SI LE LAXISME M’ÉTAIT POLITIQUEMENT CONTÉ : Réfléchir avant de s’émouvoir ! (1/2)

Partie 1 : La fausse stupéfaction !

 

Comme au lendemain des élections européennes du mois de mai 2014, la France se réveille avec stupeur après le premier tour des élections régionales de décembre 2015 ! Le Front National perce d’une façon effrontée…

Mais quelle France est stupéfaite ?

Celle des électeurs ?

Bien sûr que non, puisqu’ils se sont prononcés, soit en faveur du Front National, persuadés de son bon score, soit contre lui, pressentant au fond d’eux-mêmes que le Front progresserait encore. Certes, ces derniers espéraient le contraire, se disant ne jamais être à l’abri d’un coup de chance mais les sondages avaient raison !

Celle des abstentionnistes ?

Pas davantage, car ils n’ont pas voté et se moquent en quelque sorte de ce qu’il peut advenir. La raison de leur désintéressement est simple :

Ils n’y croient plus et les résultats des élections leur importe peu, bien que…

Quel est donc cette France « K.O. debout » dont les médias nous ont abreuvé, dès lors ?

- Tout d’abord celle des politiques qui prônent sans cesse une nouvelle société. En effet, une nouvelle société est en train de naître, mais elle n’est pas celle qu’ils attendaient. Ne serait-elle pas, alors, celle qu’ils ont suscitée, fut-ce involontairement ? Ainsi, ce résultat ne serait-il donc pas le fruit de leur maladresse, d’un certain aveuglement, voire d’un laxisme que l’on pourrait attribuer à la tolérance républicaine pour amadouer les choses ? Au nom du « politiquement correct » et du jeu même de la politique, n’a-t-on pas cédé à la facilité de diaboliser le Front National plutôt que mieux l’analyser, mesurer ses transformations et cerner sa vraie politique. A-t-on pris soin de faire le tri entre les idées irrecevables que pouvait comporter son programme et celles qui sont capables de séduire nos concitoyens ? Il s’avère qu’il a semblé préférable de remplacer la démarche de chercher à comprendre son inexorable montée par deux attitudes aveuglantes :

D’une part, une critique systématique de son existence et de tous les points de son programme ;

D’autre part, un acharnement de tous les partis contre le Front National dans la justification de leur propre politique.   

 

- Cette France « K.O. debout » est ensuite la France de nos médias, tout au moins la majeure partie d’entre eux. N’a-t-on pas été enclin de relayer les faits les plus sensationnels au détriment de ceux, plus anodins, dont l’impact et la valeur auraient donné au citoyen un éventail complet de la situation ? Cela ne lui aurait-il pas permis de façonner son opinion avec plus d’objectivité et ajuster son comportement sociétal avec plus d’acuité ? Au nom du sacro-saint principe du droit à l’information, n’a-t-on pas favorisé, involontairement mais inexorablement, le développement de courants jugés inopportuns, voire néfastes dans une société fort assistée et toujours en recherche d’elle-même ?

La caricature systématique médiatisée du Front National n’a-t-elle pas suscité une curiosité favorisant un approfondissement de sa connaissance, pouvant, d’une part, conduire à une certaine sympathie pour ses valeurs patriotiques, par exemple, ou sécuritaires, considérées alors comme étant martyrisées, et, d’autre part, inciter à plus de clémence pour les points moins glorieux qui lui sont reprochés ?

A l’issue de ces régionales de décembre 2015, on se plait à commenter les résultats du Front National qui n’obtient aucune région. Ainsi, on se gargarise de l’idée d’un refus de ce parti par le peuple français. Cependant, a-t-on bien pris en compte que son nombre de sièges au sein des Conseils régionaux a triplé ! Ce refus n’est pas finalement si catégorique que cela. Cette montée du front National prouve donc, s’il en était besoin, que la nation accrédite bon nombre de ses propositions et lui voue une certaine sympathie qui exacerbe les autres partis, tous ligués pour lui faire barrage. Ainsi éclairci sur ses ambiguïtés, peu à peu élagué des idées que craignent les Français et de celles qu’on lui attribue pour le diaboliser, ce parti, pour qui votent, ne l’oublions pas, un grand nombre de Français issus de l’immigration, sera considéré de moins en moins « extrémiste » par le commun des mortels et sera jugé de plus en plus pertinent face à une situation d’insécurité croissante et de tolérance aveugle…

- Enfin la France « K.O. debout » ne serait-elle pas aussi celle dite des communautés, celle qui veut s’intégrer pour se « citoyenniser » à part entière, selon l’expression d’un de nos politiques, mais qui n’y arrive pas et que l’on n’entend pas bien, mais aussi celle de ceux qui ne font pas beaucoup d’efforts pour continuer à faire grandir ce pays et que l’on entend beaucoup…

Cette France des communautés peut-être, selon la façon dont on la traite, certes, mais aussi et bien souvent, malheureusement, selon la façon dont elle se comporte, un objet de rejet comme un vecteur d’enrichissement. A-t-on fait le nécessaire devant un tel problème ? Ou bien, devant le risque ou la honte d’être traités de racistes, avons-nous préféré le laxisme ou la fuite au conseil vigoureux, à la prise en main à la fois énergique et affectueuse et à la justice.

Vous, femmes, hommes et enfants dits des communautés, avez-vous été et continuez-vous d’être de bons ambassadeurs de votre différence ? Avez-vous comparé les méfaits d’un comportement reprochable qui vous montrera du doigt et vous écartera, vous et tous vos semblables, au bienfait d’une implication totale dans la société qui, alors, vous ouvrira les portes et attirera sur vous la bienveillance et la sympathie. Vous serez, ainsi, heureux de vivre en tant que partie intégrante d’une société qui ne cherchera pas à se rebeller à travers un vote ou des actes malheureux à votre encontre…

 

Les foyers de formation des extrémismes sont divers et leur temps d’incubation, avant qu’ils ne se manifestent ouvertement, est lié à leur nature. Mais, pour l’heure, ceux qui concernent nos propos sont l’extrémisme politique et celui pouvant être provoqué par une scission sociale :

Dans notre civilisation et sur notre « territoire républicain » l’extrémisme politique ne peut être que le fait d’un parti. On estime, alors, qu’il s’appuie sur des principes jugés opposés aux valeurs soutenues par la République, et, de ce fait, se voit montré du doigt. J’utilise volontairement l’expression « on estime, alors » car, si ce parti n’est pas officiellement interdit et possède constitutionnellement les mêmes droits que les autres partis, sa légitimité, de ce fait reconnue, signifie qu’il ne porte pas atteinte aux valeurs de la République d’une façon effective, d’où la formule « on estime ». Il mérite donc qu’on y porte une attention particulière et que l’on soit à l’affût de toute éventuelle dérive, nuisible pour la société. Un tel parti est, certes, dérangeant mais conserve sa place sur l’échiquier politique. Un parti d’extrême gauche ou d’extrême droite n’est donc pas un parti extrémiste au sens étymologique du terme. L’extrémisme avéré de l’un d’eux conduirait inexorablement à son interdiction officielle. De même, la montée d’un mouvement idéologique extrémiste entrainerait aussitôt sa condamnation. Il serait, dès lors, poursuivi et ferait, sans nul doute, l’objet d’un démantèlement officiel ou opéré par nos services secrets.

Ainsi, il m’apparaît que ni l’extrémisme politique, ni l’extrémisme purement idéologique, selon la nature même de leur identité, ne soient à craindre sur notre territoire quant à leur implantation. En revanche, la présence de diverses communautés, issues de l’immigration, convient d’être étudiée, tant au regard de l’attitude du pays d’accueil envers elles que du comportement de ces communautés envers le pays dans lequel elles veulent s’intégrer…

 

 

A suivre : Ces communautés si peu communautaires !

 

 

La chouette (Colonel J. Anrès)