Actualité religieuse

Cardinal Sarah : Nous sommes confrontés à une véritable cacophonie d’évêques et de prêtres

Le préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements a été interrogé par Edward Pentin sur le site du National Catholic Register (traduction par Belgicatho). Extrait :

Nous sommes confrontés à une véritable cacophonie d’évêques et de prêtres. Tout le monde veut imposer son opinion personnelle comme une vérité. Mais il n’y a qu’une seule vérité: le Christ et son enseignement. Comment la doctrine de l’Église pourrait-elle changer? L’Evangile ne change pas. C’est toujours le même. Notre unité ne peut pas être construite autour d’opinions à la mode.

La Lettre aux Hébreux dit: «Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et pour toujours. Ne vous laissez pas entraîner par toutes sortes d’enseignement étranges. Il est bon que nos cœurs soient fortifiés par la grâce et non par des aliments qui ne profitent pas à ceux qui les vivent »(13: 8-9) – à cause de« ma doctrine », dit Jésus. «Mon enseignement ne m’appartient pas, mais provient de Celui qui m’a envoyé» (Jean 7:16). Dieu lui-même nous le répète souvent: «Je ne violerai pas mon alliance; la promesse de mes lèvres, je ne la changerai pas. Par ma sainteté j’ai juré une fois pour toutes »(Psaume 89: 35-36).

Certaines personnes utilisent Amoris Laetitia pour s’opposer aux grands enseignements de Jean-Paul II. Ils se trompent. Ce qui était vrai hier reste vrai aujourd’hui. Nous devons nous tenir fermement à ce que Benoît XVI a appelé l’herméneutique de la continuité. L’unité de foi implique l’unité du magistère dans l’espace et dans le temps. Lorsqu’un nouvel enseignement nous est donné, il doit toujours être interprété en cohérence avec l’enseignement précédent.

Si nous introduisons des ruptures, nous brisons l’unité de l’Église. Ceux qui annoncent à haute voix les révolutions et les changements radicaux sont de faux prophètes. Ils ne cherchent pas le bien du troupeau. Ils recherchent la popularité des médias au prix de la vérité divine. Ne soyons pas impressionnés. Seule la vérité nous libérera. Nous devons avoir confiance. Le magistère de l’Église ne se contredira jamais.

Lorsque la tempête fait rage, vous devez vous ancrer à ce qui est stable. Ne courons pas après les nouveautés à la mode qui risquent de s’estomper avant même que nous ayons pu les saisir.

Les évêques s'engagent contre les lois de bioéthique

Voici des extraits de leurs communiqués (cliquer sur les liens pour avoir l’intégralité) :

Mgr Georges Colomb, évêque de La Rochelle et Saintes :

J’invite les catholiques de Charente-Maritime à prier avec ferveur, à s’instruire sur le sujet, à débattre, à échanger avec nos compatriotes, a contacter leurs élus et pour ceux qui se rendront à Paris, à manifester paisiblement pour que les consciences de nos gouvernants se laissent éclairer et que notre pays ne sombre pas dans l’organisation d’une filiation sans père, ni dans l’instrumentalisation de l’enfant pour soulager une souffrance. Il serait navrant que nos parlementaires entendent uniquement la voix des groupes de pression qui défendent des intérêts commerciaux.

Mgr Centène, évêque de Vannes :

Il appartient aux fidèles laïcs d’animer les réalités temporelles à la lumière de la foi et de l’enseignement de l’Église. C’est à eux qu’il revient de choisir les moyens d’action qui leur paraissent les plus appropriés et de les mettre en œuvre dans le respect de chacun. Le service diocésain de la Pastorale de la Santé propose une réflexion sur les enjeux de la bioéthique. De leur côté les Associations Familiales Catholiques, dont les membres ont participé aux Etats Généraux de bioéthique, rencontré les parlementaires et tenté de sensibiliser l’opinion, appellent à participer à une manifestation le 6 octobre prochain. Vous pourrez trouver sur le site internet du diocèse (https://www.vannes.catholique.fr/tous-a-paris-le-6-octobre/) toutes les indications pour vous rendre à Paris le 6 octobre au départ des principales villes du département.

Mgr James, évêque de Nantes :

J’encourage les catholiques du diocèse, soit par des lectures, soit en suivant des parcours de formation, à s’informer, à se former, à éclairer leur conscience, à se manifester et à se respecter. C’est la grandeur et la beauté de toute personne humaine, de pouvoir faire et d’être invitée à faire des choix responsables, discernés en conscience, et de prendre sa part de responsabilité pour que notre monde grandisse dans le respect des personnes, la grandeur de la vie humaine et la fraternité toujours à construire, tenant ferme le lien entre charité et vérité. Et, ainsi, nous rendons grâce au Christ Jésus, venu parmi nous, pour que nous ayons la vie.

Mgr Sylvain Bataille, évêque de Saint-Etienne :

Je ne m’adresse pas qu’aux catholiques. Je m’adresse à tous ceux qui estiment que la vie et l’enfant sont sacrés. Je souhaite que les gens se manifestent de toutes les manières pour dire non à ce projet de loi. Pour voter en conscience les parlementaires doivent se sentir soutenus. Cette mobilisation doit les aider à poser un acte courageux.

Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre :

Il faut d’abord que chacun prenne le temps de réfléchir sérieusement (beaucoup de documents sont disponibles sur le site eglise.catholique.fr). Il est ensuite important de se manifester d’une manière ou d’une autre (manifestation publique, lettres aux élus, prise de parole autour de soi…). Il est enfin décisif d’unir, sur ce sujet comme sur tous les autres, détermination courageuse et bienveillance paisible.

Mgr de Kérimel, évêque de Grenoble :

C’est pourquoi j’encourage les chrétiens à agir et à promouvoir une vision de l’être humain respectueuse de chacun et de l’avenir de l’humanité. Chacun discernera en conscience le genre d’action à mener : auprès des députés de sa circonscription, ou en manifestant le 6 octobre prochain, ou encore par d’autres actions menées dans un esprit évangélique et le respect des lois.

Cardinal Sarah : le problème est qu’il y a des prêtres, des évêques et même des cardinaux infidèles

Traduction d’un entretien du cardinal Sarah au journal italien Il Corriere della Sera :

Eminence, vous aviez consacré votre dernier livre au silence. Maintenant, vous écrivez dans Le soir approche et déjà le jour baisse: “Mais maintenant je ne peux plus me taire”. Comme s’il y avait eu la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire de nouveau ?

“Ma réaction n’est évidemment pas guidée par l’impulsivité, et il n’y a aucune raison particulière qui en est la cause. Ce livre est le résultat d’une réflexion qui, pour moi, n’est pas nouvelle, que j’ai mûrie peu à peu depuis longtemps : ce n’est pas un traité académique, il exprime mon cri de pasteur à partir de l’analyse de notre époque. Je ne peux donc plus me taire – mais j’ose le dire : nous ne le pouvons pas – car ce que je constate en réalité est grave : nous vivons une crise spirituelle très forte. Nous sommes face à une apostasie silencieuse. Elle concerne le monde entier, mais trouve son origine principalement en Europe. Et cela vient du rejet de Dieu, un rejet qui est maintenant inscrit dans la conscience occidentale. Parce qu’aujourd’hui, c’est l’homme qui a remplacé Dieu. Le Père est rejeté et Dieu est rejeté, parce qu’on n’admet pas qu’on peut compter sur quelqu’un. Chacun veut s’autodéterminer, dans la vie, dans la mort, dans la sexualité, jusqu’à vouloir changer la nature humaine sur le fondement de ses propres idées. C’est quelque chose qui n’est jamais arrivé et qui est particulièrement pervers. Cela ne correspond pas au désir de l’homme de faire sans cesse de nouvelles découvertes, de progresser, d’utiliser en profondeur et pour le bien toutes les facultés cognitives et intellectuelles qu’il a reçues comme un don. Ici, nous sommes bien au-delà même du surhomme de Nietzsche. Aujourd’hui, nous vivons une barbarie de l’intérieur, pas comme les Romains du IV siècle qui l’ont vécue de l’extérieur, venant de leurs ennemis. Je vous invite à relire un livre du philosophe John Senior, The Death of Christian Culture, publié en 1978. Mon cri d’alarme est aussi un cri d’amour pour l’homme. Revenons à ce que nous sommes, revenons au réel. L’homme civilisé est fier d’être un héritier.

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Benoît XVI s'exprime sur la crise des abus sexuels dans l'Eglise

Du 21 au 24 février 2019, à l’invitation du pape François, les présidents des conférences épiscopales du monde entier se sont réunis au Vatican pour réfléchir ensemble à la crise actuelle de la foi et de l’Église ; une crise vécue dans le monde entier après des révélations choquantes sur les abus commis par des religieux sur des mineurs.

L’ampleur et la gravité des épisodes rapportés ont profondément secoué les prêtres, tout comme les laïcs, et ont amené plus d’une minorité à remettre en cause la foi même de l’Église. Il était nécessaire d’envoyer un signal fort et de se remettre en chemin, pour redonner à l’Église une vraie crédibilité en tant que lumière parmi les peuples et en tant que force contribuant à la lutte contre les puissances destructrices.

Ayant moi-même occupé un poste de responsabilité, comme pasteur de l’Église, au moment de l’explosion publique de la crise, et au cours de la période qui a précédé celle-ci, je ne pouvais que me demander — bien que je n’ai plus aucune responsabilité directe comme Émérite — comment je pourrais contribuer à un nouveau départ. Ainsi, après l’annonce de la réunion des présidents des conférences épiscopales, j’ai préparé quelques notes pour faire une ou deux remarques qui pourraient être utiles dans cette heure difficile. Après avoir contacté le secrétaire d’État, le cardinal Pietro Parolin et le Saint-Père lui-même, il a semblé approprié de publier ce texte dans Klerusblatt [un périodique mensuel destiné au clergé dans la plupart des diocèses bavarois].

Mon travail est divisé en trois parties. Dans la première partie, je souhaite présenter brièvement de manière générale le contexte social de la question, sans lequel le problème ne peut être compris. J’essaie de montrer comment s’est déroulé un processus sans précédent dans les années 1960. On peut affirmer que, dans les deux décennies entre 1960 et 1980, les critères qui prévalaient sur la sexualité se sont complètement effondrées et qu’il en est résulté une absence de normes auxquelles on a tenté de remédier. Dans la deuxième partie, je souhaite souligner les conséquences de cette situation sur la formation des prêtres et sur leur vie. Enfin, dans la troisième partie, je voudrais développer quelques perspectives pour une réponse appropriée de la part de l’Église.

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Communiqué de Mgr AUMONIER sur la révision des lois de bioéthique

Mgr Aumonier a émit un communiqué concernant les lois de bioéthique actuellement votées par le parlement.

“En tant qu’évêques, nous devons éclairer les consciences, surtout quand la dignité des personnes est en jeu, en particulier celle des plus fragiles.”

A partir du 24 septembre sera débattu à l’Assemblée Nationale le projet de révision de la loi de bioéthique. Les évêques de France, par la voix de Mgr de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des Évêques de France, de Mgr d’Ornellas, responsable pour les évêques de France des questions de bioéthique, et de Mgr Aupetit, archevêque de Paris, ont tenu à exprimer clairement leur opposition à plusieurs mesures de ce projet porté par le gouvernement [1]. Comme évêque de Versailles, je m’associe pleinement à leur déclaration et j’invite tous les catholiques du diocèse à en prendre connaissance, à s’en saisir et à la relayer autour d’eux.

En tant qu’évêques, nous devons éclairer les consciences, surtout quand la dignité des personnes est en jeu, en particulier celle des plus fragiles.

J’invite chacun, croyant ou non, à mesurer les graves transgressions portées par cette révision de la loi de bioéthique. Avertir sur leurs lourdes conséquences ne revient ni à juger, ni à condamner ceux qui y sont favorables ou qui y auraient recours. Rien ne nous empêchera de nous réjouir de toute vie naissante : toute nouvelle vie est une bonne nouvelle et un don de Dieu. Nous aurons toujours à cœur d’accueillir chaque personne, chaque famille telle qu’elle est et de l’accompagner dans ce qu’elle vit.

La procréation médicalement assistée (PMA), réservée jusqu’à présent aux couples homme-femme, pose de vraies difficultés éthiques [2] sur lesquelles l’Église s’est déjà prononcée avec clarté. Étendre cette possibilité aux couples de femmes ou à des femmes seules constituerait une nouvelle et grave transgression :

  • au niveau de la filiation : le désir – certes sincère – des adultes passe avant le bien de l’enfant qui se voit imposer la privation de son père.
  • au niveau de la médecine : on ne demande plus à celle-ci de soigner ou de réparer une pathologie – en l’occurrence l’infertilité d’un couple homme-femme – mais de répondre à l’injonction de satisfaire un désir individuel.

Lever le critère d’infertilité par la loi, accroître la technicisation de la procréation et la soumettre peu à peu à la loi du marché semble consacrer un droit à l’enfant et bientôt à l’enfant parfait. L’enfant risque de ne plus être reçu comme un don avec son caractère propre et ses fragilités, mais comme un dû.

L’argument de l’égalité invoqué pour justifier cette révision de loi ne tient pas. Le Conseil d’État l’a souligné [3]. Il ouvre inévitablement à la légalisation de la Gestation Pour Autrui (GPA) pour accéder demain au désir tout aussi sincère de couples d’hommes d’accéder à la parentalité.

Consacrer la « toute puissance » du désir individuel, parce qu’il serait sincère, ne peut que nous entraîner vers de nouvelles dérives et fragilise le bien commun. Nous avons besoin de repères structurants pour notre société, de repères qui protègent les plus faibles. Ce projet de loi les abîme encore un peu plus.

Apprenons à accueillir ensemble ces limites liées intimement à notre condition humaine. Elles nous rendent vulnérables et donc dépendants les uns des autres : elles sont un appel à la fraternité et au soutien mutuel. Elles nous invitent à rechercher d’autres chemins de dons et d’autres fécondités.

Au-delà de l’ouverture de la PMA, ce projet de loi comporte d’autres propositions aussi graves : la dérégulation accrue de la recherche sur l’embryon, (qui entraîne sa destruction), et la fragilisation des règles qui encadrent le recours au Diagnostic Pré-Implantatoire (DPI) ou le recours à l’Interruption Médicale de Grossesse (IMG). La tentation d’un eugénisme feutré est désormais bien présente. Un progrès technique est un véritable progrès s’il demeure réellement au service de l’homme et du bien commun.

Notre foi chrétienne ne nous fait pas délaisser les affaires de la Cité. Au contraire, le service du bien commun et la promotion de la dignité de la personne humaine sont au cœur de la vocation de tous. Aussi j’encourage tous les catholiques du diocèse de Versailles à se mobiliser et à s’engager dans ce sens si ce n’est déjà fait. Il ne me revient pas de définir la forme que cet engagement doit prendre. Cela appartient au discernement personnel. C’est justement la responsabilité et la liberté de chacun, comme chrétien et comme citoyen, d’inventer les façons concrètes les plus justes de promouvoir ce bien commun et de le défendre.

Il est important que chacun prenne le temps de se former, pour être capable d’expliquer aux amis, collègues, proches ce qui est en jeu dans cette loi et les raisons de notre opposition. Chacun se fera ainsi éveilleur de consciences, tout en veillant à former la sienne.

Il me semble enfin essentiel d’inviter nos élus à garantir les repères fondamentaux de notre société.

Mais au-delà du débat politique, il nous faut offrir toujours davantage le témoignage crédible de notre vie, de la vie de nos familles et de nos communautés, pour toucher les cœurs et les intelligences de ceux qui nous entourent. Nous servirons ainsi une véritable prise de conscience pour une « bioéthique globale [4] » (Pape François) qui doit nous apprendre un authentique respect de « toute la vie et de la vie de tous ». Une « écologie humaine intégrale [5] » qui prend soin de tout l’homme et de tout homme, en soulignant la primauté reconnue aux plus fragiles et aux plus pauvres.

La prière restant la source de la fécondité de tous nos engagements, j’invite aussi les catholiques du diocèse à prier avec ferveur pour que les digues qui demeurent tiennent encore, que se lèvent ceux qui reconstruiront celles déjà abattues, et que les consciences de nos gouvernants se laissent éclairer.

Nous ne cherchons pas une victoire politique, nous parlons et agissons pour les générations qui viennent, pour préserver ce qui doit demeurer, par fidélité à ce que nous sommes et avons reçu. Le Christ ne nous demande pas de « gagner » mais de servir. C’est notre seule motivation. Demain prouvera qu’il était important de ne pas y renoncer.

Monseigneur Eric Aumonier,

Évêque de Versailles pour les Yvelines

19 septembre 2019

 

[1] Revoir « Bioéthique : les positions de la Conférence des évêques de France » diffusée le 16/9/19

[2] Relire l’Instruction « Donum vitae » de 1987, publiée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

[3] « Le principe d’égalité ne s’oppose pas à ce que le législateur règle de façon différente des situations différentes (….) Les couples formés d’un homme et d’une femme sont, au regard de la procréation, dans une situation différente de celle des couples de personnes de même sexe. » Décision n°421899, 28 septembre 2018

[4] Message à l’Académie Pontificale pour la Vie, 25 juin 2018

[5] Idem

Pèlerinage de Chartres 2019

Les paroissiens de Rolleboise sont toujours fidèles au pèlerinage de Pentecôte ! Monsieur l'abbé est venu leur rendre visite et les conforter dans cette démarche de Foi.

Bravo à tous les pèlerins ! Christus Vincit, Christus Regnat, Christus Imperat !

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