10éme Dimanche après la Pentecôte

 

« Personne, parlant par l’Esprit de Dieu, ne dit anathème à Jésus »

 

Ce sera le thème de notre entretien dominical.

« Personne, parlant par l’Esprit de Dieu, ne dit anathème à Jésus »… Bien au contraire.  Tous ceux qui sont animés de l’Esprit Saint par suite de la réception du baptême, tout baptisé chante avec amour la gloire de son Seigneur et Maître, la gloire de NSJC.

Le « gloria » de notre sainte messe est comme le « compliment » - plus que cela même - que nous adressons à NSJC, tous les dimanches, et le prêtre tous les jours, - et c’est du reste assez à son bonheur. Oui ! Ce « gloria » nous le disons avec le même amour que l’enfant prononce son compliment à sa mère à la fête des mères. Nous le chantons avec amour parce que nous revoyons en cette hymne toutes les vertus du Christ.

Après, en effet, nous être adressés au Père, et avoir chanté sa louange, sa gloire, avoir manifesté notre adoration parce que le Père est « Seigneur, Dieu, Roi du Ciel, Dieu, Père tout puissant » - la vénération est dûe à une personne en raison de sa majesté- Oui ! Après nous être adressé au Père, nous nous adressons au Fils et nous rappelons sa filiation unique, « Domine Fili unigenite » Nous chantons ainsi sa noblesse, sa totale perfection.  Il est Dieu, né de Dieu, lumière née de la lumière. « Domine Deus ». Nous rappelons son œuvre rédemptrice, sa grande œuvre. Et quoi de plus honorifique, de plus  gratifiant que de rappeler à quelqu’un ces nobles actions ! Celui-ci en tire juste fierté ! Il y est donc sensible. «C’est ce que nous  faisons lorsque nous disons à ce Christ, majestueux : « Agnus Dei, Filius Patris ». « Agnus Dei ». C’est, du reste, saint Jean Baptiste, le premier du Nouveau Testament, voilà deux mille ans, qui le présenta ainsi au monde, d’abord à ses propres disciples : « Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui ôte le péché du monde ». Et quelle ne fut pas son admiration amoureuse lorsqu’il a dit : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe, et il s’est reposé sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau, m’a dit : Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et se reposer, c’est lui qui baptise dans l’Esprit Saint. Et moi j’ai vu et j’ai rendu témoignage que celui-là est le Fils de Dieu » (Jn 1 29-34). Nous souvenant  de cet enseignement johannique, nous prononçons cet « Agnus Dei », que nous  répéterons avant notre propre communion, avec une infinie reconnaissance, un immense amour, faite d’action de grâce et de confusion. De confusion…Oui !  C’est pourquoi nous disons une strophe plus loin « Vous qui effacez les péchés du monde ayez pitié de nous » et surtout recevez « cette prière », c’est-à-dire ce « miserere nobis » très sincère. Et c’est alors que le baptisé poursuit son chant amoureux et s’élève à la sainteté du Christ Seigneur : « Quoniam tu solus sanctus », « tu solus Dominus », « Tu solus altissimus, Jesu Christe ».

Vraiment celui qui est animé du souffle de l’Esprit Saint ne peut pas ne pas chanter au Seigneur son amour et sa reconnaissance et sa piété… Et tout cela constitue sa piété qu’il exprime, oui !,  dans ce beau chant du « Gloria » de notre belle messe.

Et comment, je vous prie,  pourrait-il dire « anathème à Jésus », celui qui médite l’œuvre du Christ ? Il aurait un cœur bien malade. Il serait bien indigne et serait un triste sire, oubliant la simple reconnaissance. Mais la reconnaissance participe de la justice qui nous fait rendre à Dieu et au prochain ce qui lui est dû. Oui ! Comment pourrait-il lancer « l’anathème » à Celui qui a été fait, par la volonté divine, la « pierre d’angle », la pierre fondamentale, à celui qui est « l’Alpha et l’Omega », « le principe et la fin »,  sur qui tout repose, le salut, notre salut, la vie éternelle, notre vie éternelle, la joie de vivre ici bas et dans l’autre à jamais.

Vraiment saint Paul a raison de dire « Personne, parlant par l’Esprit de Dieu, ne dit anathème à Jésus »…Il ne le peut. Cela ne peut sortir de sa bouche.

Par contre, il n’en est pas de même pour ceux qui ne sont pas animés de l’Esprit Saint et qui refusent même l’Esprit Saint et qui se dressent même contre cet Esprit et qui veulent même lui fait la guerre.

Je veux parler des ennemis de Dieu, du Christ et de son Eglise,

Je veux parler de ceux qui ont la haine au cœur, qui refusent la Révélation surnaturelle de Dieu, qui refusent tout dogme catholique, toute Eglise catholique, qui dressent leur « moi », leur « subjectivité » contre Dieu même et sa loi et son Décalogue, qui affirment donc  leur « autonomie », leur « indépendance » vis-à-vis de Dieu et de sa Révélation,  qui ne veulent et ne croient qu’en un « monde rationaliste », «  naturaliste » qui ont une haine de la religion révélée et de son fondateur  - notre époque marque la conclusion de la plus grande guerre de religion de l’histoire, et ceux qui la font, la font avec un élan toujours plus prégnant et une ardeur renouvelée… alors que ceux qui la subissent – à quelques exceptions près -  la subissent passivement – C’est terrible ! –

Je veux parler de ceux qui invoquent le seul et exclusif « libre arbitre», proposition  maçonnique par essence, alors ceux là peuvent dire volontiers « anathème à Jésus ». Car l’affirmation du libre arbitre exclut, per se, l’existence d’une Vérité objective. « Anathème » alors à Celui qui a dit : « Je suis la Vérité et la Vie ». Si chacun, au titre du « libre examen »,  peut s’enorgueillir d’une vérité qui lui soit propre, l’unique erreur est de soutenir qu’il existe une vérité unique. Alors « Anathème à Jésus », « Anathème à l’Eglise » qui professent cette unique vérité de Dieu.

Je veux parler de ceux qui, en raison de leur  « libre examen », introduisent dans la pensée humaine le « relativisme » sur ce qui est Bien et sur ce qui est Juste. Si le « relativisme » est le vrai, alors sus à toutes autorités naturelles : elles doivent être balayées parce qu’obstacles à l’affirmation de mon « moi » et de ma « vérité ». La plus grande aversion sera logiquement réservée à l’Eglise catholique, dépositaire avec son chef, le Pape, du message du Divin Maître qui nie toute autre voie de salut hors Lui, le Christ, appelant voleurs et brigands ceux qui s’étaient jusqu’alors annoncés en Son nom. Oui ! « Anathème à Jésus ». 

Je  veux parler de ceux qui refusent l’axiome chrétien, et qui le nient, à savoir « nulla potestas nisi a deo », ne fondant l’autorité que sur le nombre, ceux-là, oui ! vont lancer l’« anathème à Jésus ». Car ce Jésus les contredit : « Tu n’aurais, Pilate, aucun pouvoir sur moi s’il ne t’avait pas été donné d’en haut ».

Je veux parler de ceux qui ont élaboré tout un plan de domination de l’homme sur l’homme en dehors de tout le plan divin, et qui inclut l’avortement et demain l’euthanasie, alors ceux-là ont déclaré la guerre au Christ et à son Eglise, ont déclaré « anathème à Jésus », Lui qui est l’auteur de la Vie.

Je veux parler de ceux qui, dans le secret des loges maçonniques constituent une « hiérarchie occulte » qui veille à la réalisation de ce plan dit « humaniste » , pour ne pas dire de « carnalisation de l’homme» ; ils veillent à la transmission de ce « dépôt » qui a pour but d’asservir l’humanité à la « potestats tenebrarum », - et ne cherchez pas ailleurs que là, le développement des « gay pride » et autres réunions de « Rock hard »… alors ceux-là dans leurs convents, lancent « anathème à Jésus ».

Je veux parler, en un mot, des personnes  qui constituent cette « contre-Eglise » tendant à s’approprier même toute valeur religieuse et politique. - Et les journées répétées d’Assise ne seraient peut-être pas étrangères à ces plans cachés…Car l’instauration d’une religion mondialiste fait bien parti de leur programme…

Je veux parler de la Révolution qui est la finalité de cette « Contre-Eglise » et qui a, comme le dit Mgr Gaume, « la haine de tout ordre que l’homme n’a pas établi et dans lequel il n’est pas roi et Dieu tout ensemble ». Révolution qui est «  la proclamation des droits de l’homme sans souci des droits de Dieu ». Qui est « la  fondation de l’état religieux et social sur la volonté de l’homme au lieu de la volonté de Dieu ». Qui est « Dieu détrôné et l’homme a sa place (l’homme devenant à lui-même sa fin). Mais c’est là une œuvre essentiellement satanique. Voilà pourquoi cette Révolution, c'est-à-dire ce renversement de tout l’ordre divin, a la haine de Jésus, et ne peut dire qu’ « anathème à Jésus ». Elle est nourrie d’un acharnement inlassable contre l’œuvre du salut et de restauration du Verbe incarné. Détruire son œuvre sera son but. Cette Révolution a donc la haine de l’ordre chrétien. Elle s’en prendra au Christ. Et à son Eglise. Jules Ferry dira : « mon but est d’organiser l’humanité sans Dieu ». Clemenceau dira dans le même sens : « Depuis la Révolution, nous sommes en révolte contre l’autorité divine et humaine » ou encore : « Rien ne sera fait dans ce pays tant qu’on n’aura pas changé l’état d’esprit qui y a introduit l’autorité catholique ». La République s’y emploie… Viviani disait : « Nous ne sommes pas seulement en présence des congrégations, nous sommes en face de l’Eglise Catholique pour la combattre, pour lui livrer une guerre d’extermination ».

« Anathème à Jésus ». « Anathème » ? Qu’est-ce à dire  sinon « excommunication ». Jeter, mettre hors la communion. « Anathème à Jésus ». Qu’il ne règne plus sur nous. Nous ne voulons plus de son Règne. Qu’Il soit hors la loi, hors de toutes nos  société.

On ne peut que se souvenir avec joie des paroles que Benoît XVI adressait aux jeunes aux JMJ de Madrid : « bâtissez votre vie sur le fondement solide qu’est le Christ. Cette sagesse et cette prudence guideront vos pas, rien ne vous fera trembler et la paix régnera dans votre cœur. Alors, vous serez heureux, contents, et votre joie se communiquera aux autres. Ils se demanderont quel est le secret de votre vie et ils découvriront que le roc qui soutient tout l’édifice et sur lequel s’appuie toute votre existence est la personne même du Christ, votre ami, frère et Seigneur, le fils de Dieu fait homme, qui donne consistance à tout l’univers. Il est mort pour nous et il est ressuscité pour que nous ayons la vie et, à présent, depuis le trône du Père, il demeure vivant et proche de tous les hommes, veillant continuellement avec amour sur chacun de nous ».