L'anéantissement et l'humilité de Jésus dans la Sainte Eucharistie

C'est l'anéantissement qui domine et caractérise l'état de Notre Seigneur au Saint Sacrement. Or, le Seigneur Jésus est notre modèle, au Saint Sacrement comme dans les actes de sa vie publique. Nous devons donc étudier cet état d'anéantissement eucharistique, pour que nous puissions ressembler à notre divin modèle, et pour être dans la grâce de la sainteté eucharistique.
 
Au Saint Sacrement, Jésus est dans un état d'extrême pauvreté.
Que l'autel soit d'or, que mille lumières y resplendissent, Jésus n'en est pas moins pauvre ni moins obscur dans l'état des saintes espèces. Il est vraiment le Grand Pauvre, sous le voile de l'hostie. Il n'a aucune beauté visible, Lui qui était le plus beau des enfants des hommes. Il n'est plus quelqu'un, en apparence Il est seulement quelque chose, immobile, inanimé ; ni mouvement ni action, comme emprisonné, Lui qui est le Verbe, la Vie du monde et le moteur de tous les êtres. On pourra L'insulter, Le profaner, blasphémer, Il ne se défendra pas. S'Il pouvait encore souffrir, Il souffrirait plus dans l'hostie que pendant sa vie terrestre. Pensons à ces abaissements inouïs de Jésus-Christ au Très Saint Sacrement ; ne nous dit-Il pas : "voyez, et faites comme moi"?

Jésus au Saint-Sacrement nous appelle à une humilité profonde.
Son anéantissement eucharistique éclipse sa gloire et sa divinité bien plus que durant sa vie mortelle. Jésus a voulu voiler sa gloire sous le voile impénétrable de l'hostie. Cette leçon que Jésus nous donne doit nous conduire à nous humilier nous aussi, dans le bien que nous pouvons faire, les vertus que nous pratiquons, les dons naturels que nous avons : Jésus-Eucharistie nous demande d'en faire remonter toute gloire et tout mérite à Dieu seul, sans qui nous ne pouvons rien faire. Que le Seigneur nous préserve de l'orgueil qui stérilise nos actes les meilleurs.

Sans l'Eucharistie dans nos vies, il n'y aura pas d'humilité non plus. Et d'où vient notre orgueil spirituel, qui s'élève des grâces reçues, des dons de Dieu ? Il vient de l'oubli de l'Eucharistie. Méditer Notre Seigneur anéanti au Saint Sacrement est le vrai chemin de l'humilité. l'Eucharistie nous apprend à renvoyer à Dieu les dons que nous recevons de Lui, et non pas seulement à nous humilier de nos misères. Ainsi toute âme vraiment eucharistique doit devenir humble, elle n'agit plus que sous la motion de cette divinité anéantie.
 
Jésus-Eucharistie est le modèle des âmes intérieures.
La vie spirituelle consiste dans la prière et l'immolation intérieure de l'âme avec Dieu. Cette prière doit être cachée, humble et anéantie, comme la prière de Jésus-Eucharistie. La vie anéantie de Jésus au Saint Sacrement est aussi le modèle de notre immolation : qui s'immole mieux que Lui ? S'immoler en effet veut dire se mettre dans l'état et la volonté du sacrifice ; c'est ce que le Seigneur Jésus a fait lorsqu'Il a institué le Sacrement et revêtu son état de victime : il y a, dans le mystère de l'Eucharistie, à la fois la vie et l'immolation, la gloire et l'humiliation. Alors comme Jésus-Eucharistie, nous devons nous abaisser, nous anéantir. Il faut qu'Il grandisse en nous, et que nous diminuions. Il faut que l'anéantissement soit comme le caractère de notre vertu, et de toute notre vie. Que nous devenions comme les saintes espèces qui n'ont plus rien à elles, que nous ne soyons plus rien pour nous, que nous soyons anéantis comme Jésus dans l'Eucharistie.
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