Le sanctuaire familial

Nous avons fêté en ce mois de janvier et la fête de la sainte Famille – le Ier janvier et la fête de l’institution de la famille avec le mystère de Cana où Jésus, avec ses disciples fut invité. Sa Mère était aussi présente. Il m’est difficile alors de ne pas parler en cet éditorial de la famille, du sanctuaire familial.

 « Il les fit homme et femme »

« Non est bonum esse hominem solum, faciamus ei adjutorium simile sibi » - « Il n’est pas bon que l’homme soit seul, faisons lui une compagne semblable à lui ». Telles sont, extraites de la Genèse, les paroles de Dieu après la création d’Adam. Et Adam reçut Eve pour compagne.

Il les fit homme et femme » « Masculum et feminum fecit eos », précise encore le texte sacré. C’est pourquoi « l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et ils seront deux dans une seule chair ».

Merveilleux texte et claire condamnation de l’individualisme. Il n’est pas bon que l’homme soit seul. La loi de communauté est première, à l’origine; les êtres ne se développent et n’atteignent leur fin que moyennant l’appartenance à une société, à une famille - homme et femme, faut-il le préciser aujourd’hui – c’est le plan de Dieu -, à une société hiérarchique … 

« Non est bonum esse hominem solum… » Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Et cet homme était pourtant dans l’état de sa puissance originelle. N’importe. Même alors, il n’était pas bon qu’il fut seul.

Nous sommes ici en présence d’un ordre tellement saint que, pour ne nous laisser aucun doute sur le degré de sa sainteté, ce sont les noces de Jésus et de son Eglise qui sont invoquées par toute la tradition catholique, suivant saint Paul et son Epître aux Corinthiens. Tel est l’ordre divin. C’est à cet ordre qu’il faut nous rapporter. C’est l’union du Christ et de son Eglise qui est la lumière de cette union de l’homme et de la femme. Elle en est l’archétype…C’est en cette union du Christ et de l’Eglise que Dieu s’est plu à donner à l’union de l’homme et de la femme son vrai sens, tout son prix, tout le sacré de ce lien, sa législation.

Ainsi c’est surtout dans la constitution de l’Eglise que notre Seigneur montrera la place occupée par la famille dans le dessein de la Rédemption.

« Pour assurer son œuvre parmi les hommes, il fonde l’Eglise. Or cette Eglise, quel nom lui donnera-t-il ? Quelle fonction lui assignera-t-il ? Le nom et la fonction d’épouse.

Comme Eve est sortie du côté d’Adam plongé dans un profond sommeil, l’Eglise jaillit du côté ouvert de Jésus pongé sur la croix dans le sommeil de la mort. Réveillé Adam reçoit Eve, lui donne un nom et la proclame chair de sa chair et os de ses os. Jésus déclare que l’Eglise est son corps mystique…Un jour Dieu dira d’Adam : « Ils seront deux en une seule chair ». La foi proclame que le Christ et l’Eglise sont deux en un seul corps mystique… Et quand on prend soin de remarquer que cette union du Christ et de l’Eglise fut réalisée tout d’abord entre le Christ et la Sainte Vierge, on est disposé à conclure que le rôle d’épouse doit imiter celui de la Vierge Marie par rapport à Jésus. Rôle qu’on a désigné par ces beaux titres de Co rédemptrice, de coopératrice, de Co médiatrice.
Ainsi l’épouse doit être pour son mari, d’une façon aussi complète que possible, une coopératrice, une collaboratrice de son âme, de ses progrès spirituels et de son apostolat autant et plus encore que de sa profession d’éducateur.

Voilà le sanctuaire familial. Nous sommes loin du matérialisme actuel...C’est ce que nous dit saint Paul : « chaque foyer est un sanctuaire » en ce sens que « le mariage est la figure de l’union de Jésus-Christ et de l’Eglise » (Eph 5 32).  Et c’est dans cette figure que se trouve fondées toutes les lois du mariage.

Il n’y a qu’une seule Eglise qui soit l’Epouse de Jésus-Christ, l’homme ne peut donc avoir qu’une seule femme ; Jésus Christ et l’Eglise sont inséparablement unis, l’union des époux est donc indissoluble ; l’union de Jésus-Christ et de l’Eglise est enrichies de grâces, de même l’union des époux ; Jésus-Christ est le chef de l’Eglise, la femme doit obéissance à son mari ; Jésus-Christ et l’Eglise sont animés du même esprit, ainsi l’homme et la femme doivent agir de concert ; Jésus-Christ n’abandonne pas son Eglise et l’Eglise garde au Sauveur une inviolable fidélité, ainsi les époux doivent être fidèles l’un à l’autre. Amour de Jésus, fécondité de l’Eglise. Amour de l’époux, fécondité de l’épouse.

Voilà qui est fondamental et qui sera toujours vrai.

Abbé Paul Aulagnier