Prédications

16ème Dimanche après la Pentecôte

En la solennité de saint Michel

 

En cette fête de Saint Michel, patron de notre petite église, je voudrais vous dire la joie de mon âme, d’être au milieu de vous. C’est en effet au milieu de vous que s’accomplit ma vie sacerdotale. Le prêtre vit au milieu d’un peuple, au milieu de ses fidèles. Il pense  à eux, il prie pour eux, il communie et aux joies et aux peines de tous. Grâce au MP de Benoît XVI, Summorum Pontificum, dont nous fêtons le 10ème anniversaire, grâce à l’accueil sacerdotal de  Monsieur l’abbé Long, curé de Bonnières, à l’époque, chapelain de Rolleboise, c’est vous, chers fidèles, attachés à la « messe de toujours » qui êtes la raison de ma présence ici, sa justification. J’aurais bien aimé, il est vrai, écouler  mes jours dans la FSSPX, mais les circonstances et mon caractère franc-tireur, ne me l’ont pas permis. Je le regrette. Quoi qu’il en soit, je suis là à cause de vous. Et je m’en réjouis.

 J’aime penser aux baptisés que j’ai engendré à la vie divine, en ces quelques années de présence. Ils ont maintenant leurs noms inscrits au livre de vie. Ils sont, en quelque sorte, mes titres de gloire. Ils sont un peu pour moi comme les décorations des militaires gagnées sur le champ de bataille ou comme la légion d’honneur reçue pour les services rendus. Mon champ de bataille, à moi, est celui contre le démon. Et c’est pourquoi j’aime voir le tableau de saint Michel terrassant le dragon, qui domine l’autel de Rolleboise, restauré et installé grâce à vous. Il a quelque chose de guerrier. C’est clair. Mais la scène que nous raconte saint Jean dans l’Apocalypse n’est-elle pas un combat… Le combat de saint Michel contre le dragon. Et le baptême est bien ce combat gagné du bien sur le mal. Car par l’eau versée sur le front, jointe aux paroles sacramentelles : « je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit », les baptisés reçoivent le Saint Esprit et sont arrachés à l’empire de Satan. Belle victoire ! Aussi je pense tout particulièrement à la petite L.H., mon petit béguin, que nous avons baptisé à Goussonville, à Mme B., mère de famille, à Mathieu V., à Quentin M., aujourd’hui marié, à Léo, à Victor, ses frères, à la petite M., aux petites enfants C. et aux autres baptisés en dehors de la paroisse. Ils me sont tous chers et j’aime les voir grandir dans la foi dans leurs belles familles, venant à la sainte Table recevoir la sainte l’Eucharistie.

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15éme Dimanche après la Pentecôte 2017

« Celui qui sème dans l’esprit moissonnera de l’esprit, la vie éternelle ».

C’est le Christ qui est au principe de la Vie éternelle

C’est inéluctable. Je posséderai la vie éternelle - la finalité de ma vie - si j’en prends le chemin, si je pratique les œuvres de l’esprit : la charité, la joie la paix, la patience, la bénignité, la bonté, la longanimité, la douceur, la foi, la modestie, la continence, la chasteté.

C’est inéluctable.

Il est étonnant de voir toute une génération, celle qui nous entoure, vivre s’en se préoccuper de sa fin, de la vie éternelle. Elle a soif des choses matérielles. Elle a soif des biens temporels. Elle a soif, pour certains, de diplômes, pour d’autres de distractions. Dans les uns comme dans les autres, elle s’y perd. Elle s’y engouffre. Elle s’y étourdit. Elle cherche ainsi à fuir toute préoccupation métaphysique, toute recherche de l’Etre. Elle semble ne même pas soupçonner qu’il existe un « au-delà », un « lendemain », une destinée qui est « éternelle », « essentielle ».  Du moins, elle fait comme si cela n’existait pas pour elle. Elle ne s’y intéresse pas. Elle ne semble même pas s’en soucier.

Tout cela m’étonne, mais ce sont là, n’en doutons pas,  les conséquences de l’enseignement laïc, du laïcisme. Eduquer, des jours et des jours, des enfants sans leur parler jamais de la vie éternelle, c’est inéluctablement leur fermer l’horizon divin. C’est inéluctablement les empêcher de croire. C’est faire volontairement un peuple athée, agnostique.   Dieu et son ciel deviennent  des réalités méconnues de toute une génération. Ce qui était hier la foi de tout un peuple, est aujourd’hui ignoré du même peuple. Benoît XVI déclarait un jour, à l’adresse des jeunes: « Il y a un fort courant « laïciste », qui veut supprimer Dieu de la vie des personnes et de la société, projetant et tentant de créer un « paradis » sans Lui. Or l’expérience enseigne qu’un monde sans Dieu est « un enfer ».

Dieu ! Le ciel ! Ce dont on ne parle pas ou plus, n’existe pas. Saint Paul a raison de dire la foi vient de ce qu’on entend : « Fides ex auditu ». Ecoutez ce passage pathétique de saint Paul. Il y exprime en quelque sorte son angoisse d’Apôtre. Ce texte se trouve dans son Epître aux Romains : « Comment donc invoquera-t-on celui en qui on n’a pas encore cru ? Et comment croira-t-on en celui dont on n’a pas entendu parler ? Et comment en entendra-t-on parler s’il n’y a pas de prédicateur. Et comment y aura-t-il des prédicateurs, s’ils ne sont pas envoyés ? (ou si on leur ferme la bouche les empêchant d’enseigner ou les réduisant à néant) selon ce qui est écrit : « qu’ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent la paix, de ceux qui annoncent le salut….Ainsi la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Dieu ». (Rm 10 14-17)

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Assomption de la Sainte Vierge 2017

Fête de l’Assomption de la Sainte Vierge

 

L’Eglise, dans ces hymnes liturgiques, chante, cela ne vous étonnera pas, les différentes fêtes de NSJC, tout comme les fêtes de Notre Dame. Elle consacre trois hymnes à cette fête du 15 août, à ce mystère. Nous allons méditer sur l’hymne des premières Vêpres de cette fête. Elle commence par ces mots : « O prima, Virgo, prodita e Conditoris spiritu »…, « O Vierge, la première issue du souffle du Créateur ». 
Après avoir parlé et exalté la Virginité de ND, puis sa Maternité divine, sa plus grande gloire, « Prédestinée à porter dans ton sein le Fils du Très Haut », ensuite son Immaculée conception :  « Ô Toi, …seule tu es comblée de grâce, intacte dès l’origine », enfin son rôle unique dans le mystère de la Rédemption elle est bien cor-redenptrice : « Dans ton sein, tu conçois la Vie et tu restitues la vie perdue par Adam, en donnant la chair à la Victime divine pour son Sacrifice », Notre auteur en vient dans la quatrième strophe à parler du mystère de ce jour l’Assomption de Notre Dame : «  Merces piaclo debita Devicta mors te deserit, Almique consors Filii ad astra fertis corporis »

« Salaire dû au crime, la mort vaincue s’éloigne de toi ; partageant le sort de ton Fils divin, avec ton corps tu es portée aux cieux ».

« La mort vaincue s’éloigne de toi » « Devicta mors te deserit » en tant que le Christ, par sa Résurrection, vainquit la mort, définitivement. La défaite pour la mort et pour Satan est totale, absolue.

Devicta, c’est le participe passé du verbe « devincere » qui veut dire « vaincre complétement ». « mors te deserit », « deserere » veut dire « abandonner » et dans un sens militaire « déserter ». Ce serait une bonne traduction. La Rédemption fut bien le beau combat du Christ sur le démon  ̶  et quel combat ! ̶  lequel, vaincu, déserta, se retira !

Notre auteur poursuit et confesse enfin le mystère de l’Assomption : « Almique consors Filii ad astra ferris corpore » « Unie de cœur à ton Fils divin, avec ton corps tu es transportée aux cieux »

Cette référence à l’Assomption de Notre-Dame après la claire allusion au triomphe du Christ sur le péché, la mort et sur Satan… par sa Résurrection,  est parfaitement en phase. Elle est parfaitement en situation, elle est même la bienvenue après cette confession du mystère du mal, du mystère du péché et de la mort vaincue par la Résurrection du Christ. La victoire du Christ en sa Résurrection et en son Ascension est la victoire absolue du Christ sur le mal, le péché et la mort. Il fallait aussi que Marie soit associée à cette victoire totale, elle qui fut tellement « unie à son Fils », « almi consors Filii ». Elle qui est la « co-rédemptrice ». Il faudra bien qu’un jour l’Eglise définisse cette vérité !

C‘est la raison que donna Pie XII dans son document définissant ex cathedra le mystère de l’Assomption. En raison de son union à son Fils, toujours constatée dans la vie et de l’enfance et de la vie publique du Christ, et surtout en son mystère de la Croix, elle ne pouvait en être séparée, un seul instant. Elle fut élevée en son corps, en son âme aux cieux pour rester unie à son Fils.

Mais ce qui est fort intéressant chez notre auteur dans cette hymne, c’est qu’il voit en cette Assomption de Marie l’exaltation de la nature humaine, la nôtre. Si Marie connaît l’exaltation de l’Assomption, si elle n’a pas connue la corruption de la chair, nous même nous participerons à cette exaltation de la chair, un jour !

C’est la doctrine exprimée dans la 5ème strophe :

«Resplandissant d’une si  grande gloire, la nature entière est exaltée, appelée en toi à toucher le sommet de toute beauté ».

Cette strophe est une affirmation vraiment émouvante. Cette Assomption est, il est vrai, pour la Vierge Marie, « une gloire immense » : « tanta gloria ». Imaginez ! En son corps et en son âme, elle est exaltée au Ciel ! Elle est dans la cours céleste, auprès de la Trinité Sainte, Reine des Anges et des Archanges. Peut-on imaginer pour Marie une plus grande « gloire ». Elle est louée en raison de sa beauté, de sa bonté ! L’auteur a raison de le confesser, après avoir confessé le triomphe du Christ sur le péché : « Tanta coruscans gloria », resplandissant d’une si grande gloire ». C’est la gloire de la béatitude éternelle. « Coruscans », « coruscus –a –um » qui veut dire « scintillant, brillant ». « Resplandissant d’une si grande gloire », c’est bien traduit.

Mais ce n’est pas seulement le Christ et Notre-Dame qui connaissent cette victoire et cette gloire  ̶  et au prix de quelles peines  ̶  mais c’est aussi la nature humaine tout entière qui participe, participera, en Notre Seigneur et Notre-Dame, de cette exaltation, de cette gloire : « la nature humaine entière est exaltée » « natura cuncta extolletur ».

« Exaltation » que notre auteur appelle, dans la finale de la strophe : « le sommet de toute beauté » « omnis decoris ». Quel fondement de notre espérance !

« appelée en toi à toucher le sommet de toute beauté »

« Cette exaltation de la nature humaine, sommet de toute beauté » est, en effet, un objet de notre Credo. Nous croyons, de fait, à la résurrection de la chair et à son exaltation dans le ciel. Et cette foi est fondée sur la propre résurrection du Christ. « Si les morts ne ressuscitent point, dit très bien l’Apôtre saint Paul, Jésus-Christ non plus n’est point ressuscité ; par conséquent, notre prédication est vaine, et notre Foi est vaine aussi ». Cette exaltation est fondée aussi sur les propres résurrections opérées par Jésus. En effet, Jésus-Christ, nous le savons, a ressuscité Lui-même, par sa puissance divine, de nombreux morts, le fils de la veuve à la porte de Naïm, son ami Lazare... Toutes ces résurrections confirment notre foi. Si nous croyons que ces morts ont été rappelés à la vie, pourquoi ne pas croire également que tous nous le seront un jour ? Oui, je crois au dogme de la Résurrection des corps qui a pour lui, dans l’Ecriture, de nombreux témoignages. Je me rappelle la dispute de Notre Seigneur avec les Sadducéens où Jésus conclut qu’à la résurrection des corps, les hommes « sont comme des anges de Dieu dans le ciel. Quelle exaltation de la nature humaine, sommet de toute beauté ! Et Jésus ne disait-il pas aux Juifs  que le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants ». (Mt 22 32-33). On peut ajouter, entre autres, les paroles de Jésus en saint Jean : «l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix. Et ils en sortiront, ceux qui auront fait le bien pour une résurrection de vie (in resurrectionem vitae) ; ceux qui auront fait le mal, pour une résurrection de condamnation… ». Saint Paul, fidèle à son Maître, ne disait-il pas « le corps est semé dans la corruption, et il ressuscitera incorruptible ».Quelle exaltation de la nature humaine !

Notre auteur dit de même au sujet de « la nature humaine » « qu’elle est exaltée », « au sommet de toute beauté » : « natura cuncta extolletur ». Il dit vrai ! Car nos corps, qui étaient auparavant sujets à la mort, deviendront immortels, dès qu’ils auront été rappelés à la vie. on sait par l’Ecriture Sainte que les élus possèdent, possèderont des qualités très brillantes qui les rendront bien plus excellents qu’ils n’étaient auparavant, « au sommet de toute beauté ». Je veux parler de l’impassibilité, c’est-à-dire de ce don précieux qui les préserve, préservera de toute espèce de mal, de douleur. « Le corps est semé corruptible, dit l’Apôtre, il se relèvera incorruptible ». Et puis de la clarté qui rendra les corps des Saints aussi brillants que le soleil, Notre Seigneur l’affirme nettement dans saint Matthieu (Matt., 13, 43). Et saint Paul est bien fidèle à son Maître lorsqu’il utilise, pour décrire cette situation, le mot de clarté, le mot de gloire. Jésus-Christ, dit-il, reformera notre corps vil et abject, en le rendant semblable à son Corps glorieux. Et cette clarté n’est qu’un rayon de la souveraine félicité de l’âme rejaillissant sur le corps tout entier, et le corps sera heureux du bonheur de l’âme, comme l’âme n’est heureuse que parce qu’elle participe à la félicité même de Dieu. Pour décrire cette « exaltation de la nature humaine », je parlerai volontiers de l’agilité et de la subtilité, qualités qui ne peuvent que confirmer « cette merveilleuse exaltation » de la « nature humaine ».

L’exaltation de la « nature humaine » est pour nous l’occasion de lancer des louanges continuelles, à la Bonté et la Clémence de Dieu. Car toutes ces merveilles, « ce sommet de toute beauté » ne sont pas dus à nos mérites, mais à sa seule miséricorde et à sa toute-puissance qu’Il fait éclater d’abord dans le mystères de l’Assomption de Notre-Dame, preuve de l’Exaltation de la nature humaine qui touche le sommet de toute beauté. C’est ce que notre auteur confesse dans la finale de cette strophe.

Cette exaltation de la nature humaine est telle que l’on comprend que notre auteur puisse exprimer sa prière dans sa 6ème strophe : « Dans ton triomphe, Ô Reine, tourne les yeux vers nous pour que, de notre exil, nous puissions, sous ta protection, obtenir la bienheureuse patrie du ciel »

Notre auteur, très humain, sait que nous qui sommes encore dans « cette vallée de larmes », nous sommes soumis au combat spirituel contre les puissances de l’enfer. Nous n’avons pas encore obtenu le ciel, ni cette exaltation dans la gloire. La gloire est encore à venir. Elle est peut-être première dans l’ordre de la pensée. Elle est ultime dans l’ordre de l’exécution. Il nous faut combattre avec fidélité. Saint Pierre nous le dit, tous les soirs, dans le chant des Complies. Aussi avons-nous besoin de l’aide surnaturelle, de l’aide de Notre-Dame. Elle, elle a déjà triomphé « triumphans »… Nous, nous sommes encore en « exil » « exsules ». Ces mots, mis côte à côte, augmentent la force de l’idée exprimée : elle triomphe, nous nous sommes encore « au travail, dans le labeur ». Elle est Reine et donc toute-puissante ; nous, nous sommes encore à nous débattre. Nous avons besoin d’aide et de soutien. Qu’elle tourne alors ces regards « verte lumina » : « verte » est un impératif. C’est un appel suppliant, intense. « Lumina ». C’est très beau. « Lumen » a mille sens ; il veut dire « lumière », mais aussi « vie », « regard » « éclat », « ornement », « gloire », « clarté » et même « salut ». Ce sont tous les sens que donne le dictionnaire le Bornec. Il me semble que tous ces sens conviennent parfaitement au « regard » de Marie. « Son regard » est « une lumière », on l’appellera « étoile de la mer » pour guider le marin dans les tempêtes. Et sous ce rapport, on peut dire qu’elle est « le salut » du voyageur, du pêcheur, du « naufragé ». Son « regard » est « une gloire ». Les yeux sont la gloire d’un visage, par leur éclat ; nul doute que le regard de Marie devait être étincelant. Alors ses yeux étaient l’« ornement » de son visage. Qu’elle tourne « vers nous » « ad nos », ses yeux, dans tous les sens du mot, pour qu’elle soit notre « lumière », notre « guide », « notre salut », notre « émerveillement » pour que nous marchions vers le Ciel avec allégresse : « pour que, de notre exil, nous puissions, sous ta protection, obtenir la bienheureuse patrie du ciel », « caeli ut beatam patriam, Te, consequamur, auspice » : « Auspice » est ici traduit par « sous ta protection ». Ce n’est pas mal. Mais je traduirais plus volontiers par « sous ton commandement », « sous ta direction ». Notre-Dame, dans la pensée de l’auteur, est vraiment impliquée dans le salut du genre humain.

7ème strophe

« Jesu, tibi sit gloria Qui natus es de Virgine, Cum Patre et almo Spiritu, In sempiterna saecula »

« Ô Jésus, à vous soit la gloire, qui êtes né de la Vierge, avec le Père et l’Esprit Saint, aux siècles des siècles ».

9ème Dimanche après la Pentecôte

« Si tu connaissais, toi aussi, au moins ce qui te procurerait la paix »

« Tu n’as pas connu le temps où tu as été visité »

 

Terrible reproche, MBCF, que ce reproche adressé par NSJC au peuple juif : « Tu n’as pas connu le temps où tu as été visité ». Tu n’as pas connu le temps de la venue du Messie. Non seulement, tu ne l’as pas connu…mais tu l’as refusé. Tu l’as refusé méchamment, avec haine et ruse… alors que ce Messie, annoncé par tes prophètes, te fut comme montré du doigt par le dernier des prophètes, saint Jean Baptiste : « Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui enlève le péché du monde ». Mais tu préféras les ténèbres à la lumière. « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu » (Jn 1 12)

Oui ! Terrible reproche. Terrible menace, aussi…Et la puissance romaine sous Titus détruisit Jérusalem, 40 ans à peine après la mort du Seigneur. Il ne resta pas pierre sur pierre et le Temple fut détruit.

Ce reproche, NSJC, tout également, pourrait l’adresser à notre patrie. Elle fut chrétienne. Elle fut catholique. Elle fut, depuis Clovis, et le baptême de ses Francs, depuis l’évêque saint Rémi de Reims, « la fille aînée de l’Eglise ». Elle s’inspira longtemps, des siècles durant, de l’Evangile du Seigneur, des lois de l’Eglise dont elle fut, au premier rang, la protectrice. Elle donna à l’Eglise de nombreux saints, parmi les plus beaux de ses saints : saint Louis, sainte Jeanne d’Arc, saint Jean Eudes, saint Vincent de Paul, le saint Curé d’Ars…saint Thérèse de l’Enfant Jésus, la plus grande sainte des temps modernes, dira Pie XI. Elle sut porter par ses guerriers, ses colons et ses missionnaires, le nom du Christ, au-delà de ses frontières. Elle sut « évangéliser ». Elle avait l’honneur du nom de Jésus, son Seigneur et Maître. Elle aimait sa doctrine, ses commandements. C’est cette doctrine chrétienne qui inspira l’art, la littérature, la musique de notre peuple. Elle aima le chant de l’Eglise, le chant grégorien. Elle aimait sa liturgie, la liturgie romaine, celle qui, à l’Eglise, venait du fin fond des âges, de Saint Grégoire le Grand, au quatrième siècle et qui, à travers le temps, fut recueillie par l’œuvre magistrale du Concile de Trente et légué aux générations avenir…jusqu’à nous. Etonnez-vous que la résistance à la destruction liturgique fut, au début, essentiellement française et cela, jusque dans les campagnes les plus lointaines, le Chamblac par exemple, l’humble village de M l’abbé Montgomery Wright qui, dans cette défense, connu son heure de gloire. Oui ! La France fut chrétienne. Ce fut sa gloire.

Elle ne l’est plus aujourd’hui. C’est sa ruine. Ce sera notre malheur.

La France s’est détournée de son Vrai Dieu, de son Sauveur. Elle le refuse comme hier Israël refusa son Messie. Elle le combat, ouvrant même, imprudemment, les frontières à l’islam, la religion la plus opposée au christianisme. Où en est le christianisme dans le bassin méditerranéen, hier chrétien. Chrétienne, l’Egypte. Chrétienne, la Turquie… Aujourd’hui, la France s’oppose à la Loi de Dieu, à ses commandements. Elle est capable aujourd’hui, par la voix de ses chefs, d’affirmer que « la loi positive, celle des ses assemblées, est supérieure à la loi de Dieu», celle du Créateur. Elle est capable ainsi de légiférer contre la loi des commandements de Dieu. Elle ne veut plus qu’il possède sur sa propre créature, le moindre domaine. Alors qu’Il est tout. Qu’il est le Seigneur, le Créateur de toute chose. Elle ne veut plus qu’il règne sur elle.

Et c’est ainsi que, sous la pression d’abord de la Renaissance, puis des philosophes des Lumières, au 18ème siècle, puis des hommes politiques de la 3ème République après la chute de Troisième Empire et la défaite des armées françaises à Sedan, au 19ème siècle, nous avons vu le triomphe, dans notre pays, du naturalisme. Nos évêques, à l’époque, Mgr Pie, Mgr Freppel, Dom Guéranger en ont dénoncé le mal… Mais n’ont pu ni l’enrayer, ni le contrer ni s’opposer à son extension, il triomphe aujourd’hui partout, dans l’univers individuel et familial et dans l’univers social et politique.

Mais quel est donc ce naturalisme corrupteur de l’âme française ?

Le Concile du Vatican Ier le définit comme étant la prétention dogmatique et pratique de tout réduire à la nature et de refuser. Jean Daujat dirait que le Naturalisme est la doctrine qui n’admet rien d’autre que la nature. Le cardinal Pie le définit comme étant ce système philosophique « où la nature devient une sorte d’enceinte fortifiée et de camp retranché, où la créature s’enferme comme dans son domaine propre et tout à fait (indépendant de Dieu) » ( Œuvres du Card. Pie 7 191). Ainsi la nature se pose comme étant complètement maîtresse d’elle-même, armée d’imprescriptibles droits, et totalement autonome vis-à-vis de Dieu. Vis-à-vis de Dieu et de sa Révélation, de ses lois, de ses propositions, elle est absolument indépendante. Elle se suffit à elle-même. Elle possède en soi ses principes, sa loi, sa fin. Elle est à elle-même son propre monde. Elle est son propre « Dieu ». Là est le fondement de la doctrine révolutionnaire de la souveraineté de l’homme, incarnée dans la souveraineté du peuple. Le peuple est sa propre loi qui est définit comme « l’expression de la volonté générale ». La nature est à elle-même son propre « trésor ». Il n’y a que celui-là qui compte.

On ne peut imaginer opposition plus radicale avec le Christianisme.

Pour le Christianisme, Dieu lui est tout. Le Christianisme, c’est Dieu révélé en ses mystères , confiés à l’Eglise pour leurs gardes et leurs diffusions, proposés à la foi. San être contre la raison, loin de là, ils sont l’objet de la foi.

Le christianisme dans son essence est tout surnaturel, ou plutôt c’est le surnaturel même en substance et en acte. Dieu se révèle à mon intelligence. Je reçois la foi, le mystère. Le christianisme, c’est Dieu surnaturellement révélé et connu. Mais c’est aussi Dieu surnaturellement aimé et servi, surnaturellement donné, goûté et possédé : c’est tout le dogme, toute la morale, tout le culte et tout l’ordre sacramentel chrétien. La nature y est indispensable, - La grâce ne supprime pas la nature -, mais elle y est partout dépassée, surélevée. Le Christianisme c’est la déification de la nature créée. « Vous êtes fils de Dieu ». Telle est la volonté de Dieu. « A tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu ; à ceux qui croient en son nom, qui ne sont pas nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu ». (Prologue de saint Jean)

Or le naturalisme nie tout cela. Il le nie comme nécessaire et obligatoire. Dès lors le Christianisme, aujourd’hui, pour nos hommes politiques, est une usurpation et une tyrannie. Le naturalisme est ainsi un pur antichristianisme. Il nie qu’il y ait des dogmes, qu’il puisse y en avoir. Ainsi le naturalisme nie que Dieu soit « révélateur ». Il l’élimine du monde et de la création. C’est pourquoi le Concile du Vatican I affirme que le naturalisme « est en tout point en opposition à la religion chrétienne » et que sa secrète intention, son besoin essentiel, sa passion obstinée, et, dans la mesure où il y réussit, son œuvre réelle, c’est de détrôner le Christ et de la chasser de partout : ce qui sera la tache de l’antéchrist et ce qui est l’ambition suprême de Satan.

Ne voyez nulle part ailleurs la raison de l’expulsion des religieux, des jésuites, des bénédictins de nos monastères de notre sol français, à la fin du 19 siècle et au début du 20ème. C’est ainsi que Dom Guéranger, vers la fin de sa vie, dut quitter son monastère de Solesmes par lui restauré….l’exil des Chartreux…

La loi de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la spoliation des biens de l’Eglise, pour en affaiblir l’heureuse influence, l’extension du laïcisme dans les écoles, dans nos écoles catholiques par l’acceptation de la loi Debré, en 1958, ce sont les œuvres du naturalisme politique. . Quel mal terrible cette loi de Michel Debré n’a-t-elle pas faite dans notre France Chrétienne. J’affirme que la loi Debré est à l’âme française ce que la loi Weill est à nos enfants à naître : une loi de mort.

Le dernier mot du naturalisme, c’est de chasser NSJC de partout. Il s’agit de l’exclure de la pensée et de l’âme des hommes, de le bannir de la vie publique et des mœurs des peuples, pour substituer à son règne ce qu’on appelle le pur règne de la raison ou de la nature.

Ainsi face à ce naturalisme, ne craignons pas d’opposer l’enseignement de l’Eglise qui nous enseigne que Dieu, par un acte libre de son amour a établi un lien transcendant entre notre être et le sien. « Nous sommes fils de Dieu ». Nous disons qu’un pareil lien n’était pas nécessaire en soi, qu’il n’était commandé par aucune exigence de notre être, qu’il est du à la charité immense, la libéralité gratuite de Dieu envers sa créature. Nous proclamons que ce lien, par suite de la volonté divine, est devenu obligatoire et nécessaire ; qu’il subsiste éminemment en Jésus-Christ et qu’il subsistera éternellement en Jésus-Christ, Dieu et homme tout ensemble, nature divine, nature humaine toujours distinctes mais irrévocablement unies en sa personne. Nous ajoutons que ce lien doit s’étendre, de la volonté même de Dieu, à tous les hommes dont le Christ est le chef. - Il est la Tête de son corps - et qu’aucun être moral, soit individuel et particulier, soit public et social, ne peut le rejeter ou le rompre sans manquer à sa fin et par conséquent sans se nuire mortellement à lui-même. Telle est la substance même du Christianisme.

Ce lien, c’est l’ordre, c’est le salut. Sa rupture, son rejet, c’est le désordre, c’est la ruine temporelle et éternelle. C’est notre France aujourd’hui.

Mais grâce à vos belles familles, grâce à l’éducation que vos enfants y reçoivent, - méfiez-vous cependant des écoles dites « libres» - grâce à votre piété, il n’en sera pas toujours ainsi. « Si la France savait son avenir, disait un jour Pie X, elle pavoiserait ». Vivons de cette espérance.

14éme Dimanche après la Pentecôte 2017

« Cherchez d’abord le Royaume de Dieu »

MBCF, faisons court et disons simplement que le « Royaume de Dieu », c’est Jésus lui-même. Oui ! Ce « Royaume de Dieu », dont le thème est si fréquent dans la prédication de NSJC, n’est finalement rien d’autre que Jésus-Christ lui-même et Jésus-Christ c’est la charité, n’est rien d’autre que la charité. Si bien que « chercher d’abord le royaume de Dieu » c’est d’abord chercher NSJC. C’est essentiellement chercher l’amour de Dieu, c’est vivre de l’amour de Dieu, c’est désirer aimer Dieu. « Aimons Dieu » nous serons ainsi les imitateurs de saint Jean l’Evangéliste qui, dans sa première épître écrit : « Nos credidimus caritati quam habet Deum in nobis » (I Jn 4 16) ; « Nous, nous avons cru à l’amour que Dieu a eu pour nous » et nous l’avons suivi. On sent, en lisant ces mots de saint Jean le tressaillement de l’âme du disciple que Jésus aimait. Tressaillement de joie devant l’amour divin. C’est un vrai cri de triomphe qui s’échappe du cœur de Jean le bien aimé : « Moi je crois à l’Amour de Dieu pour moi ».

Tous les saints ont eu cet émerveillement devant la découverte de ce « trésor », devant cet Amour extraordinaire de Dieu.

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus en fut elle aussi toute émue. C’est sa foi à l’Amour divin, qui est le fond de son âme. C’est sa doctrine, son secret. L’amour divin est le principe et le terme de la perfection thérésienne, non seulement de sainte Thérèse, mais de tout christianisme. Son amour porté à cet amour divin c’est tout sainte Thérèse. Elle dit un jour : « Je n’ai jamais donné à Dieu que de l’amour ».Elle répétait sans cesse : « J’ai tout dit, c’est l’amour seul qui compte ».

Et pour en vivre, il n’est pas nécessaire d’être au fond de son couvent…On peut en vivre dans le monde, au cœur de sa famille, en langeant son enfant. Un jésuite, directeur spirituel, disait un jour à une mère de famille : « en langeant votre enfant, adorez la Trinité Sainte en son cœur ». Merveilleux acte d’amour silencieux de la mère de famille. « J’ai tout dit, c’est l’amour seul qui compte ». Et Thérèse disait cela parce que d’abord elle a cru à l’amour de Dieu pour elle. Et l’on voit saint François parcourir la campagne d’Assise criant : « l’amour n’est pas connu. L’amour n’est pas aimé ». « Credidimus caritati » : nous avons cru à la charité, disait saint Jean. Saint Thérèse aussi. C’était aussi la devise épiscopale de Mgr Lefebvre.

Se savoir aimé, être assuré et porter en soi la certitude d’être aimé par Dieu tout puissant, croire fermement, croire de foi divine à l’amour de Dieu : voilà la condition Ière, nécessaire de tout commerce véritable entre l’âme et Dieu. Et croyez-vous qu’il en aille différemment dans les choses humaines, dans les relations familiales, dans les affaires conjugales…L’amour est le cœur de tout. L’enfant a besoin de le voir, de le savoir, les époux aussi. Il en est de même dans les relations avec Dieu. Voilà pourquoi l’amour de Dieu pour nous, c’est la grande révélation de l’Evangile, c’est le « trésor » par excellence du Nouveau Testament. C’est la révélation de saint Jean. C’est le cri de saint Jean : « Deux caritas est ». « Dieu est charité ».(I Jn 4 16). Le Bon Dieu se présente à nous comme le « Père », « Notre Père », comme le plus aimant des Pères, « comme l’amour paternel et l’amour paternel porté à sa plus haute puissance », « le Père…de qui toute paternité tire son nom au ciel et sur la terre » (Eph 3 14-15).

La foi à l’amour de Dieu pour nous, la foi à l’amour de Dieu, notre Père doit être l’atmosphère où nous devons vivre, que nous devons respirer et dans lequel nous devons grandir, comme l’enfant dans sa propre famille, au milieu de ses père et mère….Et l’enfant, qui en douterait un instant, serait le plus malheureux des enfants

C’est de la foi en la charité de Dieu que doit germer notre vie spirituelle, notre joie, notre confiance, notre abandon, le saint abandon, notre humilité.

Ces vertus si simples et tellement évangéliques sont comme les fruits de la foi toute simple que nous portons à l’amour du Bon Dieu.

Oui ! Je dis bien et ne me rétracterai pas : je dis bien que la joie germe dans une âme, de la certitude d’être aimé de son Dieu et Seigneur.

Oui ! Je dis bien que la confiance, malgré toutes les misères de notre âme, jaillit de l’amour que nous portons à Dieu parce que, le premier, Il nous aime.

Il en est ainsi des autres vertus : de l’humilité, de l’abandon. Oui ! Le grand privilège d’une âme est de sa savoir infiniment aimé, aimé d’un amour paternel par Dieu notre Père.

« Credidimus caritai » : c’est la devise épiscopale de Mgr Lefebvre. Nous avons cru à la charité. Voilà notre foi. « Credidimus ». Nous devons nous croire infiniment aimés de Dieu.

Nous devons répondre à cet appel de l’Amour par un élan, un désir tout simple d’aimer. Nous devons marcher sans souci, sans inquiétude, dans la lumière de cette clarté : tout s’éclaire, doit s’éclairer pour nous dans cette foi toute simple, tellement évidente : la charité de Dieu. Cette charité de Dieu, c’est le« trésor », de notre vie. Quelles que soient les difficultés de la vie, cette charité divine est notre guide et notre soutien. Nous n’avons que cette vie pour vivre dans cette foi en l’amour de Dieu. Au ciel, ce sera la vision de gloire.

« Cherchez le Royaume de Dieu ».

C’est donc la foi en l’amour divin qui est la clef de notre vie spirituelle, qui doit être notre principe.

Voilà qui est clair !

Mais la foi à l’Amour, - qui est au principe de note vie spirituelle -, cela ne suffit pas. Il faut ajouter quelque chose. Je crois, non pas seulement à l’Amour, comme le dit Sainte Thérèse, mais elle-même ajoute : « Je crois à l’Amour Miséricordieux ». En effet Dieu nous a aimé non seulement gratuitement, sans mérite de notre part, mais il nous a aimés et nous aime tels que nous sommes, c’est-à-dire misérables et sans tenir compte de nos misères ou mieux et plus exactement, à cause de notre extrême et excessive misère, parce que nous sommes misérables. L’amour de Dieu est miséricordieux. C’est là sa gloire : c’est pour manifester son amour miséricordieux qu’Il a choisi, décrété, créé le monde tel qu’il est, le monde où nous vivons, avec le péché prévu et toutes les misères qui en sont la suite. La gloire de Dieu, c’est que nous croyions à cet Amour-là, à cet Amour purement Miséricordieux.. « Ce qui plait au Bon Dieu dans ma petite âme, écrivait sainte Thérèse, c’est de me voir aimer ma petitesse et ma pauvreté, c’est l’espérance aveugle que j’ai en sa miséricorde ». Voilà ! Gardons bien cela dans notre âme.

« Gardons la foi à l’Amour purement Miséricordieux pour notre absolue misère. Osons entrer en relation avec Dieu avec notre misère. N’oublions pas que Dieu est le Père des miséricordes. C’est le titre qu’il aime. La foi, en nous proposons Dieu comme l’Amour Miséricordieux attire, invite, sollicite notre cœur à oser aimer Dieu. Voilà le trésor de l’Evangile.

Mais oui !c’est comme cela que saint Paul nous le donne à aimer : « Dieu qui est riche en miséricorde et à cause de l’immense amour dont il nous a aimé, lorsque nous étions morts par nos péchés, nous a vivifiés en Jésus-Christ » (Eph 2 4). Et saint Jean lui fait écho : « Cette charité consiste en ce que ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est Lui qui nous a aimés le Ier et qui a envoyé son Fils comme victime de propitiation pour nos péchés » (1 Jn 4 10).

Voilà la foi que l’Evangile demande.

10éme Dimanche après la Pentecôte

 

« Personne, parlant par l’Esprit de Dieu, ne dit anathème à Jésus »

 

Ce sera le thème de notre entretien dominical.

« Personne, parlant par l’Esprit de Dieu, ne dit anathème à Jésus »… Bien au contraire.  Tous ceux qui sont animés de l’Esprit Saint par suite de la réception du baptême, tout baptisé chante avec amour la gloire de son Seigneur et Maître, la gloire de NSJC.

Le « gloria » de notre sainte messe est comme le « compliment » - plus que cela même - que nous adressons à NSJC, tous les dimanches, et le prêtre tous les jours, - et c’est du reste assez à son bonheur. Oui ! Ce « gloria » nous le disons avec le même amour que l’enfant prononce son compliment à sa mère à la fête des mères. Nous le chantons avec amour parce que nous revoyons en cette hymne toutes les vertus du Christ.

Après, en effet, nous être adressés au Père, et avoir chanté sa louange, sa gloire, avoir manifesté notre adoration parce que le Père est « Seigneur, Dieu, Roi du Ciel, Dieu, Père tout puissant » - la vénération est dûe à une personne en raison de sa majesté- Oui ! Après nous être adressé au Père, nous nous adressons au Fils et nous rappelons sa filiation unique, « Domine Fili unigenite » Nous chantons ainsi sa noblesse, sa totale perfection.  Il est Dieu, né de Dieu, lumière née de la lumière. « Domine Deus ». Nous rappelons son œuvre rédemptrice, sa grande œuvre. Et quoi de plus honorifique, de plus  gratifiant que de rappeler à quelqu’un ces nobles actions ! Celui-ci en tire juste fierté ! Il y est donc sensible. «C’est ce que nous  faisons lorsque nous disons à ce Christ, majestueux : « Agnus Dei, Filius Patris ». « Agnus Dei ». C’est, du reste, saint Jean Baptiste, le premier du Nouveau Testament, voilà deux mille ans, qui le présenta ainsi au monde, d’abord à ses propres disciples : « Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui ôte le péché du monde ». Et quelle ne fut pas son admiration amoureuse lorsqu’il a dit : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe, et il s’est reposé sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau, m’a dit : Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et se reposer, c’est lui qui baptise dans l’Esprit Saint. Et moi j’ai vu et j’ai rendu témoignage que celui-là est le Fils de Dieu » (Jn 1 29-34). Nous souvenant  de cet enseignement johannique, nous prononçons cet « Agnus Dei », que nous  répéterons avant notre propre communion, avec une infinie reconnaissance, un immense amour, faite d’action de grâce et de confusion. De confusion…Oui !  C’est pourquoi nous disons une strophe plus loin « Vous qui effacez les péchés du monde ayez pitié de nous » et surtout recevez « cette prière », c’est-à-dire ce « miserere nobis » très sincère. Et c’est alors que le baptisé poursuit son chant amoureux et s’élève à la sainteté du Christ Seigneur : « Quoniam tu solus sanctus », « tu solus Dominus », « Tu solus altissimus, Jesu Christe ».

Vraiment celui qui est animé du souffle de l’Esprit Saint ne peut pas ne pas chanter au Seigneur son amour et sa reconnaissance et sa piété… Et tout cela constitue sa piété qu’il exprime, oui !,  dans ce beau chant du « Gloria » de notre belle messe.

Et comment, je vous prie,  pourrait-il dire « anathème à Jésus », celui qui médite l’œuvre du Christ ? Il aurait un cœur bien malade. Il serait bien indigne et serait un triste sire, oubliant la simple reconnaissance. Mais la reconnaissance participe de la justice qui nous fait rendre à Dieu et au prochain ce qui lui est dû. Oui ! Comment pourrait-il lancer « l’anathème » à Celui qui a été fait, par la volonté divine, la « pierre d’angle », la pierre fondamentale, à celui qui est « l’Alpha et l’Omega », « le principe et la fin »,  sur qui tout repose, le salut, notre salut, la vie éternelle, notre vie éternelle, la joie de vivre ici bas et dans l’autre à jamais.

Vraiment saint Paul a raison de dire « Personne, parlant par l’Esprit de Dieu, ne dit anathème à Jésus »…Il ne le peut. Cela ne peut sortir de sa bouche.

Par contre, il n’en est pas de même pour ceux qui ne sont pas animés de l’Esprit Saint et qui refusent même l’Esprit Saint et qui se dressent même contre cet Esprit et qui veulent même lui fait la guerre.

Je veux parler des ennemis de Dieu, du Christ et de son Eglise,

Je veux parler de ceux qui ont la haine au cœur, qui refusent la Révélation surnaturelle de Dieu, qui refusent tout dogme catholique, toute Eglise catholique, qui dressent leur « moi », leur « subjectivité » contre Dieu même et sa loi et son Décalogue, qui affirment donc  leur « autonomie », leur « indépendance » vis-à-vis de Dieu et de sa Révélation,  qui ne veulent et ne croient qu’en un « monde rationaliste », «  naturaliste » qui ont une haine de la religion révélée et de son fondateur  - notre époque marque la conclusion de la plus grande guerre de religion de l’histoire, et ceux qui la font, la font avec un élan toujours plus prégnant et une ardeur renouvelée… alors que ceux qui la subissent – à quelques exceptions près -  la subissent passivement – C’est terrible ! –

Je veux parler de ceux qui invoquent le seul et exclusif « libre arbitre», proposition  maçonnique par essence, alors ceux là peuvent dire volontiers « anathème à Jésus ». Car l’affirmation du libre arbitre exclut, per se, l’existence d’une Vérité objective. « Anathème » alors à Celui qui a dit : « Je suis la Vérité et la Vie ». Si chacun, au titre du « libre examen »,  peut s’enorgueillir d’une vérité qui lui soit propre, l’unique erreur est de soutenir qu’il existe une vérité unique. Alors « Anathème à Jésus », « Anathème à l’Eglise » qui professent cette unique vérité de Dieu.

Je veux parler de ceux qui, en raison de leur  « libre examen », introduisent dans la pensée humaine le « relativisme » sur ce qui est Bien et sur ce qui est Juste. Si le « relativisme » est le vrai, alors sus à toutes autorités naturelles : elles doivent être balayées parce qu’obstacles à l’affirmation de mon « moi » et de ma « vérité ». La plus grande aversion sera logiquement réservée à l’Eglise catholique, dépositaire avec son chef, le Pape, du message du Divin Maître qui nie toute autre voie de salut hors Lui, le Christ, appelant voleurs et brigands ceux qui s’étaient jusqu’alors annoncés en Son nom. Oui ! « Anathème à Jésus ». 

Je  veux parler de ceux qui refusent l’axiome chrétien, et qui le nient, à savoir « nulla potestas nisi a deo », ne fondant l’autorité que sur le nombre, ceux-là, oui ! vont lancer l’« anathème à Jésus ». Car ce Jésus les contredit : « Tu n’aurais, Pilate, aucun pouvoir sur moi s’il ne t’avait pas été donné d’en haut ».

Je veux parler de ceux qui ont élaboré tout un plan de domination de l’homme sur l’homme en dehors de tout le plan divin, et qui inclut l’avortement et demain l’euthanasie, alors ceux-là ont déclaré la guerre au Christ et à son Eglise, ont déclaré « anathème à Jésus », Lui qui est l’auteur de la Vie.

Je veux parler de ceux qui, dans le secret des loges maçonniques constituent une « hiérarchie occulte » qui veille à la réalisation de ce plan dit « humaniste » , pour ne pas dire de « carnalisation de l’homme» ; ils veillent à la transmission de ce « dépôt » qui a pour but d’asservir l’humanité à la « potestats tenebrarum », - et ne cherchez pas ailleurs que là, le développement des « gay pride » et autres réunions de « Rock hard »… alors ceux-là dans leurs convents, lancent « anathème à Jésus ».

Je veux parler, en un mot, des personnes  qui constituent cette « contre-Eglise » tendant à s’approprier même toute valeur religieuse et politique. - Et les journées répétées d’Assise ne seraient peut-être pas étrangères à ces plans cachés…Car l’instauration d’une religion mondialiste fait bien parti de leur programme…

Je veux parler de la Révolution qui est la finalité de cette « Contre-Eglise » et qui a, comme le dit Mgr Gaume, « la haine de tout ordre que l’homme n’a pas établi et dans lequel il n’est pas roi et Dieu tout ensemble ». Révolution qui est «  la proclamation des droits de l’homme sans souci des droits de Dieu ». Qui est « la  fondation de l’état religieux et social sur la volonté de l’homme au lieu de la volonté de Dieu ». Qui est « Dieu détrôné et l’homme a sa place (l’homme devenant à lui-même sa fin). Mais c’est là une œuvre essentiellement satanique. Voilà pourquoi cette Révolution, c'est-à-dire ce renversement de tout l’ordre divin, a la haine de Jésus, et ne peut dire qu’ « anathème à Jésus ». Elle est nourrie d’un acharnement inlassable contre l’œuvre du salut et de restauration du Verbe incarné. Détruire son œuvre sera son but. Cette Révolution a donc la haine de l’ordre chrétien. Elle s’en prendra au Christ. Et à son Eglise. Jules Ferry dira : « mon but est d’organiser l’humanité sans Dieu ». Clemenceau dira dans le même sens : « Depuis la Révolution, nous sommes en révolte contre l’autorité divine et humaine » ou encore : « Rien ne sera fait dans ce pays tant qu’on n’aura pas changé l’état d’esprit qui y a introduit l’autorité catholique ». La République s’y emploie… Viviani disait : « Nous ne sommes pas seulement en présence des congrégations, nous sommes en face de l’Eglise Catholique pour la combattre, pour lui livrer une guerre d’extermination ».

« Anathème à Jésus ». « Anathème » ? Qu’est-ce à dire  sinon « excommunication ». Jeter, mettre hors la communion. « Anathème à Jésus ». Qu’il ne règne plus sur nous. Nous ne voulons plus de son Règne. Qu’Il soit hors la loi, hors de toutes nos  société.

On ne peut que se souvenir avec joie des paroles que Benoît XVI adressait aux jeunes aux JMJ de Madrid : « bâtissez votre vie sur le fondement solide qu’est le Christ. Cette sagesse et cette prudence guideront vos pas, rien ne vous fera trembler et la paix régnera dans votre cœur. Alors, vous serez heureux, contents, et votre joie se communiquera aux autres. Ils se demanderont quel est le secret de votre vie et ils découvriront que le roc qui soutient tout l’édifice et sur lequel s’appuie toute votre existence est la personne même du Christ, votre ami, frère et Seigneur, le fils de Dieu fait homme, qui donne consistance à tout l’univers. Il est mort pour nous et il est ressuscité pour que nous ayons la vie et, à présent, depuis le trône du Père, il demeure vivant et proche de tous les hommes, veillant continuellement avec amour sur chacun de nous ».

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