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3ème dimanche de Carême 2017

Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent

MBCF,

En ce Carême 2017, de dimanche en dimanche, nous essayons de scruter, du regard de la foi, le plan divin, son plan de salut.

Nous savons que ce plan salvifique se concentre essentiellement en son Fils unique, NSJC. Il est notre Sauveur. « Un Sauveur vous est né », chantent les Anges lors de la Nativité.

C’est le Sauveur, le Christ Seigneur, que prend en ses mains le prophète Siméon. Il l’affirme sous l’inspiration du Saint Esprit, dans son si beau chant, son « Nunc dimittis » : « Mes yeux ont vu votre salut que vous avez préparé devant tous les peuples ».

C’est ce qu’annonce aussi Notre Dame, dans son Magnificat : « Mon âme glorifie le Seigneur et mon esprit trésaille de joie en Dieu, mon Sauveur ».

C’est ce qui fit l’objet de la première prédication chrétienne, face au monde, celle de saint Pierre : « Ce Jésus est la pierre rejetée par vous de l’édifice et qui est devenue la pierre angulaire. Et le salut n’est en aucun autre».

Oui ! disions nous, le salut, c’est le Christ.

Nous l’acclamons. Nous le croyons. Nous le confessons.

Cette confession fait notre joie. Et cette joie est fondée sur l’espérance de la vie glorieuse. Elle nourrit notre charité. La confession du salut en le Christ fera notre gloire et notre béatitude, raison de notre plus grand amour.

Ce fut l’objet de notre première prédication de Carême.

La seconde prédication porta, il vous en souvient, sur la manière de posséder ce salut : « que faire pour posséder ce salut » ? Et nous avions conclu notre prédication sur la question angoissante de ce jeune homme abordant NSJC : « Que dois-je faire pour posséder la vie éternelle ». La réponse donnée par NSJC était claire : « pratique les commandements ». Je m’étais permis, avec beaucoup d’audace, certainement, comme si vous ne les connaissiez pas, de vous rappeler ces 10 commandements et d’ajouter un bref mot d’explication.

La réponse était générale, globale. C’était l’objet de notre deuxième prédication de Carême.

Ici, dans ce 3ème dimanche de Carême, NSJC, dans son Evangile, va affiner un peu sa réponse. Et saint Paul, de son côté, va l’expliciter encore.

Mais concentrons d’abord notre attention sur l’Evangile du Christ, non pas tant sur la discussion concernant les démons, mais surtout sur la finale, la conclusion: « Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent », « Qui audiunt verbum Dei et custodiunt illud ».

Il guérit une personne possédée d’un démon muet. Au lieu d’être dans l’admiration, du moins dans l’étonnement, les responsables du Sanhédrin restent dans la contestation. Le peuple, lui, est admiratif et du milieu de la foule une femme élève la voix et lui dit: « Heureux le sein qui vous a porté et les mamelles qui vous ont allaité ». Jésus, du tac au tac, répond : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent », « audiunt verbum Dei et custodiunt illud ».

Voilà une belle réponse. Il faut l’approfondir.

Ce fut la même affirmation ou presque que Jésus donna à cet homme qui lui disait un jour que sa mère, ses frères, ses cousins, son « parentage », était dehors et voulaient lui parler. Saint Luc nous le raconte en son évangile : «  La mère et les frères de Jésus vinrent le trouver, mais ils ne purent pénétrer jusqu’à lui à cause de la foule. On vint lui dire : « Votre mère et vos frères sont là dehors et ils désirent vous voir. Il leur répondit : Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu – audiunt verbum Dei et faciunt -et la mettent en pratique ».

C’est la même pensée. Il nous faut entendre la parole de Dieu et la garder « custodire » ou la pratiquer « facere ». Et si nous  écoutons cette parole de Dieu, si nous la gardons ou la pratiquons, NSJC nous promet la béatitude. On peut le croire. Il est la Parole de vérité. Voilà qui est clair : « écouter et faire, accomplir la parole de Dieu, voilà la condition et la cause de la béatitude. »

Ce fut l’attitude de Notre Dame toute sa vie. C’est cette attitude que NSJC ici nous donne en exemple. Ce qui caractérise Notre Dame, c’est précisément qu’elle entendit la parole de Dieu et la fit, la pratiqua, la garda.

Elle entendit la parole de Dieu, la parole de l’ange. Elle ne fut ni sourde, ni indifférente, mais au contraire attentive. Elle scruta les paroles divines. Elle réalisa de fait tous les sens du verbe « audire ». Ce verbe veut dire « entendre », « écouter », « être attentif  à », « être disciple de », « juger », « suivre » un enseignement alors qu’on est disciple, « exaucer », « approuver », « accorder », « être docile à », « écouter », « obéir ». Il faut se souvenir de la merveilleuse scène de l’Annonciation : l’ange étant entré où la Vierge était, lui dit : « Je vous salue pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes ». Mais « Marie fut troublée de ces paroles ». Ce trouble marque son attention, l’attention qu’elle porta à la parole de l’ange. « Ne craigniez point…Voici que vous concevrez en votre sein et vous enfanterez un fils et vous lui donnerez le nom de Jésus… » Marie écoute, scrute la pensée de l’ange…Mais comment cela se fera-t-il puisque je désire garder la virginité. L’ange lui dit : « la vertu du Très Haut vous couvrira de son ombre. C’est pourquoi le fruit saint qui naîtra de vous sera appelé Fils de Dieu ». Alors sonne sa réponse docile : elle donne son consentement : « « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole ». Elle est docile à la parole de l’ange. Après l’avoir écouté, elle obéit promptement.

Telle doit être notre attitude devant la parole de Dieu. D’abord l’écouter, l’entendre.

Mais quelle est-elle ? Où est-elle ?

Cette parole de Dieu nous a été donnée par le Christ. Elle a été donnée aux disciples, aux Apôtres. Tous ont fondé des églises, les églises apostoliques. Ils leur ont laissé leur enseignement qu’ils ont reçu du Christ, et le Christ de Dieu, Et c’est ainsi que cette parole de Dieu confiée aux églises fondées par les Apôtres, je me dois de l’entendre, de l’écouter, de la servir, d’y être fidèle, être fidèle à l’enseignement des églises apostoliques et principalement à l’église romaine, celle qui est fondée sur Pierre, puisque Pierre est l’Apôtre sur lequel Jésus a voulu fonder son Eglise. «  Tu es Pierre et sur cette Pierre je bâtirai mon Eglise ». C’est pourquoi je dois « écouter », « entendre » « comprendre », d’abord l’enseignement de ces églises. « Entendre » l’enseignement apostolique, la tradition apostolique. Où trouver la vérité de Dieu sinon dans l’enseignement du Christ Seigneur. Mais où trouver l’enseignement du Christ Sauveur, sinon en ceux à qui le Seigneur l’a révélé. Mais à qui l’a-t-il révélé sinon à ses disciples. Je pose donc comme principe que je dois recevoir, entendre, écouter, être docile à la vérité apostolique, au Credo de Pierre, résumé dans le Credo de Nicée. C’est là que je trouve nécessairement, que j’entends la vérité apostolique qui est la vérité du Christ qui la vérité de Dieu.

« Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent » ou « qui la font ». C’est ce que fit Notre Dame. C’est ce que fit Saint Joseph, toujours. Lui aussi, notre modèle, il accomplit tous les sens du verbe « custodire ». Ce mot veut dire : « garder », « prendre garde à », « veiller à », « observer », « se conformer à », « être fidèle à ».

Si j’observe les actes qu’il accomplit et qui me sont rapportés par l’Evangile de saint Mathieu, je vois qu’il en est bien ainsi.

Comme il voulait éloigner discrètement Notre Dame lors qu’il vit qu’elle était enceinte, comme il était dans ces pensées, l’ange lui apparut en songe et lui dit : « ne crains point de prendre avec toi Marie ton épouse, car ce qui est formé en elle est l’ouvrage du Saint Esprit. Et elle enfantera un fils et tu lui donneras le nom de Jésus ; car il sauvera son peuple de ses péchés…Réveillé de son sommeil, Joseph fit ce que l’ange du Seigneur lui avait commandé : il prit avec lui Marie son épouse », ne la connut pas…et lorsque l’enfant naquit, « il lui donna le nom de Jésus ». « Il fit ce que l’ange lui avait commandé » - « fecit sicut praecepit ei angelus Domini » -. Il n’y a pas de velléitaire dans la maison du Seigneur.

Après la venue et l’adoration des mages et leur départ, voilà que de nouveau l’ange du Seigneur apparut à Joseph, et toujours dans son sommeil, lui dit : « Lève-toi, prends l’enfant et sa mère, fuis en Egypte et restes-y jusqu’à ce que je t’avertisse ; car Hérode va chercher l’enfant pour le faire périr ». « Joseph se leva et la nuit même, prenant l’enfant avec sa mère, il se retira en Egypte ». Il observe la parole de l’ange. Il s’y conforme, il y est fidèle. Il peut ainsi garder le trésor divin, le prendre en garde,  veiller sur lui. Il est le « custos sedule Christi ». Mais une troisième fois, s’observe sa fidélité à la mort d’Hérode. L’ange du Seigneur l’en avertit et lui dit qu’il peut retourner « en terre d’Israël », ce qu’il fit.

Voilà ce que nous révèle l’Ecriture Sainte sur saint Joseph, sa garde de la parole de Dieu et son service.

Soyez donc les imitateurs de Notre Dame, soyez donc les imitateurs de saint Joseph dans l’audition et la garde de la parole de Dieu et de sa sainte volonté.

C’est ce que nous dit solennellement saint Paul. Mais plus encore, il ajoute un degré encore : « Soyez les imitateurs de Dieu » et « marchez dans l’amour, comme le Christ qui s’est livré lui-même pour nous à Dieu comme une oblation et un sacrifice d’agréable odeur ».

C’est par amour en effet pour son Père et pour nous que Notre Seigneur a accompli, a réalisé la volonté salvifique de Dieu le Père. « Je viens O Dieu ! faire votre volonté ». Tel est le cri que Notre Seigneur prononça en entrant dans le monde. Tel est ce qu’il dit au jardin de Gethsémani. « Que votre volonté soit faite » : « Non ma volonté mais la votre ». C’est dans la plus parfaite obéissance au commandement de son Père que Notre Seigneur Jésus-Christ accomplit son sacrifice et réalisa le plan salvifique de Dieu.

Ainsi celui qui accomplit la volonté de Dieu, celui qui vit selon ses commandements, connaît la béatitude, nous l’avons dit plus haut. Celui qui ne l’accomplit pas « n’a pas d’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu », C’est ce que nous dit en conclusion saint Paul. Imitons la Vierge Marie, imitons saint Joseph, imitons NSJC dans l’audition et la garde de la volonté de Dieu pour connaître, un jour, la béatitude, ici et dans l’au-delà.

2ème dimanche de carême 2017

Que faire pour obtenir le salut, la vie éternelle ?

MBCF,

Dimanche dernier, partant de l’acclamation qui ouvre le temps de Carême « Voici maintenant le jour du salut », nous avons médité sur ce salut.

Nous nous sommes posés plusieurs questions

Quel est ce salut ?

En quoi consiste-t-il ?

Quel est-il ? Quel son objet ?

Qui est-il ? Quel est celui qui l’apporte et l’accomplit ?

Que faut-il faire pour l’obtenir ?

Et nous avons répondu que « ce jour du salut » c’est le jour de la Nativité du Seigneur. Et que ce salut, tant désiré, est le Christ.

Nous avons fondé notre réponse sur les affirmations de l’Ecriture, la parole de Dieu et nous avons invoqué le témoignage des Anges le jour de la Nativité s’adressant aux bergers. Nous avons invoqué le chant de Notre Dame en son Magnificat., le chant merveilleux de Zacharie, son Benedictus que l’Eglise fait reprendre tous les jours dans le bréviaire du prêtre,  sa prière ecclésiale. Nous avons invoqué la merveilleuse prière de Siméon, le prophète.

Oui le salut, c’est le Christ.

C’est l’affirmation de saint Pierre, en son premier discours après la Pentecôte, devant le Sanhédrin. Il nous en précise l’objet. C’est la rémission de nos péchés. Oh douce consolation pour nos âmes, avons-nous dit.

Mais plus que cela ! C’est le don du ciel, c’est le don de l’éternelle gloire. C’est «  l’héritage conservé dans le ciel pour (nous) », par la puissance divine.

Mais pourquoi tant insister sur ce salut ?

Parce que ce salut,  vécu, contemplé, goûté, est pour nous une source de joie pour l’âme. Il faut y insister en un temps qui sombre dans le matérialisme et le relativisme philosophique où beaucoup sont sans joie, sans raison d’être, sans lendemain ne cherchant que satisfactions matérielles qui ne peuvent satisfaire l’âme en sa quête d’absolu. Les chrétiens ne connaissent pas ce « spleen »….tant ils sont à la recherche du Ciel, du bonheur éternel. C’est cela leur raison d’être. C’est cela qui les motive. Ils vivent dans cette perspective eschatologique. Leur regard – joyeux – est tendu vers le ciel. De même, MBCF, que l’ont reconnu les chrétiens, à Antioche, par leur charité fraternelle  -« Voyez comme ils s’aiment » ! – de même aujourd’hui, le chrétien doit être reconnu par sa joie sur le visage parce que d’abord en son âme,  car il attend, en ce jour de salut, le Seigneur qui vient. Qui vient le sauver et lui ouvre les portes du Ciel.

Nous savons que ce salut a une longue histoire, qu’il est éternel comme Dieu, qu’il commença à être divulgué avec l’histoire d’Abraham : « Je ferai de toi une grande nation », qu’il commença à être précisé avec, par,  les prophètes tout le long de l’Histoire Sainte pour être  consommé en la venue du « Fils de l’homme », NSJC, qui est le seul objet de l’Evangile prêché par les Apôtres. Oh que saint Jean est enthousiaste lorsqu’il écrit dans sa première lettre , que je dois vous rappeler alors que nous parlons du salut : « Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et ce que nos mains ont touché, du Verbe de vie, - car la Vie a été manifestée, et nous l'avons vue, et nous lui rendons témoignage, et nous vous annonçons la Vie éternelle, qui était dans le sein du Père et qui nous a été manifestée -  ce que nous avons vu et entendu, nous nous l'annonçons, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous, et que notre communion soit avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ.  Et nous vous écrivons ces choses, afin que votre joie soit complète ». (I Jn 1 1-4).Nous savons aussi que ce salut apporté par le Christ Seigneur est universel, qu’il concerne tous les hommes de bonnes volonté – « Et paix aux hommes de bonne volonté » chantons-nous  dans notre Gloria in Excelsis Deo – que nul n’en est exclu que par sa propre faute. Juifs, Païens de la Gentilité, du nord au sud, de l’Orient à l’Occident, tout homme est appelé à ce salut, peut connaître ce salut qui n’est en nul autre qu’en NSJC. « Il n’y a pas de nom sous le Ciel que le nom NSJC par lequel nous puissions être sauvé » nous dit saint Pierre et saint Jean en son Evangile à cette merveilleuse parole : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Tout par lui a été fait, et sans lui n'a été fait rien de ce qui existe. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue ».

Ainsi les Gentils, disions-nous,  sont cohéritiers du royaume de Dieu ; ils y entrent, comme les Juifs, avec pleine égalité de droits et de privilèges ; ils sont membres du corps mystique du Christ au même titre que les autres ; ils ont part aux promesses des prophètes ; les bénédictions décernées à la postérité des patriarches les regardent aussi ; les engagements contractés par Dieu envers son peuple les concernent aussi bien que les Juifs auxquels ils paraissaient exclusivement adressés.

 

Oui, le Christ est le salut pour tous. Pour tous, il est   « l’espérance de la gloire ».

Mais que faire pour obtenir ce salut ? Pour marcher sur la voie du salut ? Nous vous disions que ce serait l’objet du sermon de  dimanche prochain. Nous y sommes. Je me dois d’une réponse.

Que faire pour obtenir ce salut ?

La question est d’importance. Il y va de ma vie, de mon éternité. Il y va du bien de mon âme qui est éternelle et qui n’aura pas d’autre incarnation. Il  y va de ma « gloire » puisque nous vous disions que le Christ est «l’espérance de la gloire ».

Oui ! Que faire pour obtenir ce salut et  finalement cette  gloire ?

On peut formuler bien différemment cette réponse. Elles vont toutes tourner autour du Christ.

Il faut recevoir dans notre cœur, dans notre vie,  le Christ, sa personne, son enseignement, son Evangile, ses mœurs, son Eglise. Il faut recevoir, vous dis-je, le Christ Seigneur dans sa qualité de Sauveur, dans sa qualité de Fils de Dieu.  Il faut le recevoir comme la fiancée attend et reçoit son fiancé. Avec amour, attention, joie, empressement, délicatesse.

Il faut s’ouvrir à sa lumière. Il faut s’ouvrir à sa vie, à sa personne.  

Ecoutez tout d’abord Dieu le Père qui se fait entendre aujourd’hui à vos oreilles dans ce récit de la Transfiguration. Que vous dit-il : « Celui-ci est mon Fils bien aimé, en qui j’ai mis toutes mes complaisances. Ecoutez-le ». « Ipsum audite ». Voilà qui est clair. Celui qui veut connaître  le bonheur éternel doit écouter le Fils bien aimé, objet des complaisances du Père. Il doit devenir son disciple. C’est le sens même du verbe « audire » : Ecouter, être attentif à être disciple de, obéir. Voilà le témoignage de Dieu même. Et qui ne suivrez pas la parole de Dieu ? Le Dieu tout-puissant, le Dieu de vérité ? Mais ne pas suivre cette parole solennelle de Dieu, c’est équivalemment faire de Dieu un menteur. A Dieu ne plaise. Ma résolution est prise ! Je veux écouter mon Seigneur et Maître. « Audite Ipsum »

Quel plus beau commentaire pouvons nous trouver de ce passage de notre Evangile que ces phrases de Saint Jean : « Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand ; et c'est bien là le témoignage de Dieu, qui a rendu témoignage à son Fils. Celui qui croit au Fils de Dieu a ce témoignage (de Dieu) en lui-même ; celui qui ne croit pas Dieu, le fait menteur, puisqu'il n'a pas cru au témoignage que Dieu a rendu à son Fils. Et voici ce témoignage, c'est que, Dieu nous a donné la vie éternelle, et que cette vie est dans son Fils.
« Celui qui a le Fils a la vie ; celui qui n'a pas le Fils de Dieu n'a pas la vie ». (1Jn 5  10-12) . Et Saint Jean, toujours lui, conclut ce beau passage en disant : « Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu ».

Voilà, MBCF, une belle  réponse. Pour avoir la vie éternelle, confessons et de bouche et de cœur que le Salut est en le Christ, le Fils de Dieu. « Audite Ipsum », c’est-à-dire faites de son enseignement, votre chartre. Faites de sa charité contemplée, votre charité. Faites de ses commandements, votre loi. C’est-à-dire aimer Dieu, pratiquer ses commandements « car c’est aimer Dieu, nous dit encore saint Jean, que de garder  ses commandements ». Aimez Dieu. Voilà le premier commandement. Aimez son prochain. Voilà un commandement identique au premier. N’invoquez pas en vain le nom du Seigneur. Voilà le second. Souvenez-vous de sanctifier le jour du Seigneur. N’accomplissez pas en ce jour les œuvres serviles qui mettent le corps en action mais pratiquez après l’adoration de Dieu, les œuvres de l’esprit, la lecture, les œuvres spirituelles, l’amitié familiale et sociale. « Honorez père et mère afin de vivre longuement ».  C’est-à-dire cultivez la piété familiale, gardez l’honneur de la famille, de son nom, respectez  son enseignement, les conseils des parents, cultivez le culte des anciens. Voilà pour le quatrième commandement. Ne tuez point. Point d’avortement. Point de pilule mais comme protection, la vertu. « Vous ne serez point adultère ». Voilà pour le sixième. C’est ce que nous rappelle aujourd’hui saint Paul. Point de vol, point de rapine, mais restitution si besoin est. Accomplissez les œuvres de miséricorde. « C’en est assez », comme disait le curé de Cucugniant,  pour le 7ème commandement. Point de faux témoignage contre le prochain. Point de médisance et de calomnie. C’est du vol. C’est voler le bien du prochain, sa réputation à laquelle il a droit. Point de mensonge. C’est odieux. Le vrai est une vertu sociale. La plus belle, peut-être, des vertus. Point de convoitise de la maison du prochain, ni de sa femme ni de son serviteur ni de sa servante, ni de son bœuf, ni de son âne ni rien de ce qui lui appartient. En un  mot, point de concupiscence de toutes sortes.

Voilà notre foi. Voilà nos commandements. Voilà notre charité. Tout cela, pratiqué, nous procure la vie éternelle. « Audite Ipsum » : voilà comment posséder le salut. J’ai ainsi répondu à ma question : « Quoi faire pour posséder la vie éternelle » ?

Mais c’était la question qu’on posa un jour au Seigneur. Un jeune, je crois. Et que répondit Jésus : « observe les commandements » ; Souvenez-vous : « Et voici que quelqu'un, l'abordant, dit : " Maître, que dois-je faire de bon pour  avoir la vie éternelle? " Il lui dit : " Pourquoi m'interroges-tu sur (ce qui est) bon? Un seul est le bon. Que si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. " Il lui dit : " Lesquels? " Jésus dit : " C'est : Tu ne tueras point; tu ne  commettras point l'adultère; tu ne déroberas point; tu ne porteras point de faux
témoignage; honore ton père et ta mère, et  tu aimeras ton proche comme toi-même. "
Nous sommes dans le mille. Ma réponse tombe dans le mille

Vous voulez une autre preuve que ma réponse est exacte? Je vous conduirai à la dernière Cène du Seigneur. Je vous rappellerai son discours, son dernier discours, qui est comme son testament. Qu’a-t-il dit, entre mille belles choses ? Il a dit  ces paroles : « Ayant ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel et dit : "Père, l'heure est venue, glorifiez votre Fils, afin que votre Fils vous glorifie. Puisque vous lui avez donné autorité sur toute chair, afin qu'à tous ceux que vous lui avez donnés, il donne la vie éternelle. Or, la vie éternelle, c'est qu'ils vous connaissent, vous, le seul vrai Dieu, et celui que vous avez envoyé, Jésus-Christ ».Mais je voudrais invoquer, pour ceux qui liront ce sermon, le beau témoignage de Saint Jean dans son Evangile, dans son prologue: « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Tout par lui a été fait, et sans lui n'a été fait rien de ce qui existe. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue.

Le témoignage de Jean le Baptiste
Il y eut un homme, envoyé de Dieu; son nom était Jean. Celui-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui: non que celui-ci fût la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière.
La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde. Il (le Verbe) était dans le monde, et le monde par lui a été fait, et le monde ne l'a pas connu. Il vint chez lui, et les siens ne l'ont pas reçu. Mais quant à tous ceux qui l'ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, Qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu sont nés. Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous, (et nous avons vu sa gloire, gloire comme celle qu'un fils unique tient de son Père) tout plein de grâce et de vérité.
Jean lui rend témoignage, et s'écrie en ces termes: "Voici celui dont je disais: Celui qui vient après moi, est passé devant moi, parce qu'il était avant moi." et c'est de sa plénitude, que nous avons tous reçu, et grâce sur grâce; parce que la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. Dieu, personne ne le vit jamais: le Fils unique, qui est dans le sein du Père c'est lui qui l'a fait connaître.
 Et voici le témoignage que rendit Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des  lévites pour lui demander: "Qui êtes-vous?" Il déclara, et ne le nia point; il déclara: "Je ne suis point le Christ." Et ils lui demandèrent: "Quoi donc! Etes-vous Elie?" Il dit " Je ne le suis point" " Etes-vous le prophète?" Il répondit " Non" ;"Qui êtes-vous donc", lui dirent-ils, afin que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. "Que dites-vous de vous-même?"

Il répondit: "Je suis la voix de celui qui crie dans le désert: Aplanissez le chemin du Seigneur, comme l'a dit le prophète Isaïe."
 Or ceux qu'on lui avait envoyés étaient des Pharisiens. Et ils l'interrogèrent, et lui dirent: "Pourquoi donc baptisez-vous, si vous n'êtes ni le Christ, ni Elie, ni le Prophète?"
 Jean leur répondit: "Moi je baptise dans l'eau; mais au milieu de vous il y a quelqu'un que vous ne connaissez pas, C'est celui qui vient après moi; je ne suis pas digne de délier la courroie de sa chaussure."

Cela se passait à Béthanie, au delà du Jourdain, où Jean baptisait.
 

Le lendemain, Jean vit Jésus qui venait vers lui, et il dit: "Voici l'agneau de Dieu, voici celui qui ôte le  péché du monde. C'est de lui que j'ai dit: un homme vient après moi, qui est passé devant moi, parce qu'il était avant moi." Et moi, je ne le connaissais pas, mais c'est afin qu'il fût manifesté à Israël que je suis venu baptiser dans l'eau."

Et Jean rendit témoignage en disant: "J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe, et il s'est  reposé sur lui. Et moi je ne le connaissais pas; mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit: Celui sur qui tu  verras l'Esprit descendre et se reposer, c'est lui qui baptise dans l'Esprit-Saint. Et moi j'ai vu et j'ai rendu témoignage que celui-là est le Fils de Dieu."

Le lendemain , Jean se trouvait encore là, avec deux de ses disciples. Et ayant regardé Jésus qui passait, il dit: "Voici l'Agneau de Dieu." Les deux disciples l'entendirent parler, et ils suivirent Jésus. Jésus s'étant retourné, et voyant qu'ils le suivaient, leur dit: "Que cherchez-vous?" Ils lui répondirent: "Rabbi (ce qui signifie Maître), où demeurez-vous?
Il leur dit: "Venez et vous verrez." Ils allèrent et virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. Or c'était environ la dixième heure. Or, André, le frère de Simon-Pierre, était l'un des deux qui avaient entendu la parole de Jean, et qui avaient suivi Jésus.
Il rencontra d'abord son frère Simon, et lui dit: "Nous avons trouvé le Messie (ce qui se traduit Christ)." Et il l'amena à Jésus. Jésus, l'ayant regardé dit: "Toi, tu es Simon, fils de Jean; tu seras appelé Céphas (ce qui se traduit Pierre)."
 

Le jour suivant, Jésus résolut d'aller en Galilée. Et il rencontra Philippe. Et Jésus lui dit:"Suis-moi." Philippe était de Bethsaïde, la ville d'André et de Pierre. Philippe rencontra Nathanaël et lui dit: "Nous avons trouvé celui dont Moïse a écrit dans la Loi, ainsi que les Prophètes: c'est Jésus, fils de Joseph de Nazareth." Nathanaël lui répondit: " Peut-il sortir de Nazareth quelque chose de bon?" Philippe lui dit: "Viens et  vois." Jésus vit venir vers lui Nathanaël, et dit en parlant de lui: "Voici vraiment un Israélite, en qui il n'y a nul  artifice."
Nathanaël lui dit: "D'où me connaissez-vous?" Jésus repartit et lui dit: "Avant que Philippe t'appelât, lorsque tu étais sous le figuier, je t'ai vu." Nathanaël lui répondit: "Rabbi, vous êtes le Fils de Dieu, vous êtes le Roi d'Israël." Jésus lui repartit: "Parce que je t'ai dit: Je t'ai vu sous le figuier, tu crois! Tu verras de plus grandes choses que celle-là." Et il ajouta: "En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez désormais le ciel ouvert, et les anges de Dieu  montant et descendant sur le Fils de l'homme."

Comment mieux  illustrer, expliquer ma réponse à la question : « Que faire pour posséder le salut, la vie éternelle » que ce beau passage de saint Jean.

Les Apôtres trouvèrent le Christ, le suivirent et se reposèrent en lui.  Cela leur a suffi !

Prédication pour le dimanche de la Sexagésime 2017

La sainte Église nous présente dans l’office de ce dimanche l’histoire de Noé. Elle va même nous en parlé toute la semaine. Et toutes les lectures de ce dimanche de la Sexagésime,  va illustrer cette histoire.

Dieu voyant que la malice des hommes était grande sur la terre, dit à Noë : « J’exterminerai l’homme que j’ai créé. Fais-toi une arche de bois résineux – ce bois symbolise déjà le bois de la Croix.  Ce bois sera sauveur, comme l’arche de bois résineux le fut pour le genre humain au temps du déluge.  J’établirai mon alliance avec toi et tu entreras dans l’arche » Et la pluie tomba sur la terre pendant quarante jours et quarante nuit. L’arche flottait sur les eaux. Tous les hommes « furent emportés comme des fétus de paille dans le tourbillon des eaux ». Et il ne resta que Noë et ceux qui étaient avec lui dans l’arche.

Dieu se souvint de Noë et la pluie cessa. Noë ouvrit alors la fenêtre de l’arche et il lâcha une colombe qui revint avec une branche d’olivier toute fraiche. Et Noë comprit que les eaux ne couvraient plus la terre. Et Dieu lui dit : « Sors de l’arche, et multiples-toi sur la terre. Et Noë éleva un autel et il offrit un sacrifice d’agréable odeur à Dieu. Et l’arc en ciel apparut comme un signe de réconciliation entre Dieu et les hommes.

Ce récit, MBCF, se rapporte évidemment au mystère pascal que nous fêterons au terme de notre Carême.

Voyons cela de près.

C’est le bois  de l’arche de Noë qui sauva le genre humain et c’est celui de la Croix, - je vous l’ai dit plus haut pour vous permettre de suivre plus facilement le  cheminement  de ma pensée - qui sauve à son tour le monde. L’hymne de la Passion nous fait chanter en effet : « seule, dit l’Eglise en parlant de la Croix, tu as été trouvé digne d’être pour le monde naufragé, l’arche qui mène au port ». La porte ouverte sur le côté de l’arche est une figure du mystère de la rédemption. En effet sur la Croix Jésus eut bien le côté ouvert et de ce côté ouvert, porte de vie,  sortirent les sacrements qui donnent la vraie vie surnaturelle aux âmes. Le sang et l’eau qui en sortirent sont les symboles de l’Eucharistie et du baptême, symbole de vie. « celui qui mange mon corps et boit mon sang a la vie éternelle » ; « celui qui renait de l’eau et de l’esprit, a la vie éternelle ».  La porte ouverte du côté de l’arche est donc bien un symbole de la rédemption opérée par le Christ… Et la branche d’olivier que ramène la colombe montre la paix, la nouvelle alliance que Dieu veut conclure avec son peuple.  « Une colombe vint annoncer la paix rendue à la terre par le rameau d’olivier, symbole de la Nouvelle alliance que Dieu a conclu avec les hommes en le sang de Son Fils Notre Seigneur.  « Vous avez voulu, dit l’Eglise qu’une colombe annonçât par une branche d’olivier la paix à la terre ». Et cette paix n’est-elle pas professée lors de la célébration de la Messe : « Pax Domini sit semper vobiscum ». Oui ! Ce sang rédempteur scelle la réconciliation des hommes avec Dieu. et nous l’affirmons dans la consécration du vin au sang du Christ : Novi et aeterni testamenti »

Noë, vous le voyez par l’histoire elle-même, ici rappelée est le père de toute une nouvelle postérité. C’est le rôle prodigieux que Dieu lui a donné. Il est le symbole de la vie renaissante. Il est a noter que l’arche est appelé par les Pères (saint Ambroise) « seminarium » littéralement l’endroit qui contient la semence de vie qui doit remplir le monde et lui redonner vie. Ce n’est pas pour rien que nos maisons de formations sacerdotales sont appelés « sémianires ». Là, les séminaristes apprennent la « parole du Chris pour aller la prêcher et ré »générer le genre humain. Pas moins. Mais cela ! On comprend aisément  aussi que Noë soit la plus belle figure du Christ dans sa fonction rédemptrice.  De fait le Christ est le nouvel Adam qui peupla le monde d’une génération nouvelle d’âmes croyantes et fidèles à Dieu grâce à  sa parole. Et cette génération nouvelle se fait par la parole, le Verbe, par la prédication. Il prêcha le Royaume dans toute la Palestine. « Le royaume de Dieu est annoncé aux pauvres, dira-t-il  aux disciples de Jean-Baptiste, envoyés auprès de lui pour savoir s’il était bien le Messie.

Et c’est pourquoi nous avons ce choix de l’Epitre qui nous rappelle le travail missionnaire de saint Paul. C’est par sa parole, semence de Vie, que le royaume de Dieu s’est étendue de par le bassin méditerranéen. Et «il nous apprend à quel prix les hommes apostoliques ont semé la divine Parole dans les champs arides de la gentilité, et opéré la régénération chrétienne » (Dom Guéranger).

Et c’est pourquoi nous avons aussi le choix de cet Evangile sur la semence, parole de Dieu qui tombe en terres variées, dans des cœurs différemment disposés. Selon ce cœur, selon cette terre, cette semence de vie peut « porter cent pour un ». Cette génération nouvelle, oui !  c’est la Parole de Dieu, semence de vie, qui la suscite. « C’est cette parole  qui produit ces heureux enfants dont parle le Disciple bien-aimé, « qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu même. » Efforçons-nous d’entrer dans cette famille, et, si nous en sommes déjà membres, gardons chèrement notre bonheur. Il s’agit, dans ces jours, d’échapper aux flots du déluge, de chercher un abri dans l’arche du salut ; il s’agit de devenir cette bonne terre dans laquelle la semence fructifie au centuple. Songeons à fuir la colère à venir, pour ne pas périr avec les pécheurs, et montrons-nous avides de la Parole de Dieu qui éclaire et convertit les âmes » (Dom Guéranger).

Le Christ Seigneur donna lui-même le sens de cette parabole. Nulle explication est nécessaire. Mais  décidons  de « recevoir en bonne terre la semence céleste qui tombe sur nous. Combien de fois jusqu’ici ne l’avons-nous pas laissée fouler aux passants, ou enlever par les oiseaux du ciel ? Combien de fois ne s’est-elle pas desséchée sur le rocher de notre cœur, ou n’a-t-elle pas été étouffée par de funestes épines ? Nous écoutions la Parole ; elle avait pour nous un certain charme qui nous rassurait. Souvent même nous la reçûmes avec joie et empressement ; mais, si quelquefois elle germait en nous, sa croissance était bientôt arrêtée. Désormais, il nous faut produire et fructifier ; et telle est la vigueur de la semence qui nous est confiée, que le divin Semeur en attend cent pour un. Si la terre de notre cœur est bonne, si nous avons soin de la préparer en mettant à profit les secours que nous offre la sainte Église, la moisson sera abondante au jour où le Seigneur, s’échappant vainqueur de son sépulcre, viendra associer ses fidèles croyants aux splendeurs de sa Résurrection » (Dom Guéranger).

Ranimés par cette espérance, et pleins de confiance en celui qui daigne ensemencer de nouveau une terre si longtemps rebelle à ses soins, chantons avec l’Église, dans l’Offertoire, ces belles paroles du Roi-Prophète par lesquelles l’Église demande pour nous la fermeté et la persévérance : Affermissez mes pas dans vos sentiers, afin que mes pieds ne soient pas chancelants ; inclinez votre oreille, et exaucez mes paroles. Montrez vos miséricordes, ô vous, Seigneur ! qui sauvez ceux qui espèrent en vous ».

Prédication pour le 4ème dimanche après l’Epiphanie

« Adorez Dieu, vous tous ses Anges, Sion a entendu et s’est réjouie et les filles de Juda ont tressailli de joie »

 

Il me plait, MBCF, en ce quatrième dimanche après l’Epiphanie d’arrêter ma réflexion sur ce beau verset du Psaume 96 qui constitue le chant de l’Introït: « Adorez Dieu, vous tous ses Anges, Sion a entendu et s’est réjouie et les filles de Juda ont tressailli de joie ». L’adoration due à Dieu en est l’objet, sa louange, sa bénédiction.

 

Voilà exprimée, MBCF, une dimension essentielle de toute existence, une dimension essentielle de toute vie. Saint Ignace le confesse dans ses exercices spirituels : « l’homme a été créé pour louer, honorer et servir Dieu et par ce moyen, sauver son âme ». Saint Ignace établit une relation ontologique entre l’adoration et le salut, entre l’adoration et la vie éternelle. C’est en dire l’importance. La vie éternelle s’obtient par la louange pratiquée !

Prenons-y garde.

Le « monde » oublieux de Dieu, de sa grandeur et de sa majesté, ne vit plus dans la louange de Dieu. Il ne connaît plus la transcendance de Dieu. Il est « focalisé » par lui-même et son seul univers, le « moi », l’ « ego ». Le « moi » est la seule valeur qu’il recherche, qu’il aime, qui a tout son intérêt. Le « monde » moderne vit dans un « anthropocentrisme » formidable, sclérosant, réducteur, atrophiant. Et s’il utilise les concepts religieux, comme les fêtes chrétiennes, Noël etc ce n’est pas pour en vivre, ce n’est pas pour en rechercher la spiritualité, c’est pour profiter de la fête, « faire la fête », c’est dans un simple esprit « ludique », pour « s’éclater » davantage et faire à l’occasion ripaille. « C’est quoi Noël pour Darty »? Voilà ce que vous entendiez à longueur de publicité dans les radios…ces derniers temps. On entendait la réponse (avec une grande tristesse) :  « C’est ceci, c’est cela…Des choses matérielles ». L’homme est tourné vers lui-même, oublieux de Dieu. Il cultive à toute occasion, non le culte de Dieu mais le culte de l’homme… Ne subissons pas ce courant, réagissons fortement car ce courant « égocentrique » ne peut avoir que de graves conséquences, la perte de la vraie liberté, car faire « ripaille » ne peut développer que la « concupiscence de la chair », et à terme, la mort, la mort de l’âme. Comme le dit saint Paul, « le salaire du péché, c’est la mort ». « Stipendia peccati mors ». Non ! Développons, au contraire, dans nos âmes la résolution ferme, décidée, réfléchie de la louange divine et de son honneur, de son adoration.

Et profitons de nos dimanches pour vivifier notre louange.

Nous nous souvenons de notre « gloria in excelsis Deo ».

C’est à bon droit que ce chant est chanté chaque dimanche sur cet autel qui symbolise le Christ et sa gloire, chose qui mérite notre vénération, nos encensements, nos fleurs. Cet encensement m’aide à louer Notre Seigneur, Son autel, sa Croix. Ces gestes ont une finalité. Ils ne peuvent être faits n’importe comment. Ils ont une raison. Je n’encense pas l’air et le néant ou n’importe quoi ! Non ! Cet encensement « finalisé », par cet encens aussi odorant, aide, soutient ma louange, mon adoration…Mon encensement a un sens. Tous mes encensement sont autant d’actes d’amour à Jésus Christ, sont autant d’actes de foi en l’unique Fils de Dieu, engendré de toute éternité, consubstantiel au Père, son égal en toutes choses et son semblable en toute manière, étant l’éclat de sa lumière, « la splendeur de sa gloire », comme le dit saint Paul aux Hébreux (Hb 1 3), ou encore le « caractère de sa substance », l’image de sa bonté, partant « vie de vie, lumière de lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu », comme nous le fait dire le Symbole de Nicée. Par mes encensements, mes génuflexions, mes inclinations que le rituel m’impose, je confesse que Jésus est le principe et la fin de tout et, comme le confesse saint Jean, qu’Il a fait le monde et qu’en conséquence, Il est le maître souverain de tout. Et c’est bien à ce titre qu’Il doit être loué, honoré, qu’il doit être « cultivé », comme un paysan cultive son champ, avec méthode. C’est la raison de la liturgie. La liturgie a pour finalité : le culte de Dieu. Elle rend honneur à Dieu, elle le loue, elle l’adore. Et elle obtient ce but par le concours d’un ensemble de choses, du prêtre par son observance des rites prévus par l’Eglise depuis des siècles, des enfants de chœur, de la chorale polyphonique, grégorienne, de l’assistance des fidèles par leur piété.. La liturgie est comme une  pièce de musique, une symphonie, « une symphonie de Beethoven ». Un choral de Bach a son rythme, son « timpo », ses notes, ses nuances…Si quelque chose manque, si un « dies » d’un « pupitre » manque, si un accord n’est pas franc…etc… tout manque, le « choral » est raté et n’entrainera pas l’admiration et les applaudissements de la foule. La liturgie, c’est la même chose…Aussi je remercie tous les « opérateurs du culte »,  de l’application qu’ils mettent à bien faire leurs fonctions liturgiques. J’aime voir les enfants tenir bien comme il faut leurs mains jointes, de bien se saluer entre eux, de bien saluer le prêtre, qui, là, n’est pas l’homme, mais Jésus Christ…qui mérite leur adoration.

La raison de la louange, de l’adoration dans les fonctions liturgiques est l’excellence de Dieu. A Lui est due une adoration spéciale parce que Dieu  - qui est l’objet du culte de l’Eglise- jouit d’une excellence spéciale « en tant qu’Il dépasse à l’Infini toutes choses et tous biens et dans tous les ordres ».

Si c’est l’excellence de Dieu qui est raison de mon culte dominical et de mon application, vous comprenez combien il est important de cultiver en nous l’excellence de Dieu. C’est dans la mesure où nous saurons apprécier l’excellence divine tout au long de notre vie que nous resterons fidèles à Dieu et à la nécessité de la beauté de son culte…bien fait. Il est « la pierre précieuse » dont parle l’Evangile. Il est « le trésor caché » dans le champ qui mérite la vente de tout pour l’acheter….Il est l’excellence même. Il est le principe, l’Alpha et l’Oméga, le Principe et la fin. Il est la lumière du monde.

Et notez bien que si cette louange que nous donnons à Dieu, n’ajoute rien à la gloire de Dieu - Dieu est à Lui-même sa propre gloire et n’a pas besoin ni pour être ni pour être glorieux de notre propre louange -, elle contribue, par contre, à notre propre perfection. Saint Thomas l’explique très bien : « Si nous rendons à Dieu hommage et honneur, ce n’est point pour Lui qui est en Lui-même plein de gloire et à qui nous ne pouvons rien ajouter, mais pour nous : en ce sens que du fait que nous révérons Dieu et que nous l’honorons, notre esprit se soumet à Lui ; et c’est en cela que consiste la perfection de (notre) esprit, car tout être est rendu parfait par cela même qu’il se soumet à son supérieur ; comme le corps du fait qu’il est vivifié par l’âme ; et l’air du fait qu’il est illuminé par le soleil ». (II II 81)

Quel principe merveilleux ! Quel principe tout à fait opposé au temps présent. Mais pour nous, catholiques, il ne faut pas craindre de vivre à contre temps du temps. Si nous ne le faisions pas, c’est alors que nous pourrions nous poser la question : sommes-nous dans le vrai, dans la vérité de la foi ? Est-ce que je vis en toute fidélité à la foi ? Vous tous qui m’écoutez,  retenez ce principe thomiste : la perfection de l’être humain consiste à se soumettre à Dieu, (à son supérieur, à ses parents). Or la louange due  à Dieu est cet acte qui me permet précisément de me soumettre à Dieu. En conséquence la louange  et tous ses actes, comme l’offrande du sacrifice par lesquels nos esprits se soumettent à Dieu, participent nécessairement à notre perfection, à notre sainteté. Qui cherche la perfection qui consiste en une claire soumission de l’intelligence à Dieu, doit développer en son cœur le culte divin. Autrement dit, aucune perfection n’est possible sans la pratique du culte, sans la piété filiale, sans l’obéissance, sans la louange. C’est pourquoi nous pouvons dire que le Christ qui s’est soumis à la volonté de son Père est le modèle par excellence de toute perfection.

Il est impossible d’éduquer une génération en dehors de la louange qui s’exprime aussi dans  le sacrifice de la messe et donc dans la soumission à Dieu. La perfection ne se trouve que dans la pratique de la louange. Ce n’est pas d’abord pour faire plaisir aux parents qu’on vient à la messe. Mais c’est pour louer le Christ Seigneur connaissant son excellence et son amour « fou »  pour nous  et que l’on est   en « quête » de perfection. Cette perfection se trouve dans la louange, dans la louange du sacrifice de la messe. Et donc la messe est au cœur de la civilisation et de sa perfection.

 

Dimanche de la Quinquagésime 2017

En ce dimanche de la Quinquagésime, l’Eglise nous fait lire le texte où Jésus annonce à ses disciples, à l’écart, sa Passion prochaine : « Ensuite Jésus prit à part les Douze, et leur dit : " Voici que nous montons à Jérusalem, et que va s'accomplir tout ce que les prophètes ont écrit du Fils de l'homme. Il sera livré aux Gentils, et moqué, et injurié, et couvert de crachats ; et après l'avoir flagellé, on le mettra à mort et il ressuscitera le troisième jour. " Mais ils ne comprirent rien à cela ; c'était pour eux un langage caché, dont ils ne saisissaient pas le sens ». (Lc 18 31-34). Ils attendaient encore un Messie de Gloire qui délivrerait la Nation occupée…
Commentons cette Passion du Christ annoncée en utilisant le commentaire que j’ai fait sur l’Hymne des Vêpres de la fête des 7 douleurs de Notre Dame : «  Iam toto subitus vesper est polo », « Que l’étoile du soir disparaisse entièrement du ciel…. »

Mon travail, qui me passionne, approche de la fin…et si vous le permettez, j’aimerai vous le faire goûter… un peu. Je vous assure que mes journées se passent dans une vraie contemplation : Cette hymne est  une merveilleuse contemplation de la Passion de Notre Seigneur Jésus Christ, de ses souffrances et de celles qu’a connues sa Mère, fidèle, immobile, au pied de la Croix. Voyez !

Ière strophe.

Iam toto subitus vesper est polo, Et sol attonitum praecipitet diem, Dum saevae recolo ludibrium necis, Divinamque catastrophem,

« Que l’étoile du soir disparaisse entièrement du ciel, que le soleil entraine avec lui le jour foudroyé, tandis que je célèbre la dérision de l’horrible meurtre et l’écroulement d’un Dieu »

Il y a dans cette strophe un ordre de l’auteur : « Que disparaisse l’étoile du soir…que le soleil entraine avec lui le jour foudroyé ». Ce sont des ordres solennels aux astres célestes, des commandements étonnants. Mais qu’elle en est la raison ? C’est qu’e l’auteur va contempler le déroulement de la Rédemption aux événements très cruels, cruautés qui ont de quoi choquer, même les puissances célestes, ne sont-elles pas elles-aussi, créatures de Dieu. Cette injonction à l’adresse des  puissances célestes : « Que l’étoile du soir disparaisse entièrement du ciel, que le soleil entraine avec lui le jour foudroyé » exprime l’émotion de l’âme pieuse de notre auteur devant la Croix. Ces créatures de Dieu, qui sont la manifestation de  sa toute-puissance, ne peuvent voir cette scène terrible : d’un Dieu terrassé, humilié. Elles doivent s’éloigner comme on éloigne un enfant d’un spectacle horrible…Et  cette remarque s’inspire, du reste, du récit évangélique lui-même. Il y eut précisément un obscurcissement du ciel au moment de la crucifixion du Dieu de Majesté, comme si le soleil s’était retiré ne pouvant souffrir un tel spectacle. Les trois synoptiques sont formels. Saint Luc, comme les deux autres, note bien : « Il était environ la sixième heure, quand des ténèbres couvrirent toute la terre jusqu’à la neuvième heure. Le soleil s’obscurcit…» (Lc 23 44 45)

Cette remarque de l’Evangéliste n’aurait-elle pas influencé notre auteur ? C’est plus que probable !

Le texte latin fait parfaitement ressortir ce sentiment d’horreur que veut exprimer l’auteur de cette hymne : « que le soleil entraine avec lui le jour foudroyé », « Sol attonitum  praecipet diem ». « Attonitus » est un adjectif  très fort ; il veut dire frappé de stupeur, stupéfait, confondu. C’est l’accusatif, il s’accorde avec « diem ». Ce jour est frappé d’étonnement devant le spectacle de la Croix. Que le soleil et donc la clarté du jour,  se retirent  pour ne pas voir ce spectacle affreux, d’un Dieu humilié, « écroulé »!

Et la description de la Rédemption est exprimée en terme très fort : « tandis que je célèbre la dérision de l’horrible meurtre et l’écroulement d’un Dieu »

Cette Rédemption ne fut rien d’autre qu’une mort. L’auteur utilise le mot « nex, necis » et non pas simplement «  mors », car elle fut « horrible », mieux « féroce, cruel ». C’est le sens du mot latin « saevus ». Un autre qualificatif est donné à cette Passion du Christ. Elle fut « ludibrius ».Elle  fut une vraie « dérision ». « Ludibrius », en latin, veut dire « risée, le jouet, objet de risée. » Ce mot vient de « ludus » qui veut dire : « jeu, amusement, divertissement ». Mais ne fut-ce pas le comportement d’Hérode face au Christ ; ne se moqua-t-il pas de Lui ?  C’est expressément dit dans saint Luc : « Hérode eut une grand joie de voir Jésus …mais avec ses gardes, il le traita avec mépris ; après s’être moqué de lui, et l’avoir revêtu d’une robe éclatante, il le renvoya à Pilate » (Lc 23 8 11). Saint Luc utilise le même verbe : « il-ludere ». Voyez comme l’auteur de cette hymne a médité les Ecritures. Cette mort ne fut rien moins que l’ « écroulement d’un Dieu » « catastrophem divinum ». Ce qui justifie  parfaitement le premier verset de cette strophe : « Que l’étoile du soir disparaisse entièrement du ciel, que le soleil entraîne avec lui le jour foudroyé ». Ce spectacle est intolérable à voir. L’auteur a du cœur.

Il va, du reste, contempler maintenant : la Mère et l’Enfant, en cette Rédemption.

 

2ème strophe

Spectatrix aderas supplicio, Parens, Malis uda, gerens cor adamantinum ; Natus funerea pendulus in Cruce Altos dum gemitus dabat.

« Vous étiez là, ô Mère, assistant au supplice, submergé par le malheur en gardant un cœur inébranlable, tandis que votre enfant, pendu à la Croix meurtrière, poussait de grands cris »

C’est tout simplement sublime !

La strophe commence par le mot « spectator ». Il est mis en premier, au début de la phrase. Elle est comme seule. Elle est spectatrice, observatrice de ce  supplice. Elle est là. « aderas » qui vient de « ad esse », elle est là « spectatrice ». Elle est présente. C’est le sens du verbe « adesse ». Elle n’a nullement fui, comme les disciples. Elle est auprès de son Fils. Elle est Mère, « Parens », une Mère fidèle, toute absorbée dans la contemplation de la scène violente de la Passion de son Fils.

L’auteur va la décrire dans son « malheur ». Il la voit comme « Malis uda », On traduit ici « submergée par le malheur » Le latin est bien plus expressif. Il la voit « mouillée, trempée, baignée » de larmes par ce mal qui touche son Fils, mais loin d’être effondrée. Elle est : « gerens cor adamantinum ». « Elle garde un  cœur fort ». « Adamantinus » veut dire « dur comme le fer, qu’on ne peut briser ». Ce verset fait écho à notre « Stabat Mater dolorosa ». Et le verbe « stare » exprime précisément une attitude ferme, un peu comme le soldat au garde à vous.

«Elle est ferme », alors que son Fils,  - « c’est le sens du mot « Natus » - est « funerea pendulus in Cruce », « est pendu à la Croix cruelle », « funerea ». Là aussi, notre auteur attribue des sentiments à  la Croix : elle est un instrument « cruel ». Il est non seulement pendu à la croix cruelle, mais il pousse des grands cris. « Altos dum gemitus dabat ». « Altus »  veut dire «  haut, élevé ». C’est bien faire, là aussi, écho à l’Evangile qui retient le cri ultime du Christ en Croix « magna voce »: « Le soleil s’obscurcit…Et Jésus s’écria d’une voix forte : Père je remets mon esprit entre vos mains » (Lc 23 47) ; « E clamans voce magna, Jesus ait : in manus tua commendo spiritum meum ».

Cette attitude de fermeté dans la douleur est d’autant plus  admirable que l’objet de sa douleur, Son Fils, « Natus », loin d’être absent de son regard, est là, devant elle, sous ses yeux, « ante oculos »  suspendu sur la Croix  souffrant de combien de douleurs ! Elle est spectatrice !

Ces douleurs feront l’objet de la troisième strophe.

3ème strophe

Pendens ante oculos natus, atrocibus Sectus verberibus, Natus hiantibus Fossus vulneribus, quot penetrantibus Te confixit aculeis !

« Votre Fils suspendu devant vous, déchiré par des coups cruels, votre Fils percé de plaies béantes, ô de quels traits acérés vous a-t-il transpercé ».

« Il est déchiré par des coups cruels », « atrocibus sectus verberibus ». « Atrocibus » de « atrox –ocis » qui veut dire : « atroce, cruel, terrible, dur ». Et de fait, les coups que reçut Notre Seigneur dans  sa Passion, et particulièrement dans sa flagellation et sa crucifixion, méritent bien ce qualificatif : d’atroces, de cruels…

Et l’auteur revient sur la qualité de la victime, sous ses yeux : c’est son Fils, « natus » - ce n’est pas un quidam,- c’est son Fils qui « est percés de plaies béantes » « hiantibus fossus vulneribus », « percé de plaies grandes ouvertes ».

« Fossus » est le participe passé de « fodere » qui décrit bien l’atrocité des plaies.  Il veut dire : « creuser au-dedans, percer, piquer, déchirer ». Ainsi de Notre Seigneur en sa Passion ! La flagellation a déchiré tout son corps, les épines du couronnement  ont  pénétré douloureusement le cuir chevelu. Ne parlons pas des plaies de ses mains,  de ses pieds : les clous ont creusés profondément tous ses membres.

On comprend qu’un tel spectacle puisse déchirer le cœur d’une mère par leur atrocité. C’est ce que médite maintenant notre auteur : « ô de quel traits acérés vous a-t-il transpercée » ; « Quot penetrantibus Te confixit aculeis ». « Aculeus » c’est « l’aiguillon », c’est « la pointe » qui ne reste pas seulement à la surface, mais qui pénètre  profondément. « Confixit » de « configere » qui veut dire « percer, clouer ». Et l’auteur précise même – pour que l’on ne se fasse pas d’illusion- que ces aiguillions ont profondément pénétrés dans la victime.

Mais quelle est, cette fois, la victime, c’est  la Mère : « quot penetrantibus Te confixit aculeis ». L’auteur rappelle ici la prophétie du prophète Siméon : « Un glaive transpercera votre âme » (Lc 2 35). L’annonce s’accomplit ici même, au pied de la Croix. Les souffrances du Christ, son Fils, sont raison de ce glaive annoncé par Siméon et aujourd’hui réalisé. Quelles étaient mystérieuses les paroles de Siméon ! Aujourd’hui elles trouvent toute leur explication !

Et notre auteur poursuit la méditation de la Passion dans une strophe au style très nerveux comprenant une série de mots brefs, qui en est un beau résumé, une description sublime. Voyez :

4ème strophe.

Eheu ! Sputa, alapae, verbera, vulnera, clavi, fel, alaö, spongia, lancea, Sitis, spina, cruor, quam varia pium Cor pressere tyra        nnide !

« Hélas, les crachats, les soufflets, les coups, le fiel, l’absinthe, l’éponge, la lance, la soif, les épines, le sang, comme tout cela a torturé de mille manières votre cœur compatissant ! »

N’est-ce pas rappeler toutes les atrocités de la Passion du Seigneur.  De fait, il a connu les crachats, les soufflets, les coups, le fiel, l’absinthe, l’éponge, la lance, la soif, « J’ai soif », les épines, « la couronne d’épine », le sang, « la lance » transperçant son côté. Il en sortit du sang, au témoignage de l’Apôtre Jean. Il suffit de se remémorer le lent déroulement de la Passion du Christ pour voir l’exactitude de ces dix mots. Cette synthèse est, je trouve, très émouvante. On comprend que tout cela ait pu torturer le cœur compatissant de la Mère. Le latin est sublime : « quam varia pium Cor pressere tyrannide ». « Pressere » de « premere » qui veut dire : « presser, serrer, accabler, serrer de près ». Vous le voyez, le sens du verbe est déjà à lui-même très fort. Mais cela ne suffit pas à l’auteur, il  ajoute « tyrannide ». Tout cela exprime la profondeur de la souffrance qu’a connue  la Mère au pied de la Croix, d’autant qu’elle assista à ces scènes d’un « cœur compatissant » ; en latin, nous avons  d’un cœur « pium ». C’est plus que la compassion. « Pius » veut dire : « affectueux, tendre, dévoué ».

Et malgré ces douleurs si vives, La Vierge reste ferme. C’est ce qu’exprime dans une autre strophe merveilleuse l’auteur de l’hymne :

5ème strophe

Cunctis interea stas generosior, Virgo, Martyribus : prodigio novo, in tantis moriens non moreris, Parens, Diris fixa doloribus,

« Cependant vous restez debout, plus généreuse que tous les martyrs, ô Vierge ; par un prodige inouï, mourant sans mourir, ô Mère, clouée par de si dures douleurs »

Et là nous retrouvons notre verbe « stare » : « être ferme, être droit, immobile ». « Cunctis interea stas generosior, Virgo, martyribus ». Ce verbe veut dire : « être debout, être immobile, demeurer ferme, résister, durer, rester fidèle ». Telle est l’attitude de la Mère affligée en cette Passion. On ne peut trouver un meilleur mot pour exprimer la force d’âme de Marie en la Passion de son Fils. Elle n’est pas écroulée, mais ferme et résolue.

L’auteur exprime merveilleusement l’attitude de la Mère, « Parens », au pied de la Croix. Elle est là comme « mourante », comme clouée à la Croix avec son Fils « diris fixa doloribus » «  blessée, transpercée de si graves douleurs, cependant sans mourir, « moriens non moreris ». Elle aurait dû mourir comme son Fils, volontairement, dans un grand cri de douleur, …Mais non, il fallait qu’elle soit, aussi, à la naissance de l’Eglise, au jour de la Pentecôte…

La conclusion s’impose dans l’ultime strophe : une humble prière, l’humble prière d’avoir la force d’imiter une telle force dans les difficultés de la vie :

Sit summae Triadi gloria, laus, honor, A qua suppliciter, sollicita prece, Posco virginei roboris aemulas Vires rebus in asperis. Amen

« Gloire, louange, honneur à la Trinité suprême, à qui je demande humblement par une instante prière d’imiter, dans le malheur, la force d’âme de la Vierge » Amen.

Prédication pour le 5ème dimanche après l'Epiphanie

 

Prédication 5ème dimanche après l’Epiphanie

 

A Saint Clair sur Epte

 

Le 5 février

 

 

 

 

Pour ce sermon, je voudrais m’inspirer d’un événement de la vie de saint Clair :

 

Du miracle qui, trois ans après sa mort, se déroula à la fontaine près de l’ermitage du saint. Un homme aveugle de naissance, faisant sa prière sur le tombeau du Saint, vint à s'endormir et fut averti en songe par un ange de prendre de l'eau à la fontaine et de s'en frotter les yeux. Il le fit, aussitôt éveillé et, à l’instant même, il retrouva la vue.

 

C’est cet événement qui inspirera mon homélie.

 

Sur le thème de la vue : « Seigneur faites que je vois » ;

 

Notre Evangile est rempli de miracles où le Seigneur redonne la vue. Rappelons-un de ces récits évangéliques et surtout cherchons en la finalité, la raison. C’est surtout à cette question que je voudrais répondre.

 

Voyons le récit de  saint Jean au chapitre 9.

 

Pour vous permettre de suivre plus facilement ma pensée, je me permettrai de partir du texte où  Saint Jean Baptiste, le précurseur, manifeste sa perplexité  au sujet de Jésus : « est-il le Messie, celui qui doit venir » ? « Es-tu celui qui dois venir ou devons en attendre un autre ». Souvenez-vous du récit de saint Luc : « Les disciples de Jean lui ayant rapporté toutes ces choses (les nombreux miracles de Jésus, il venait de guérir le fils du Centurion, de ressusciter le fils de la veuve à la porte de Naïm…Tous ces miracles interpellaient les disciples de Jean – «Jean baptiste appela deux de ses disciple et les envoya vers Jésus pour lui dire : « Etes-vous celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? ». Etant donc venus à Jésus) ils lui dirent: « Jean-Baptiste nous a envoyés vers vous pour vous demander : Etes-vous celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » — A ce moment même, Jésus guérit un grand nombre de personnes affligées par la maladie, les infirmités, ou les esprits malins, et accorda la vue à plusieurs aveugles. — Puis il répondit aux envoyés : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres sont évangélisés. Heureux celui qui ne se scandalise pas en moi ! » (Lc 7 20-23). Les disciples virent…. « Ils allèrent rapporter à Jean Baptiste ce qu’ils avaient vu » et  saint Jean conclut, sans hésitation, à la messianité du Seigneur, à sa divinité : « Et moi, j’ai rendu témoignage que celui-là – qui fait tant de miracles - est le Fils de Dieu ». « Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui ôte le péché du monde. C’est de Lui que j’ai dit : un homme vient après moi, qui est passé devant moi, parce qu’il était avant moi » (Jn 129). Quel mystère !

 

« Il accorda la vue à plusieurs aveugles ».

 

Retenons notre attention sur la guérison d’un aveugle de naissance. Celui que nous raconte saint Jean en son Chapitre 9.

 

Voici un très beau récit. Il est magnifique. Parfaitement mené. Le miracle ne peut être contesté. Les témoins en sont nombreux et bien divers, d’abord les disciples de Jésus eux-mêmes, les parents de l’aveugle, les pharisiens. Ce récit nous permet de voir la malhonnêteté intellectuelle des Juifs, des Pharisiens,  leur volonté obstinée de ne pas croire malgré l’évidence des faits incontestables. Saint Thomas à juste titre  parlera d’une volonté « affectata », malhonnête, obstinée. Vous remarquerez également « l’astuce » de l’aveugle guéri, son humour devant cette opposition des Pharisiens. Ils  refusent de croire parce que ce miracle a été accompli par Jésus le jour du sabbat. Toute leur vie, ils ont eu un œil sur Jésus, sur ses actes et un œil sur la Loi. On avait même l’impression que Jésus faisait exprès de guérir le jour du Sabbat. N’était-il pas le Maître du sabbat ? Comment pouvait-il, être de Dieu celui qui n’observe pas la Loi du Sabbat, la Loi de Moïse. Les faits sont là pourtant, le miracle a lieu…Ils le refusent. Ecoutez ce merveilleux récit qui chaque fois que je le lis m’enchante. C’est le chapitre 9 : « Jésus vit, en passant, un aveugle de naissance. Maître, lui demandèrent ses disciples, est-ce que cet homme a péché, ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle ? « Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n'ont péché, mais c'est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui. (En ce miracle de l’aveugle,  la messianité en effet du Fils de Dieu va éclater….) « Il faut, tandis qu'il est jour, que je fasse les œuvres de celui qui m'a envoyé…Ayant ainsi parlé, il cracha à terre, fit de la boue avec sa salive, puis il l'étendit sur les yeux de l'aveugle, et lui dit : « Va, lave-toi dans la piscine de Siloé (mot qui se traduit : Envoyé). «  Il partit, se lava, et s'en retourna voyant clair. (et venit videns)

« Les voisins, et ceux qui l'avaient vu auparavant demander l'aumône, - (voici les premiers témoins)-  disaient : « N'est-ce pas là celui qui était assis et mendiait ? » 
Les uns répondaient : « C'est lui » ; d'autres : « Non, mais il lui ressemble ». « Mais lui disait : « C'est moi ». Ce dialogue est la preuve de la réalité du miracle ; il était aveugle, maintenant il voit. Est-ce possible que cela soit le même que l’on voyez faire l’aumône ? 
« Ils lui dirent donc : « Comment tes yeux ont-ils été ouverts ? » (Nouvelle affirmation de la réalité du miracle…)
Il répondit : " Un homme, celui qu'on appelle Jésus, a fait de la boue, il l'a étendue sur mes yeux, et m'a dit : Va à la piscine de Siloé et lave-toi. J'y ai été, et, m'étant lavé, j'ai recouvré la vue. — (et abii et lavi et video) (l’aveugle guéri explique le mode de la guérison et nomme l’auteur du guérisseur ; c’est un homme qui s’appelle Jésus. (ille homo qui dicitur  Jésus) (Voilà que les choses se précisent…)
Où est cet homme ? " lui dirent-ils. Il répondit : " Je ne sais pas. »

 

Alors interviennent les Pharisiens : « Ils menèrent aux Pharisiens celui qui avait été aveugle. « Adducunt eum ad phariaeos qui caecus fuerat…)
« Or, c'était un jour de sabbat que Jésus avait ainsi fait de la boue et ouvert les yeux de l'aveugle. (Quel scandale. Cet homme, ce Jésus ne respecte pas le sabbat, comment peut-il être de Dieu. C’est un pécheur…)
(Les Pharisiens veulent à leur tout s’informer. Ils s’informent d’abord directement auprès de l’aveugle. L’aveugle leur répète la vérité, ce qui s’est passé. De ce fait, de ce miracle, il en est le meilleur témoin, il ne peut le nier : « video »: « A leur tour, les Pharisiens lui demandèrent comment il avait recouvré la vue, (quomodo vidisset) (et le miraculé recommence son récit: et il leur dit : « Il m'a mis sur les yeux de la boue, je me suis lavé, et je vois. »
La discussion alors s’établit, tendue, discordante : « Sur cela, quelques-uns des Pharisiens disaient : « Cet homme n'est pas envoyé de Dieu, puisqu'il n'observe pas le sabbat. » D'autres disaient : « Comment un pécheur peut-il faire de tels prodiges ? « Et la division était entre eux ». (Et schisma erat inter eos)

 

C’est le trouble (schisma) qui s’établit : « Ils dirent donc de nouveau à l'aveugle : " Et toi, que dis-tu de lui, de ce qu'il t'a ouvert les yeux ? » (C’est un  nouveau témoignage) Il répondit : « C'est un prophète »

 

(Ils ne contestent plus le fait du miracle…) « C’est un prophète », dit l’aveugle : Malheur ! C’était le mot à ne pas prononcer…Comment un prophète !  Celui qui n’applique pas la loi de Moïse…Le Christ était déjà exclu par le sanhédrin du Temple. Il ne pouvait plus y entrer…Qui le fréquentait était lui-même exclu de la communauté…
Les Juifs firent venir les parents. Il était impossible qu’il fut un aveugle…La mauvaise volonté apparait : « Les Juifs ne voulurent donc pas croire que cet homme eut été aveugle et qu'il eût recouvré la vue, jusqu'à ce qu'ils eussent fait venir les parents de celui qui avait recouvré la vue.
Ils leur demandèrent : « Est-ce là votre fils, que vous dites être né aveugle ? Comment donc voit-il maintenant ? »
Ses parents répondirent : « Nous savons que c'est bien là notre fils, et qu'il est né aveugle ; ( nouveau témoigne de la réalité du fait) mais comment il voit maintenant, nous l'ignorons, et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas. Interrogez-le lui-même ; il a l'âge, lui-même parlera de ce qui le concerne. »
« Ses parents parlèrent ainsi, parce qu'ils craignaient les Juifs. Car déjà les Juifs étaient convenus que quiconque reconnaîtrait Jésus pour le Christ serait exclu de la synagogue. C'est pourquoi ses parents dirent : « Il a l'âge, interrogez-le. »

 

Les parents confessent que c’est bien leur fils, qu’il était aveugle et que maintenant il voit. Ils sont les troisièmes témoins de la véracité du miracle. Comment voit-il ? Interrogez le, il a l’âge : « aetaem habet ».

 

L’attitude des Juifs confirme de nouveau la réalité du miracle : l’aveugle voit. « Videt ». Mais ils vont recevoir une leçon de sagesse de l’aveugle. Cette leçon va les mettre en furie et Ils vont l’expulser. Ecoutez :
« Les Pharisiens firent venir une seconde fois l'homme qui avait été aveugle, et lui dirent : « Rends gloire à Dieu. Nous savons que cet homme est un pécheur. »
Celui-ci répondit : « S'il est un pécheur, je l'ignore ; je sais seulement que j'étais aveugle, et qu'à présent je vois. » (quia caecus essem, modo video)
Ils lui dirent : « Qu'est-ce qu'il t'a fait ? Comment t'a-t-il ouvert les yeux ? » (ils reconnaissent le fait…)
Il leur répondit : « Je vous l'ai déjà dit et vous ne l'avez pas écouté : pourquoi voulez-vous l'entendre encore ? Est-ce que, vous aussi, vous voulez devenir ses disciples ? »

 

L’aveugle devient cinglant, piquant. Il les touche dans ce qu’ils ont de plus certain : la haine de celui qui, s’il gagne, risque de prendre leur pouvoir, de les réduire à rien... la remarque a porté : « Ils le chargèrent alors d'injures, et dirent : « C'est toi qui es son disciple ; pour nous, nous sommes disciples de Moïse. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-ci, nous ne savons d'où il est. » (hunc autem nescimus unde sit)
C’est là surtout que je veux en venir…De la vue  retrouvée, l’aveugle commence à s’élever vers le mystère de Jésus, de cet homme qui lui a ouvert les yeux. L’homme leur répondit : « Il est étonnant que vous ne sachiez pas d'où il est, et cependant il m'a ouvert les yeux. Nous savons que Dieu n'exauce point les pécheurs ; mais si quelqu'un l'honore et fait sa volonté, c'est celui-là qu'il exauce. Jamais on n'a entendu dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle-né. Si cet homme n'était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. »

 

Merveilleuse réponse…réponse apologétique, réponse théologique. Réponse que vous devez faire vous-même…Continuerez-vous à être des chrétiens « en peau de lapin », hésitant, incertain. « Est-il celui qui doit venir ou doit-on en attendre un autre ». Les disciples de Saint Jean Baptiste ont vu…Vous avez vu ; saint Jean a vu, il a cru : « Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui enlève les péchés du monde ». Le croyez-vous ? Le vivez-vous ? Confessez-vous ?
Les Juifs, eux,  s’enferment dans leur refus, malgré l’évidence du fait, refus qui les conduira à demander à Pilate la mort de ce Jésus. « Ils lui répondirent : « Tu es né tout entier dans le péché, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le chassèrent. (C’est plus simple. Ils sont exaspérés…

 

Quel merveilleux dialogue. Quel merveilleux récit !

« Jésus apprit qu'ils l'avaient ainsi chassé, et l'ayant rencontré, il lui dit : « Crois-tu au Fils de l'homme ? » (Croyez-vous au Fils de l’homme). Il répondit : " Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ?  « Jésus lui dit : " Tu l'as vu ; et celui qui te parle, c'est lui-même. " — (Et vidisti eum, et qui loquitur tecum, ipse est ». « Tu l’a vu » « Vidisti eum ».  Voyez donc ce miracle et croyez en Celui qui la fait.
« Je crois, Seigneur " dit-il ; et se jetant à ses pieds, il l'adora ». « Credo Domine et Procidens adoravit eum ».

 

Et vous aussi : voyez, croyez adorez.

 

Alors Jésus dit : « Je suis venu dans ce monde pour un jugement, afin que ceux qui ne voient pas, voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles. ». Nous étions aveugles, dans les ténèbres. Mais,  ayant vu le miracle par les yeux de saint Jean, nous croyons. Mais, sous un autre rapport : « bienheureux ceux qui croient sans avoir vu… »
Quelques Pharisiens qui étaient avec lui, lui dirent : " Sommes-nous, nous aussi des aveugles ? « Jésus leur répondit : « Si vous étiez des aveugles, vous n'auriez point de péché ; mais maintenant vous dites : Nous voyons ; votre péché demeure. »

 

Ils voient, mais ils ne veulent pas croire, leur péché demeure !

 

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