L’Eglise, l’Islam et la République

Permettez-moi un petit retour sur la rencontre entre l'épiscopat et Emmanuel Macron au Collège des Bernardins. Beaucoup ont critiqué cette initiative saucisson-pinard faite pour imiter le dîner du CRIF, ce que j'ai trouvé plutôt intelligent.

Avec grande naïveté je croyais que Monseigneur Aupetit, nouvel archevêque de Paris, allait faire le discours “côté évêques”. C'était oublier la sacro-sainte Conférence Episcopale, et c’est donc Monseigneur Pontier qui a eu cette honneur. Ne revenons pas sur son discours d’ailleurs fort peu évoqué dans les médias.
En revanche quand Emmanuel Macron à déclaré: ”nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l'Église et l'État s'est abîmé et qu'il nous importe, à vous comme à moi, de le réparer”, on ne peut que souscrire à son constat. En effet, on n'oublie pas les grandes manifestations et les 700000 signatures mises à la poubelle. La musique de ce discours était bien douce aux oreilles de nos pasteurs, certains devaient s'assoupir et disons-le, ne se sont pas réveillés quand notre président est devenu exigeant en leur disant que toutes les lois de la République devaient par-dessus tout être respectées et ceci sans aucun compromis. 

Ces lois de la République bravent la loi naturelle. Les catholiques auront donc compris que la République passe avant leur foi.

Que je sache, nos pasteurs n'ont pas bronché.

En 2015, après les attentats de Charlie Hebdo, Monseigneur Ravel alors évêque aux armées avait publié une vigoureuse tribune dans le mensuel d'information de l'aumônerie catholique militaire, (ce qui lui avait d'ailleurs procuré quelques soucis !) simplement parce qu'il avait affirmé sans ambages que les catholiques étaient coincés entre l'Islam et la République.
Ne pourrait-on rajouter l'Eglise ?

Et pourtant, il reste de notre devoir de chrétiens, co responsables du salut de nos frères, de soutenir nos évêques par la prière et le respect que nous leur devons.

PO
19/04/2018