Laïcité laïciste et républicaine tolérance (2/2)

Deux mamelles de la désespérance !

 

Partie II - A : Tolérance républicaine ou l’ambiguïté d’une pseudo-valeur

Partie 1 ici

 

La tolérance est communément considérée comme une vertu. Or, il s’avère que bien des choses soient intolérables au point que vouloir malgré tout les accepter mènerait, d’une part, à la catastrophe et traduirait, d’autre part, la déraison de la personne qui se voulait ainsi tolérante !

 

La vertu, quant à elle, est toujours louable et indiscutable quelles que soient les circonstances. La tolérance qui, elle, n’est pas toujours de mise ne peut donc être une vertu. Elle reste une attitude circonstancielle, voire une disposition passagère visant à empêcher un mal intolérable ou à atteindre un plus grand bien. Elle permet ainsi de favoriser une certaine quiétude ou une stabilité. Dans ce cas, elle s’avère un comportement d’ouverture intelligent. Ainsi, le roi St Louis, après avoir vainement tenté d'éradiquer la prostitution, toléra cette pratique comme un fléau nécessaire pour prévenir de plus grands désordres sociaux. Il fut ainsi le premier à allouer aux prostituées des endroits leur permettant d'exercer. Toutefois, la tolérance quelle qu’elle soit ne doit en aucune façon avoir pour conséquence un mal inacceptable. On ne peut, par exemple, tolérer la libre circulation d’un sombre individu qui viole toutes les femmes qui l’attirent. On ne peut non plus tolérer les idéologies ou les comportements qui conduisent au meurtre ou au terrorisme ou même les suggèrent… On ne peut donc tolérer ce qui est fondamentalement mauvais ou qui génère systématiquement le mal. Dans ce cas, l’intolérance s’érige en vertu.

 

Il est donc essentiel de ne point confondre la compréhension qui mène à la réflexion avec la tolérance qui conduit au laissez-faire. Comprendre quelqu’un ou une situation pour mieux intervenir afin de remédier aux problèmes en cours est une attitude constructive qui révèle une vertu du cœur et de l’intelligence. Tolérer quoi que ce soit, sans prise de conscience des conséquences, que ce soit au nom du libre choix, du libre arbitre ou du sacrosaint mais ô combien sournois principe « à disposer de soi-même », est une attitude suicidaire et destructrice qui révèle un dangereux laxisme, voire une lâcheté coupable.

 

Nous verrons que cette tolérance déclinée aux couleurs républicaines revêt alors des aspects relativement stupéfiants par le caractère politique et sociétal qui l’anime.

                                                                                                                  
La Chouette