Laïcité laïciste et républicaine tolérance (1/2)

Notre cher ami La Chouette nous propose
une réflexion sur laïcité et laïcisme

Deux mamelles de la désespérance !

29-09-2016

________

 

Partie I : Le Laïcisme, une religion politique

 Quelles que soient les différentes définitions, la laïcité reste un système qui exclut, par principe, les Eglises de l’exercice du pouvoir politique et administratif et, notamment, de l’organisation de l’enseignement. De ce fait, la laïcité est aconfessionnelle et ne doit donc pas interférer avec les religions.

 En conséquence, si un gouvernement vient à adopter des attitudes montrant une bienveillance particulière vis-à-vis d’une ou plusieurs religions, voire que son comportement traduise son refus, même voilé, de l’une d’entre elles, tandis qu’il fait preuve d’indifférence coupable vis à vis des autres, cette laïcité est, de ce fait, taillée en brèche et devient une religion politique sans Dieu qui n’est autre que du laïcisme. Son dieu ou plutôt ses dieux seront, entre autres, le pouvoir et la richesse. Ce laïcisme traduit souvent un « complexe » de l’Etat lié à la conjoncture ou à son passé mais peut s’avérer aussi, ou en même temps, une posture volontaire qui procède alors :

 - soit de la recherche d’intérêts particuliers, en général d’ordre politique pouvant déboucher sur des avantages économiques ;

- soit d’une crainte de comportements malheureux de la part des autorités et fidèles de la religion concernée que l’on estime capables de générer des troubles ou une déstabilisation de la société ;

- soit d’une disqualification de la religion ciblée, jugée comme une gêne voire une entrave aux desseins et comportements peu catholiques, c’est le cas de le dire, tant des gouvernants que des gouvernés ;

- soit, enfin, d’une culpabilisation de l’Etat par rapport à l’histoire du pays qu’il gouverne. Cette culpabilisation peut concerner divers domaines, tels que des conflits antérieurs, des actes de colonisation, voire des décisions ou des actions politiques officiellement reprochables… 

S’agissant de ce que l’on se plait à nommer « valeurs »  de la République qu’il serait plus approprié d’appeler « principes » de la République, il en est tout autrement. En effet, ces « valeurs » sont des principes sociétaux dans lesquels doit s’inscrire le modus-vivendi des citoyens pour une vie sociale et communautaire conforme au schéma que sous-tendent ces mêmes principes. Les valeurs de la République se déclinent donc en fonction d’un type de société, alors que la laïcité définit son identité par rapport à la religion. Ainsi, sur le plan spirituel, les valeurs de la République, imbues d’un indéfectible humanisme, n’ont rien à envier à la laïcité, dénuée de toute spiritualité. La laïcité et les principes de la République constituent ainsi les fondements d’une société où les droits égocentriques de l’homme l’emportent sur les droits d’amour de Dieu. Il apparaît donc stupide de parler de laïcité dans la pratique d’une religion au sein d’une République, comme l’on peut le constater par exemple dans l’expression Islam laïque. En effet, une religion affiche une conviction confessionnelle à laquelle la laïcité ne communie pas et honore un Dieu que la République supplante par l’homme. Le laïcisme, quant à lui, est d’autant plus pervers qu’il veut feindre une certaine tolérance, malheureusement ciblée, se révélant ainsi une religion politique qui se veut neutre devant Dieu mais le combat derrière les hommes.

 

Cependant, la religion, au sens propre du terme, peut toutefois s’accommoder d’une vraie laïcité qui, normalement, n’interfère pas avec elle, même si sa « neutralité » reste une gêne à son plein exercice. En revanche, le laïcisme constitue une embûche dont les religions peuvent sérieusement pâtir. De plus, le laïcisme favorise l’expansion de lobbies amoraux, certes, mais aussi d’autres lobbies qui sont le fruit de passions désordonnées ou de concepts avilissants qui nuisent aux religions et dégradent l’être humain.

 

Par ailleurs, les religions étant structurées par leur doctrine fournissent aux fidèles des principes moraux et philosophiques ainsi que des axes de comportements leur permettant de vivre leur foi dans la société où ils se trouvent. En outre, même si les religions peuvent inspirer un modèle de société, elles n’incluent pas dans leur doctrine une architecture sociale qui leur est propre. Ce principe est malheureusement caduc pour une seule d’entre elles, à savoir l’Islam. En effet, l’Islam recèle en lui-même les structures spécifiques d’une organisation sociétale dictée par sa doctrine.

 

Cet état de fait est lié aux conditions de création de l’Islam au début du 7ème siècle dans cette région d’Arabie où croupissaient des sociétés désordonnées et anarchiques. Je parle de création plutôt que de naissance car l’Islam s’est alors implanté en créant les structures d’une société ayant été à même de ramener l’ordre et de restaurer une unité régionale. Cette organisation répondait aux principes de l’Islam et a constitué l’architecture sociétale de cette religion. L’Islam ayant de la sorte son propre type de société avec ses règles et ses lois, sa police et son mode d’action, intimement liés aux valeurs de sa religion ne peut donc communier à aucun autre type d’organisation sociétale ni s’adapter à la laïcité. J’évoque évidemment l’Islam dans sa doctrine et sa définition et non le musulman qui se veut modéré mais qui reste pour les leaders religieux une bombe à retardement devant obtempérer ou mourir en cas de sollicitation… L’auto-proclamation d’Etat islamique par DAESH illustre bien le fondement de cette réflexion.

 

Certains pourront faire remarquer qu’il existe l’Etat du Vatican. Certes, mais cet Etat ne s’appelle pas Etat catholique et reste une entité territoriale qui ne cherche pas à imposer son organisation. L’Islam, quant à lui, possède ses propres lois dictées par sa doctrine et applicables partout où il se répand.

 

La laïcité, de par sa définition et son application, étant dénuée de spiritualité, comme je l’évoquais précédemment, ne peut donc d’elle-même développer ni favoriser une quelconque richesse spirituelle chez l’être humain. Elle constitue même une forme d’embûche à l’émancipation de la foi et bien plus encore à son expansion. Elle cantonne et barricade les Eglises, s’interposant entre Dieu et les hommes. Elle est, sur le plan spirituel, un véritable anesthésiant.

 

Malgré le caractère restrictif de la laïcité, l’infime espoir de pouvoir faire de l’apostolat pour élever les âmes et les sortir de la prison d’un humanisme sans idéal spirituel devient une désespérante désespérance devant la sournoiserie du laïcisme d’un Etat qui, reniant sa culture judéo-chrétienne, interdit les crèches pour autoriser la construction de mosquées. Si l’un des rois de France, François premier, fut surnommé François le Magnifique, tant pour ses œuvres que pour sa stature, un des tristes Présidents républicains, François (celui qui sévit en dessous de la Hollande) pourrait être appelé pour d’autres raisons, François III le petit Benêt, sans vouloir porter atteinte, bien sûr, à la dignité de l’homme. Se serait-il inspiré de François II dont le règne fut marqué par une importante crise politique et religieuse ?... Il n’empêche que pour le salut de la France, notre François III aurait peut-être été encore mieux inspiré d’imiter aussi son prédécesseur royal dans la longueur de son règne qui ne dura qu’un an et quelques mois !...

 

Enfin, le laïcisme ira jusqu’à se réfugier derrière le paravent d’une soi-disant objectivité dans les prises de décisions délicates de ses adeptes ou l’inertie de ces derniers, toujours animés d’un esprit d’intérêt ou de crainte. En France, il s’alimente principalement des valeurs de la République dont il est la religion politique.  Le laïcisme est ainsi une pitoyable désolation nourrissant l’être humain d’une franche désespérance. Heureusement pour les Chrétiens, l’Espérance enracinée dans la Foi et la Charité est l’antidote que Dieu leurs donne pour vaincre ce poison, pardonner à ses inoculateurs et permettre à tous de pouvoir être sauvés, avec, bien entendu, le secours de la grâce.

 

Par ailleurs, laïcité avouée ou laïcisme voilé se targuent d’être tolérants ! Qu’est donc cette tolérance aux couleurs républicaines que l’on veut systématique et qui fait souvent sombrer dans de regrettables déboires, et conduit petit à petit à l’appauvrissement spirituel d’une société ?...

 

La Chouette

 

Suite : Tolérance républicaine ou l’ambiguïté d’une pseudo-vertu.