2018 - Dimanche de la Quinquagésime

« Un Sauveur vous est né ». Voilà une affirmation capitale concernant le Christ Seigneur. Il est le Sauveur, notre Sauveur qui vient opérer notre salut. Quelle reconnaissance et quel amour nous lui devons, nous devons lui porter.

Ce salut n’est pas le fruit de nos mérites, mais bien de « la volonté éternelle de Dieu » ; il dépend, en conséquence, du « bon plaisir de Dieu ». Il est donc inconnaissable aux hommes aussi longtemps qu’il n’est pas révélé. Or Il fut révélé par l’ange aux bergers, par l’Esprit Saint au prophète Siméon. C’est la foi de l’Eglise, que l’Eglise transmet de par le Monde : « allez enseigner toutes ls nations, leur apprenant à garder ce que je vous ai enseigné ».

Ce salut se résume en Jésus-Christ. Il en est, lui, l’objet, le réalisateur, le consommateur. Il faut donc être uni à Lui par la foi, croire à son enseignement pour connaître ce salut éternel : la Vie éternelle. Il est, je vous le dis souvent : « l’espérance de la gloire ». Oh comme il est bon de le suivre, de le connaître, de l’imiter, de l’aimer.

Mais pourquoi parler de « Salut ». Faut-il donc être sauvé ? Et de quoi être sauvé, ou mieux de qui être sauvé ?

MBCF, permettez-moi de vous rappeler simplement l’enseignement de l’Eglise sur le péché originel.

Dieu avait créé l’homme, Adam et Eve, dans un état très heureux, dans le paradis terrestre, ornant son âme de toutes les vertus tant naturelles que surnaturelles ; Il lui donna aussi les dons appelés « praeter naturels » qui sont l’immutabilité, l’immortalité, les dons de science et d’impassibilité. Mais Il avait donné ce précepte : « Tu peux manger de tous les fruits du jardin, mais ne touche pas à l’arbre de la science du bien et du mal ; car le jour où tu mangeras de son fruit tu mourras de mort ». Tel est l’enseignement de la Gen 2 16 17. Mais ayant transgressé ce précepte il tomba aussitôt dans un affreux malheur : il perdit la sainteté et la justice dans lesquelles il avait été créé, et il devint sujet à une foule de maux que le Saint Concile de Trente a énumérés tout au long.

C’est le chapitre Premier de la 5ème session de ce Concile. Ecoutez : « Si quelqu'un ne confesse pas qu'Adam le premier homme, ayant transgressé le commandement de Dieu dans le Paradis, perdit immédiatement l'état de sainteté et de justice, dans lequel il avait été établi ; et par ce péché de désobéissance, et cette prévarication, a encouru la colère et l'indignation de Dieu, et en conséquence la mort, dont Dieu l'avait auparavant menacé (Gen. 2. 17.), et avec la mort, la captivité sous la puissance du Diable, qui depuis a eu l'empire de la mort (Heb 2. 14.) ; et que par cette offense et cette prévarication, Adam tout entier dans son corps et dans son âme, a été changé en un pire état : qu'il soit anathême ».

D’autre part il ne faut pas oublier, non plus, que ce péché et son châtiment ne se sont point arrêtés en Adam, mais qu’ils sont passés à toute sa postérité.

C’est l’objet du 2ème chapitre de la même session : « Si quelqu'un soutient que la prévarication d'Adam n'a été préjudiciable qu'à lui seul, et non pas à sa postérité ; et que ce n'a été que pour lui, et non pas aussi pour nous, qu'il a perdu la justice et la sainteté qu'il avait reçues, et dont il est déchu ; Ou qu'étant souillé personnellement par le péché de désobéissance, il n'a communiqué et transmis à tout le genre humain, que la mort et les peines du corps, et non pas le péché qui est la mort de l'Ame : Qu'il soit anathême ; puis que c'est contredire à l'Apôtre, qui dit que le péché est entré dans le monde par un seul homme, et la mort par le péché ; et qu'ainsi la mort est passée dans tous les hommes, tous ayant péché dans un seul. (Rom 5. 12.) »

Ce sont de ses maux qu’il fallait le sauver. Mais MBCF, l’homme étant tombé de si haut, rien ne pouvait le relever et le remettre dans son premier état, ni les forces des hommes, ni celles des Anges, si ce n’est le Fils de Dieu lui-même. A ses malheurs, à sa ruine, il ne restait de remède que le Fils de Dieu Lui-même, avec sa Puissance infinie. Seul Il pouvait, en se revêtant de l’infirmité de notre chair, supplier le pardon et obtenir le pardon de Dieu. Pour notre salut, il fallait un acte théandrique, à la fois humain et divin. Divin ! Pourquoi ? Parce que le péché d’origine étant infini de malice, puisqu’il s’oppose à une dignité infini, Dieu, aucun acte humain, parce que limité et fini , ne pouvait réparer l’infini malice du péché originel et satisfaire à la justice de Dieu. L’Incarnation du Fils de Dieu était absolument nécessaire pour réparer le genre humain et le remettre dans l’amitié de Dieu.

Oh que nous devons être reconnaissant à notre Seigneur Jésus-Christ, que nous devons l’aimer, d’un amour de reconnaissance…car ce salut, nous le savons, lui à couter mille douleurs, mille souffrances, sa Passion, les injures, les affronts, les calomnies , la flagellation, le couronnement d’épine, le chemin de croix, le crucifiement, les clous, les moqueries, les insultes, les affronts, les crachats…C’est par l’obéissance à la volonté de son Père que le Christ accepta tout cela et opéra notre rédemption. Oh que la justice de Dieu fut terrible. Elle se mesure au prix exigé pour la réparation ! Oh que son amour miséricordieux est immense. Il se mesure au don fait pour cette réparation, rien d’autre que le Fils bien aimé, le Fils unique, le Mono gène. Or l’amour se mesure au don. Le don étant immense, l’amour de Dieu est aussi immense. Dans son obéissance au Père, « Non ma volonté, mais la vôtre » le Christ, Lui, réparait la désobéissance d’Adam et nous rétablissait dans la charité du Père. Oui ! Nous lui devons notre rédemption, notre salut, notre Vie éternelle.

Mais il faut joindre à ce rédempteur, la co-rédemptrice : Notre Dame. Il faut donc l’aimer d’un même amour car sans son consentement, sans son fiat à la parole de l’Ange, nous n’aurions pas eu le Fils, le Rédempteur. Oui ! Il faut l’aimer d’un même amour, du même amour de reconnaissance. Il faut le rappeler en cette fête des apparitions de ND à Lourdes, le 160ème anniversaires des apparitions…

Et du reste dès le péché originel commis, Dieu dans sa sagesse, nous annonce le mystère de Marie: « Je mettrai des inimitiés entre toi et la femme, entre ta race et la sienne. Elle te brisera la tête, et toi tu chercheras à la blesser au talon ». (Gen 3 15). Toute la Tradition voit en cette femme, Notre Dame, la Vierge Marie, la Mère de Dieu, puisque Jésus, le fruit de ses entrailles, est vraiment le Fils de Dieu. Et c’est pourquoi vous verrez tant de dévotion pour ND dans toutes les paroisses catholiques. Il n’y a pas une église sans statuts de ND et toutes ses statuts présentent la Vierge écrasant le Dragon, le serpent, annonçant ainsi notre rédemption qui est aussi une délivrance de l’auteur de la mort.

Son rôle , à Marie, est tel dans la Rédemption qu’il ne faut pas s’étonner de la voir au pied de la croix, unie à l’oblation obéissance de son Fils. Dans l’œuvre de la rédemption, on ne peut dissocier le Fils et la Mère. Cette œuvre est vraiment commune. C’est pourquoi nous devons les aimer d’un même et identique amour.

Et priez pour que l’Eglise définisse un jour prochain le dogme de la Co-rédemption de Marie, le dernier dogme à définir avant la fin des temps.