UN VENIN DE COULEUR POURPRE : L’homosexualité ou l’amour en otage !

7/11/2015
Par le Colonel Anrès.                              


Sur le plan de la communication et du comportement social, la bienséance du siècle, brandie comme étendard de la quintessence relationnelle, est désormais cette « sacro-sainte » TOLERANCE ! Pourtant, ce comportement intellectuel n’est qu’une attitude circonstancielle, nécessaire dans certains cas, mais bien loin de la Vertu qui s’avère irréfutable quelque soient les circonstances. Ainsi, certaines choses sont tolérables car leur acceptation momentanée ouvre sur une finalité meilleure, d’autres ne le sont pas du tout car elles vont à l’encontre du bien et du droit, voire de la Vérité.

 

L’OECUMENISME qui tend à promouvoir des actions communes entre divers courants confessionnels est, quant à lui, l’oriflamme d’une certaine mouvance moderne du catholicisme. Pour ma part, j’estime que prôner l’égalité des religions au nom de l’œcuménisme, c’est vouloir emprunter tous les moyens de transport en même temps, pour tourner en rond sur la piste d’un cirque....

 

L’histoire nous montre que le prêtre et le militaire ont souvent fait bon ménage et le font encore la plupart du temps, comme le symbolise l’expression « le sabre et le goupillon ». Ainsi, certains de nos prélats, présents au synode et séduits par l’éclat des drapeaux, en ont oublié le goupillon ! Vous imaginez, alors, le mélange explosif que peut générer le brandissement simultané de l’étendard de la tolérance et de l’oriflamme  de l’œcuménisme… Eh bien, quelques-uns de nos évêques et cardinaux sont devenus les « cordons bleus » en soutane pourpre de cette déplorable cuisine des mélanges !

 

Ainsi, dans le but de se montrer ouverts à tous et à toutes les religions, de se poser en tant que ministre tolérant de l’Eglise au cœur d’artichaut complaisant, où les droits de l’homme ont éludé les droits de l’amour de Dieu, on versera dans les considérations les plus abjectes sur l’homosexualité par exemple. On en oubliera les préceptes de l’Eglise, les passages de la Bible sur Sodome et Gomorrhe, sur le vieillard et le lévite, sur les écrits de Saint Paul… On ignorera la doctrine spirituelle et sociale de cette même Eglise que l’on représente. On éludera la finalité de l’acte sexuel et la notion de plaisir, voulu par Dieu, certes, mais ordonné à la dignité de l’homme et à l’expression amoureuse de deux époux, homme et femme selon la nature et conformément au plan divin.

 

Le cardinal Schönborn n’hésite pas ainsi à proclamer :

«  Je connais une personne homosexuelle qui a vécu pendant des années, non pas avec une personne en particulier ou une cohabitation mais des expériences fréquentes avec des personnes différentes. Maintenant, elle a trouvé une relation stable. Il y a une amélioration au moins sur le plan humain, le fait de ne plus passer d’une relation à l’autre mais de se stabiliser dans une relation qui ne repose pas seulement sur la sexualité. On partage une vie, on partage les joies et les souffrances, on s’aide mutuellement. Il faut reconnaître que cette personne a fait un pas important pour son propre bien et pour le bien des autres, même si, bien sûr, ce n’est pas une situation que l’Eglise peut considérer régulière. Le jugement sur les actes homosexuels en tant que tel est nécessaire, mais l’Eglise ne doit pas regarder d’abord dans la chambre à coucher, mais dans la salle à manger. Il faut accompagner ! »(1)

Une telle déclaration dans la bouche d’un haut ministre de l’Eglise témoigne de la terrible emprise de l’humanisme sur le clergé au détriment de la charité. Ainsi, certains de nos prélats, sans forcément perdre la foi puisqu’apparemment ils font toujours référence à Dieu, la dénaturent et, de ce fait, déchristianisent la doctrine dont ils sont les dépositaires. Il peut alors advenir qu’ils en perdent la raison « raisonnable », selon l’expression de nos philosophes, en ne réalisant plus l’évidence de la loi naturelle, en se détournant, par tolérance, des principes dictés par cette même foi dont ils sont les témoins, en ne se référant plus aux valeurs surnaturelles, s’opposant ainsi au magistère de l’Eglise ! Si le souci de voir nos églises se remplir à nouveau de fidèles est le moteur de leur comportement irresponsable, ce n’est point de cette façon qu’ils parviendront à attirer et convaincre nos jeunes en quête d’idéal.

 

Dès lors, les valeurs fondamentales deviennent celles de la satisfaction immédiate de l’être humain, puisqu’on évince Dieu considéré comme une entité à part, d’ordre spirituelle, que l’homme peut façonner à son image pour correspondre à ses plus basses inclinations. C’est là le corolaire du péché d’orgueil de Lucifer à la mode contemporaine. Ces références spirituelles et sociétales conduisent, de la sorte et d’une façon inexorable, au déséquilibre de l’être humain. Elles sont une embûche à son véritable bonheur et, bien sûr, une entrave au salut de son âme.

C’est ainsi qu’à vouloir tout tolérer sans nul discernement, on ne discerne plus ce qui est intolérable.

 

Cette perte de valeurs au plus haut niveau conjugue, à mon humble avis, cette frénésie ecclésiastique de maintenir à tout prix l’Unité des fidèles avec un grand « U », en se trompant, bien sûr, sur l’Unité requise, à la volonté de perversion de l’Eglise conduite par des infiltrés qui semblent s’avérer de moins en moins clandestins. Cette perte de valeur est, entre autres, la conséquence du courant relativiste généré par les événements de mai 1968 et par tout ce qui a suivi, tant sur le plan sociétal que sur le plan spirituel.

 

Les mythologies égyptienne et grecque faisant état de dieux homosexuels pourraient, certes, être des modèles de religions personnalisées pour ceux qui voudraient en référer à la tradition. Seulement, cette tradition n’est pas celle de la religion catholique ni celle qui a conduit le genre humain à son épanouissement, encore moins à son bonheur. Evidemment, l’œcuménisme dans ce domaine incite à « ne pas regarder d’abord dans la chambre à coucher mais dans la salle à manger car il faut accompagner ! », selon les propres termes de notre tolérant et œcuménique cardinal. Si le pourpre de la robe de nos hauts prélats n’est plus pour certains d’entre eux celui de l’état de martyre auquel ils peuvent être appelés, il devrait alors être celui de la honte ! Encore faudrait-il qu’ils ne soient point aveuglés par la stupide différence entre deux états catastrophiques qu’ils qualifient d’amélioration, à savoir une relation homosexuelle avec plusieurs partenaires et une relation, dite stable, avec un seul individu, comme il est stipulé dans la déclaration de notre cardinal désorienté. C’est là encore une position très humaniste où l’évolution de l’homme dans sa fange l’emporte sur celui de son élévation vers Dieu.

 

Notre « Robin des lois du catholicisme » qui fait flèche de tout opportunisme en rajoute en vantant le partage des biens et des souffrances de tels individus. Il m’apparaît que deux autres partages ont été omis : celui de la tristesse sous-jacente qui mine cette situation et celui de la stérilité de « l’amour » qui les unit et ne produit rien d’autre que de l’égoïsme, deux faits inhérents à un tel état mais que l’on évite toujours d’évoquer…

 

Nous atteignons là le paroxysme de la complaisance dégénérée dans laquelle le démon veut maintenir sa proie pour lui faire apparaître le mal sous forme de bien. Pour ce faire, le Malin n’hésite pas à œuvrer avec adresse pour lui insuffler l’idée de charité dans ce qui n’est que de la conduite accompagnée vers l’abîme de la déchéance et du mal.

 

Qualifier l’homosexualité de simple conduite irrégulière, comme le dit notre cardinal aux multiples propos surprenants, c’est n’avoir qu’une repoussante vision sociétale de cette déviance en faisant fi de sa considération au plan spirituel et, surtout, des conséquences sur les personnes concernées. Il conviendrait davantage, à mon avis, d’éduquer et d’aider ces pauvres gens, même s’il leur en coûte et ce pour leur propre bien et le salut de leur âme, plutôt que de les accompagner en bonifiant ce qu’ils font dans l’espoir de les voir se modifier. Dans ce cas, comment donc cela se pourrait-il puisque, quelque part, l’on souscrit sagement et d’une façon implicite à leur pratique ?

Cet état d’esprit envenime notre société sans cesse à l’affût de normaliser toute parodie de valeurs qu’elle estime désuètes, voire de stigmatiser la Vérité. Certaines hautes instances de l’Eglise s’attellent à ce mouvement destructeur au nom d’une modernisation aux références « a-spirituelles » qui a toujours été le lot de la déchéance des sociétés qui s’écartent de Dieu. Ainsi, ce venin s’est revêtu de pourpre et tend à normaliser l’homosexualité qui s’efforce de prendre en otage le véritable amour.

 

*

 

De même qu’il faut éviter de confondre le pécheur et le péché, il est impératif de ne pas laisser l’homosexuel dans l’eau sale du bain de l’homosexualité que l’on rejette. Cependant, il convient de ne pas oublier l’osmose existant entre l’homosexuel et ses pratiques.

 

L’homosexuel est une créature de Dieu qui, à ce titre, mérite respect et considération, comme nous l’a toujours montré Jésus dans son commerce avec les pécheurs. Il doit être aidé dans son retour vers le véritable amour. Certes, cela n’est pas facile. Il faut éduquer, insister, revenir à la tâche, voire soigner, mais il faut aussi prier et accomplir des sacrifices.

 

Il est donc totalement déplacé de vouloir fournir aux homosexuels des excuses voilées visant à ne pas les froisser. Il est, à mon avis, contre-productif de les conforter dans une amitié pervertie par le désir sexuel qu’ils nomment « amour  » et, quelque part, dénaturée  par  un certain déséquilibre. Il m’apparaît plus judicieux et efficace de les tirer vers le haut et de les aider à se tourner vers le véritable amour, celui qui sommeille en chacun de nous et que Dieu a inscrit dans notre âme. Cependant, il ne s’agit pas du dieu que l’on fabrique aujourd’hui, pouvant être acquis à la cause qui nous sied, mais de celui qui nous a « fabriqués » : un Dieu d’amour et de miséricorde qui se déverse sans compter dans les cœurs qui s’ouvrent à Lui. Je parle, bien sûr, de cet amour véritable qui conduit vers l’épanouissement de chacun et qui se fond et se concrétise dans le plus merveilleux des fruits que peut produire l’amour entre un homme et une femme, à savoir des enfants ; ces enfants que l’on couvre à notre tour d’un amour indéfectible, soutenu par l’amour de Dieu et fondu en Lui.

 

Rester au niveau de considérations purement humaines, en réduisant ces pratiques à un comportement dit naturel, revient à considérer l’homme comme une bête dénuée de raison, orpheline des joies et beautés de l’amour liées à sa nature humaine et coupée de Dieu. Ce trait de philanthropie n’est pas digne d’un être humain qui veut aider son prochain et encore moins d’un ecclésiastique qui a pour mission de sauver les âmes. Qualifier de charité la philanthropie, c’est prendre Dieu en otage pour valoriser certains actes ou bien les justifier. En effet, la charité prône l’amour du prochain, en mettant Dieu au premier plan devant toutes choses, tandis que l’humanisme prône la bienveillance d’autrui, en mettant l’homme au premier plan devant Dieu. Néanmoins, la philanthropie reste un pas vers la charité si elle opère avec un objectif spirituel.

 

- Réveillons-nous donc, tant au plan familial qu’au plan sociétal et surtout au plan spirituel !

- Mettons Dieu au centre de notre vie, aussi bien dans les joies qu’il nous procure pour le louer que dans les tourments que nous subissons pour lui demander son aide et nous sanctifier.

- Recourons sans cesse à la puissance et à l’amour infini de Dieu se penchant sur la misère humaine qui accepte de se noyer dans l’océan de sa miséricorde.

- Tenons ferme cette échelle que nous tend du Ciel Notre Très Sainte Mère, comme le disait le saint curé d’Ars, et qui repose sur les autels de nos églises. Il m’est alors d’avis que nous parviendrons ainsi à gravir, tout doucement peut-être mais assurément avec succès, le chemin qui mène vers le cœur de son divin Fils, en nous accrochant fermement aux barreaux de la Foi, de l’Espérance et de la Charité...

 

 

                                                                                Colonel Anrès

 

 

(1) ("Civiltà Cattolica" III 449-552 ) page 12

MARIAGE ET CONVERSION PASTORALE

Interview du Cardinal Christoph Schönborn par Antonio Spadaro