmes me méprisent et cherchent à me donner la mort…alors je me tourne vers les Miens et je ne trouve qu’isolement et abandon. Quelle tristesse et amertume ! ( dans l’esprit des révélations de Jésus à sœur Josepha « un Appel » à l’Amour p 314)

« Je vous demande pardon d’avoir si mal correspondu aujourd’hui à votre Amour ! Je vous supplie de me pardonner et de purifier mes actions dans votre sang divin. J’ai une vive douleur de vous avoir offensé parce que vous êtes infiniment saint. Je me répands du fond de mon âme et je vous promets de faire tout ce qui me sera possible pour ne plus retomber dans les mêmes fautes » (Sœur Joseph un appel à l’amour p. 317)

3ème station

Jésus tombe sous le bois de la croix

Après avoir passé la plus grande partie de la nuit dans la prison humide, obscure et sordide….après avoir subi les outrages et les mauvais traitements de soldats…les insultes et les railleries d’une valetaille curieuse de mon sort….alors que déjà mon corps était exténué par tant de tourments….sur le chemin de la Croix, épuisé Jésus tombe sous le poids de la Croix.

« Tandis que la perte éternelle de Judas plongeait mon cœur dans un abîme de tristesse, les bourreaux insensibles à ma douleur, placèrent sur mes épaules meurtries, la croix dure et pesante sur laquelle allait se consommer le mystère de la Rédemption du monde. Anges du Ciel, contemplez ce Dieu devant lequel vous êtes prosternés en adoration constante…Voyez le Créateur de toutes les merveilles d’ici-bas, monter vers le calvaire, sous le bois saint et béni qui va recevoir son dernier soupir ! Et vous âmes qui voulaient être mes fidèles imitatrices, contemplez aussi mon corps brisé par tant de tourments et qui chemine sans force, baigné de sueur et de sang. Il souffre et personne ne compatit à sa douleur. La multitude m’escorte, les soldats m’entourent comme des loups avides de dévorer leur proie…et nul n’a pitié de moi.

Ma fatigue est si grande et la croix si lourde, que je tombe, défaillant à mi-chemin….Voyez alors ces hommes inhumains me relever brutalement : l’un me tire par un bras, l’autre par mes vêtements qui sont collés à mes blessures…Celui-ci me serre la gorge…celui-là me saisit par les cheveux…d’autres m’accablent de coup de points et de pieds…La crois retombe sur moi, m’écrasant sous son poids…Les pierres du chemin meurtrissent mon visage…Le sable et la poussière se mêlent à mon sang pour obscurcir mes yeux et se coller à ma face. Je suis l’être le plus méprisable de la terre…

Et il révélé à Josepha Ménendez, les pensée de son cœur :

« Ecoute Josepha les dérirs brulants de mon cœur : ce qui me consumait d’amour et avivait en moi une nouvelle soif de douleurs, c’était la pensée de tant et tant d’âmes que j’attirerais plus tard à suivre mes traces. Je les voyais fidèles imitatrices de mon cœur, apprendre de Lui non seulement la douleur, la patience et la paisible acceptation des souffrances et des mépris, mais encore l’amour de ceux-là même qui les persécuteraient. Je les voyais pour mon amour, aller jusqu’à ce sacrifier pour eux, comme Moi-même Je me sacrifiais pour le salut de ceux qui me traitaient ainsi…(Je voyais saint Etienne qui, comme moi, dirait : Père pardonne leur… ils ne savent ce qu’ils font…) Je les voyais soutenus par ma grâce, répondre à l’appel divin, embrasser l’état de perfection…se lier elles-mêmes par les chaînes de l’amour et au milieu des épreuves garder leur cœur à travers tout, intimement uni à leur Dieu et Seigneur. Ainsi au milieu des outrages et des traitements infâmes, l’amour me consumait du désir d’accomplir la Volonté de mon Père et mon cœur étroitement uni à lui durant ces heures de solitudes et de douleurs s’offrait à réparer sa Gloire (et sous cette pensée je retrouvais la force de me relever) (Un appel à l’amour dans cet esprit). p. 322).

4ème station

Jésus rencontre sa très Sainte Mère.

Contemplons Marie dans cette douloureuse rencontre.

Considérez le martyr de ces deux cœurs, dit Jésus : pour ma mère, celui qu’elle aime par-dessus tout, c’est son Fils et loin de pouvoir le soulager, elle sait au contraire tout ce que sa présence ajoute à mes souffrances. Pour moi, celle que j’aime le plus au monde, c’est ma Mère ! Et non seulement je ne puis la consoler, mais l’état pitoyable où elle me voit réduit, la transperce de douleur semblable à la mienne, car la mort que je souffre dans mon Corps, ma mère le porte dans son cœur. Elle fut corredenptrise.

Ah ! Comme ses yeux s’attachent à Moi et comme les miens obscurcis et ensanglantés, se fixent sur elle. Pas une parole n’est prononcée, mais que de choses se disent nos deux Cœurs en cette douloureuse entrevue.

Sachons ici la consoler en chantant ses perfections

« O Mère tendre et aimante, Vierge très prudente qui êtes la Mère de mon Rédempteur, je viens vous saluer en (cet instant) avec l’amour le plus filial dont puisse vous aimer le cœur d’un enfant. Oui je suis votre enfant et, parce que mon impuissance est si grande, je prendrai les ardeurs du Cœur de votre divin Fils, avec Lui je vous saluerai comme la plus pure des créatures, car vous avez été formée selon les désirs et les attraits du Dieu trois fois saints. Conçue sans la tâche du péché originel, exempte de toute corruption, Vous avez été toujours fidèle aux mouvements de la grâce – surtout en cet instant de haute-fidélité - et votre âme accumulait ainsi de tels mérites, qu’elle s’est élevée au-dessus de toutes les créatures. Choisie pour être la mère de Jésus-Christ, Vous l‘avez gardé comme en un sanctuaire très pur et Celui qui venait donner la vie aux âmes, a pris lui-même la vie en vous et a reçu de vous son aliment. O Vierge incomparable ! Vierge Immaculée ! Délices de la Trinité bienheureuse ! Admirée des anges et des saints, vous êtes la joie des cieux : Etoile du matin, Rosier fleuri du printemps, Lys très blanc, Iris svelte et gracieux, Violette parfumée, Jardin cultivé et réservé pour les délices du Roi des cieux !...Vous êtes ma Mère, Vierge très prudente, Arche précieuse où s’enferment toutes les vertus ! Vous êtes ma Mère, Vierge très puissante ; Vierge clémente ; Vierge fidèle. Vous êtes ma mère, refuge des pécheurs. Je vous salue et je me réjouis à la vue de tels dons que vous a faits le Tout-Puissant et de tant de prérogatives dont il vous a couronnée. Soyez bénie et louée, Mère de mon Rédempteur, Mère des pauvres pécheurs ! Ayez pitié de nous et couvrez nous de votre maternelle protection ». (Sœur Josepha Un appel à l’amour p 317-318)

 

5ème station.

Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix

Ces hommes iniques, craignant de me voir mourir avant le terme, pressés par une perfide malice et non par la compassion, s’accordent entre eux pour chercher quelqu’un qui m’aiderait à porter la Croix. C’est alors qu’ils réquisitionnent un homme des environ appelé Simon.

Voici la description que fait Jésus à Josepaha de ceux qui portent vraiment la Croix à la suite de Jésus.  Mais quelles sont ces âmes qui aident Jésus à porter sa croix ? Jésus le confessa un jour à Josepha : ce sont les âmes qui portent la Croix avec amour : « Que ces âmes sont bien celles qui portent vraiment tout le poids de ma Croix, sans autre intérêt ni autre gain que l’amour !Ce sont elles qui reposent mon cœur et qui le glorifient. Et tenez pour certain que votre abnégation et vos souffrances tardent longtemps à donner leur fruits, ou semblent même n’en donner aucun, elles n’ont été cependant ni vaines ni inutiles. Un jour la récolte sera abondante… L’âme qui aime véritablement ne mesure pas ce qu’elle fait et ne pèse pas ce qu’elle souffre. Elle ne marchande ni la fatigue ni le travail, elle n’attend pas de récompense, mais elle poursuit tout ce qu’elle croit être le plus glorieux à son Dieu. Et parce qu’elle agit loyalement, quel que soit le résultat, elle ne cherche ni à se disculper, ni à protester de ses intentions. Et parce qu’elle agit par amour, ses efforts et ses peines aboutiront toujours à la Gloire de Dieu. Aussi elle ne s’agite ni ne s’inquiète…moins encore perd-elle la paix, si, dans quelques circonstances, elle se voit contredite ou même persécutée et humiliée : le seul motif de ses actes était l’amour, et l’Amour son seul but. Voilà les âmes qui n’attendent pas de salaire et qui ne cherchent que ma Consolation, mon repos et ma gloire. Ce sont elles qui ont pris ma croix et qui en portent tout le poids sur leurs épaules. » L’Appel à l’Maour p 353)

6ème station

Véronique essuie la face de Jésus

C’est certainement par compassion que Véronique agit ainsi… affrontant tous les mépris et les sarcasmes de la foule….et peut-être aussi l’admiration de certains…Comment peut-elle agir ainsi devant la haine de tous… ? Quelle force d’âme. Voilà le caractère de cette femme. Elle fait l’objet de notre admiration…

 

7eme station

Jésus tombe pour la seconde fois

Ma première chute obtiendra aux pécheurs enracinés dans l’habitude du mal, dit Jésus à Josepha, la force de se convertir

La seconde encouragera les âmes faibles, aveuglées par la tristesse et l’inquiétude à se relever et à reprendre avec une nouvelle ardeur le chemin de la vertu. ..

La troisième aidera les âmes à se repentir à l’heure suprême de la mort »

8ème station

Jésus console les filles de Jérusalem

Le récit de saint Luc : « Sequebatur autem illum multa turba populi et mulierem, quae plangerabant et lamentabantur eum. Conversus autem ad illas Jesus dixit : Filiae Jérusalem, nolite flere super me sed super vos ipsas flete et super filios vestros. Quoniam ecce veniet dies, in quibus dicent : Beatae steriles et ventres, qui non genuerunt et ubera quae non lactaverunt. Tunc incipient dicere montibus : Cadite super nos et collibus ; operite nos. Quia si in virdi ligno haec faciunt, in arido quid fiet ? (Lc 23 27-30)

9ème station

Jésus tombe pour la 3e fois

Commenté dans l’esprit de l’hymne de Matines de la fête du saint Rosaire

Le quatrième mystère

« Trois fois sous le dur poids de la croix suant, haletant, il succombe; jusqu’au sommet de la montagne,  il est contraint de la porter ». L’auteur retient les trois chutes du Christ dans son chemin vers le Golgotha. Ce nombre est traditionnel dans la pratique ecclésiale. Mais Le Christ, au vrai, s’est trainé tout le long du chemin de Croix. Tellement il était épuisé par la nuit passée sans sommeil, flagellé, couronné d’épine, humilié. Les soldats durent faire appel à Simon, qui revenait des champs, pour aider Jésus à porter sa croix jusqu’au sommet. Elle est trop lourde. Et malgré cette aide, il succombe, mieux «il s’écroule, «  mieux, il est ruiné, il est détruit ». Le Christ est épuisé. Il s’écroule « sous le dur poids de la Croix ». Elle est une vraie « masse », un vrai « fardeau ». Et pourtant il faut qu’Il la porte jusqu’au sommet de la Montagne, L’obligation est très forte. Il ne peut renoncer à la Passion. Il doit y arriver coute que coute. « Que votre volonté soit faite… ». Cette résolution de totale soumission résonne dans son cœur. Cette obligation est totale. Il est forcé à porter la Croix, certes, par les soldats romains qui l’y obligent, mais aussi par l’ordre reçu de son Père qu’il veut accomplir et par sa libre acceptation. C’est comme une « violence » faite en son âme…. On ne peut mieux exprimer la violence dont le Christ fut l’objet dans son chemin de Croix.

10ème station

Jésus est dépouillé de ses vêtements

Considérez, âmes que j’aime, quelle ne fut pas la honte en me voyant ainsi exposé devant la multitude ! …Quelle douleur pour mon corps et quelle confusion pour mon âme. Partagez l’affliction de ma sainte Mère qui contemple cette scène…Et voyez avec quel désir, elle voudrait s’emparer de la tunique imbibée et teinte de mon Sang !

11ème station

Jésus est attaché à la croix

L’heure est sonnée. Les bourreaux m’étendent sur la croix. Ils saisissent mes bras et les étirent afin que mes mains puissent atteindre les trous déjà creusés dans le bois. A chaque secousse, ma tête est ballottée de côté et d’autre…Les épines de la couronne y pénètrent plus profondément…Entendez le premier coup de marteau qui fixe ma main droite ! Il résonne jusqu’au profondeur de la terre ! Ecoutez encore : ils clouent ma main gauche. Les cieux frémissent et les anges se prosternent devant un tel spectacle

Pour moi je garde le plus profond silence et pas une plainte ne s’échappe de mes lèvres

Après avoir cloué mes mains, ils tirent cruellement mes pieds, les plaies s’ouvrent…Les nerfs se rompent…Les os se déboitent…la douleur est intense…Mes pieds sont transpercés et mon sang baigne la terre !

Contemplez un instant ces mains et ces pieds déchirés et ensanglantés…Ce corps couverts de blessures, cette tête transpercée par les épines acérées, souillées de poussière, inondée de sueur et de sang !

Admirez le silence, la patience et la conformité avec laquelle j’accepte cette cruelle souffrance

Quel est celui qui souffre ainsi, victime de tant d’ignominies ? C’est Jésus-Christ, le Fils de Dieu…celui qui a fait le ciel et la terre et tout ce qui existe…Celui qui fait croître les plantes et donne la vie à tous les êtres…Celui qui a créé l’homme et dont la puissance infinie soutient l’univers…Il est là immobile, méprisé, dépouillé de tout ! Mais bientôt une multitude d’âmes viendront à lui pour l’imiter et le suivre. Elles abandonneront tout…pour lui donner la Gloire et lui prouver l’amour qui lui sont dus

Et tandis que les coups de marteau résonnent d’un bout à l’autre de l’espace, le monde tremble, le ciel se revêt du plus rigoureux silence, tous les esprits angéliques se prosternent en adoration…Un Dieu est cloué sur la croix !

Contemplez votre divin Seigneur étendu sur la Croix. Il est sans mouvement, sans honneur et sans liberté…Tout lui est arraché. Personne n’a pitié de lui, et nul ne compatit à ses souffrances. Mais sans cesse de nouvelles moqueries, de nouveaux opprobres, de nouvelles douleurs s’ajoutent aux tourments qu’Il endure !

Oh âmes fidèles consolez votre Maître de votre amour. Et de votre fidélité.

12e station : Jésus meurt sur la croix

Commenté dans l’esprit de l’ Hymne des Vêpres de la fête de ND des 7 douleurs

Iam toto subitus vesper est polo

Que l’étoile du soir disparaisse entièrement du ciel

 

« Que l’étoile du soir disparaisse entièrement du ciel, que le soleil entraine avec lui le jour foudroyé, tandis que je célèbre la dérision de l’horrible meurtre et l’écroulement d’un Dieu »

Je vois là un ordre de l’auteur : « Que disparaisse l’étoile du soir…que le soleil entraine avec lui le jour foudroyé ». Oui ! Ce sont des ordres solennels aux astres célestes, des commandements étonnants. Mais qu’elle en est la raison ? C’est que notre auteur va contempler le déroulement de la Rédemption aux événements si cruels, cruautés qui ont de quoi choquer, même les puissances célestes, créatures de Dieu. Cette injonction à l’adresse des puissances célestes : « Que l’étoile du soir disparaisse entièrement du ciel, que le soleil entraine avec lui le jour foudroyé » exprime l’émotion de l’âme pieuse de notre auteur devant la Croix. Ces créatures de Dieu, qui sont la manifestation de la toute-puissance de Dieu, ne peuvent voir cette scène terrible : d’un Dieu terrassé, humilié. Elles doivent s’éloigner comme on éloigne un enfant d’un spectacle horrible…Et cette remarque s’inspire, du reste, du récit évangélique lui-même. Il y eut précisément un obscurcissement du ciel au moment de la crucifixion du Dieu de Majesté, comme si le soleil s’était retiré ne pouvant souffrir un tel spectacle. Les trois synoptiques sont formels. Saint Luc, comme les deux autres, note bien : « Il était environ la sixième heure, quand des ténèbres couvrirent toute la terre jusqu’à la neuvième heure. Le soleil s’obscurcit…» (Lc 23 44 45)

Cette remarque de l’Evangéliste n’aurait-elle pas influencé notre auteur ? C’est plus que probable !

« que le soleil entraine avec lui le jour foudroyé », frappé de stupeur, stupéfait, confondu. Oui ! Ce jour est frappé d’étonnement devant le spectacle de la Croix. Que le soleil et donc la clarté du jour, se retirent pour ne pas voir ce spectacle affreux, d’un Dieu humilié, « écroulé »!

Que le jour se retire, « tandis que je célèbre la dérision de l’horrible meurtre et l’écroulement d’un Dieu »

Cette mort fut « horrible », mieux « féroce, cruel ». Elle fut une vraie « dérision », « risée », Dieu, même fut objet de risée » d’amusement, de divertissement ». Mais ne fut-ce pas le comportement d’Hérode face au Christ ; ne se moqua-t-il pas de Lui ? C’est expressément dit dans saint Luc : « Hérode eut une grand joie de voir Jésus …mais avec ses gardes, il le traita avec mépris ; après s’être moqué de lui, et l’avoir revêtu d’une robe éclatante, il le renvoya à Pilate » (Lc 23 8 11). Cette mort ne fut rien moins que l’ « écroulement d’un Dieu ». Ce qui justifie parfaitement le premier verset de cette strophe : « Que l’étoile du soir disparaisse entièrement du ciel, que le soleil entraîne avec lui le jour foudroyé ». Ce spectacle est intolérable à voir.

Contempler maintenant : la Mère et l’Enfant, en cette Rédemption.

« Vous étiez là, ô Mère, assistant au supplice, submergé par le malheur en gardant un cœur inébranlable, tandis que votre enfant, pendu à la Croix meurtrière, poussait de grands cris »

C’est tout simplement sublime !

Marie est comme seule. Elle est spectatrice, observatrice de ce supplice. Elle est là… elle est là « spectatrice ». Elle est présente. Elle n’a nullement fui, comme les disciples. Elle est auprès de son Fils. Elle est Mère, une Mère fidèle, toute absorbée dans la contemplation de la scène violente de la Passion de son Fils.

Elle est là « mouillée, trempée, baignée » de larmes par ce mal qui touche son Fils, mais loin d’être effondrée. « Elle garde un cœur fort ». Elle est là debout au pied de la Croix. « Stabat Mater dolorosa ». Et le verbe « stare » exprime précisément une attitude ferme, un peu comme le soldat au garde à vous.

«Elle est ferme », alors que son Fils, « est pendu à la Croix cruelle ». Oui ! Cette croix est un instrument « cruel ». Il est non seulement pendu à la croix cruelle, mais il pousse des grands cris. C’est ce que nous enseigne l’évangéliste saint Luc qui retient le cri ultime du Christ en Croix « Le soleil s’obscurcit…Et Jésus s’écria d’une voix forte : Père, je remets mon esprit entre vos mains » (Lc 23 47) ; « E clamans voce magna, Jesus ait : in manus tua commendo spiritum meum ».

Cette attitude de fermeté dans la douleur est d’autant plus admirable que l’objet de sa douleur, Son Fils, loin d’être absent de son regard, est là, devant elle, sous ses yeux, « ante oculos » suspendu sur la Croix souffrant de combien de douleurs ! Elle est spectatrice !

« Votre Fils suspendu devant vous, déchiré par des coups cruels, votre Fils percé de plaies béantes, ô de quels traits acérés vous a-t-il transpercé ».

« Il est déchiré par des coups cruels », « atroces , durs ». Et de fait, les coups que reçut Notre Seigneur dans sa Passion, et particulièrement dans sa flagellation et sa crucifixion, méritent bien ce qualificatif : d’atroces, de cruels…

C’est son Fils, ce n’est pas un quidam,- c’est son Fils qui « est percés de plaies béantes », « percé de plaies grandes ouvertes ».

Il est « creusé au-dedans, percé, piqué, déchiré ». Ainsi de Notre Seigneur en sa Passion ! La flagellation a déchiré tout son corps, les épines du couronnement ont pénétré douloureusement le cuir chevelu. Ne parlons pas des plaies de ses mains, de ses pieds : les clous ont creusés profondément tous ses membres.

On comprend qu’un tel spectacle puisse déchirer le cœur d’une Mère par leur atrocité : « ô de quel traits acérés vous a-t-il transpercée ». Il faut se rappeler ici rappelle ici la prophétie du prophète Siméon : « Un glaive transpercera votre âme » (Lc 2 35). L’annonce s’accomplit ici même, au pied de la Croix. Les souffrances du Christ, son Fils, sont raison de ce glaive annoncé par Siméon et aujourd’hui réalisé. Quelles étaient mystérieuses les paroles de Siméon ! Aujourd’hui elles trouvent toute leur explication !

« Hélas, les crachats, les soufflets, les coups, le fiel, l’absinthe, l’éponge, la lance, la soif, les épines, le sang, comme tout cela a torturé de mille manières votre cœur compatissant ! »

N’est-ce pas rappeler toutes les atrocités de la Passion du Seigneur ? De fait, il a connu les crachats, les soufflets, les coups, le fiel, l’absinthe, l’éponge, la lance, la soif, « J’ai soif », les épines, « la couronne d’épine », le sang, « la lance » transperçant son côté. Il en sortit du sang et de l’eau, au témoignage de l’Apôtre Jean. Il suffit de se remémorer le lent déroulement de la Passion du Christ pour voir l’exactitude de tous ces dix mots. Cette synthèse est, je trouve, très émouvante. On comprend que tout cela ait pu torturer le cœur compatissant de la Mère. Ne méprisons pas la profondeur de la souffrance qu’a connue la Mère au pied de la Croix, d’autant qu’elle assista à ces scènes d’un « cœur compatissant » , mieux même d’un cœur « affectueux, tendre, dévoué ».

Et malgré ces douleurs si vives, La Vierge reste ferme.

« Cependant vous restez debout, plus généreuse que tous les martyrs, ô Vierge ; par un prodige inouï, mourant sans mourir, ô Mère, clouée par de si dures douleurs »

Et là nous retrouvons notre verbe « stare » : « être ferme, être droit, immobile ». Ce verbe veut dire : « être debout, être immobile, demeurer ferme, résister, durer, rester fidèle ». Telle est l’attitude de la Mère affligée en cette Passion. On ne peut pas mieux exprimer la force d’âme de Marie en la Passion de son Fils. Elle n’est pas écroulée, mais ferme et résolue.

Elle est là comme « mourante », comme clouée à la Croix avec son Fils «  blessée, transpercée de si graves douleurs, cependant sans mourir, « moriens non moreris ». Elle aurait dû mourir comme son Fils, volontairement, dans un grand cri de douleur, …Mais non, il fallait qu’elle soit, aussi, à la naissance de l’Eglise, au jour de la Pentecôte…

 

13e station

Jésus est descendu de la croix et remis à sa mère

En suivant l’hymne des Laudes de la fête des sept douleurs

O quels torrents de larmes, quel flot de douleur, lorsque la Vierge Mère navrée, voit son Fils couché sur son sein, détaché de l’arbre sanglant !

Nous exprimons ici de nouveau les souffrances de la « Vierge Mère » après la crucifixion. C’est la description de la belle et émouvante scène que la piété populaire a retenue sous le nom de : « la piéta » que Michael Ange a si bien sculptée.

Le coup de lance du romain vient d’être donné. Du sang et de l’eau sortent de ce cœur transpercé, au témoignage de l’Evangéliste Saint Jean. « Aucun de ses os ne sera brisés ». Un petit groupe d’hommes s’approche du Calvaire. Jésus est l’objet de leur venue. Ils apportent une nouvelle douleur pour Marie, mais non un nouvel outrage. Ce sont Joseph d’Arimathie et Nicodème, accompagnés de leurs serviteurs. Tous les deux étaient des disciples de Notre Seigneur, mais en secret. Ils étaient des hommes timides. Joseph était un « sénateur, homme de bien et juste » qui n’avait pas consenti au dessein ni aux actions des autres, parce qu’il « attendait aussi le Royaume de Dieu ». Nicodème était un homme instruit dans les Ecritures, celui qui était venu trouver Jésus, pendant la nuit de peur des Juifs, et qui avait appris de lui la doctrine de la régénération baptismale. Joseph était allé trouver Pilate auprès duquel il avait probablement accès en sa qualité de sénateur et il avait demandé le corps de Jésus, ce qui lui fut accordé. Il avait alors, comme saint Matthieu nous l’apprend, « apporté un linceul blanc » pour en envelopper le corps et il était allé prier Nicodème de l’accompagner au Calvaire. Nicodème, comme nous l’apprend saint Jean apportait avec lui « environ cent livres d’une composition de myrrhe et d’aloès ». Suivis de leurs serviteurs, ils approchent de la Croix et disent à Marie leur intention.

Ils s’exécutent avec infiniment de respect, enlèvent la couronne d’épine. Marie la reçoit avec douleur ; ils détachent les clous…puis le saint corps. La « Vierge Mère » le reçoit à son tour, douloureuse.

Faisons vivre les souffrances de Marie, son Fils sur ses genoux : « O quels torrents de larmes ». Oui ! Ce ne sont pas seulement de simples larmes qui expriment sa douleur. C’est « un torrent de larmes ». O quelle intensité dans la douleur lorsque Marie reçoit dans ses bras le corps de son Fils, juste descendu de la Croix !

« O quel flot de douleur » Son cœur est balloté comme navire sur une mer déchainée. Marie en effet ferme chaque plaie, chaque marque de la flagellation, chaque piqure des épines avec le mélange de myrrhes et d’aloès apporté par Nicodème. Il n’y avait pas un trait du visage sacré de Jésus, pas une marque sur sa chair qui ne fut à la fois, pour Marie, une nouvelle douleur. Les yeux de Marie parcouraient la Passion sur le Corps ensanglanté de son Fils. Que de traces d’ignominie et de souffrance y étaient si profondément empreintes !

Marie est «  plongé dans le deuil » au spectacle de ce corps ensanglanté de son Fils

« Lorsque la Vierge Mère …voit son Fils couché sur son sein, détaché de l’arbre sanglant »

O que cette phrase est douloureuse ! Elle n’a, à cet instant, que considérations pour son Fils : il est « ensanglanté ». Il est là sur ses genoux :

« alors qu’elle voit son Fils couché sur son sein » « Alors qu’elle voit son Fils ». « elle scrute toutes les plaies, les ferme tendrement, repassant toute la Passion de son Fils , couché sur son sein, sur ces bras comme l’enfant sur les bras de sa mère, aussi peut-on dire, sur son sein. Nul doute que la « pieta » de Michael Ange peut nous faciliter la contemplation de cette scène!

Elle voit : Cette bouche suave, cette douce poitrine, cette main droite blessée, cette main gauche transpercée, ces pieds rouges de sang, elle les baigne tristement de ses pleurs.

C’est décrire ici les objets de la contemplation de Marie. C’est son Fils qu’elle a sur son sein. C’est d’abord sa bouche qu’elle voit et scrute. Puis sa main droite. Puis sa main gauche et enfin ses pieds. C’est, d’un mot, tout son Fils qui est l’objet de ses pleurs. Mais sa bouche n’est pas sans qualificatif. Elle est dite « suave » qui veut dire « doux ». « Apprenez de moi, a-t-il dit un jour, que je suis doux et humble de cœur». Son « côté » est dit « des plus doux, même très doux ». Sa main droite est blessée. Sa main gauche est transpercée par le clou. Elle fut transpercée. Ses pieds, rouges de sang. Ces mots, vous le voyez, exprime la cruauté de la Passion. Ces pieds sont rouges. Ils sont rouges de sang. Voilà l’objet de la contemplation de Marie, la Vierge, sa Mère : « elle les baigne tristement de ses pleurs » : elle les regarde d’un regard souffrant, douloureux. elle les regarde d’un regard baigné de larmes. « Elle les baigne tristement de ses pleurs ».

On ne peut pas ne pas penser ici au texte du « Serviteur souffrant d’Isaïe ». Notre Dame connaissait ce texte qu’elle avait appris au Temple. Elle a pu le dire tout haut tout en contemplant le Corps de cette Victime outragé, celui de son Fils ?  Pourquoi ne pas penser que ce texte fut sa force ?  

« Qui a cru ce que nous avons entendu, et à qui le bras de Yahweh a-t-il été révélé? Il s'est élevé devant lui comme un frêle arbrisseau; comme un rejeton qui sort d'une terre desséchée; il n'avait ni forme ni beauté pour attirer nos regards, ni apparence pour exciter notre amour. Il était méprise et abandonné des hommes, homme de douleurs et familier de la souffrance, comme un objet devant lequel on se voile la face; en butte au mépris, nous n'en faisions aucun cas. Vraiment c'était nos maladies qu'il portait, et nos douleurs dont il s'était chargé; et nous, nous le regardions comme un puni, frappé de Dieu et humilié. Mais lui, il a été transpercé à cause de nos péchés, broyé à cause de nos iniquités; le châtiment qui nous donne la paix a été sur lui, et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.

Nous étions tous errants comme des brebis, chacun de nous suivait sa propre voie; et Yahweh a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous. On le maltraite, et lui se soumet et n'ouvre pas la bouche, semblable à l'agneau qu'on mène à la tuerie, et à la brebis muette devant ceux qui la tondent; il n'ouvre point la bouche. Il a été enlevé par l'oppression et le jugement, et, parmi ses contemporains, qui a pensé qu'il était retranché de la terre des vivants, que la plaie le frappait à cause des péchés de mon peuple? On lui a donné son sépulcre avec les méchants, et dans sa mort il est avec le riche, alors qu'il n'a pas commis d'injustice, et qu'il n'y a pas de fraude dans sa bouche.

Il a plu à Yahweh de le briser par la souffrance; mais quand son âme aura offert le sacrifice expiatoire, il verra une postérité, il prolongera ses jours, et le dessein de Yahweh prospérera dans ses mains.

A cause des souffrances de son âme, il verra et se rassasiera. Par sa connaissance le juste, mon Serviteur, justifiera beaucoup d'hommes, et lui-même se chargera de leurs iniquités.

C'est pourquoi je lui donnerai sa part parmi les grands; il partagera le butin avec les forts. Parce qu'il a livré son âme à la mort et qu'il a été compté parmi les malfaiteurs; et lui-même a porté la faute de beaucoup, et il intercédera pour les pécheurs » (Is 53 1-12).

Oui ! Ces paroles ont dû mettre le cœur de Marie, sa Mère, malgré la douleur intense, dans la paix surnaturelle.

« Cent fois, mille fois, elle embrasse étroitement cette poitrine et ces bras, elle considère ces blessures et elle se fond toute entière en baisers douloureux »

Marie est comme celui qui ne peut s’arracher d’une scène tant elle est poignante. Il a la même attitude qu’une mère qui, cent fois, mille fois, embrasse son fils qui sort d’un danger ou est retrouvé après le danger, mort. Cette insistance montre un amour… intense. Les siècles ne pourront pas reprocher à la Mère-Vierge de ne pas avoir aimé son Fils ! Cent fois, mille fois elle l’embrasse. Cette insistance est remarquable.

« Cent fois, mille fois elle embrasse étroitement cette poitrine et ces bras » Elle enserre « d’une manière étroite » le corps de son Fils. Je crois qu’il serait difficile d’exprimer avec plus de force cette étreinte de Marie. Elle scrute sess blessures.

« et elle se fond toute entière en baisers douloureux »

« O Mère, nous vous en conjurons par vos larmes, par la triste mort de votre Fils et la pourpre de ses blessures, gravez dans nos cœurs cette douleur de votre cœur ».

Oui ! Que nous connaissions, O Marie ! vos propres douleurs, à votre exemple, comme vous. C’est-à-dire que nous ne passions pas à côté des douleurs de votre Fils et de vos propres douleurs dans cette méditation de la Passion du Christ et de sa Mère. « O vous qui passez par-là, voyez si une douleur peut être semblable à celle qui abreuve mon cœur » ?

C’est une supplique : O Marie, « O Mère  nous vous en conjurons ».

14ème station :

Jésus est mis dans le sépulcre

Prendre le texte de l’Evangile de saint Jean .

« Après cela, Joseph d’Arimanthie, qui était disciple de Jésus, mais en secret, par crainte des Juifs, sollicita de Pilate l’autorisation d’enlever le Corps de Jésus. Pilate le lui ayant permis, il vint dons enlever le corps. Nicodème, celui, qui au début, était venu de nuit s’entretenir avec Jésus, vint à son tour, apportant une composition de myrrhe et d’ aloés d’environ cent livres. Ils enveloppèrent les membres de Jésus de bandelettes imprégnées d’aromates, selon la méthode habituelle aux Juifs d’ensevelir les morts. Sur le lieu même du crucifiement, il y avait un jardin, et, dans ce jardin, un sépulcre neuf, où personne encore n’avait été enseveli. Comme le sabbat allait commencer, la proximité du tombeau les décida à y déposer le corps de Jésus. » (Saint jean.)

Terminons en sachant rendre gloire à Jésus, fils de Marie, au Père et à l’Esprit Saint. A la Trinité qui a accompli en la deuxième personne de la Trinité, dans le Fils fait chair, le Christ, une si belle œuvre d’amour pour le salut des hommes.« Jésus, gloire soit à vous  qui êtes né de la Vierge, ainsi qu’au Père et à l’Esprit de vie, dans les siècles éternels. Ainsi soit-il »

Ier dimanche de la Passion 2017

« En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort ».

« Si quis sermonem meum servaverit, mortem non videbit in aeternum »

MBCF,

Il n’y a peut-être pas de phrase plus forte, plus importante pour notre âme que cette phrase de NSJC : « Si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort ».

C’est une promesse fabuleuse.
C’est une promesse réjouissante.

C’est une promesse qui fonde notre espérance du Ciel : « si quelqu’un garde ma parole il ne verra jamais la mort »

Elle sonne aussi fort dans mon âme que cette autre phrase de NSJC disant, lors de sa prière sacerdotale : « Père, ceux que vous m’avez donnés, je veux que là où je suis, ils y soient avec moi » ou encore « je vais vous préparer une place ».

Cette phrase, cet enseignement du Seigneur entre parfaitement dans notre prédication de Carême qui porte, il vous en souvient, sur le salut. Nous cherchons à savoir en quoi consiste le salut ? Nous avons répondu d’une façon catégorique que le salut c’est le Christ. C’est l’enseignement formel de saint Pierre : « Il n’y a pas d’autre nom sous le ciel que ce nom de Jésus par lequel nous pouvons être sauvés ». Nous savons que ce salut a pour objet la rémission du péché d’Adam et de nos propres péchés ; il a pour terme la vie éternelle. Nous savons que pour avoir cette vie éternelle, il faut s’adonner à la garde des dix commandements. « Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » Et Jésus de lui répondre : « garde les commandements ». C’est clair.

C’est, me semble-t-il, un peu le même enseignement que nous donne Jésus, en ce dimanche, dans cette parole : « Si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort », c’est-à-dire, il vivra toujours. Il connaîtra la béatitude éternelle.

« Garder sa parole » est la condition sine qua non de la vie éternelle.

En latin, nous avons le verbe « servire ». C’est un mot très riche. Sa multiplication de sens va déterminer, va préciser notre attitude vis-à-vis de la parole de Dieu.

Son sens premier est « sauver », « préserver » « protéger », « défendre contre ». C’est le sens même du verbe « custodire » que l’Eglise utilise pour définir joliment l’attitude de saint Joseph dans la garde de la sainte famille. Dans les litanies de saint Joseph nous avons bien cette belle exclamation « Custos pudice Virginis », « le gardien très pudique de la Vierge Marie ». Il fut celui qui la garda, la protégea, la conserva, la surveilla, la prit en garde, veilla sur elle.

Telle doit être notre première attitude vis-à-vis de la parole de Dieu. Nous devons la « garder » fidèlement, si besoin est, la protéger, la défendre contre des ennemis. Et c’est pourquoi sonnent très juste les réclamations de Jean Madiran depuis quarante ans, demandant au Pape qu’on nous redonne « la messe le catéchisme, la sainte Ecriture ». Trois biens précieux qui furent menacés, qui sont menacés. Le premier a été redonné à la Chrétienté : la messe tridentine, du moins son droit a été rappelé, même s’il n’est pas encore d’application ni aisée ni universelle…Mais le mouvement est irréversible. Nul ne pourra aller contre.

Et cette garde, cette veille, cette défense de la parole de Dieu nous est une obligation. Souvenez-vous de cette belle phrase de Dom Guéranger disant à ses moines : « Il est dans le trésor de la Révélation des points essentiels, dont tout chrétien, par le fait même de son titre de chrétien, a la connaissance nécessaire et la garde obligé …Les vrais fidèles sont les hommes qui puisent dans leur baptême –en période d’hérésie – l’inspiration d’une ligne de conduite ; non les pusillanimes qui, sous le prétexte spécieux de la soumission au pouvoir établis, attendent, pour courir à l’ennemi ou s’opposer à ses entreprises, un programme qui n’est pas nécessaire et qu’on ne doit point leur donner ».

« Servire » veut dire aussi « conserver », « garder en réserve ». Mais ce fut l’attitude la Vierge Marie qui, nous dit l’évangéliste saint Luc « conservait toutes ces choses en elle-même les repassant en son coeur ». « Maria autem conservabat omnia verba haec conferens in corde suo ». C’est l’attitude de l’orante, de la prière. Il faut donc conclure que ne connaîtra pas la vie éternelle ou qu’il met sa vie éternelle en danger, celui qui ne prie pas. Car « servir » la parole de Dieu implique aussi cette contemplation intérieure. Et les saints dans leurs audaces catégoriques, sans ménagement, allaient de part le monde et répétaient sans cesse : celui qui prie, se sauve, celui qui ne prie pas se damne. Or la vie actuelle, l’activisme contemporain, le matérialisme présent, le bruit constant dans lequel beaucoup se meuvent, coupent non seulement les gens les uns des autres, nous projetant dans l’individualisme, mais leur empêche surtout tout recueillement, toute méditation. Il faut donc rompre catégoriquement avec ce mode de vivre.

Mais « servire » veut dire aussi, « observer », « respecter », « être fidèle à »…C’est ce que firent et Notre Dame et Saint Joseph. Ils respectèrent la parole de l’ange : ils lui donnèrent le nom de Jésus comme l’ange l’avait ordonné donnant ainsi à entendre quelle serait sa mission : « il sauvera son peuple de ses péchés ». « Le huitième jour étant arrivé, auquel l’Enfant devait être circoncis, il fut appelé Jésus, nom que l’ange lui avait donné avant qu’il eût été conçu dans le sein de sa Mère ». Ils observèrent la loi de Moïse et Ils portèrent l’enfant au Temple, c’est la présentation, comme les y obligeait la loi de Moïse : « Quand les jours de leur purification furent accomplis selon la Loi de Moïse, Marie et Joseph portèrent l’enfant à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, suivant ce qui est écrit dans la loi du Seigneur : « tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur ; » et pour offrir en sacrifice, ainsi que le prescrit la loi du Seigneur, deux tourterelles, ou deux petites colombes ». (Lc 2 21 24)

Voilà qui est clair. « Servir » la parole de Dieu implique son observation, son respect, oblige à y être fidèle. L’enjeu est de taille, la récompense en est grande : la vie éternelle.

« Servire » veut dire aussi « surveiller », « veiller à », « avoir l’œil sur », « faire attention à », « faire le guet », « observer les astres ». Mais c’est l’attitude sans cesse demandée par Notre Seigneur à son serviteur. Il nous demande d’être sur nos gardes, d’être comme le veilleur qui attend le retour de son maître ; il est sur le guet. L’attitude du chrétien est d’être le guetteur, le veilleur. Son attitude est toute tendue vers…le maître qui doit revenir à la première ou à la troisième veille…Heureux ce serviteur que le Maître à son retour trouvera veillant. La béatitude ici lui est offerte. Là, le Christ dit de même : « Celui qui garde ma parole ne verra jamais la mort ».

L’ultime sens de « servire » est « ne pas quitter un lieu », « séjourner », « habiter ». Alors que je méditais ce sens, je pensais tout spontanément à l’attitude de saint Jean prenant avec lui, dans sa demeure, « in sua », nous dit son Evangile, Notre Dame. Du haut de la Croix, Jésus dit à sa Mère « Mère voici votre fils » ; au disciple « voici votre mère » Et de cette heure, le disciple la prit chez lui : « Et ex illa hora acceptit eam discipulus in sua ».

Voilà notre attitude vis-à-vis de la parole du Seigneur. Nous devons la prendre chez nous. Nous devons « habiter » avec elle. Nous devons en faire nos délices. Nous devons la servir, être à son service. La pendre avec lui, fut l’honneur de saint Jean, sa joie, sa paix. Il en sera de même pour celui qui prend la parole de Dieu avec soi. Elle fera également son honneur, sa joie, sa paix. Celui-là connaîtra l’ordre. Puisque la paix c’est la tranquillité dans l’ordre. Il connaîtra la vertu, l’aimera comme saint Jean l’a connue en vivant en contact si régulier avec Marie. La vertu, lui donnera le bonheur, puisque au dire du philosophe le bonheur est l’agir vertueux. Il connaîtra la liberté puisque la liberté est le fruit de la vertu.  La liberté n’est pas au commencement, mais à la fin. Ainsi celui qui médite la loi, la parole de Dieu sera libre, connaîtra la liberté. La liberté n’est pas à la racine, mais aux fleurs et aux fruits de la vertu humaine. Vertu humaine qui s’abreuve, nous l’avons dit, dans et de la parole de Dieu On est plus libre à proportion qu’on est meilleur. Il faut le devenir. On le devient par la possession de la parole de Dieu. Il faut qu’elle soit « in sua », en son être, en son bien, en son cœur.

Et quelle est donc « cette parole du Seigneur » qu’il faut servir pour connaître la vie éternelle ? C’est le sermon sur la Montagne, le sermon des béatitudes. Ce sont les mystères qu’il nous a enseignés, c’est le mystère de l’Incarnation, qui nous trace la voie royale de l’humilité, C’est le Mystère de la Rédemption qui nous présente d’une manière étonnante la charité de Dieu, C’est le mystère de la Résurrection. Depuis sa Résurrection, nous savons qu’Il vit pour Dieu » : « Vivit Deo ». « Vivere Deo ». C’est l’expression de saint Paul. C’est ce que je dois faire tout le long de mes journées. Vivre, moi aussi, pour Dieu.  C’est le mystère de l’Ascension qui oriente notre esprit définitivement vers le Ciel. C’est le mystère de l’Eglise à qui il a confié « sa parole », ses mystères, son Eucharistie, son sacrifice.

Amen.

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Prev Next

Prédication pour la fête du Christ-Roi 2017

Prédication pour la fête du Christ-Roi 2017

  La fête du Christ-Roi Jésus-Christ est roi, MBCF. Il est roi, non seulement du ciel mais encore de la terre. Et il lui appartient d’exercer une véritable et suprême royauté sur les sociétés humaines. Et ces sociétés humaines, elles mêmes, doivent le confesser. C’est un point incontestable de la doctrine chrétienne....

Prédication pour le 20ème dimanche après la Pentecôte 2017

Prédication pour le 20ème dimanche après la Pentecôte 2017

  Le sacerdoce   Je voudrais vous parler du prêtre en souvenir de mon ordination sacerdotal, le 17 octobre, des mains de Mgr Lefebvre. Ce qui fait le prêtre, sa joie, c’est la découverte toute particulière du mystère de Dieu. Le prêtre, plus que tout autre baptisé, contemple ce mystère. Dieu est l’objet de...

Prédication pour le 19ème dimanche après la Pentecôte 2017

Prédication pour le 19ème dimanche après la Pentecôte 2017

  En l’honneur de Saint Michel     « L’Ange se tint près de l’autel du temple, un encensoir d’or à la main » « Et tandis que l’archange Michel luttait contre le dragon, on entendit la voix de ceux qui disaient : «le  Salut est à notre Dieu ». Telles sont, MBCF, les deux premières antiennes des Premières Vêpres de...

Prédication pour le 18ème dimanche après la Pentecôte 2017

Prédication pour le 18ème dimanche après la Pentecôte 2017

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus Je ne voudrais pas laisser passer cette année sans parler, du haut de cette chair, de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, patronne secondaire de la France. Les saints sont mis sur notre chemin pour que nous les prions, contemplions, les imitions. Sainte Thérèse, Thérèse Martin, naquit à...

16ème Dimanche après la Pentecôte

16ème Dimanche après la Pentecôte

En la solennité de saint Michel   En cette fête de Saint Michel, patron de notre petite église, je voudrais vous dire la joie de mon âme, d’être au milieu de vous. C’est en effet au milieu de vous que s’accomplit ma vie sacerdotale. Le prêtre vit au milieu d’un peuple, au...

15éme Dimanche après la Pentecôte 2017

15éme Dimanche après la Pentecôte 2017

« Celui qui sème dans l’esprit moissonnera de l’esprit, la vie éternelle ». C’est le Christ qui est au principe de la Vie éternelle C’est inéluctable. Je posséderai la vie éternelle - la finalité de ma vie - si j’en prends le chemin, si je pratique les œuvres de l’esprit : la charité, la joie...

14éme Dimanche après la Pentecôte 2017

14éme Dimanche après la Pentecôte 2017

« Cherchez d’abord le Royaume de Dieu » MBCF, faisons court et disons simplement que le « Royaume de Dieu », c’est Jésus lui-même. Oui ! Ce « Royaume de Dieu », dont le thème est si fréquent dans la prédication de NSJC, n’est finalement rien d’autre que Jésus-Christ lui-même et Jésus-Christ c’est la charité, n’est rien d’autre...

Assomption de la Sainte Vierge 2017

Assomption de la Sainte Vierge 2017

Fête de l’Assomption de la Sainte Vierge   L’Eglise, dans ces hymnes liturgiques, chante, cela ne vous étonnera pas, les différentes fêtes de NSJC, tout comme les fêtes de Notre Dame. Elle consacre trois hymnes à cette fête du 15 août, à ce mystère. Nous allons méditer sur l’hymne des premières Vêpres...

10éme Dimanche après la Pentecôte

10éme Dimanche après la Pentecôte

  « Personne, parlant par l’Esprit de Dieu, ne dit anathème à Jésus »   Ce sera le thème de notre entretien dominical. « Personne, parlant par l’Esprit de Dieu, ne dit anathème à Jésus »… Bien au contraire.  Tous ceux qui sont animés de l’Esprit Saint par suite de la réception du baptême, tout baptisé chante avec...

La Rébellion cachée

La Rébellion cachée

Je voudrais, à la reprise de l’année apostolique, en octobre, faire diffuser dans le cadre paroissial, « saint Michel de Rolleboise », le film, dont on parle beaucoup aujourd’hui : « La Rébellion cachée » de Daniel Rabourin sur l’épopée vendéenne. L’Homme Nouveau vient de publier une interview de l’auteur. En...

9ème Dimanche après la Pentecôte

9ème Dimanche après la Pentecôte

« Si tu connaissais, toi aussi, au moins ce qui te procurerait la paix » « Tu n’as pas connu le temps où tu as été visité »   Terrible reproche, MBCF, que ce reproche adressé par NSJC au peuple juif : « Tu n’as pas connu le temps où tu as été...

7ème Dimanche après la Pentecôte 2017

7ème Dimanche après la Pentecôte 2017

Le salaire du péché, c’est la mort. La grâce de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ     MBCF, voilà des belles paroles mais, je pense, un peu mystérieuses. Elles demandent éclaircissements. « Le salaire du péché, c’est la mort » dit Saint Paul « Stipendia peccati mors ». Un peu plus haut, il...

La dévotion au premier samedi du mois

La dévotion au premier samedi du mois

Parce que je serais très heureux que dans la paroisse Saint Michel de Rolleboise, la dévotion au premier samedi du mois se développe comme l'a demandée  Notre Seigneur à Sœur Lucie de Fatima, il me semble heureux de porter à  votre connaissance, dans ce numéro de juillet, les documents officiels...

Les communions réparatrices des premiers samedis du mois

Les communions réparatrices des premiers samedis du mois

29 mai 1930 : date importante dans l’histoire de Fatima et de la dévotion des premiers samedis du mois La date du 29 mai 1930 n’est pas très connue dans l’histoire de Fatima. Pourtant c’est une date importante, presque aussi importante que celles du 13 mai ou du 13 octobre 1917. En...

A la fin, le cœur immaculée de Marie triomphera

A la fin, le cœur immaculée de Marie triomphera

Dans ce nouveau numéro du « Quis ut Deus », le n° 8, de juin 2017, je vous propose la lecture du texte que j’ai appelé « présentation », qui sera en exergue de mon nouveau petit livre sur la Mère de Dieu que j’ai intitulé : « A la fin, le cœur immaculée de...

Dimanche après l'ascension 2017

Dimanche après l'ascension 2017

La famille et les 10 commandements. Je profiterai de cette fête des mères pour réfléchir avec vous sur la famille et les 10 commandements. Cela tombe bien puisque hier, nous célébrions aussi avec beaucoup de joie les fiançailles de Melle Marie Ciuchindel et de Mr Delacommune. Il me semble que la famille...

Jeudi de l'ascension 2017

Jeudi de l'ascension 2017

Le Jeudi de l’Ascension. « Je crois qu’il est monté aux cieux ; qu’il est assis à la droite de Dieu, le Père tout-puissant ». C’est un des objets de notre Credo et cet objet est fondé sur les paroles de saint Marc et de Saint Paul. Saint Paul le confesse aux Ephésiens, lorsqu’il écrit :...

La compassion de Marie

La compassion de Marie

Je me permettrai d’emprunter « le mot de l’abbé » à Saint Bonaventure. Dans ce sermon, il nous propose une très belle méditation de Notre Dame au pied de la Croix. On pourrait volontiers y voir un développement théologique de la corredémption de Marie à l’œuvre de notre Rédemption. C’est...

Le sermon du Père Boules George, Copte, après les Rameaux sanglants : « Un message à ceux qui nous …

Le sermon du Père Boules George, Copte, après les Rameaux sanglants :  « Un message à ceux qui nous tuent »

Au lendemain du double attentat islamiste contre des églises coptes en Egypte en pleine célébration du Dimanche des Rameaux, qui a fait près de 50 victimes, un prédicateur bien connu au Caire a prononcé un sermon dont l’enregistrement fait le tour des communautés coptes du monde entier. L’appel au pardon,...

Neuvaine pour la France - Présidentielles 2017

Neuvaine pour la France - Présidentielles 2017

Adoration Samedi 06/05/2017 après la messe de 18h00 jusqu'à Minuit   « France, Fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? » Chers amis, En ces temps troublés, à l’heure où nous allons élire notre futur chef d’Etat, nous vous proposons une neuvaine afin de confier la France au Cœur de Jésus. Au-delà de...

Dimanche de Pâques 2017

Dimanche de Pâques 2017

« Souvenez-vous que Notre Seigneur Jésus-Christ est ressuscité d’entre les morts » (2Tim 28) Après que Jésus-Christ, le sixième jour, à la neuvième heure, eut rendu l’esprit sur la Croix, et que le même jour, vers le soir, Il eut été enseveli par ses disciples — lesquels avec la permission du Procurateur romain...

Chemin de Croix 2017

Chemin de Croix 2017

1ère station Jésus est condamné à mort. Après avoir prêché aux foules ; guéri les malades, rendu la vue aux aveugles, ressuscité les morts…Après avoir vécu trois ans au milieu des Apôtres pour les former et leur enseigner la doctrine de Dieu…après leur avoir appris l’amour de Dieu et du prochain comme soi-même,...

L'heure de Jésus

L'heure de Jésus

Nous approchons du temps liturgique que l’Eglise appelle : « le temps de la Passion ». La liturgie va nous faire méditer la Passion de Notre Seigneur. Permettez-moi ces quelques considérations sur ce que Notre Seigneur appelait lui-même: « son heure ». C’était l’heure par excellence ; elle avait été infailliblement déterminée de toute éternité par la Divine...

Jeudi saint 2017

Jeudi saint 2017

« Ceci est mon Corps. Ceci est mon Sang » Nous commémorons ce soir, MBCF, l’institution, par Notre Seigneur Jésus, au Cénacle, le Jeudi Saint, du sacrement de l’Eucharistie et du Sacerdoce par ces paroles : « Ceci est mon Corps. Ceci est mon Sang ». « Faites ceci en mémoire de moi ». Jésus avait déjà annoncé ce...

Ier dimanche de la Passion 2017

Ier dimanche de la Passion 2017

« En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort ». « Si quis sermonem meum servaverit, mortem non videbit in aeternum » MBCF, Il n’y a peut-être pas de phrase plus forte, plus importante pour notre âme que cette phrase de NSJC : « Si quelqu’un garde ma...

4ème dimanche de Carême 2017

4ème dimanche de Carême 2017

  Poursuivons, MBCF, notre méditation dominicale sur le salut. C’est le thème de notre prédication de Carême. Nous savons que le salut, c’est le Christ. Nous savons aussi que l’objet de salut, c’est notre délivrance du péché originel et l’accès à la vie éternelle. Nous savons également que ce salut s’obtient par l’observance des...

3ème dimanche de Carême 2017

3ème dimanche de Carême 2017

Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent MBCF, En ce Carême 2017, de dimanche en dimanche, nous essayons de scruter, du regard de la foi, le plan divin, son plan de salut. Nous savons que ce plan salvifique se concentre essentiellement en son Fils unique, NSJC. Il est...

2ème dimanche de carême 2017

2ème dimanche de carême 2017

Que faire pour obtenir le salut, la vie éternelle ? MBCF, Dimanche dernier, partant de l’acclamation qui ouvre le temps de Carême « Voici maintenant le jour du salut », nous avons médité sur ce salut. Nous nous sommes posés plusieurs questions Quel est ce salut ? En quoi consiste-t-il ? Quel est-il ? Quel son objet ? Qui est-il ? Quel est celui...

Carême

Carême

C’est aujourd’hui que le Carême apparaît dans toute sa solennité. Pour vous encourager à vous lancer généreusement dans ce saint temps liturgique, je me permets de vous adresser quelques paroles de saint Léon le Grand : « Très chers fils, ayant à vous annoncer le jeûne sacré et solennel du Carême,...

Dimanche de la Quinquagésime 2017

Dimanche de la Quinquagésime 2017

En ce dimanche de la Quinquagésime, l’Eglise nous fait lire le texte où Jésus annonce à ses disciples, à l’écart, sa Passion prochaine : « Ensuite Jésus prit à part les Douze, et leur dit : " Voici que nous montons à Jérusalem, et que va s'accomplir tout ce que les prophètes...

Veille de l'actualité