Actualité religieuse

Les évêques s'engagent contre les lois de bioéthique

Voici des extraits de leurs communiqués (cliquer sur les liens pour avoir l’intégralité) :

Mgr Georges Colomb, évêque de La Rochelle et Saintes :

J’invite les catholiques de Charente-Maritime à prier avec ferveur, à s’instruire sur le sujet, à débattre, à échanger avec nos compatriotes, a contacter leurs élus et pour ceux qui se rendront à Paris, à manifester paisiblement pour que les consciences de nos gouvernants se laissent éclairer et que notre pays ne sombre pas dans l’organisation d’une filiation sans père, ni dans l’instrumentalisation de l’enfant pour soulager une souffrance. Il serait navrant que nos parlementaires entendent uniquement la voix des groupes de pression qui défendent des intérêts commerciaux.

Mgr Centène, évêque de Vannes :

Il appartient aux fidèles laïcs d’animer les réalités temporelles à la lumière de la foi et de l’enseignement de l’Église. C’est à eux qu’il revient de choisir les moyens d’action qui leur paraissent les plus appropriés et de les mettre en œuvre dans le respect de chacun. Le service diocésain de la Pastorale de la Santé propose une réflexion sur les enjeux de la bioéthique. De leur côté les Associations Familiales Catholiques, dont les membres ont participé aux Etats Généraux de bioéthique, rencontré les parlementaires et tenté de sensibiliser l’opinion, appellent à participer à une manifestation le 6 octobre prochain. Vous pourrez trouver sur le site internet du diocèse (https://www.vannes.catholique.fr/tous-a-paris-le-6-octobre/) toutes les indications pour vous rendre à Paris le 6 octobre au départ des principales villes du département.

Mgr James, évêque de Nantes :

J’encourage les catholiques du diocèse, soit par des lectures, soit en suivant des parcours de formation, à s’informer, à se former, à éclairer leur conscience, à se manifester et à se respecter. C’est la grandeur et la beauté de toute personne humaine, de pouvoir faire et d’être invitée à faire des choix responsables, discernés en conscience, et de prendre sa part de responsabilité pour que notre monde grandisse dans le respect des personnes, la grandeur de la vie humaine et la fraternité toujours à construire, tenant ferme le lien entre charité et vérité. Et, ainsi, nous rendons grâce au Christ Jésus, venu parmi nous, pour que nous ayons la vie.

Mgr Sylvain Bataille, évêque de Saint-Etienne :

Je ne m’adresse pas qu’aux catholiques. Je m’adresse à tous ceux qui estiment que la vie et l’enfant sont sacrés. Je souhaite que les gens se manifestent de toutes les manières pour dire non à ce projet de loi. Pour voter en conscience les parlementaires doivent se sentir soutenus. Cette mobilisation doit les aider à poser un acte courageux.

Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre :

Il faut d’abord que chacun prenne le temps de réfléchir sérieusement (beaucoup de documents sont disponibles sur le site eglise.catholique.fr). Il est ensuite important de se manifester d’une manière ou d’une autre (manifestation publique, lettres aux élus, prise de parole autour de soi…). Il est enfin décisif d’unir, sur ce sujet comme sur tous les autres, détermination courageuse et bienveillance paisible.

Mgr de Kérimel, évêque de Grenoble :

C’est pourquoi j’encourage les chrétiens à agir et à promouvoir une vision de l’être humain respectueuse de chacun et de l’avenir de l’humanité. Chacun discernera en conscience le genre d’action à mener : auprès des députés de sa circonscription, ou en manifestant le 6 octobre prochain, ou encore par d’autres actions menées dans un esprit évangélique et le respect des lois.

Communiqué de Mgr AUMONIER sur la révision des lois de bioéthique

Mgr Aumonier a émit un communiqué concernant les lois de bioéthique actuellement votées par le parlement.

“En tant qu’évêques, nous devons éclairer les consciences, surtout quand la dignité des personnes est en jeu, en particulier celle des plus fragiles.”

A partir du 24 septembre sera débattu à l’Assemblée Nationale le projet de révision de la loi de bioéthique. Les évêques de France, par la voix de Mgr de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des Évêques de France, de Mgr d’Ornellas, responsable pour les évêques de France des questions de bioéthique, et de Mgr Aupetit, archevêque de Paris, ont tenu à exprimer clairement leur opposition à plusieurs mesures de ce projet porté par le gouvernement [1]. Comme évêque de Versailles, je m’associe pleinement à leur déclaration et j’invite tous les catholiques du diocèse à en prendre connaissance, à s’en saisir et à la relayer autour d’eux.

En tant qu’évêques, nous devons éclairer les consciences, surtout quand la dignité des personnes est en jeu, en particulier celle des plus fragiles.

J’invite chacun, croyant ou non, à mesurer les graves transgressions portées par cette révision de la loi de bioéthique. Avertir sur leurs lourdes conséquences ne revient ni à juger, ni à condamner ceux qui y sont favorables ou qui y auraient recours. Rien ne nous empêchera de nous réjouir de toute vie naissante : toute nouvelle vie est une bonne nouvelle et un don de Dieu. Nous aurons toujours à cœur d’accueillir chaque personne, chaque famille telle qu’elle est et de l’accompagner dans ce qu’elle vit.

La procréation médicalement assistée (PMA), réservée jusqu’à présent aux couples homme-femme, pose de vraies difficultés éthiques [2] sur lesquelles l’Église s’est déjà prononcée avec clarté. Étendre cette possibilité aux couples de femmes ou à des femmes seules constituerait une nouvelle et grave transgression :

  • au niveau de la filiation : le désir – certes sincère – des adultes passe avant le bien de l’enfant qui se voit imposer la privation de son père.
  • au niveau de la médecine : on ne demande plus à celle-ci de soigner ou de réparer une pathologie – en l’occurrence l’infertilité d’un couple homme-femme – mais de répondre à l’injonction de satisfaire un désir individuel.

Lever le critère d’infertilité par la loi, accroître la technicisation de la procréation et la soumettre peu à peu à la loi du marché semble consacrer un droit à l’enfant et bientôt à l’enfant parfait. L’enfant risque de ne plus être reçu comme un don avec son caractère propre et ses fragilités, mais comme un dû.

L’argument de l’égalité invoqué pour justifier cette révision de loi ne tient pas. Le Conseil d’État l’a souligné [3]. Il ouvre inévitablement à la légalisation de la Gestation Pour Autrui (GPA) pour accéder demain au désir tout aussi sincère de couples d’hommes d’accéder à la parentalité.

Consacrer la « toute puissance » du désir individuel, parce qu’il serait sincère, ne peut que nous entraîner vers de nouvelles dérives et fragilise le bien commun. Nous avons besoin de repères structurants pour notre société, de repères qui protègent les plus faibles. Ce projet de loi les abîme encore un peu plus.

Apprenons à accueillir ensemble ces limites liées intimement à notre condition humaine. Elles nous rendent vulnérables et donc dépendants les uns des autres : elles sont un appel à la fraternité et au soutien mutuel. Elles nous invitent à rechercher d’autres chemins de dons et d’autres fécondités.

Au-delà de l’ouverture de la PMA, ce projet de loi comporte d’autres propositions aussi graves : la dérégulation accrue de la recherche sur l’embryon, (qui entraîne sa destruction), et la fragilisation des règles qui encadrent le recours au Diagnostic Pré-Implantatoire (DPI) ou le recours à l’Interruption Médicale de Grossesse (IMG). La tentation d’un eugénisme feutré est désormais bien présente. Un progrès technique est un véritable progrès s’il demeure réellement au service de l’homme et du bien commun.

Notre foi chrétienne ne nous fait pas délaisser les affaires de la Cité. Au contraire, le service du bien commun et la promotion de la dignité de la personne humaine sont au cœur de la vocation de tous. Aussi j’encourage tous les catholiques du diocèse de Versailles à se mobiliser et à s’engager dans ce sens si ce n’est déjà fait. Il ne me revient pas de définir la forme que cet engagement doit prendre. Cela appartient au discernement personnel. C’est justement la responsabilité et la liberté de chacun, comme chrétien et comme citoyen, d’inventer les façons concrètes les plus justes de promouvoir ce bien commun et de le défendre.

Il est important que chacun prenne le temps de se former, pour être capable d’expliquer aux amis, collègues, proches ce qui est en jeu dans cette loi et les raisons de notre opposition. Chacun se fera ainsi éveilleur de consciences, tout en veillant à former la sienne.

Il me semble enfin essentiel d’inviter nos élus à garantir les repères fondamentaux de notre société.

Mais au-delà du débat politique, il nous faut offrir toujours davantage le témoignage crédible de notre vie, de la vie de nos familles et de nos communautés, pour toucher les cœurs et les intelligences de ceux qui nous entourent. Nous servirons ainsi une véritable prise de conscience pour une « bioéthique globale [4] » (Pape François) qui doit nous apprendre un authentique respect de « toute la vie et de la vie de tous ». Une « écologie humaine intégrale [5] » qui prend soin de tout l’homme et de tout homme, en soulignant la primauté reconnue aux plus fragiles et aux plus pauvres.

La prière restant la source de la fécondité de tous nos engagements, j’invite aussi les catholiques du diocèse à prier avec ferveur pour que les digues qui demeurent tiennent encore, que se lèvent ceux qui reconstruiront celles déjà abattues, et que les consciences de nos gouvernants se laissent éclairer.

Nous ne cherchons pas une victoire politique, nous parlons et agissons pour les générations qui viennent, pour préserver ce qui doit demeurer, par fidélité à ce que nous sommes et avons reçu. Le Christ ne nous demande pas de « gagner » mais de servir. C’est notre seule motivation. Demain prouvera qu’il était important de ne pas y renoncer.

Monseigneur Eric Aumonier,

Évêque de Versailles pour les Yvelines

19 septembre 2019

 

[1] Revoir « Bioéthique : les positions de la Conférence des évêques de France » diffusée le 16/9/19

[2] Relire l’Instruction « Donum vitae » de 1987, publiée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

[3] « Le principe d’égalité ne s’oppose pas à ce que le législateur règle de façon différente des situations différentes (….) Les couples formés d’un homme et d’une femme sont, au regard de la procréation, dans une situation différente de celle des couples de personnes de même sexe. » Décision n°421899, 28 septembre 2018

[4] Message à l’Académie Pontificale pour la Vie, 25 juin 2018

[5] Idem

Pèlerinage de Chartres 2019

Les paroissiens de Rolleboise sont toujours fidèles au pèlerinage de Pentecôte ! Monsieur l'abbé est venu leur rendre visite et les conforter dans cette démarche de Foi.

Bravo à tous les pèlerins ! Christus Vincit, Christus Regnat, Christus Imperat !

Une photo souvenir ci-dessous :

Mgr Schneider sur Notre-Dame de Paris

UNE NOUVELLE TOUR DE BABEL

Vous trouverez ci-dessous le texte intégral des commentaires de Mgr Athanasius Schneider à LifeSite sur l’incendie de la cathédrale Notre-Dame.


Quelques considérations sur la conflagration de la cathédrale Notre-Dame de Paris

La véhémence fulgurante avec laquelle l’incendie a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris a laissé l’impression qu’un événement inattendu s’était produit comme un éclair. Et pourtant, considérée comme un phénomène, cette tragédie est survenue après une série de centaines d’attaques d’incendies systématiques visant divers objets sacrés appartenant à l’Église catholique en France au cours de l’année écoulée.
Il est également intéressant de noter que l’incendie à Notre-Dame s’est produit au début de la semaine sainte, qui est le cœur de l’année liturgique pour tous les catholiques. Comme les faits en l’espèce sont encore inconnus, nous ne disposons d’aucune preuve permettant de fonder des allégations de complot visant à détruire la cathédrale. Pourtant, il reste un sentiment de nausée à l’intérieur, en particulier lorsque l’on considère la chaîne d’événements anticatholiques systématiques, de marginalisation, de discrimination et de ridicule subie par la foi catholique aux mains de l’establishment politique français et du paysage médiatique français, qui sont fermement entre les mains des puissances antichrétiennes et maçonniques libres en France.
Notre-Dame n’est pas seulement le signe culturel et religieux le plus symbolique de l’Église catholique de France. Étant donné que la France porte le titre de «fille aînée de l’Église», sa cathédrale principale revêt également une profonde signification culturelle et religieuse pour l’ensemble du monde catholique.
La destruction d’un signe visible d’une aussi grande étendue que la cathédrale Notre-Dame de Paris contient également un message spirituel indéniable. Le feu de Notre-Dame est sans aucun doute un signe puissant et émouvant que Dieu donne à son Église de nos jours. C’est un  cri de cœur  pour une conversion authentique, en premier lieu parmi les bergers de l’Église. L’incendie a en grande partie détruit Notre Dame, chef-d’œuvre séculaire de la foi catholique. C’est une représentation symbolique et hautement évocatrice de ce qui s’est passé dans la vie de l’Église au cours des cinquante dernières années, alors que les gens ont assisté à une conflagration des plus précieux chefs-d’œuvre spirituels de l’Église, c’est-à-dire l’intégrité et la beauté de la foi catholique, Liturgie catholique et vie morale catholique, en particulier chez les prêtres.
L’apogée de cet embrasement spirituel de plusieurs décennies s’est manifesté dans les scandales d’abus sexuels commis par des religieux qui ont profondément secoué l’Eglise tout entière. Malheureusement, force est de constater que le traitement du scandale des sévices sexuels commis par des employés de bureau est resté plus ou moins à la consternation émotionnelle. Les véritables racines de cette crise n’ont pas été révélées de manière transparente, pas plus qu’une médecine spirituelle efficace et des normes canoniques impératives n’ont été appliquées. Dans un essai récent et détaillé, l’ancien pape Benoît XVI a identifié l’une des causes les plus importantes de la crise de l’abus, à savoir la perte de la vraie foi, la prédominance du relativisme moral et la formation hétérodoxe et non spirituelle de séminaristes. incendiaires spirituels  dans l’Église aujourd’hui. Ils considèrent désormais que l’ancien pape Benoît XVI est un fauteur de troubles dont les observations franches entravent leur travail incendiaire.
Si les bergers de l’Église ne reconnaissent pas dans la conflagration de Notre-Dame un avertissement divin, ils se comporteront comme les gens de l’Histoire du Salut qui ne reconnaissaient pas les avertissements que Dieu leur avait souvent donnés à travers les paroles inconfortables et irréprochables des prophètes, à travers catastrophes naturelles et événements divers. La tragédie de Notre-Dame m’a spontanément fait penser aux paroles suivantes de Notre-Seigneur: «Ou ces dix-huit ans à qui la tour de Siloam est tombée et les a tués, croyez-vous qu’ils ont été plus pervers que tous les autres habitants de Jérusalem? Je te dis, non; mais si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous de la même manière. ”(Lc 13: 4-5)
La conflagration tragique de la cathédrale Notre-Dame de Paris est également une occasion propice pour tous les membres de l’Église de faire pénitence pour les actes de trahison commis contre le Christ et ses enseignements divins dans la vie de l’Église au cours des cinquante dernières années. années. La pénitence et la réparation doivent être faites, en particulier pour avoir trahi le commandement de Dieu le Père selon lequel toute l’humanité devrait croire en son Fils divin, le seul Sauveur de l’humanité. Car Dieu ne veut positivement que l’unique et unique religion qui croit que son Fils incarné est Dieu et le seul Sauveur de l’humanité. Il faut aussi faire pénitence et réparation pour avoir trahi le commandement explicite du Christ d’évangéliser toutes les nations sans exception, au premier rang desquelles le peuple juif. Car c’est à eux que Christ envoya pour la première fois ses apôtres,
Si les bergers de l’Église refusent de faire pénitence pour la conflagration spirituelle des cinquante dernières années et pour la trahison du commandement universel du Christ d’évangéliser, nous ne devrions pas craindre que Dieu n’envoie un autre et un signe plus choquant, comme une conflagration dévastatrice. ou un tremblement de terre qui détruirait la basilique Saint-Pierre à Rome? Tant de bergers de l’Église de notre époque ne se moqueront indéfiniment et sans vergogne de Dieu, par leur trahison de la Foi, leur service sycophantique du monde et leur culte néo-païen des réalités temporelles et terrestres. Ces paroles du Christ sont également adressées à eux: «Je vous le dis, si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous de la même manière» (Lc 13, 5).
Puisse le feu de la cathédrale Notre-Dame de Paris, aussi triste et déplorable qu’il soit, raviver, surtout chez les bergers de l’Église, un amour et un zèle pour la vraie Foi catholique et pour la fervente évangélisation de tous ceux qui ne l’ont pas encore croire en Christ. Et qu’ils soient attentifs à ne pas marginaliser et lâcher le peuple juif et musulman de cette forme exceptionnelle de charité. Puisse le feu de Notre-Dame servir également à enflammer les Bergers de l’Église d’un esprit de véritable repentir, afin que Dieu puisse accorder à tous la grâce d’un renouveau dans la vraie Foi et dans le véritable amour du Christ, Notre Seigneur. , Notre Dieu et notre sauveur.
Lorsque la cathédrale Notre-Dame de Paris a commencé à brûler, il y avait un groupe de fidèles, avec des enfants et des jeunes parmi eux, qui se sont agenouillés à terre et ont chanté Hail Mary. Ce fut l’un des signes les plus touchants et les plus puissants sur le plan spirituel au milieu d’une grande tragédie. Que la Madone, Auxiliatrice, intercède pour nous afin que les Bergers de l’Eglise puissent commencer, avec l’aide des fidèles laïcs, à reconstruire les ruines spirituelles de la vie de l’Eglise de nos jours. Dans l’Église, comme à Paris, un processus de réparation et de reconstruction est un signe d’espoir.
17 avril 2019
+ Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte Marie d’Astana

Cardinal Sarah : le problème est qu’il y a des prêtres, des évêques et même des cardinaux infidèles

Traduction d’un entretien du cardinal Sarah au journal italien Il Corriere della Sera :

Eminence, vous aviez consacré votre dernier livre au silence. Maintenant, vous écrivez dans Le soir approche et déjà le jour baisse: “Mais maintenant je ne peux plus me taire”. Comme s’il y avait eu la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire de nouveau ?

“Ma réaction n’est évidemment pas guidée par l’impulsivité, et il n’y a aucune raison particulière qui en est la cause. Ce livre est le résultat d’une réflexion qui, pour moi, n’est pas nouvelle, que j’ai mûrie peu à peu depuis longtemps : ce n’est pas un traité académique, il exprime mon cri de pasteur à partir de l’analyse de notre époque. Je ne peux donc plus me taire – mais j’ose le dire : nous ne le pouvons pas – car ce que je constate en réalité est grave : nous vivons une crise spirituelle très forte. Nous sommes face à une apostasie silencieuse. Elle concerne le monde entier, mais trouve son origine principalement en Europe. Et cela vient du rejet de Dieu, un rejet qui est maintenant inscrit dans la conscience occidentale. Parce qu’aujourd’hui, c’est l’homme qui a remplacé Dieu. Le Père est rejeté et Dieu est rejeté, parce qu’on n’admet pas qu’on peut compter sur quelqu’un. Chacun veut s’autodéterminer, dans la vie, dans la mort, dans la sexualité, jusqu’à vouloir changer la nature humaine sur le fondement de ses propres idées. C’est quelque chose qui n’est jamais arrivé et qui est particulièrement pervers. Cela ne correspond pas au désir de l’homme de faire sans cesse de nouvelles découvertes, de progresser, d’utiliser en profondeur et pour le bien toutes les facultés cognitives et intellectuelles qu’il a reçues comme un don. Ici, nous sommes bien au-delà même du surhomme de Nietzsche. Aujourd’hui, nous vivons une barbarie de l’intérieur, pas comme les Romains du IV siècle qui l’ont vécue de l’extérieur, venant de leurs ennemis. Je vous invite à relire un livre du philosophe John Senior, The Death of Christian Culture, publié en 1978. Mon cri d’alarme est aussi un cri d’amour pour l’homme. Revenons à ce que nous sommes, revenons au réel. L’homme civilisé est fier d’être un héritier.

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Benoît XVI s'exprime sur la crise des abus sexuels dans l'Eglise

Du 21 au 24 février 2019, à l’invitation du pape François, les présidents des conférences épiscopales du monde entier se sont réunis au Vatican pour réfléchir ensemble à la crise actuelle de la foi et de l’Église ; une crise vécue dans le monde entier après des révélations choquantes sur les abus commis par des religieux sur des mineurs.

L’ampleur et la gravité des épisodes rapportés ont profondément secoué les prêtres, tout comme les laïcs, et ont amené plus d’une minorité à remettre en cause la foi même de l’Église. Il était nécessaire d’envoyer un signal fort et de se remettre en chemin, pour redonner à l’Église une vraie crédibilité en tant que lumière parmi les peuples et en tant que force contribuant à la lutte contre les puissances destructrices.

Ayant moi-même occupé un poste de responsabilité, comme pasteur de l’Église, au moment de l’explosion publique de la crise, et au cours de la période qui a précédé celle-ci, je ne pouvais que me demander — bien que je n’ai plus aucune responsabilité directe comme Émérite — comment je pourrais contribuer à un nouveau départ. Ainsi, après l’annonce de la réunion des présidents des conférences épiscopales, j’ai préparé quelques notes pour faire une ou deux remarques qui pourraient être utiles dans cette heure difficile. Après avoir contacté le secrétaire d’État, le cardinal Pietro Parolin et le Saint-Père lui-même, il a semblé approprié de publier ce texte dans Klerusblatt [un périodique mensuel destiné au clergé dans la plupart des diocèses bavarois].

Mon travail est divisé en trois parties. Dans la première partie, je souhaite présenter brièvement de manière générale le contexte social de la question, sans lequel le problème ne peut être compris. J’essaie de montrer comment s’est déroulé un processus sans précédent dans les années 1960. On peut affirmer que, dans les deux décennies entre 1960 et 1980, les critères qui prévalaient sur la sexualité se sont complètement effondrées et qu’il en est résulté une absence de normes auxquelles on a tenté de remédier. Dans la deuxième partie, je souhaite souligner les conséquences de cette situation sur la formation des prêtres et sur leur vie. Enfin, dans la troisième partie, je voudrais développer quelques perspectives pour une réponse appropriée de la part de l’Église.

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