Les sacres de Mgr Lefebvre

Dans le dernier numéro de notre bulletin paroissial, Quis ut Deus, de juin 2018, j’ai pris la défense de Mgr Lefebvre contre l’accusation d’Yves Chiron traitant l’action des sacres, dans son livre sur « Dom Gérard », d’action schismatique. Je voudrais dans ce numéro de juillet, approfondir la question et expliquer pourquoi Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer crurent devoir aller jusqu’à accomplir ces sacres, sans pour autant créer un schisme formel.

Les sacres furent l’ultime action de Mgr Lefebvre. Son dernier combat. J’ose même écrire, sa gloire. Voilà comment il faut les comprendre. Je me souviens de ses paroles le jour des sacres : « Le protocole venait à peine d’être signé que, le jour même, on me remettait une lettre… Je devais demander pardon de mes erreurs… Je devais reconnaître la vérité du Concile… Mais la vérité du Concile nous n’en voulons pas… pour rien au monde…. Aussi en attendant que la Tradition retrouve sa place… en attendant que la Tradition retrouve ses droits à Rome… J’ai décidé cette opération-survie…Ne rien faire eût été une opération-suicide. »

Je me souviens de sa voix. Elle était calme et sereine…. « Je ne pouvais laisser les séminaristes orphelins, en disparaissant sans rien faire. Nous avons donc choisi ».

Des applaudissements ont éclaté. Ceci a fort déplu à Dom Gérard. Il en fut même « indisposé », nous dit Yves Chiron. Il quitta la cérémonie (p. 486)…. Pourtant rien de plus romain… C’est le ton décidé « de ce vieil évêque, condamné à être rebelle par fidélité » (Brigneau Pour saluer Mgr Lefèbvre p. 12) qui les a provoqués. Il rappelle brièvement la situation de l’Eglise, de la réunion d’Assise, de son iniquité. Il voit le pape humilié. Il évoque la prophétie de Quinto annonçant « l’Eglise en situation de catastrophe » et « l’arrivée d’un prélat au pied du rocher, qui s’opposera en préservant la Tradition ». Autre scandale pour Dom Gérard. Il parlera des apparitions de la Salette, du troisième secret de Fatima que Jean XXIII se refusera à révéler. Il rappelle aussi les quatorze années qui viennent de s’écouler. Sa Déclaration du 21 novembre 1974. Son amour de la Rome éternelle. Son refus de la Rome conciliaire. En conséquence il fut considéré comme « rebelle et dissident ». Cela n’a pas empêché le cardinal Gagnon, envoyé pontifical, d’assister à sa messe, le 8 décembre 1987… La messe dite par un « suspens ». Il recevait en ce jour les engagements de nombreux membres de la FSSPX dans une Fraternité que Rome avait supprimée, le cardinal assistant à tout cela en mosette, (habit de chœur) … ». Aujourd’hui nous sommes condamné… un jour prochain on nous félicitera d’avoir maintenu la foi »… disait Mgr Lefebvre.

La suite dans le Quis Ut Deus de Juillet 2018 :