Les pierres crieront

« Déjà Jésus arrivait à la descente du mont des Oliviers, quand toute la foule des disciples, remplie de joie, se mit à louer Dieu à pleine voix pour tous les miracles qu'ils avaient vus : "Béni soit celui qui vient, Lui, notre Roi, au nom du Seigneur. Paix dans le Ciel et gloire au plus haut des Cieux !" Quelques pharisiens, qui se trouvaient dans la foule, dirent à Jésus : "Maître, arrête tes disciples !" Mais Il leur répondit : "Je vous le dis : s'ils se taisent, les pierres crieront". »

 

Cette photo trouvée sur le Salon Beige, avec pour légende un extrait de l’Evangile de St Luc (19,28-40) est remarquable par son symbolisme qui fait écho à l’inquiétude de divers milieux catholiques. Inquiétude face au silence de nombreux évêques, mais pas tous, concernant cette inversion de civilisation qui est imposée aux Français à marche forcée.

 

Qui aurait cru il y a encore trois ans qu’on verrait réunis dans une même conférence Béatrice Bourges, Farida Belghoul, Alain Escada et Christine Boutin, invités par l’abbé de Tanoüarn ?  Les anciens qui ont vécu quarante ans dans les catacombes n’en reviennent encore pas de voir ces générations JMJ, ces communautés nouvelles et ces tradis réunis au sein des Veilleurs, Antigones et autres Précurseurs. Il se passe quelque chose de proprement providentiel dont le déclenchement remonte à une certaine prière pour la France du 15 aout 2012 par le Cardinal Vingt-Trois qui disait en préambule : «  "Compte tenu de la situation et des probables projets législatifs du gouvernement sur la famille, il me semble opportun de donner un signe national à l’occasion du 15 août qui rassemble des foules de catholiques à travers le pays. »


On connaît la suite, des centaines de milliers de personnes se sont senties concernées et même très concernées pour celles qui ont beaucoup dépensé, venant de Toulouse ou de Brest.

Depuis bientôt deux ans, le mouvement prend d’autres formes d’action mais ne faiblit pas et beaucoup de catholiques sont surpris de voir leurs pasteurs se mettre en retrait. De nombreuses prises de position s’expriment en ce sens (1), à la suite entre autres de l’affaire Brugère ou de la déclaration des évêques du COMECE en vue des élections européennes.

 

 Mais il est important d’essayer de comprendre quelles sont les raisons de ce choix. Dans un entretien au Monde à l’occasion de Pâques, Mgr Pontier nous dit :  «  il est de plus en plus fréquent que nous, évêques, soyons sollicités non pas pour savoir ce que nous pensons ou ce que nous pouvons indiquer à partir de l'Evangile, mais pour être ralliés à un camp. L'autorité ecclésiale et les évêques ne sont plus considérés comme une source de réflexion, de dialogue et d'écoute, mais comme une force que l'on requiert pour en faire un chef de clan. Dans le même temps, nous devons nous-mêmes prendre garde à ne pas instrumentaliser et installer l'Eglise dans un rapport de forces. »


Voilà une pensée qui honore celui qui l’exprime, mais on peut poser quelques questions : Les catholiques de ce siècle sont-ils des Zélotes ? Jean-Paul II a-t-il eu autant de scrupules pour soutenir Solidarnosc et faire chuter le bloc Soviétique ? Le rapport de force ne nous est-il pas déjà imposé par la République, cette République qui sans vergogne fonde sa légitimité sur un bain de sang et combat  notre religion de façon de plus en plus virulente?


 Mgr Pontier a peur d’être instrumentalisé et il a bien raison car les catholiques veulent  des pasteurs clairement ralliés au camp de… l’Evangile (qu’on nous pardonne cette amicale impertinence  !). Par exemple, il est troublant de voir certains d’entre eux en ces temps accepter la Légion d’honneur, médaille entachée du sang des martyrs de la Révolution, ceci au nom de relations apaisées, pendant que la République détruit les âmes de nos enfants dans les écoles, au nom de ladite « 
Révolution qui n’est pas terminée »(M.Peillon). L’heure est plutôt et clairement à la confrontation et à la résistance pacifiques.

 

Au-delà des familles qui ont droit à être défendues un peu plus que du bout des lèvres par leurs pasteurs, au-delà de cette attaque démoniaque qui est faite à notre nature, il faut prendre conscience de la désespérance de ce peuple spirituellement abandonné, et qui  inconsciemment donne des signes tangibles d’une soif de Dieu ; les églises sont prêtes à se remplir pour peu qu’on les rende visibles. Allons-nous rater la nouvelle évangélisation ? Et, question plus grave, en avons-nous envie ?

 

En 1975, l’Episcopat est resté silencieux au moment du vote sur la libéralisation de l’avortement au grand étonnement exprimé sans ménagement par Mme Veil dans son livre de souvenirs.  Mgr Vingt-Trois aussi, à l’occasion des trente ans de cette loi a déclaré : « Oserais-je vous dire que je m'interroge souvent devant Dieu sur les silences dont on pourra nous accuser dans quelques décennies ou quelques siècles ? Quand je dis "nous", je ne pense pas seulement aux intellectuels éclairés dont les opinions ont si souvent suivi le politiquement correct ou le médiatiquement correct. Je pense à nous chrétiens et, premièrement, à nous évêques qui avons reçu mission de guider le peuple chrétien. ».

   

Terrible aveu. Va-t-on recommencer la même erreur ?

 

Mutatis mutandis. « Il faut parler, il faut crier avec cent mille langues, car le silence pourrit tout. »  a dit Ste Catherine de Sienne qui se battait à résorber le grand schisme d’Occident et dont c’est la fête aujourd’hui.

 

16/05/2014    François Charbonnier _____________________________________________________________________

10/05/2014   Diocèse de Bayonne -Mgr Aillet:  Ne nous arrachez pas la Foi !

Le pape Jean-Paul II n’hésitait pas à rappeler qu’il se considérait comme le fils spirituel du cardinal Stefan Wyszynski, primat de Pologne, figure héroïque de la résistance morale et spirituelle de l’église polonaise face au pouvoir communiste de l’époque. Mgr Aillet nous livre l’extrait d’une homélie prononcée en 1974 mais qui reste d’une grande actualité:

« Etudiants et étudiantes [….] Le temps est venu également pour que vous nous disiez courageusement, à nous prêtres et évêques : Votre complaisance à l’égard du relâchement des mœurs ne nous plaît pas. Nous n’admettons pas que le courage vous manque d’être exigeants vis-à-vis de nous. Si vous découvrez des fautes en nous, indiquez-les nous, car c’est cela votre mission, nous n’avons que faire de pasteurs qui n’osent pas faire appel à notre générosité. ».

 

 

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3/05/2014 FIGAROVOX TRIBUNE  L'Église sait-elle encore lire les signes des temps, même avec des lunettes à triple foyer?

 

Un an après le vote de la loi Taubira sur le mariage pour tous, le père Thierry- Dominique Humbrecht,religieux dominicain, écrivain, théologien, philosophe, lauréat de l'Académie des sciences morales et politiques, revient sur le mouvement des Veilleurs et sur ce qu'il révèle de l'évolution de notre société et de l'Eglise en France.

Dans l'Église de France, des jeunes se sont levés, pendant que s'asseyaient leurs aînés, quand ils ne se couchaient pas. Peut-on interpréter les événements? Le monde culturel et politique fait assaut d'aveuglement et de surdité, à mesure que la réalité lui échappe. Est-ce par entêtement ou bien par défaut d'analyse? Qu'en est-il des chrétiens?…..

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Pourquoi, prêtre de Jésus-Christ, je veille?

Ce soir, toute l'Eglise Catholique, unie à nos frères Chrétiens, va vivre la Vigile Pascale, cette grande Veillée durant laquelle la Vie à vaincu la mort, la Lumière a dissipé les ténèbres, la Vérité a remplacé l'erreur. Le Christ est ressuscité, Il est vraiment ressuscité, Alleluia !

Comment en cette nuit de victoire ne pas penser à tous ceux qui, depuis maintenant plus d'un an, veillent pacifiquement et silencieusement, en écoutant de beaux textes, religieux ou non, pour dire oui à la famille, au mariage entre un homme et une femme, au grand don qu'est l'enfant, à la Vie ? Est-ce du temps perdu ? Non, car tout ce qui dit Oui est plus fort, même si les apparences peuvent sembler dire le contraire, que toutes les négations d'un monde qui désespère de lui-même. C'est ce qui s'est passé pour le Christ : le scandale de la mort sur la Croix a été vaincu dans le silence de la nuit de Pâques….

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