SIMULACRE : Un monstre politique !

Par le Colonel J. Anrès

12/09/2015

 

Ce monstre n’est pas né d’aujourd’hui ; il fait partie de la genèse du monde politique et ne cesse de sévir depuis la nuit des temps. Il a la faculté de modifier sa corpulence selon les périodes, le lieu, les régimes en place, les intérêts des nations, ou tout au moins ceux des gouvernements qui les dirigent :

Il est « politico-modulable ».

 

 

Il connaît le langage des hommes et s’applique toujours à l’utiliser pour justifier son comportement et voiler ses intentions secrètes. Apparemment lourd et quelque peu ballot, il est en vérité doté de cette surprenante facilité de se déplacer avec aisance et agilité à travers tous les échelons de l’Etat :

Il est « politico-sournois »

 

Sa prodigieuse faculté d’adaptation lui permet d’épouser, sans vergogne, les émotions populaires qui peuvent servir ses intérêts immédiats. Si les décisions qu’il juge nécessaires de prendre à ce moment-là se révèlent, à moyen ou long terme, contraires au Bien commun ou totalement erronées, il saura, alors, le moment venu, trouver un bouc émissaire ou un prétexte fallacieux pour le dégager de toute responsabilité.

Il est « politico-irresponsable »

 

Il se nourrit de la crédulité des gens, en échange de démagogie, s’abreuve d’espérance électorale et fait feu de tout bois capable de brûler tout ce qui peut barrer sa route…

Il est « politico-opportuniste »

 

Les régimes se succédant, malgré toutes les simagrées de monstre Simulacre pour les maintenir en place, et se détériorant au fil du temps, Simulacre est en conclusion :

 « politico-biodégradable »

 

*

 

Aujourd’hui, ce monstre vient de s’émouvoir devant le cadavre d’un enfant découvert sur une plage ; l’enfant d’une famille de réfugiés fuyant la guerre et la persécution ! Il n’est point nécessaire d’être un monstre pour partager un tel sentiment, mais on ne peut ne pas l’être pour ignorer que nombre d’autres enfants ont connu ce terrible sort, bien avant ce pauvre garçon et ce, dans les mêmes conditions, voire dans des situations encore pires…!

Ce monstre, poussé par l’émoi populaire et l’opportunité d’une mise en valeur politiquement payante, ouvre-grand les portes de la « maison du cœur » sans se soucier des loups masqués qui se joignent au troupeau. Les Services de Renseignements, au sein desquels j’ai eu l’honneur d’assumer des responsabilités relativement importantes, savent fort bien que l’immigration en masse, difficilement contrôlable au plan sécuritaire, constituent une arme humaine reconnue et utilisée par les mouvements déstabilisateurs et, notamment, par les groupes terroristes. Il convient de réaliser que l’homme est l’arme la plus efficace dans ce domaine. En effet, souple et modulable, cette arme présente l’avantage d’être imprévisible, clandestine, manipulable, interchangeable, sournoise et peut devenir facilement tentaculaire !...

Les infiltrés peuvent être de tous genres : des acteurs terroristes comme des agents dormants. Ils peuvent aussi avoir mission de bâtir des structures clandestines et créer des contacts visant à préparer les actions déstabilisatrices ou criminelles et à faciliter leur exécution.

Doit-on, pour autant, fermer définitivement les portes à tous ces pauvres gens, en quête de sécurité et voulant sauver leur vie, sachant, en outre, que sont loin d’être résolus les problèmes d’hébergement, d’emploi et d’insertion sociale ?

Bien sûr que non, même si à terme la France, gorgée de réfugiés et parsemée d’Islamistes extrémistes, risque de nous conduire à devenir, à notre tour, des réfugiés dans d’autres pays où nous devrons chercher asile !... Faudra-t-il encore trouver des régions du monde non contaminées ! La Russie, peut-être, ou Europa, cette île minuscule perdue dans le sud de l’océan indien où ne résident que des tortues et de fulgurants moustiques, mais malgré tout moins nuisibles que le « Coran sur pattes » !

 

Mais l’accueil inconsidéré et subit de milliers de réfugiés n’est-il pas le résultat d’une désastreuse politique extérieure à l’égard des nations jugées pestiférées, au point de leur préférer la peste de ceux qui tuent, martyrisent et détruisent tous ceux qui ne se plient pas à leur folle et diabolique idéologie ? Ces réfugiés, Chrétiens ou non, ceux qui ont été vraiment menacés ou persécutés, viennent de pays où ils ont tout abandonné après y avoir vécu plusieurs années, voire une grande partie de leur vie. Ils aiment leur terre patrie ; ils y ont laissé tout ce qu’ils possédaient, parfois une partie de leur famille ; ils y ont laissé leur cœur et cherchent désespérément une protection auprès de nations qui auraient gagné à éradiquer le problème en s’attaquant à sa base.

Ainsi, plutôt que se noyer dans cet irresponsable simulacre politico-émotionnel dont personne ne mesure l’issue, ne serait-il pas plus efficace, et dans l’ordre des choses, d’inviter vivement les Etats auxquels appartiennent ces pauvres gens à les inciter à s’ériger contre le danger qui les menace. De ce fait, ils se sentiraient appelés à se maintenir dans leur pays qu’ils auraient honneur et fierté à défendre ? Nous pourrions, dès lors, fournir une aide adéquate, voire un appui militaire raisonnable et ne recueillir que ceux qui constitueraient un cas extrême. Mais Simulacre risque, alors, de se faire taxer d’ingérant et d’entrave au principe « des peuples à disposer d’eux-mêmes… »

Les réfugiés auxquels mon épouse et moi tâchons modestement de venir en aide nous ont fait part de leur misère et de leur souffrance à quitter leur pays sans connaître les lendemains qui les attendent. Ils nous ont confié à quel point ils regrettaient le manque d’appui auprès de leur propre pays par les nations qui les accueillent. Ils confessent qu’un tel engagement leur aurait probablement permis de rester sur le territoire de leur patrie, de préserver l’unité familiale et de vivre leur foi...

 

Certes, cela demande une formidable coordination dont les nations sont parfaitement capables lorsqu’il s’agit d’intérêts financiers ou économiques.

Certes, cela exige que l’intérêt général, fondé sur les valeurs fondamentales, et cela va sans dire, chrétiennes, l’emporte sur les différends, sur les querelles et sur les conflits qui déchirent les Etats entre eux, au nom de je ne sais quels droits de l’homme frelatés, ou de valeurs visqueuses au laïcisme insidieux. L’histoire a montré que cette union de frères ennemis était souvent possible. De plus, si ces régimes en place sont jugés despotes et tyranniques, pourquoi ne pas les inciter fermement à modifier leur voilure en leur fournissant notre aide, tout en préservant le paravent que leur présence peut constituer contre la monstruosité du terrorisme ou de la persécution ? Peut-être parce que l’on juge qu’une forme de déstabilisation latente ou affichée de ces pays permet d’asseoir la puissance des nations qui contribuent à leur destruction ?…

Dans cet esprit, mon âme de patriote chrétien me pousserait à suggérer que tous ces hommes qui deviennent des demandeurs d’emploi, dès qu’ils ont posé le pied sur notre sol de France, puissent être rémunérés en contrepartie d’une formation militaire, complétée par une instruction dans le renseignement, pour constituer une milice anti-terrorisme, destinée à opérer aussi bien dans leur pays d’origine que sur notre propre territoire. La haine qu’ils nourrissent contre les extrémistes musulmans, dont ils ont subi les foudres et parfois les sévices, serait, à mon humble avis, le garantie indiscutable du succès d’une telle mission…

 

Certes, ce soutien aux côtés des nations « pestiférées » nécessite un plan d’action commun pour une finalité commune et parfaitement ciblée. Mais la paix et la sécurité de ces pauvres familles, et par voie de conséquence les nôtres, voire celles du monde, ne méritent-elles pas un tel engagement ? Mais voilà!

Cela ne serait-il pas, alors, considéré comme une volonté guerrière contraire aux « valeurs » de la République qui privilégient l’action politique interminable et bien souvent caduque.

Certes, cet engagement requiert, enfin, de se doter des moyens d’une telle politique et de les utiliser à bon escient, plutôt que de faire la politique de ses moyens… Le monstre Simulacre est dans ce domaine effroyable et écœurant. En effet, on est capable, d’un côté, de fournir à des rebelles, par pays interposés, des armes qui seront malencontreusement utilisées contre les armées des nations d’où elles proviennent, comme j’en ai moi-même été la victime au Tchad, et l’on se complait, d’un autre côté, à se gargariser sur le parvis de l’insouciance, en s’estimant démuni devant les causes les plus vitales, parce qu’elles ne correspondraient pas aux idées narcissiques du monstre Simulacre.

Stupéfiant !

 

*

 

A présent Simulacre se pâme de sa décision éclair sur le plan aérien. L’envoi d’avions de combat pour la reconnaissance de groupes terroristes sur leur terrain d’action procède, là encore, d’une malice fort habile de notre fameux monstre.

En effet, le vecteur de reconnaissance que constitue l’avion ne permet de déceler que des cibles visibles, telles que des troupes en déplacement, des bâtiments, des matériels, des sites suspects, dont la plupart, pour ne pas dire tous, sont déjà connus de nos Services de renseignement. Nos satellites sont aussi de précieux moyens pour collecter ce type d’information.

En tant que pilote militaire, dit de transport, j’ai été amené à effectuer des recherches à bord de mon « autobus » aérien. Malgré la motivation de l’équipage et son acharnement à récupérer le plus grand nombre d’informations, nous ne sommes jamais parvenus à déceler les caches souterraines, les P.C. enfouis, les centres de radiocommunication installés dans des maisons anodines et souvent itinérants, à prévoir les mouvements de groupes armés ou à anticiper leurs actions etc… et pour cause !

Bien que ces groupes adoptent le mode d’action militaire et sont constitués en unités guerrières, leur structure ainsi que leur façon d’agir et de se déplacer se révèlent différentes de celles d’une armée conventionnelle. Aussi fugaces que l’hydrogène, ils savent se rendre insaisissables et opèrent d’une manière imprévisible. Seules l’infiltration et l’écoute radio peuvent réellement permettre de suivre ces meurtriers. Cela signifie que l’action terrestre du type que je viens d’évoquer s’avère plus pertinente, en amont des opérations, que le déploiement aérien.

Veut-on, alors, vraiment se rendre efficace, ou seulement acquérir bonne conscience dans un domaine où l’on se sent dépassé par manque de volonté mais aussi par manque de courage ?...

 

Ceci étant, cette vague subite d’altruisme aura eu, au moins, pour bienfait de faire prendre conscience à plus de gens qu’on ne le croit de la souffrance des Chrétiens d’Orient. Elle aura aussi fait toucher du doigt le risque d’une telle déferlante, manifesté par l’attitude de certains de nos élus locaux, préférant recevoir des Chrétiens avérés plutôt que des intrus suspects au « cimeterre » facile !...

Cette fois-ci, Simulacre a un peu de fil à retordre…

 

*

 

Chers lecteurs, ces Chrétiens ont besoin de nous sur notre territoire.  Ils ont besoin de soutien et de chaleur humaine qu’une rencontre, une écoute, une aide de quel ordre qu’elle soit, un élan d’amitié, un sourire peuvent contribuer à leur fournir. Leur mine apparemment réjouie cache une tristesse profonde qui conduit les mères à pleurer en secret, surtout la nuit, lorsque le tourbillon de la journée s’est apaisé.

Ils ont peur des musulmans qu’ils rencontrent sur notre terre de France, car ils leur rappellent les tourments qu’ils ont vécus. Nombre de femmes évitent de se rendre dans certains quartiers de Mantes, ou d’autres villes, qui les font frissonner de crainte.

Nous avons été surpris de l’étonnement de certains qui s’attendaient à une France sans burqa ni barbus, qu’ils considéraient toujours comme fille aînée de l’Eglise ! Force leur sera de constater qu’elle est malheureusement devenue une cousine éloignée qui peine à conserver le lien familial…

 

- Alors, réveillons-nous et tâchons de redorer le blason de notre vielle et belle France, en témoignant de notre foi partout, en tout lieu et à chaque instant de cette vie que Dieu nous donne pour nous et pour Sa plus grande Gloire. Ces Chrétiens d’Orient sont un vibrant exemple de l’esprit de sacrifice pour préserver sa foi et rendre hommage à Dieu.

- Soyons, par ailleurs, les fervents défenseurs de nos valeurs et de notre identité, tout en proposant de partager nos richesses sans qu’on les laisse se faire dilapider.

- Que la France reste ce pays généreux et plein d’attraits, riche d’une grande histoire que nous devons poursuivre, ensemble, dans l’honneur et la fiertéNous sommes la France de Saint Louis et celle de Sainte Jeanne d’Arc ; nous sommes cette France qui a su combattre pour les intérêts divins et se sacrifier pour les hommes par amour de Dieu…

- Réveillons-nous et n’ayons pas peur d’être, ensembles, des bâtisseurs d’une France qui travaille, qui se donne et qui prie, gardant ses inébranlables valeurs chrétiennes qui grandiront encore la France de demain !…

 

 

Colonel J. Anrès