Dimanche du Bon Pasteur 2018

Dimanche du Bon Pasteur

MBCF,

« Je suis le Bon Pasteur », dit NSJC.
C’est sous ce patronage du Bon Pasteur que notre Institut a voulu se placer.
C’est Lui notre guide !
C’est Lui notre joie ! C’est Lui notre joie, car la joie « jaillit de la certitude que le Christ, par sa mort et sa résurrection, a définitivement triomphé du mal et de la mort ».

C’est Lui qui a fondé cette « via lucis », « ce chemin de lumière » et le cierge pascal le symbolise et nous étions fiers de l’acclamer en entrant dans l’Église. « Lumen Christi ». « Deo gratias ». Nous l’avons suivi, de fait, dans l’allégresse de son triomphe, sur la mort, sur le mal, sur les ténèbres. Il dissipa les ténèbres du monde. Il dissipa nos propres ténèbres.

Nous avons suivi cette Lumière, le Bon Pasteur, confessant qu’Il est le Fils unique du Père, qui, pour nous, « a payé au Père éternel la dette d’Adam et effacé par son sang la rançon de l’antique péché » - « Adae debitum solvit ».

Nous confessons que ce Bon Pasteur est tout autant « l’Agneau véritable » qui a permis la libération du peuple juif, symbole de notre propre libération du péché.

Aussi aimons-nous confesser l’admirable bonté de ce Pasteur envers nous. « O incompréhensible dilection de votre charité », « Il s’est livré pour racheter l’esclave »

C’est pourquoi nous ne craignons pas de lui dire notre reconnaissance : « O Heureuse faute qui nous a valu un tel et si grand Rédempteur ». Le Bon Pasteur.

Et toute vie, si l’homme le veut bien, est illuminée de cette charité du Christ. Alors cette charité dissipe les haines, rétablit la concorde et « assujettit les empires ». –« Curvat imperia ». Assujettit les empires. Curvare : littéralement : les courbe. C’est ce que disait Saint Rémi à Clovis: « Courbe la tête, fier Sicambre, adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré ».

Il est alors légitime de vouloir que cette charité divine, cette lumière divine illumine notre France, notre Europe. Ce qui fut le cas pendant des siècles depuis l’origine de la France et de l’Europe. Oui ! Notre France a ses racines plongées dans la foi, depuis le baptême de Clovis. Elle fut dite « la fille aînée de l’Eglise ». Mais après elle, toutes les nations d’Europe en Occident et en Orient prirent aussi dans l’Évangile du Bon Pasteur les principes de leur « être ». Comme le disait Jean-Paul II : « Les pays de l’Europe occidentale ont une tradition chrétienne ancienne. C’est ici que la culture chrétienne a atteint son sommet ». Les saints de toutes les nations sont nombreux. Ce sont eux qui ont façonnés le visage de l’Europe. En Europe occidentale, « ont fleuri des œuvres d’art superbes : les cathédrales romaines, gothiques, les basiliques de la Renaissance et du Baroque. Les peintures de Giotto, du bienheureux Fra Angelico, les innombrables artistes du 15 et 16 siècles, les sculptures de Michel Ange, la coupole de saint Pierre. C’est là que sont nées les Sommes théologiques, celle de de saint Thomas, les plus beaux écrits de théologiens mystiques…de Sainte Catherine de Sienne, de Saint Bernard, de Sainte Thérèse d’Avilla…de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus…C’est là que sont nés les grands ordres monastiques, à commencer par celui de saint Benoît, les grands ordres mendiants, les franciscains, les dominicains ; à la Contre Réforme, les Jésuites et toutes les Congrégations du XIX siècles si nombreuses et si missionnaires.

Oui ! Le Christ fut vraiment « la pierre angulaire » de la construction de l’occident chrétien. Le mystère du Christ est vraiment l’être de l’Europe chrétienne, son mode d’être que nous voulons pour nos familles, nos enfants, nos écoles, notre pays, notre Europe.
Mais le Christ est aujourd’hui refusé depuis la Renaissance et surtout depuis la Philosophie des Lumières

Refus du Christ !
Voilà un drame, un vrai drame !
Un drame culturel. Un drame cultuel.

Alors que faire,

Restez greffés au Christ. Restez greffés sur la vie divine du Christ par la fréquentation des sacrements, des vrais sacrements, de la sainte Messe. Restez dans la bergerie, le « pastorat » du Bon Pasteur.

C’est important. Il y va de la vie éternelle. En rejetant le Christ, en le mettant entre parenthèse « s’entrouvre la voie vers les expériences dévastatrices du mal », ce que nous constatons. On voit croître alors l’agnosticisme pratique, la désespérance et l’hédonisme pratique.

Et de cela nous n’en voulons pas.

On voit croître l’indifférentisme religieux qui fait que beaucoup d’Européens donnent l’impression, disait toujours Jean-Paul II, de vivre « comme des héritiers qui ont dilapidé le patrimoine qui leur a été légué par l’histoire ».

Le refus du Christ engendre l’expansion de la sécularisation, « de sorte qu’il est de plus en plus difficile de vivre la foi en Jésus-Christ. « Il est plus facile de se dire athée que croyant. On a l’impression que la non croyance va de soi tandis que la croyance a besoin d’une légitimation sociale qui n’est ni évidente ni escomptée ».

Le refus du Christ engendre aussi le laïcisme

Et de ce laïcisme nous n’en voulons pas et nous dressons contre, la Croix du Christ et sa Résurrection historique, voulant vivre pour Dieu. « Vivere Deo ». C’est ce que dit saint Paul du Christ Ressuscité. Belle définition du Chrétien.

Le refus du Christ engendre la perte du sens de la vie. Étonnez vous. Il n’y a plus la lumière du Christ.

Le refus du Christ engendre une anthropologie sans Dieu qui engendre le nihilisme, le relativisme, voire même l’hédonisme cynique. Ce sont là les racines de ce que Jean Paul II appelait : « l’apostasie silencieuse »

Mais vivre comme si Dieu n’existe pas, c’est vivre en dehors des repères du bien et du mal, i.e. en dehors du cadre de valeurs dont Dieu lui-même est la source. Dès lors on prétend qu’il appartient à l’homme seul de décider ce qui est bon ou mauvais. Les bases même de la morale sont ainsi ébranlées, ébranlée alors l’institution familiale, en propageant la permissivité morale et donc le divorce, l’amour libre, l’avortement, la contraception, la lutte contre la vie dans sa phase initiale comme dans son déclin, sa manipulation. Et ce programme se développe avec d’énormes moyens financiers.

Alors « Face à tout cela, on peut légitimement se demander si ce n’est pas une autre forme de totalitarisme sournoisement caché sous les apparences de la démocratie » (Jean Paul II).

Cela aura été dit. L’Église aura parlé. Elle aura averti. Un nouveau totalitarisme est à vos portes. Réveillez vous

Ne baissons pas les bras.

Si l’on veut restaurer l’Europe chrétienne, il faut en restaurer le principe. Or le principe c’est le Christ et sa Loi. C’est ce que disait déjà Pie XII en 1948. Il faut se référer au christianisme comme facteur d’identité et d’unité. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut aller plus loin. « Tant qu’on n’ira pas jusqu’à la reconnaissance expresse des droits de Dieu et de sa Loi, tout au moins du droit naturel sur lequel sont ancrés les droits de l’homme » rien de bien et de durable n’aura été fait.

Ainsi donc le respect des droits de Dieu, le respect du droit naturel : voilà la condition sine qua non de la restauration de l’Europe et le principe de son unité…alors que la liberté, seul, délivrée de toute vérité objective, est la raison de sa décadence.

Ou l’on retrouve Dieu, sa loi, son Christ et l’on retrouve la vie et la chrétienté.
Ou l’on reste attaché aux faux principes du laïcisme et du libéralisme et l’on poursuivra la décadence et le châtiment, l’Islam, sera pour demain.

Sursum corda !